mardi 29 août 2006

Achats compulsifs

Nous sommes tous plus ou moins victimes d'achats compulsifs, non ?
Par achat compulsif, j'entends achat pas franchement utile mais totalement irrésistible.

Evidemment, personne ne va me répondre que non, car les seuls qui parviennent à résister aux publicités, au marketing, à la mode, et à la technologie, vivent dans le Larzac sans télévision et sans internet.
C'est ce qui s'appelle un post sans risque.

Bref, donc, toute scientifique que je suis, je me propose de catégoriser tout ça.
Ok, ça n'a rien à voir avec la science. Ca s'appelle de la psychorigidité. Je classe tout dans ma tête. Classement croisé cela va sans dire. Par contre, je suis aussi maniaque du classement cérébral que je suis bordélique quand il s'agit de mon bureau ou mon home sweet home. Je vis dans un truc à mi-chemin entre Verdun et Hiroshima, mais dans ma tête, c'est nickel comme un bloc opératoire.

Bon, je m'égare, laissons là ma schizophrénie usuelle.

D'après mon recensement personnel, il existe différentes catégories d'achat compulsif :

- la compulsion mode/beauté : la pire. Plus répandue que la peste, les publicitaires et marketeux ont fait un job irréprochable. Nous sommes nombreux, et surtout, nombreuses, à ne plus pouvoir concevoir de porter des vêtements en désaccord avec la mode.

Oui, toi aussi, victime de la mode tu es. La seule à abuser des achats girly (copyright Hélène) je ne suis pas. Les jeans slims que tu trouvais odieux il y a 2 mois tu achètes ; ton salaire chez Séphora tu claques, pour les Birkenstock tu as cédé (oui, comme yoda d'écrire j'ai décidé).

On trouve toujours une bonne raison pour justifier nos achats inutiles. En vrac :

A l'occasion de l'achat du 215ème sac-à-main :
"Hummm, ce sac-à main n'est pas tout à fait le même que celui que j'ai acheté l'an dernier, regarde, la lanière a 10 trous alors que l'autre n'en avait que 8."

A l'occasion de l'achat du 50ème fond de teint :
"Je n'en avais pas de cette couleur, et c'est la seule qui corresponde à mon teint à cette période de l'année : entre le 25 août et le 30 septembre, les années bissextiles avec un mois d’août pourri".

A l'occasion de l'achat de la 148ème paire de chaussures :
" Celles-ci sont mi-plates. En marron, j'en avais des plates pour porter avec mon jean slim, des hautes qui me font mal au pied pour les mariages, des hautes confortables pour le boulot, des hautes à paillettes pour les sorties, des baskets pour les week-end, des tongs pour les vacances, mais je n'avais vraiment rien pour les jours de boulot où je dois marcher un peu mais rester classe tout en étant harmonieusement assortie à ma jupe beige."

En vrai, on est juste manipulés par des types qui s’en mettent plein les poches et qui doivent bien rigoler en décidant des tendances. La preuve, c’est que souvent on trouve tout très moche avant de trouver ça indispensable.

- la compulsion high-tech/gadgets/média : un peu plus masculine, quoi que… De l’appareil photo numérique à l’ordinateur portable en passant par le lecteur mp3, encore une fois il y a des types qui passent leur temps à se creuser pour nous créer des besoins dont on ne soupçonnait même pas l’existence... Dans deux ans, tout le monde se baladera avec son archos, histoire de mater des épisodes de Lost dans le métro. Je ne vous parle même pas de la nécessité absolue de s’équiper d’un écran plasma pour regarder le foot, ni de l’utilité démontrée de la fonction ‘coupe-ongle’ sur les futurs téléphones portables.

Moi ce que j’adore par dessus tout, c’est les gadgets un peu design. Comme le Pinpin électronique. Son slogan, c’est ‘parfaitement inutile donc absolument nécessaire' (ou un truc comme ça, je suis désespérément nulle en citation). C’est tout dire. En plus il a un nom à coucher dehors, c'est trop chou.

Mon autre péché mignon dans cette catégorie, c’est les bouquins, que j’achète à la tractopelle et que j’entasse dans la bibliothèque.

L’homme de la maison est plutôt sensible à l’informatique (si, chérie, un nouvel ordinateur s’impose, un nouveau disque dur aussi, et ce câble à un million d’euros pour connecter l’ordinateur à je ne sais quoi est tout simplement nécessaire). Je ne comprends rien donc je ne négocie pas. Il fait en sorte que l’ordinateur fonctionne alors je ne vais pas chipoter sur une somme équivalente au PIB allemand.

Et puis ça permet de battre des records de nombre de points sur la carte FNAC. Oui car nous sommes complémentaires mon mâle et moi. A la FNAC, pendant que je vide consciencieusement l’étage des livres, lui se charge de tout le reste : informatique, DVD et CD. Ce qui nous amène à consacrer une pièce entière au stockage de tout ça. Certains ont prévu la chambre du bébé, nous c’est celle de l’ordinateur. A peine avions nous emménagé ensemble que j’avais déjà abandonné l’idée d’écouter un jour ne serait-ce qu’un extrait de tous ses CD. Je ne parle pas même pas des 800 films stockés en video-cassette, en plus des DVD.

- la compulsion maison-bricolage-décoration : qui ne ressort pas de chez Ikea les bras chargés de trucs inutiles? Lampes, bougies, vaisselle, nous empilons joyeusement nos achats et entamons avec enthousiasme la rituelle heure de queue aux caisses.

Ah oui, je suis aussi très forte pour acheter des ustensiles de cuisine plutôt design et/ou chers alors que je vais au mieux m’en servir une fois. Comme des moules à muffin / madeleines / et autres mini-trucs. Sauf que je n’aime pas trop cuisiner. A un moment, je me sens quand même obligée de partir à la recherche d’une recette qui utilise le moule en question. Je sais rester raisonnable. Parfois même je demande à mon homme de faire la recette que j’ai trouvée, voire, dans les cas exceptionnels, je la fais moi-même.

Sinon, il y a aussi le cas du ‘pèle-pomme’. Un mécanisme fascinant. On nous en a offert un l’année dernière et ça a scotché tous les invités pendant le reste de la soirée.
C’est impressionnant : on ne se lasse pas de le regarder fonctionner. Les pommes ressortent pelées ET découpées en guirlande. Prêtes à se faire entarter en quelque sorte. C’est presque de la magie.
On a fait au moins deux tartes aux pommes depuis, c’est dire. Et je ne compte pas les deux pommes achetées spécialement pour la démonstration.

J’ai une copine qui est à fond dans les boî-boîtes. Boites à chapeau, boîtes à spaghetti, boîtes avec des boîtes dedans, elle a des boîtes pour tout. Sa trousse de toilette ressemble un peu à une triple série de poupées russes. Quand elle doit en sortir une pince à épiler, elle ouvre des kilomètres de zip.

Version plus originale, mon papa est un acheteur compulsif de matériel de jardinage et de bricolage : bétonneuse, tondeuses à gazon (on en a 4 de différents formats à la maison et mon père nous sort les mêmes arguments ridicules qu’on utilise au 251ème sac-à-main) , karsher, etc. A Castorama, ils pensent bientôt ouvrir un magasin dans le jardin de mes parents, ça ferait des économies de transport et c’est mieux pour le développement durable de la planète.


Bien sûr les catégories c'est fait pour exploser. La preuve, moi je meurs d'envie de m'offrir un Macbook parce qu'il est trop beau, top hype et parce que c'est high tech. De toutes façons je suis un modèle d’œcuménisme : je cède à toutes les compulsions.
Tout est bon dans le cochon, et toutes les excuses sont bonnes pour mettre mon banquier en état d'alerte cardiaque maximum.
J’alterne avec des périodes de légère nausée, limite overdose. Là, je reste chez moi, ma carte bleue se repose, et je maudis la société de consommation. Heureusement, la publicité est aussi dans mon salon, par l’intermédiaire du petit écran, et je retrouve le chemin de la surconsommation rapidement, prête à faire exploser les étagères et l’armoire à fringues.
C’est beau, le capitalisme.

lundi 28 août 2006

Adoption

Hi, hi, je viens d'adopter un minou !
Un chaton orange qui s'appelle 'le chat orange' et qui s'agite sur le blog.
On peut jouer avec lui (dans 'More', il y a un bouchon au bout d'une ficelle, et de la paté).
Quand il miaule, c'est trop mignon.

J'adore les chats mais l'idée d'en prendre un dans un appart parisien, sans qu'il puisse se balader à sa guise dehors, me fend le coeur.
Voui, je suis une fille de la campagne, alors ma conception de la vie du chat ne se résume pas au vautrage sur canapé (d'abord, je fais ça très bien toute seule)...

Du coup, je compense. Celui-ci n'est pas claustrophobe, il ne se fait pas les griffes sur le papier-peint, il ne fait ni pipi, ni caca et ne sème pas de la litière partout dans l'appartement.

Je sais, je régresse, et croyez moi je n'en suis pas fière.

vendredi 25 août 2006

Boboïtude

Il y a 10 ans, j'étais une jeune étudiante fauchée assoiffée de voyages. Visiter des pays étrangers nécessitait une organisation démente pour la planification d'un budget à minima.
Je me jetais dans ces projets avec la folle énergie de la jeunesse (oui, je suis d'humeur lyrique aujourd'hui), et je ne compte plus le nombre de nuits passées sous une tente pas étanche, cassée en trois sur un siège de bus, pliée en quatre sur un matelas jeté dans une camionnette, ou debout le pousse levé au bord d'une bretelle d'autoroute.
Non seulement l'inconfort occasionné me semblait être un prix fort raisonnable à payer pour le plaisir du voyage, mais en plus j'en étais fière : c'était roots, c'était cool, c'était l'aventure !

