jeudi 17 août 2006

Les trains et moi - Episode 1

Episode 1 - Les horaires :

Il faut le savoir, je suis une fille à qui on ne peut pas faire confiance.
Plus étourdie que moi, à part le grand blond avec une chaussure noire, je vois pas.
Je me trompe de station de métro, j'oublie de changer d'heure (celle d'été et celle d'hiver), je n'entends pas le réveil, etc.
Conclusion, j'ai mille et une raisons d'arriver en retard à la gare.
Comme j'ai horreur d'être en retard, ben c'est tout simple, je calcule le temps nécessaire pour rejoindre la gare en prévoyant tout ce qui pourrait perturber mon trajet.
En vrac : les grèves (surprise, ça existe), les pannes de métro, les erreurs humaines (ne pas descendre à la bonne station, etc.), et évidemment, je pars du principe que mon wagon de tgv sera celui qui est le plus éloigné de l'entrée de la gare.
En général, mon temps estimé est égal au double du temps estimé pour mon voisin de palier, en admettant que mon voisin de palier soit normalement constitué (la probabilité que mon voisin de palier soit le même genre de psychopathe du train que moi est faible, voire nulle).
Vous pensez qu'avec cette méthode, je ne rate jamais de train et j'ai le temps de visiter toute la gare et ses magasins ?
Et bien vous avez tort.
D'une part, le stress qui s'empare de moi à l'approche d'une gare m'empêche catégoriquement de flâner dans les gares.
Il y a dix ans, je passais facilement 1heure-1heure et demi sur le quai, à attendre mon train. Aujourd'hui, ça va mieux, je n'attends qu'une demi-heure - trois quart d'heure en moyenne.
D'autre part, je vous l'ai dit, je suis étourdie.
Conclusion, aux temps glorieux de mes avances horaires phénoménales, j'ai réussi à rater mon train alors que j'étais arrivée une heure et demi en avance à la gare.

Je sais, ça paraît peu crédible, et pourtant, juré-craché, l'anecdote est véridique.
En fait, c'est très simple. Je me suis assise sur mon sac, sur le quai, pour attendre patiemment l'arrivée de mon train.
Je dois préciser que je n'avais pas de bouquin ni de magazine (oui, j'étais étourdie ET fauchée).
Non, je me suis seulement laisser porter par mes pensées (que j'ai plutôt foisonnantes), en jetant un coup d'oeil de temps à autre à l'écran de contrôle, qui bien sûr annonçait toujours le train précédent.
Quelques coups d'yeux (si, ça s'accorde) plus tard, le train affiché sur l'écran de contrôle est enfin le mien. Ouf, plus que 30 minutes d'attente...
Ca me laisse encore du temps pour foisonner par la pensée.
Au coup d'oeil suivant, c'est la 4ème dimension. L'écran de contrôle affiche un autre train.
Comment est-ce possible ?
Je me lève d'un bond en foisonnant par la pensée à donf : Mon train a t'il été annulé sans préavis ? Mon train est il passé dans un autre espace spatio-temporel ? Est-il possible que les frères Bogdanov viennent de cette planète avec des mentons pareil ?
Hop, j'attrape un type en uniforme sncf en train d'observer un train s'éloignant de la gare et le somme de me donner une explication rationnelle.
Bon, je peux pas me plaindre, j'ai été servie en explication rationnelle.
Il s'est avéré que le train qui s'éloignait (celui que le type observait, suivez) était le mien.
Non, non, il n'avait pas changé de quai, il s'était arrêté ici-même, devant moi, des gens en étaient descendu, et d'autres étaient monté dedans.
Et moi j'avais rien vu.
Comment expliquez vous ça, hum ?
Moi je vous le dit, les gares sont des lieux bourrés de failles dans le continuum spatio-temporel.
Ca craint.

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