Petit à petit, mes vacances ont évolué. Un peu plus de budget, un peu moins d'inconfort. Envie d'un repos bien mérité (cet argent, je l'ai gagné à la sueur de mon front, n'est ce pas ?).
Ma tente dort dans un coin de la chambre et me rappelle les folles épopées de ma jeunesse (lyrique, j'avais prévenu).

Je persiste à ne pas programmer mes vacances (pas d'hôtel réservé à l'avance, pas de circuits organisés, pas de séjours 'tout inclus' en hôtel club) et à me contenter de la réservation du billet d'avion, mais c'est bien le seul vestige de cette glorieuse époque.
L'aventure, oui, mais dans un lit confortable et sans partager les sanitaires !

Aujourd'hui, je le confesse : je me suis boboïsée.
Le constat est bien triste car je m'aperçois que je garde bien plus de souvenirs de mes voyages à 2 francs que de ceux à 1000 euros.

Heureusement, la vie me rappelle à l'ordre.
M-2 avant les 30 ans, il est temps de réagir.
Ce week end, énôrme fête post-mariage (70 personnes!), dans une énorme maison dont tous les lits seront occupés par la famille. Les amis sont priés de dormir dans les tentes, dehors. Nous on fait partie des amis.
La météo annonce 17°C comme température maximale et mon dos ne s'est toujours pas remis des séances quotidiennes de peinture...
Le grand test en somme. Si je survis à ça sans mauvaise humeur, je reviendrai rassurée sur ma capacité à l'aventure (l'aaaaaventura,....), malgré mon vieillissement prématuré.
Sinon, je devrai faire le deuil de mon insouciance et assumer ma boboïtude.
Arf.

jeudi 24 août 2006

New look

Ouf !
Vous n'imaginez pas le temps que ça m'a pris de réussir à faire ces maigres transformations du look de mon blog !
Je ne suis pas encore satisfaite, mais dans un premier temps, je me contenterai de cette personnalisation, même si elle est encore un peu tristoune...

mercredi 23 août 2006

Trouver sa vocation

Je ne m'éclate pas au boulot.
Mon métier ne m'enthousiasme pas, on est sans doute nombreux dans ce cas-là, mais le pire, c'est que je ne vois aucun métier qui pourrait me motiver suffisamment pour me sortir du lit le matin sans maudire la terre entière (je ne suis VRAIMENT pas du matin).
Voilà qui est consternant quand on pense au nombre d'années de travail qu'il me reste.

J'en discutais avec un ami, qui, un sourire en coin (c'était au téléphone mais je le connais suffisamment pour savoir qu'il avait un sourire en coin), m'a expliqué que j'avais sans doute mal cherché, parce que lui voyait un métier parfait pour moi.
Il a tout bonnement refusé de me dire de quoi il s'agissait, préférant me laisser cogiter...
Ca a marché : je cogite, je cogite.

Petite liste des boulots qui me plairaient :

- Artiste-décoratrice : déjà testé, idée pliée et enterrée...

- Prof : un rêve de gamine... J'ai toujours voulu être prof, au moins jusqu'à mon bac. Aujourdh'ui, par un jeu d'équivalences, ça me serait accessible sans être obligée de repasser par la case école. Alors quoi ?
Ben... Depuis le bac, j'ai connu des vrais profs. Et ils m'ont aidée à démystifier ma vision idéaliste du job en question. Non, être prof ne consiste pas à jouer le rôle de Robin Williams dans le Cercle des poêtes disparus. Non, on ne devient pas l'idole de ses élèves tout simplement car on est une fille géniale et aimable.
En vrai dans la vraie vie, on prend un premier poste à Créteil, Trappes, ou Maubeuge. Il y a des tas d'élèves démotivés, idiots, méchants, ou les trois à la fois. Ils lancent des couteaux sur le tableau dès qu'on a le dos tourné (véridique). Les parents sont parfois pires. N'osez surtout pas remettre en cause leur progéniture si la progéniture en question ne travaille pas assez ou a un comportement inacceptable. Aux yeux de certains parents, c'est votre faute, point barre.
Donc, non, je n'ai pas du tout envie d'être une cible mouvante pour des lanceurs de couteau en herbe, ni de me faire insulter par des parents pour un salaire de misère. Moi je trouve qu'on devrait donner des médailles aux profs qui supportent ça et qui ne sont pas aigris à 35 ans.

- Avocate : ça, c'est la blague dans ma famille depuis que je maitrise la parole (et j'ai commencé tôt). Argumenter, j'adore ça. Les débats, ça me file des décharges d'adrénaline démentes. Si on met de côté mon incapacité totale à l'apprentissage par coeur (ingurgiter le code civil, y'a pas moyen), il reste un écueil de taille : j'ai une âme de justicière. Défendre le faible contre le fort, se battre pour ces idées, jusqu'au bout, le bien contre le mal, etc. Comme Zorro quoi.
S'il reste une seule personne pas encore convaincue que ce trait de caractère est totalement incompatible avec la fonction d'avocat, je vous renvoie immédiatement à la lecture hebdomadaire du Canard Enchaîné, ou au visionnage de séries à la noix (oui, même dans les séries, le monde est injuste, et la justice fait n'imp').

- Politicienne : Ben oui, ça va avec tout ce que j'ai déjà dit : envie de justice, d'un monde meilleur, les débats, les argumentations etc. Même problème que ci-dessus, en pire : comment voulez vous exercer ce genre de profession de manière intègre, je vous le demande ??? Pourtant, devenir Présidente de la République, ça ferait classe sur mon CV...

- Journaliste pour un guide touristique : payée pour faire le tour du monde, c'est un autre rêve de gamine (et d'adulte). Le seul problème c'est que ça n'existe quasiment plus comme job. Ceux qui ont une place au chaud ne la libèreront vraisemblablement JAMAIS (s'ils ont un peu de bon sens), et de plus en plus, les guides font appel à des photographes-voyageurs amateurs (qu'ils peuvent payer au lance-pierre) ou free-lance. Moi je suis nulle en photo, devant ou derrière l'objectif, c'est une catastrophe assurée.

- Feignasse professionnelle : le job de rêve... Traînasser, larver, bouquiner, surfer sur le ouèbe, papoter, gratouiller la guitare, me ballader, voyager. J'adoooore. La vie en dilettante. Tout ce que j'aime ! La seule vraie question, c'est Qui va être assez fou pour me donner un salaire (correct) pour faire ça ??

- Gagnante du loto : le pied... Après je pourrais autofinancer mon job de feignasse professionnelle. Il faut faire quoi comme étude pour devenir gagnante du loto, déjà ?

Et vous, c'est quoi vos fantasmes professionnels ?
NB : je ne parle évidemment pas de vos fantasmes de sexe sur la photocopieuse avec le collègue si sexy du 4ème étage...

La peinture et moi - Episode 3

La fin d'un rêve

A peine rentrée du travail, me voilà relookée en simili-pyjama (vieux t-shirt, vieux pantalon).
Y a pas à dire, c'est quand même moins glam que les vestes 'Mao' de Miss D&CO.

Et ce n'est malheureusement pas la seule différence significative entre D&Co et Fyfe artiste-décoratrice.

Pour commencer, mon espace de travail est compris entre l'ordinateur, le canapé, et des bibliothèques. Restent 3 m².
Ensuite, je ne dispose pas d'un atelier d'artiste, et c'est bien dommage, et pas seulement du point de vue de mes fantasmes artistiques.
Pliée en deux au-dessus d'une table (très très) basse, mon dos découvre des sensations nouvelles (bien connues des rammasseurs de framboises ou de haricots).

Au bout d'une heure, je suis totalement découragée.

Le meuble n'est pas encore totalement rose fushia, mais moi si. Le parquet aussi. Et l'évier aussi.
Je me creuse pour essayer de comprendre pourquoi le pinceau laisse de telles marques sur le bois.
Et pourquoi il laisse tous ces poils collés dans ma peinture déjà à moitié séchée (avez vous déjà essayé de récupérer des poils de pinceau sur une planche pleine de peinture pas sèche ?).

Je prends sur moi et persévère. C'est en forgeant que l'on devient forgeron, n'est-ce-pas ? (ma conscience diabolique me souffle que ce n'est pas en me tapissant de peinture que je deviendrai décoratrice, mais je l'ignore)
Bon sang mais comment est on sensé verser la peinture du pot vers le machin qui sert à tremper le pinceau sans faire des coulures de peinture partout ???
Déjà à la maternelle j'étais plutôt du genre cra-cra pendant les sessions peinture.
Force est de constater que les choses n'ont pas beaucoup progressé de ce point de vue là.

Une demi-porte de placard plus tard, j'en ai presque les larmes aux yeux.
Non, je ne serai jamais Fyfe artiste-décoratrice. D'abord parce que je DETESTE la peinture et qu'elle me le rend bien.
En plus je n'ai aucun goût. Franchement, ce fushia...
Vaincue, j'abandonne. Le fushia m'a tuer.
Je suis prête à sacrifier ces 3m² d'espace dans l'appartement pour ne plus jamais avoir à retoucher de la peinture ou un pinceau.
Adieu veau, vache, cochon, (et je ne me souviens plus de la suite). J'ai bien fait de ne pas parler tout de suite à mon boss de ma nouvelle carrière.

C'est alors, que l'Homme arrive sur son cheval blanc (l'Homme est adroit, il n'a pas peur de venir dans mes 3m² fushia avec un cheval immaculé qui n'a probablement pas envie de ressembler à la vache Milka).
Avec un petit sourire, il prend un autre pinceau et nous voilà à la pêche aux poils de pinceaux tous les deux, en amoureux.
Je le regarde. Avec son petit air concentré il est tellement mignon.
On aura des meubles rose fushia pleins de poils et de traces de pinceaux. Ca n'est pas si grave, n'est ce pas ?

(En photo : quelqu'un qui réussi apparemment à utiliser de la peinture sans repeindre le pot. Il semblerait donc que ce soit possible)

mardi 22 août 2006

La peinture et moi - Episode 2

L'expédition au BHV

Avec cette nouvelle carrière, et, n'ayons pas peur des mots, cette nouvelle vie qui s'offre à moi, c'est pimpante et optimiste que j'arrive au BHV, accompagnée de l'Homme.

La mission du jour :
- Choisir les couleurs de peinture
- Acheter le matériel de peinture

Un jeu d'enfants, donc.

Nous nous balladons dans les rayons, les yeux plein de couleurs, et déjà, les premières questions affluent : acrylique ou glycéro ? Mat, brillant, satiné, ou laqué ? Sous-couche ou pas sous-couche ? 0.5, 1, ou 2 litres ?
Ces questions bassement techniques devraient être résolues sans problème : il suffit de trouver quelqu'un pour nous expliquer et nous conseiller.

Où sont donc ces Quelqu'uns ?

Un stand rassemble pas mal de Quelqu'uns, alors nous nous approchons.
Incroyable, ici, ils fabriquent les couleurs. On peut choisir absolument toutes les couleurs proposées par les 200 nuanciers en consultation sur la table. Si c'est pas le top du hype, ça...

Hum. On n'est pas très doués pour choisir, l'Homme et moi, d'une manière générale. Pas gagné, donc.

Le Quelqu'un du stand n'a absolument AUCUNE réponse technique à nous fournir (ou alors il n'a pas envie de répondre parce que ça fait 2 milliards de fois - au bas mot - qu'il entend la même question).
Mais un client de passage nous informe que si nous sommes débutants, la peinture ACRYLIQUE est particulièrement conseillée car elle se nettoye à l'eau et non pas au White Spirit.
Un millième de seconde nous suffit pour revoir l'état de notre cuisine après la préparation d'une salade de tomates-moza (la déco au jus de tomate n'est pas encore reconnue artistiquement parlant). Cette vision tchernobylesque nous convaint immédiatement de l'intérêt du nettoyage facile.

Bon, voilà déjà un problème réglé. Notre enthousiasme n'est pas encore entamé (pas trop).

Nous répondons aux autres questions techniques avec une méthode tout-à-fait scientifique : le plouf-plouf. Cela nous laisse 50% de chance de réussite, ce qui est bien supérieur à la probabilité de succès que l'on obtiendrait en essayant de réfléchir, et bien plus rapide (je vous rappelle que l'action se déroule un samedi au BHV, on joue des coudes pour garder notre place, et on n'a pas tellement envie de s'éterniser).

Attaquons nous aux couleurs.
Au bout de 5 minutes, je suis incapable de me souvenir quelle est la couleur de nos meubles, ni celle que nous avions en tête pour cet achat.
Je me sens soudainement un peu daltonienne.
L'homme propose un fushia-violet assez flashy et j'opine de la tête en essayant de cacher mon désarroi (je ne suis pas prête à montrer mon incapacité totale à imaginer la couleur au milieu du salon).
Le Quelqu'un va préparer le mélange pendant que nous nous dirigeons vers l'outillage.

Le rayon des rouleaux-pinceaux fait disparaître ce qui me reste d'enthousiasme : à laque, à satin, à acrylique, à glycéro, à sous-couche, à vernis, grand format, moyen format, petit format, les rouleaux-z-et-pinceaux sont donc multiples-z-et-variés.
Nous découvrons un peu dépités qu'un doctorat en Peinture est le niveau minimum requis (avec un salaire de chef d'entreprise, vu les prix).
Nous optons pour un lot de trois pinceaux en promo avec aucune indication d'usage : c'est qu'ils peuvent être utilisés dans tous les cas, n'est-ce-pas ?

Une fois nos achats réglés (véridique, on paye AVANT d'avoir vu la peinture mélangée), nous pouvons aller récupérer notre pot de peinture. Le Quelqu'un ouvre le pot pour nous faire admirer le résultat du mélange.

Et là, c'est le drame.

Au bout d'une bonne minute, la remarque aigüe d'une cliente : "Ouh la la !!! c'est sympa la couleur, mais faut oser, hein !!!" nous fait finalement sortir de notre stupéfaction et refermer la bouche.

Nous aurons donc des meubles rose fushia.
"Chéri, il ne te semblait pas que la couleur que nous avions choisie était un peu moins.... flashy?"
"Euh...." (l'Homme est encore un peu sous le choc).
Le Quelqu'un nous explique que c'est exactement ce que nous avons demandé, et que c'est normal, la peinture elle fonce en séchant.

Nous essayons de cacher notre scepticisme et faisons bonne figure en récupérant notre pot.
Oui, l'Homme et moi appartenons à la catégorie :'bonnes poires'. On peut nous vendre n'importe quoi. Cette catégorie nous permet aussi de dire 'Merci, j'aime beaucoup' et de sourire au coiffeur qui nous a fait la tête de Lorie (avec sa nouvelle coupe comme sur la photo), et également d'acheter des objets hors de prix dans les souks sans aucune négociation.

Sur le trajet du retour, mes pensées volent et virevoltent. Après tout, un peu d'originialité ne nous fera pas de mal. Les couleurs c'est chouette. Et puis ça pourrait être mon style d'artiste-décoratrice, les couleurs flashy. Un vrai créneau à prendre.
Le sourire revient sur mon visage d'incorrigible rêveuse.

Chatter avec Dieu

Petite apparté dans ma série 'peinture' pour faire partager une découverte webistique hilarante qui permet de chatter avec Dieu.

Personnellement, il n'a pas été très cool avec moi (sans doute pour me punir de ma vie de pêcheresse), car il m'a dit que mon Homme me trompait avec des amies à moi. D'ailleurs, il a précisé que mes amies n'étaient pas dignes de confiance.
Bon il a fini par se rattraper en me confirmant que j'étais la plus belle fille du monde, mais quand même, pas cool, Dieu.

En tant qu'oracle, il n'est pas terrible, je vous l'accorde, mais c'est assez jouissif de lui demander s'il est marié, quel âge il a, à quoi il ressemble, etc...
Parfois il est un peu à côté de la plaque, c'est très rigolo.

La peinture et moi - Episode 1

La genèse

C'est simple, la peinture et moi, ça se passe aussi bien que les trains et moi, c'est dire.

Connaissez vous l'émission Déco ?

Une nana fort sympathique vient chez vous accompagnée de son escort boy (hyper doué en bricolage), vous lui expliquez ce que vous n'aimez pas chez vous (dans votre maison ou appartement hein, c'est pas une psy la nana!), elle vous dit oui, oui, oui et elle s'en va.

Quand elle revient (le lendemain ? un mois plus tard, un an plus tard ? Mystère et boule de gomme...), elle a un camion rempli de meubles, peintures, et accessoires de déco.
Et tout ça c'est pour faire de votre home sweet home le nid douillet dont vous rêviez.
A ce stade une question me taraude : Qui paye ? (oui, je sais je suis bassement matérielle, mais vous savez combien coûte un pot de peinture au BHV ?? C'est dément !)

Là, elle vous équipe de pied en cap, et c'est parti pour la peinture des murs, des meubles, etc.
J'adoooore l'idée des stickers qu'elle colle sur les murs.
Après une longue recherche sur le web, je suis bonne copine et je vous file des adresses où l'on trouve de supers stickers muraux pour des prix compris entre le PIB du Bengladesh et celui des Emirats Arabes Unis :
- les louisettes
- acte-deco
- fleur de kookyses
- wall design
- BHV (il faut aller au magasin pour les voir)

En général, les gens qui reçoivent cette nana sont assez handicapés de leurs 10 doigts. Ils ouvrent des yeux ronds en apercevant les outils hyper techniques utilisés (genre des pinceaux), et paniquent à l'idée de repeindre leur étagère ikéa à 15 euros.
Bon, ça semble logique : si ils étaient naturellement doués, ils n'auraient pas besoin de la super-nana de M6 !

Et c'est là que ça se gâte. Oui, à ce stade du processus, j'entre en phase d'identification. Après tout moi aussi je suis totalement handicapée de mes 10 doigts (+ de mes 10 doigts de pied, c'est dire) !
Alors, pourquoi pas moi ?

Comme le sort est joueur, nous avons justement prévu d'acquérir quelques meubles, mais on ne trouve que des trucs à 3 millions de dollars, ou des trucs en bois tout moche.
Qu'à cela ne tienne, forte de mon expérience de peinture télévisuelle, me voilà prête à personaliser tous ces meubles moches, à les rendre uniques et totalement intégrés à notre intérieur.

Le coeur pimpant, je transmets mon enthousiasme à l'Homme, qui, l'amour rend aveugle, a l'air de me faire confiance.

Je m'imagine déjà dans le bureau (transformé pour l'occasion en atelier d'artiste), choisir les couleurs, passant mes soirées à travailler les bois, préparer ces meubles avec amour, et connaître cette satisfaction du travail bien fait...

Et si je m'apercevais que j'étais douée ?
Et si c'était ça, ma vocation ?
Fyfe, peintre sur meuble (ça fait bouseux)
Fyfe, retapeuse de mobilier (ça fait pute)
Fyfe, décoratrice d'intérieur (ça fait classe, mais pas assez artiste, un peu trop snob)
Fyfe, artiste-décoratrice (YES !!!)

Bon, bien sûr, mon boss va mal le prendre, que je démissionne comme ça, aussi soudainement. Mais il finira par comprendre que ma vie est ailleurs et qu'un talent comme le mien est trop précieux pour être gâché.

vendredi 18 août 2006

Les talons hauts

Aiguilles, compensés, à base rectangle, carrée, ou ronde, perchée sur mes talons, je suis la reine du pétrole.
Récemment convertie à la secte des hauts talons, presqu'aussi coûteuse que la scientologie, mais bien meilleure pour le morale (z'avez vu la forme que tient Katie Holmes-Cruise?), je ne saurais m'en passer.

Une star a dit : "Ca place le cul sur un piedestal, là où il devrait toujours être".
Bon, je vous livre la citation de mémoire, et la mémoire ce n'est pas mon fort (impossible de me rappeler où j'ai lu ça et quelle pin up américaine l'a dit).
M'enfin l'idée est là.

Comme une touche de maquillage, ou comme le port d'un vêtement neuf et seyant, les hauts talons sous mes pieds me donne des ailes.

La preuve par l'expérience :

Vous entrez dans une salle pleine de collègues, de chefs, et de chefs de chefs. Votre directeur va exprimer ses meilleurs voeux pour l'année qui débute avant que tout le monde se jette de manière plus ou moins distinguée sur les petits fours et le champagne.

Scénario 1 :
Vous êtes chaussées de ballerines charmantes mais désespéremment plates. Vous arrivez tout juste avant le discours (un dossier à la c.. à boucler).
Un peu gênée d'arriver seule dans cette foule, vous vous faites petite et cherchez du regard vos collègues proches avec qui vous pourrez faire des blagues sur le directeur en toute impunité.
Après vous être faufilée pour atteindre le buffet (au prix de quelques coups de coudes et marcharges-sur-ballerines-charmantes-et-plates), vous cherchez à retrouver votre groupe.
Il s'est malheureusement disloqué. Vous cherchez une âme connue en essayant de ne pas céder à la panique en voyant approcher le responsable du courrier un peu alcoolique et un peu amoureux de vous (et de toutes celles qui ne l'ont pas encore menacé d'appeler les flics).

Scénario 2 :
Vous êtes perchée sur vos hauts talons. Vous arrivez tout juste avant le discours (ceux qui arrivent avant sont des affamés).
Vous faites votre entrée comme Monica Bellucci au bar du Ritz. Tout le monde se retourne pour admirer votre élégance associée à votre modestie mais vous les ignorez.
De loin, vous faites un petit signe de la main à vos collègues et profitez du discours pour tester les mille positions jambe-pieds afin de trouver celle qui met le plus en valeur à la fois votre postérieur et la ligne de vos jambes.
Vos collègues vous rejoignent en vous apportant une flûte de champagne. Le verre à la main, le port de tête altier, vous riez en rejettant vos cheveux vers l'arrière.
Monica B., comparée à vous, c'est Rosetta.
Certaines personnes de l'assemblée osent s'approcher de vous et vous leur faites un bout de conversation inspirée, parce que vous êtes restée modeste, malgré tout. Ils n'osent pas s'éterniser, on n'abuse pas du temps des stars.

Conclusion :
Tout est état d'esprit, certes.
Pour se sentir bien dans leur peau, les femmes ont l'habitude de s'appuyer sur leur fringues, leur maquillage, etc.
Pour ma part, j'use de tous les artefacts (y a du boulot pour m'éloigner de la tapisserie).
Monica B. n'a qu'à bien se tenir, je viens de me convertir aux talons.

jeudi 17 août 2006

Les trains et moi - Episode 4

Episode 4 - Les classiques

Qui n'a pas voyagé avec pour voisin(e)(s), au choix :
- le bébé malade hurlant
- la famille nombreuse mal élevée avec des mômes qui vous grimpent dessus et emm... tout le monde sous le regard attendri des parents
- le ou la bavarde qui raconte sa dernière rupture au téléphone
- le ou la malade atteint de gastro-entérite, qui rend son déjeuner sur vos pieds
- le ou la acccro aux jeux vidéos, qui agrémente tout le wagon de bip-bip rageurs
- le couple qui règle ses comptes
- le vieux ou la vieille qui explique pourquoi il/elle est raciste à qui veut l'entendre
- l'équipe de rugbymen qui fête sa victoire du championnat de france junior
- etc.

Bien sûr, tout le monde connaît l'une ou l'autre de ces situations.
Mais qui a eu le plaisir voyager avec TOUS ces gens là à la fois ??? Hum ?

Les trains et moi - Episode 3

Episode 3 - L'émulation

Voyager avec mes amoureux m'a en général fait beaucoup de bien. J'essaye de leur faire confiance quand ils m'assurent que non, le métro ne va pas doubler son temps de trajet justement aujourd'hui, et que non, il ne faut pas 50 minutes pour atteindre le quai depuis l'entrée de la gare.
Par contre, je voyage parfois avec des copines.
Et notamment avec une copine, plutôt poissarde, un peu comme moi.
Du coup, quand on est ensemble, on se prend vraiment tous les problèmes spatio-temporels du coin.

Je me souviens notamment d'un Lyon- Toulon d'anthologie.
Pour commencer, notre trajet comportait trois trains.
Lyon - Valence (en TGV) ; Valence - Marseille (en corail) ; Marseille - Toulon (en TGV à la vitesse d'un corail. Je sais c'est con, mais c'est juste une astuce de la SNCF pour vous faire payer plus cher).
Il s'est avéré que notre premier TGV allait jusqu'à Marseille, mais nous, on n'y a pas eu droit on a dû changer pour un corail tout pourri, et ça, ça sentait déjà la poisse spatio-temporelle...

Arrivées à Marseille, tout en discutant joyeusement (nous étions quand même arrivées jusque là sans ambage, ça mérite d'être joyeux), nous montons dans le pseudo-TGV (celui de l'arnaque SNCF, sans places réservées) qui attend gentiement sur son quai.
Personne à bord, mais cela ne nous perturbe pas plus que ça. A ce moment là, on sort nos magazines féminins, nos bonbons, nos balladeurs (oui à l'époque, les mp3 n'existaient pas, n'en déplaise aux plus jeunes) etc.
Un type louche sur le quai s'approche alors de notre fenêtre avec un sac en plastique et frappe à la fenêtre en nous faisant de grands signes.
Les gares sont pleines de cintrés c'est bien connu. Nous ignorons superbement ce sadique à tendances perverses.
Notre joyeuse conversation reprend pendant un bon quart d'heure, jusqu'à l'arrivé d'un autre dangereux personnage : le contrôleur.
Il arrive en ricanant et en se frottant les mains. Nous sommes seules dans le wagon et pas trop rassurées, surtout au moment où il dit : " hein, hein, hein (ceci est un ricanement), on va bien s'amuser tous les trois".
Il s'assoit en face de nous et commence à nous demander où on va. Sagement, nous répondons à ses questions. Un peu terrorisées sur les bords quand même.
A ce moment là, le sadique nous informe que le TGV qui part à Marseille, c'est l'autre rame. Ici on est donc dans la rame qui ne bouge pas. Et nous, les sales petites squatteuses, si on veut changer de rame, ben va falloir courrir et plutôt vite.
Panique à bord.
Rassemblage d'affaires express, course effreinée sur le quai, perte d'accessoires sur le quai (à cause des sacs pas vraiment bien refermés), finalement on rentre dans l'autre rame, celle qui part, vraiment tout juste à temps.

L'énorme fou rire passé, on n'a plus qu'à se faufiler au milieu des wagons pleins à craquer ceux-là, pour se trouver deux petites places et commencer le recensement des traces de nous qu'on aura laissées sur un quai de la gare de Marseille Saint Charles.
Evidemment ce train-là a subi une panne qui nous a immobilisées plus d'une heure en rase campagne.

La conjonction de plusieurs failles spatio-temporelles mène à des situations dramatiques induisant humiliations et ridiculisation des victimes, vous l'aurez constaté.

Les trains et moi - Episode 2

Episode 2 - Les destinations

En général, quand je prends le train, c'est pour me rendre quelque part (je ne le prends pas par plaisir, vous l'aurez compris).
En général, je suis attendue dans la ville d'arrivée.
Deux bonnes raisons pour choisir de monter dans le train qui nous emmènera à bon port, et pas dans un autre.
Oui mais c'est sans compter les failles spatio-temporelles qui hantent les gares !

Reprenons une situation d'attente à la gare (depuis 1heure et demi, sans bouquin, assise sur le quai, etc.). Rien que de l'ordinaire, quoi.
Arrive mon train. Je monte dedans, assez ravie d'avoir franchi toutes ces étapes et déjoué tous les pièges spatio-temporels.
Un peu étonnée quand même de voir autant de gens descendre et personne monter.
Un seul passager dans mon wagon : un contrôleur sncf.
Voilà une valeur sûre, non ?
Erreur, regrettable erreur. Le train en question rejoignait la seconde gare de Lyon et non pas ma ville de destination...
Pour les connaisseurs, j'ai attendu 1heure et demi pour prendre un train qui m'a fait rejoindre la gare de Lyon-Perrache depuis la gare de Lyon-Part Dieu.
J'en ai raté le train qui devait me ramener chez moi, évidemment.

N'est ce pas une preuve supplémentaire de l'existence des failles spatio-temporelles dans les gares ? Vous ne pouvez pas croire sérieusement que je monterais dans le mauvais train après avoir prévu dans les moindres détails mon trajet jusqu'à la gare, hum ?

Les trains et moi - Episode 1

Episode 1 - Les horaires :

Il faut le savoir, je suis une fille à qui on ne peut pas faire confiance.
Plus étourdie que moi, à part le grand blond avec une chaussure noire, je vois pas.
Je me trompe de station de métro, j'oublie de changer d'heure (celle d'été et celle d'hiver), je n'entends pas le réveil, etc.
Conclusion, j'ai mille et une raisons d'arriver en retard à la gare.
Comme j'ai horreur d'être en retard, ben c'est tout simple, je calcule le temps nécessaire pour rejoindre la gare en prévoyant tout ce qui pourrait perturber mon trajet.
En vrac : les grèves (surprise, ça existe), les pannes de métro, les erreurs humaines (ne pas descendre à la bonne station, etc.), et évidemment, je pars du principe que mon wagon de tgv sera celui qui est le plus éloigné de l'entrée de la gare.
En général, mon temps estimé est égal au double du temps estimé pour mon voisin de palier, en admettant que mon voisin de palier soit normalement constitué (la probabilité que mon voisin de palier soit le même genre de psychopathe du train que moi est faible, voire nulle).
Vous pensez qu'avec cette méthode, je ne rate jamais de train et j'ai le temps de visiter toute la gare et ses magasins ?
Et bien vous avez tort.
D'une part, le stress qui s'empare de moi à l'approche d'une gare m'empêche catégoriquement de flâner dans les gares.
Il y a dix ans, je passais facilement 1heure-1heure et demi sur le quai, à attendre mon train. Aujourd'hui, ça va mieux, je n'attends qu'une demi-heure - trois quart d'heure en moyenne.
D'autre part, je vous l'ai dit, je suis étourdie.
Conclusion, aux temps glorieux de mes avances horaires phénoménales, j'ai réussi à rater mon train alors que j'étais arrivée une heure et demi en avance à la gare.

Je sais, ça paraît peu crédible, et pourtant, juré-craché, l'anecdote est véridique.
En fait, c'est très simple. Je me suis assise sur mon sac, sur le quai, pour attendre patiemment l'arrivée de mon train.
Je dois préciser que je n'avais pas de bouquin ni de magazine (oui, j'étais étourdie ET fauchée).
Non, je me suis seulement laisser porter par mes pensées (que j'ai plutôt foisonnantes), en jetant un coup d'oeil de temps à autre à l'écran de contrôle, qui bien sûr annonçait toujours le train précédent.
Quelques coups d'yeux (si, ça s'accorde) plus tard, le train affiché sur l'écran de contrôle est enfin le mien. Ouf, plus que 30 minutes d'attente...
Ca me laisse encore du temps pour foisonner par la pensée.
Au coup d'oeil suivant, c'est la 4ème dimension. L'écran de contrôle affiche un autre train.
Comment est-ce possible ?
Je me lève d'un bond en foisonnant par la pensée à donf : Mon train a t'il été annulé sans préavis ? Mon train est il passé dans un autre espace spatio-temporel ? Est-il possible que les frères Bogdanov viennent de cette planète avec des mentons pareil ?
Hop, j'attrape un type en uniforme sncf en train d'observer un train s'éloignant de la gare et le somme de me donner une explication rationnelle.
Bon, je peux pas me plaindre, j'ai été servie en explication rationnelle.
Il s'est avéré que le train qui s'éloignait (celui que le type observait, suivez) était le mien.
Non, non, il n'avait pas changé de quai, il s'était arrêté ici-même, devant moi, des gens en étaient descendu, et d'autres étaient monté dedans.
Et moi j'avais rien vu.
Comment expliquez vous ça, hum ?
Moi je vous le dit, les gares sont des lieux bourrés de failles dans le continuum spatio-temporel.
Ca craint.

Mauvais esprit - MAJ (merci à Oelita et ses copines!)

Petite tentative de réflexion totalement subjective afin de déterminer pourquoi les gens font des bébés.
Exposé en 8 hypothèses et un préambule (parce que je suis une scientifique rigoureuse, et qu'en plus j'adore le mot 'préambule').

Préambule :
L'échantillon considéré sera composé des gens qui font, ont fait, ou vont faire des bébés.
Les autres peuvent tranquillement continuer à ne pas en faire, cela ne perturbe en rien le raisonnement.

Hypothèse 1 :
Les gens font des bébés pour concrétiser leur amour.
Hum.
En voilà un lieu commun !
Mai-z-alors ça veut dire quoi au juste ? Que ceux qui ne procréent pas vivent un amour seulement abstrait ? Mouais.
On peut aussi prendre un chien. Ou acheter un appartement. C'est très concret aussi.
Cela dit, il faut bien avouer que pour l'aspect concret, les bébés se posent là. Difficile de rester dans l'abstraction quand un mini-chou réveille l'immeuble avec ses hurlements à 4 heure du matin.

Hypothèse 2 :

Les gens font des bébés car ça va mal dans leur couple.
En gros, ils s'ennuient ferme après quelques années de cohabitation. Comme les sujets de disputes commencent à manquer tout autant que les terrains d'entente, il ne reste qu'à amener un participant supplémentaire au foyer pour animer tout ça. Bien sûr, on aurait pu imaginer qu'ils accueillent Angelina Jolie ou Brad Pitt à la maison. Mais ne vous y trompez pas, ces deux là coûtent bien plus cher en entretien quotidien qu'un bébé, et c'est tout dire, car un bébé coûte un bras (je vous recommande l'étude du prix des poussettes pour vous faire une idée). Mais il faut ce qu'il faut, Brad ou Angelina chez soit, ça pimente un couple, y'a pas à chipoter.
C'est vrai qu'avec un bébé, l'ennui devient un loisir de luxe. Et on n'a plus trop le temps de se poser des questions existentielles sur son couple quand on s'endort avec un mini-chou accroché au téton.

Hypothèse 3 :
Les gens font des bébés dans l'intérêt général.
C'est vrai, tous les démographes vous le diront, la pyramide des âges ne va pas très fort en France. Alors si on veut éviter que la France deviennent un pays de grabataires, mieux vaut assurer la relève. Et puis, ça sera toujours utile d'avoir des actifs qui contribuent à payer nos retraites. Dans le pire des cas, on peut espérer que nos enfants se cotisent pour payer notre hébergement dans une maison de retraite si on n'en a pas les moyens (vous n'imaginez quand même pas qu'ils vont nous garder à la maison ?! Les vieux, c'est chiant c'est bien connu !).

Hypothèse 4 :
Les gens font des bébés pour s'assurer d'être idôlatré par au moins une personne dans leur vie.
Oui, c'est vrai que les enfants ont tendances à placer papa-maman sur un piédestal. Enfin, jusqu'à leurs 5 ans. Ensuite, ils vous maudissent de les forcer à manger des épinards. A la pré-adolescence, ils vous maudissent d'être moins cool que les parents de leur camarades de classe, et une fois ados (de 12 à 28 ans environ), ils vous haissent tout simplement. Et là je m'adresse aux mères qui ont des filles, il faut s'attendre, avec une probabilité non négligeable, à être la seule personne sur terre à être capable de crisper le fruit de vos entrailles par votre simple présence dans la pièce.
Quant à notre vieillesse, on ne peut pas toujours compter sur le soutien de notre progéniture : la maison de retraite si on est chanceux, ou l'indifférence totale si on ne l'est pas.
Bon, conclusion, c'est pas vraiment durable comme hypothèse. il faut donc bien en profiter au début.

Hypothèse 5 :
Les gens font des bébés pour perpétuer la dynastie familiale.
Bon, à moins d'être issu d'une famille très très aristocratique, c'est quand même rare.
Moins rare que les cas de procréation en vue de fournir des organes compatibles à d'autres membres de la famille (si, si, ça existe), mais quand même.
Par contre, on ne peut pas nier qu'il existe une petite envie de créer un métissage entre soi et l'être aimé.
Bien sûr en général, on espère qu'il/elle aura les yeux bleus du papa, les cheveux blonds de la grand-tante, la taille de guêpe du grand-père et l'intelligence de la mère.
On ne peut cependant pas (pas encore?) exclure la possibilité qu'il/elle hérite de la calvitie du papa, du gêne de l'obésité du grand-père, de la pilosité galopante de la mère, et du QI de poule de la grand-mère.

Hypothèse 6 :
Les gens font des bébés pour leur donner beaucoup d'amour.
Oui, ils sont nombreux ceux qui n'ont pas eu des vies faciles, et qui souhaitent donner tout l'amour qui les étouffent en eux.
Mettre au monde pour aimer, voilà une idée qu'elle est jolie.
Sauf qu'entre nous, mettre au monde c'est bien, mais rappelons nous qu'il ne s'agit pas de n'importe quel monde. Le monde d'aujourd'hui, c'est un concentré de violence, haine et intolérance. Et ça ne risque pas de s'améliorer tout de suite.
Il me semble que la lecture mensuelle du Monde Diplomatique est un bon contraceptif. Franchement, quel égoïste ou inconscient pourrait volontairement et sans la moindre angoisse projeter dans ce monde sordide un petit être fragile et sans défense ? La moindre des choses est en effet de s'inquiéter de son avenir...

Hypothèse 7 :
Les gens font des bébés car ils ont envie de faire l'amour.
Le cas particuliers des pratiquants anti-contraception mène souvent à des familles (très) nombreuses.
Et si 10 enfants, ça paraît beaucoup, dites vous bien que 10 relations sexuelles, c'est très peu !
Alors un peu de compréhension messieurs-dames s'il vous plaît.
[Apparté littéraire : je recommande la lecture hilarante de l'excellent bouquin de David Lodge 'La chute du British Museum' qui aborde le sujet du contrôle des naissances dans une famille catholique].

Hypothèse 8 :
Les gens font des bébés de manière totalement irrationnelle.
On l'a vu plus haut, faire des bébés, c'est égoïste, angoissant, etc. Une prise de risque maximale pour un retour sur investissement peu fiable.
Alors pourquoi les gens font quand même des bébés ?
Parce que les gens font ce qu'ils veulent, d'abord. Oui Madame.
Les gens font des trucs bizarres voire stupides tous les jours, juste parce qu'ils suivent leur instinct, leurs envies intimes. Et des fois, il n'y a même pas d'explication.
Dingue, non ?


Et voilà des ajouts inspirés de Oelita (et ses copines), experte webinternationnale en famille nombreuse :

Hypothèse 9 :
Les gens font des bébés pour changer le monde.
Si, si. Parce qu'après tout, si les parents de Nelson Mandela s'étaient abstenus de jeter dans ce monde cruel (ô monde cruel...) un bébé tout neuf et tout innocent, ben l'appartheid ne serait peut-être pas terminé, parfaitement Madame.
Je ne vous parle même pas des parents de Jack Bauer, qui ont failli ne pas engendrer celui qui sauverait le monde 5 fois de suite, à cause d'une sombre histoire de migraine.
Bien sûr, quand on pense à M. et Mme Bataille (de Bataille et Fontaine), on se dit que les femmes devraient utiliser plus souvent l'excuse de la migraine.
Et n'oublions pas que les tueurs en série et les dictateurs sanguinaires ont eux aussi des parents. Espérons seulement que l'éducation joue pour beaucoup dans la direction qui sera prise par l' "enfant-prodige-qui-changera-le-monde" (on voit bien le problème dans la famille Bush).
Bref, c'est un peu la roulette russe niveau génétique (comment on fait pour sélectionner les gênes du Jack Bauer??), mais il y a un espoir de rattrapage sur 20 ans d'éducation.

Hypothèse 10 :
Les gens font des bébés car c'est leur hobby.
Oui. Certains collectionnent les timbres, ou les antiquités.
D'autres collectionnent les bébés.
Honnêtement, j'ai toujours eu du mal à comprendre l'intérêt de collectionner les lapins en porcelaine (c'est moche, ça n'a aucun intérêt, et ça doit être l'enfer à dépoussiérer sur les étagères). Mais collectionner les bébés, je trouve ça hyper drôle.
A réserver aux personnes avec une santé de fer, c'est un hobby absolument épuisant.
Bien plus que les grenouilles en céramique, il peut être passionnant d'observer les enfants.
D'abord ça change tout le temps (la preuve, c'est la ruine en fringues). Et puis ça a une personnalité. D'ailleurs, les experts ont observé qu'on ne faisait jamais 2 fois le même enfant, même avec les deux mêmes parents. Voilà de quoi rendre accro.

Hypothèse 11 :
Les gens font des bébés pour claquer un demi-salaire en fringues trop mignonnes.
On ne peut pas le nier, les personnes souffrant d'une certaine fièvre acheteuse fringuistique se trouvent comblées avec un enfant.
Au lieu de se ruiner en fringues pour soi-même (ce qui engendre immanquablement les foudres de son conjoint, les regards culpabilisants de la famille, et laisse à entrevoir la narcissique qui est en vous), craquez sur les minis-fringues des bébés (une adresse recommandée par Oelita dans les commantaires !).
Elles sont tout aussi chères, mais au moins on ne verra en vous qu'une maman généreuse et pleine d'amour !


vendredi 11 août 2006

Un heureux événement

Ce n'est pas de bébé dont il est question, mais d'un nouvel ordinateur !
Le transfert m'a pris la journée, donc pas le temps pour un post développé...
Mes doigts trépignent d'impatience à l'idée de courrir sur ce nouveau clavier, mais ils trépigneront jusqu'à jeudi en raison d'un week-end très prolongé dans ma campagne natale !

jeudi 10 août 2006

Neuneuland

Hier soir, j'ai eu une révélation qui n'a rien de divine.
Arte diffusait le second épisode du documentaire de William Karel : "CIA : guerres secrètes".


A tous ceux pour qui la CIA évoque en vrac :

- Jack Bauer, qui en est à son 5 ème sauvetage de la planète et tient encore une bonne forme,

- Sydney Bristow (Alias) et Vaughn (le deuxième homme le plus beau du monde) qui font trois fois le tour du monde par épisode pour des missions 'under cover' et qui battent le record du monde du nombre de Miles Skyteam,

- Les experts de Miami, Las Vegas, etc. (ok, ça n'a rien à voir avec la CIA mais quand même vous admettrez qu'il s'agit de l'élite de la nation américaine en matière d'investigation),

- Et tous les profilers, experts en nombres (si, si, ça existe), et autres médiums que comptent les services d'investigation américains,

A vous donc, asseyez vous, c'est plus sûr, car ce que je vais vous annoncer risque de vous bouleverser.
Bon, l'épisode du 11 septembre avait déjà fait planer quelques sérieux doutes sur l'efficacité de la CIA.
Sans compter sa mauvaise réputation suite à de nombreuses années d'entretien de diverses dictatures en Amérique Latine, et autres joyeusetés.

Pour ma part, je m'imaginais des services compartimentés (secret défense oblige), des employés plutôt brillants, et un directeur plus ou moins à la botte du President of United States of America (ça fait toujours classe comme intitulé de job).

Mon statut de fonctionnaire m'a donné une petite expérience de la redoutable efficacité des services proches du pouvoir. En gros, chaque chef veut devenir grand chef à la place du grand chef. Ca, c'est le constat de base. Pour y parvenir, les chefs ont deux solutions :
- travailler mieux que les autres
- empêcher les autres de travailler

Bien sûr, la première solution est adoptée de manière tout-à-fait anecdotique (elle implique de travailler ce qui prend beaucoup de temps et d'énergie. Oui, le travail, ça fatigue).
La plupart du temps, les services choisissent plutôt de neutraliser leurs concurrents (c'est bien plus rigolo).
Conclusion, on en arrive à des situations ubuesques avec des gens occupés quasiment à plein temps à mettre des bâtons dans les roues du reste du monde.

Bon, ce n'est pas glorieux, je vous l'accorde, mais je connais ce système depuis un petit moment, et je sais qu'on le retrouve presque partout quand on s'approche du pouvoir, alors cela fait partie des choses que je pouvais imaginer pour expliquer les dysfonctionnements soupçonnés de la CIA.

Le 2ème épidode du documentaire de William Karel m'a presque fait rire.
Pas facile avec le sujet de la guerre froide et de l'Afghanistan !

C'est ça la révélation du jour... La CIA ne souffre pas de dysfonctionnements, non, pas du tout !
La CIA c'est la fête à Neuneu ! Bien loin de Jack et Sydney B. (non ils ne sont pas mariés)...

Franchement, voir cette ribambelle de directeurs de département, ex-directeurs de la CIA, et conseillers en tout genre expliquer avec la naïveté d'enfants de 12 ans qu'eux ne pensaient vraiment pas que l'URSS s'éffondrerait, qu'ils ne pensaient pas du tout non plus que financer et armer les extrémistes afghans (et notamment Ben Laden) pour qu'ils battent les soviétiques pourrait avoir d'autres conséquences. D'ailleurs une fois le conflit en Afghanistan terminé, ils ne se sont plus du tout préoccupés ni de ce que deviendraient toutes les armes dans les mains des extrémistes, ni de l'état du pays (état lamentable, bien sûr, le meilleur terreau du monde pour le terrorisme).

Bref, c'était un peu la fête à Neuneuland.
Chacun avait son intime conviction, son idée personnelle à propos des soviétiques, des Afghans, de la guerre froide etc.
A aucun moment ils ne parlent de preuves. Vous savez, tous ces trucs qu'utilise sans arrêt Jack Bauer : les satellites, le décodage des données, l'espionnage, les hypothèses, etc.

A croire qu'il n'y avait pas un ordinateur à la CIA. Comme au café du commerce, chacun y va de son intime conviction. On imagine les discussions autour de la machine à café pour envisager la suite de la guerre froide. Une fine équipe de bras cassés...

Conclusion cinglante de cet épisode, donnée par un ex-haut placé de la CIA : " Finalement, chaque fois qu'on pense que les Américains ont touché le fond de la bêtise, ils sortent un truc encore plus débile."
(Bon, la citation ne doit pas être tout-à-fait exacte, mais le sens est là).

Après le visionnage de cet excellent doc, sachez que je me tape la tête contre les murs à l'idée d'avoir raté le premier épisode.
Heureusement, il en reste un, diffusé la semaine prochaine sur Arte.
Ca va saigner !

mercredi 9 août 2006

Mauvais esprit

Petite tentative de réflexion totalement subjective afin de déterminer pourquoi les gens font des bébés.
Exposé en 8 hypothèses et un préambule (parce que je suis une scientifique rigoureuse, et qu'en plus j'adore le mot 'préambule').

Préambule :
L'échantillon considéré sera composé des gens qui font, ont fait, ou vont faire des bébés.
Les autres peuvent tranquillement continuer à ne pas en faire, cela ne perturbe en rien le raisonnement.

Hypothèse 1 :
Les gens font des bébés pour concrétiser leur amour.
Hum.
En voilà un lieu commun !
Mai-z-alors ça veut dire quoi au juste ? Que ceux qui ne procréent pas vivent un amour seulement abstrait ? Mouais.
On peut aussi prendre un chien. Ou acheter un appartement. C'est très concret aussi.
Cela dit, il faut bien avouer que pour l'aspect concret, les bébés se posent là. Difficile de rester dans l'abstraction quand un mini-chou réveille l'immeuble avec ses hurlements à 4 heure du matin.

Hypothèse 2 :

Les gens font des bébés car ça va mal dans leur couple.
En gros, ils s'ennuient ferme après quelques années de cohabitation. Comme les sujets de disputes commencent à manquer tout autant que les terrains d'entente, il ne reste qu'à amener un participant supplémentaire au foyer pour animer tout ça. Bien sûr, on aurait pu imaginer qu'ils accueillent Angelina Jolie ou Brad Pitt à la maison. Mais ne vous y trompez pas, ces deux là coûtent bien plus cher en entretien quotidien qu'un bébé, et c'est tout dire, car un bébé coûte un bras (je vous recommande l'étude du prix des poussettes pour vous faire une idée). Mais il faut ce qu'il faut, Brad ou Angelina chez soit, ça pimente un couple, y'a pas à chipoter.
C'est vrai qu'avec un bébé, l'ennui devient un loisir de luxe. Et on n'a plus trop le temps de se poser des questions existentielles sur son couple quand on s'endort avec un mini-chou accroché au téton.

Hypothèse 3 :
Les gens font des bébés dans l'intérêt général.
C'est vrai, tous les démographes vous le diront, la pyramide des âges ne va pas très fort en France. Alors si on veut éviter que la France deviennent un pays de grabataires, mieux vaut assurer la relève. Et puis, ça sera toujours utile d'avoir des actifs qui contribuent à payer nos retraites. Dans le pire des cas, on peut espérer que nos enfants se cotisent pour payer notre hébergement dans une maison de retraite si on n'en a pas les moyens (vous n'imaginez quand même pas qu'ils vont nous garder à la maison ?! Les vieux, c'est chiant c'est bien connu !).

Hypothèse 4 :
Les gens font des bébés pour s'assurer d'être idôlatré par au moins une personne dans leur vie.
Oui, c'est vrai que les enfants ont tendances à placer papa-maman sur un piédestal. Enfin, jusqu'à leurs 5 ans. Ensuite, ils vous maudissent de les forcer à manger des épinards. A la pré-adolescence, ils vous maudissent d'être moins cool que les parents de leur camarades de classe, et une fois ados (de 12 à 28 ans environ), ils vous haissent tout simplement. Et là je m'adresse aux mères qui ont des filles, il faut s'attendre, avec une probabilité non négligeable, à être la seule personne sur terre à être capable de crisper le fruit de vos entrailles par votre simple présence dans la pièce.
Quant à notre vieillesse, on ne peut pas toujours compter sur le soutien de notre progéniture : la maison de retraite si on est chanceux, ou l'indifférence totale si on ne l'est pas.
Bon, conclusion, c'est pas vraiment durable comme hypothèse. il faut donc bien en profiter au début.

Hypothèse 5 :
Les gens font des bébés pour perpétuer la dynastie familiale.
Bon, à moins d'être issu d'une famille très très aristocratique, c'est quand même rare.
Moins rare que les cas de procréation en vue de fournir des organes compatibles à d'autres membres de la famille (si, si, ça existe), mais quand même.
Par contre, on ne peut pas nier qu'il existe une petite envie de créer un métissage entre soi et l'être aimé.
Bien sûr en général, on espère qu'il/elle aura les yeux bleus du papa, les cheveux blonds de la grand-tante, la taille de guêpe du grand-père et l'intelligence de la mère.
On ne peut cependant pas (pas encore?) exclure la possibilité qu'il/elle hérite de la calvitie du papa, du gêne de l'obésité du grand-père, de la pilosité galopante de la mère, et du QI de poule de la grand-mère.

Hypothèse 6 :
Les gens font des bébés pour leur donner beaucoup d'amour.
Oui, ils sont nombreux ceux qui n'ont pas eu des vies faciles, et qui souhaitent donner tout l'amour qui les étouffent en eux.
Mettre au monde pour aimer, voilà une idée qu'elle est jolie.
Sauf qu'entre nous, mettre au monde c'est bien, mais rappelons nous qu'il ne s'agit pas de n'importe quel monde. Le monde d'aujourd'hui, c'est un concentré de violence, haine et intolérance. Et ça ne risque pas de s'améliorer tout de suite.
Il me semble que la lecture mensuelle du Monde Diplomatique est un bon contraceptif. Franchement, quel égoïste ou inconscient pourrait volontairement et sans la moindre angoisse projeter dans ce monde sordide un petit être fragile et sans défense ? La moindre des choses est en effet de s'inquiéter de son avenir...

Hypothèse 7 :
Les gens font des bébés car ils ont envie de faire l'amour.
Le cas particuliers des pratiquants anti-contraception mène souvent à des familles (très) nombreuses.
Et si 10 enfants, ça paraît beaucoup, dites vous bien que 10 relations sexuelles, c'est très peu !
Alors un peu de compréhension messieurs-dames s'il vous plaît.
[Apparté littéraire : je recommande la lecture hilarante de l'excellent bouquin de David Lodge 'La chute du British Museum' qui aborde le sujet du contrôle des naissances dans une famille catholique].

Hypothèse 8 :
Les gens font des bébés de manière totalement irrationnelle.
On l'a vu plus haut, faire des bébés, c'est égoïste, angoissant, etc. Une prise de risque maximale pour un retour sur investissement peu fiable.
Alors pourquoi les gens font quand même des bébés ?
Parce que les gens font ce qu'ils veulent, d'abord. Oui Madame.
Les gens font des trucs bizarres voire stupides tous les jours, juste parce qu'ils suivent leur instinct, leurs envies intimes. Et des fois, il n'y a même pas d'explication.
Dingue, non ?

PS : Toute proposition d'hypothèse supplémentaire bienvenue !

Et voilà des ajouts de Oelita, experte webinternationnale en famille nombreuse :

Hypothèse 9 :
On fait des enfants pour changer le monde ! Car ce sont eux, le monde de demain.

Hypothèse 10 :
On fait des enfants pour avoir un hobby. Parce qu'on peut trouver ça passionnant, fascinant de voir grandir un enfant. Et ça prend un temps fou. Addictif comme hobby. Pis on peut recommencer plusieurs fois pour constater qu'on n'a jamais 2 fois le même enfant, donc on multiplie les expériences (j'en ai fait 5 et je ne me lasse pas de les observer et de les voir évoluer).

lundi 7 août 2006

Le coup de coeur au joli petit cul de 18 ans

Je viens de boulotter en une après-midi un bouquin de Nicolas Rey appelé "Courir à 30 ans".
Je sais bien pourtant, que je ne devrais pas lire ce genre de trucs.
Et pourtant, je me laisse avoir chaque fois.
Il s'agit d'histoires d'hommes. Trentenaires, plus, ou moins, mais tous plutôt lâches, faibles, égoïstes, fragiles, plutôt humains finalement.
Plutôt crédibles, donc.
Et d'autant plus déprimant.

Ces hommes là ont un mariage et des enfants à leur actif. Ca ne les empêche pas de tromper leur femme, ou de quitter leur famille pour le premier coup de coeur venu (de préférence jeune, voire très jeune, et avec une joli ptit cul et des seins durs, le coup de coeur).

Evidemment, toute femme normalement constituée aurait pu les prévenir, pronostiquer sans grand risque que ce coup de coeur ressemblerait avec le recul à une méga-boulette.
Que foutre en l'air leur mariage, leur famille, n'était pas une si bonne idée.
Que le coup de coeur et ses 18 ans ne leur ferait plus de mal que de bien.
Et que leurs anciennes vies n'allaient pas attendre patiemment leur retour.

Pfiout, finie l'ancienne vie : femme remariée, enfants grandis, irrécupérable. C'est le tarif pour la parenthèse enchantée de 18 ans.

Alors bien sûr, certains penseront que ça en vaut la peine. La parenthèse enchantée, aussi courte soit elle, a peut être comblé un manque, un vide, une envie de vivre qui s'était éteinte.
M'enfin dans le bouquin, à la fin, tous ces hommes, ils finissent plutôt mal, ambiance sarcasmes et hôpital psychiatrique.

Alors ces hommes, faibles et fragiles, qu'est ce qu'on doit faire avec eux ? Leur faire confiance ?
Les aimer ? Les éduquer ? Les rassurer ? Les éjecter ?
Et comment on les repère d'abord ? Comment on sait que dans deux ans, son homme à soi, si beau, si fort, si intelligent, ne va pas lui aussi céder à la parenthèse enchantée ?

vendredi 4 août 2006

La boule à facettes

Non, non, le thème de ce post n'est pas du tout la musique disco, ni les boîtes de nuits.
En fait, ce post est totalement égocentro -narcisso -nombrilo -autotourné.
En même temps, j'ai le droit, d'une part parce que c'est mon blog, et d'autre part parce que ça ne risque pas de déranger les lecteurs qui ne sont pas là ;).

Voilà, la boule à facettes, c'est moi. Et ça n'a rien à voir avec mon poids, je vous assure.

Quand dans ma vie, j'ai eu à me préparer pour des entretiens d'embauche, ou simplement à la lecture des tests psychologiques hyper-élaborés des magazines féminins (oui, je sais, honte à moi), je me suis toujours demandé comment je pourrais me décrire (mentalement bien sûr, parce que physiquement, c'est facile, il suffit d'un miroir). Quelles sont mes qualités, mes défauts, les traits de ma personalité qui font que je suis unique (oui on est tous uniques, n'est ce pas ?).

J'ai toujours admiré ceux qui pouvaient affirmer avec assurance : "Ah, moi, je suis .... calme/rancunier/honnête/ et que sais je encore". Moi quand je dis un truc pareil, j'ai l'impression que 10 minutes après, je pourrais dire exactement l'inverse avec tout autant d'arguments.

Et bien ces questions ont le don de me plonger dans un abîme de perplexité et d'angoisse.
A 10 ans, j'étais un garçon manqué doublé d'un mini-dictateur. Pleine d'entrain, autoritaire, têtue, colérique.
A 15 ans, j'étais une lavette à la merci du sourire du premier garçon venu. Gentille, Superficielle, mal dans ma peau, et légèrement tête brûlée.
A 20 ans, j'étais un garçon manqué avec quelques touches de féminité. Militante, intolérante, utopique.
A 25 ans, panique à bord.
Qui suis-je ?

Altermondialiste dans les idées, je cède chaque jour à la société de consommation.
Féministe rejettant tous les modèles anorexiques qu'on essaye de nous imposer, je suis obsédée par mon poids et je culpabilise quand je mange du chocolat.
Alors que je rêve de vivre d'amour et d'eau fraîche aux quatre coins du monde, je suis une simple fonctionnaire parisienne.
Je défends à corps et à cris le service public et l'intérêt général, mais je viens de choisir un poste qui m'amène à vendre de l'expertise dans une démarche commerciale.
Je crois au respect de l'autre et à sa liberté pour la survie d'un couple, mais je suis tout autant jalouse et possessive.

Alors, verdict ?
N'appelez pas tout de suite les petits hommes en blanc...
A 30 ans, je me suis fait une raison.
Féminine, féministe, masculine, engagée, militante, coquette, colérique, tolérante, intolérante, idéaliste, humaniste, méchante, agressive, colérique, emportée, douce, voyageuse, enracinée, capable du pire et du meilleur...
Je suis tout et son contraire et ça ne me pose même plus de problème.
Je suis celle qu'on a envie de voir en moi et aussi celle qu'on déteste en moi.
Comme une boule à facettes, selon l'angle de vue, selon l'éclairage, selon l'heure du jour, selon mes humeurs, selon ce que j'ai envie de montrer, je suis tout simplement multiple.

Au lecteur égaré qui arriverait sur ce blog, sais tu qui tu es ? Depuis longtemps ? As tu des certitudes, des doutes ? Néon ou boule à facettes ?

jeudi 3 août 2006

Ca déjante aux Tuileries

Hier soir, au Jardin des Tuileries, un moment à ajouter au panthéon du grand n’importe quoi artistique : le spectacle de Philippe Katerine, chanteur déjanté, et Mathilde Monnier, chorégraphe contemporaine.
Ces deux là nous viennent sans aucun doute d’une autre planète.
D’un monde coloré plein de larges culottes et de sous-pull en acrylique.
D’un monde où la musique se mêle aux mouvements des corps.D’un monde où le quotidien décide subitement et sans préavis de déraper vers la quatrième dimension.
D’un monde où Marine Lepen poursuit Philippe Katerine dans Paris (tu le crois, ça ?).
D’un monde où les risques capillaristiques de Mathilde Monnier sont analysés.
D’un monde où le son est frénétiquement coupé, puis remis, puis coupé, puis remis.

Bref, un univers de cintrés dans lequel j’adore (j’adoooooooore) me perdre, à l’occasion, et qui déclenche en moi d’irrésistibles fous rires.
Comme à notre époque, le fou rire est côté à 2 millions de milliards de dollars, vous imaginez comme je suis riche aujourd’hui.

Ca s'appelle Vallée 2008, c'est au festival Paris Quartier d'Eté (après un passage à Beaubourg), et il faut y aller.

mercredi 2 août 2006

De l'amour en intraveineuse

Aujourd'hui, ce n'est pas la peine de me parler si c'est pour me demander de bosser, de réfléchir, ou de faire fonctionner mon cerveau d'une manière ou d'une autre.

J'ai pris ma dose d'amour en intraveineuse pas plus tard qu'hier soir. La version toute option, avec mots doux chuchottés, sourire béat et regards complices. La version à 2 milliards de dollars en fait. Soyons fous, je me la suis offerte rubis sur l'ongle, on ne vit qu'une fois après tout.

Quand je vois dans les yeux de mon homme tout cet amour qui à priori n'est adressé qu'à moi (je suis bien tentée parfois de me retourner, au cas où Monica Bellucci soit derrière moi, mais je me dis que c'est peu probable qu'elle soit elle aussi dans mon lit à 2heures du mat'. D'ailleurs je n'ai pas entendu la porte d'entrée, et puis franchement, avec le parquet grinçant de l'appart' je m'en serais rendu compte, non ?). Bref, je préfère ne pas me retourner et prendre tout pour moi. Egoïstement.

A ce stade, je sens le love fluide qui part de ses yeux et qui va directement remplir mon petit coeur, qui déborde un peu comme les fontaines à champagne dans les mariages (oui, oui, j'ai conscience de la ringardise de l'image. Mais quand on s'offre une perf' à 2 milliards de dollars, on ne craint pas la ringardise le saviez-vous ?). Pour faire plus hype, je pense aussi à l'excellent film 'Trainspotting', ce moment particulier où le héros se prend un shoot d'héroïne, et s'allonge par terre sur la génialissime musique de Lou Reed "Perfect day". Cette scène est ce que j'ai vu de mieux en matière de réalisme. On a vraiment l'impression de savoir ce qu'on ressent avec un shoot d'héroïne. Bien sûr cette affirmation n'est basée sur rien du tout puisque je n'ai jamais approché de drogue dure de près ou de loin et c'est plutôt tant mieux.
Bref, j'en étais au parallèle entre l'héroïne et le love fluide de mon homme. Oui c'est ça, un truc dément qui emporte tout sur son passage et rend totalement accro.

Heureusement pour moi, l'homme n'est pas tout à fait conscient de la valeur de son love fluide et de son effet sur mon ptit coeur (et le reste). Evidemment il ne le saura jamais, c'est secret défense. S'il savait qu'à ce moment précis de débordement de mon ptit coeur il peut me demander absolument n'importe quoi (faire le tour de la chambre à cloche pied, nettoyer la cuisine, et même trier mes fringues, c'est dire), il risquerait d'en abuser.
Je vous rappelle qu'on à affaire à un homme. Un simple homme, de surcroît habitué au chouchoutage maternel. On ne peut décemment pas laisser entre ses mains, si jolies soient elles, un pouvoir aussi redoutable, vous en conviendrez.

A l'occasion de ce post sentimental, petite pensée pour ma cop's I. qui vit les premières émotions d'une relation amoureuse et que je jalouse terriblement. Elle ne dort plus, ne mange plus, et ne vit que dans l'angoisse. Ca n'a pas l'air terrible dit comme ça, mais si vous saviez le nombre de shoots au love fluid qu'elle se fait, vous feriez comme moi, vous seriez jaloux/ses.

mardi 1 août 2006

De l'éducation des parents

Un petit week-end en Normandie plus tard... Et me revoilà.
J'avais annoncé avec grandiloquence que j'aborderais le sacro-saint sujet des beaux-parents.
En fait j'ai menti (c'est mal).
Le problème, ce n'est jamais les parents (beaux ou pas), le problème c'est les enfants qui n'éduquent pas leurs parents.
De cette généralité assenée de manière un peu péremptoire, j'exclus évidemment tous les parents psychopates et tarés (il semblerait qu'ils soient nombreux aussi).
Non, je ne parle que de ce que je connais : les parents qui veulent bien faire, mais qui nous crispent, nous surprotègent, nous étouffent, nous agacent, etc etc.
La liste est longue, mais ce sont ces petites choses qui font qu'un week-end en famille est un moment agréable, mais qu'au delà de 3 jours, on a envie de prendre sa mère pour taper son père (rhôô, la fille indigne).

Là, je marche sur des oeufs car mes relations avec mes parents sont tout sauf idylliques, et en matière d'éducation, il faut bien admettre que j'ai lamentablement échoué, si l'on en croit les tensions qui règnent entre ma mère et moi, ne serait ce qu'après une demi minute de conversation téléphonique. Je vous fais grâce de la description de mon sentiment de culpabilité après chaque conversation mère-fille. Il paraît que ça s'arrange quand on devient soit même mère. J'aime autant vous dire que si ce fait était prouvé scientifiquement, je serais déjà maman d'une sacré ribambelle de mioches. Pour le moment, ce n'est pas prouvé (à ma connaissance ?) et j'ai plutôt l'intuition que quand j'aurai à supporter les conseils de ma mère sur l'éducation de mes enfants, cela n'arrangera pas franchement les choses. Voilà un procès d'intention qui va me coûter 3 jours de culpabilité. Zut.

Je disais donc que mes relations avec mes parents n'étaient pas parfaites. Certes. Cependant, j'ai toujours mis un point d'honneur à ne jamais les laisser me prendre pour une fille de 14ans (rappelons que j'en ai plus du double, misère) sans les rabrouer (à titre éducatif bien sûr). Question de principe.
Exemple : "Mum : Chérie, donne moi ton linge à laver si tu en as" ; "Moi : Non, mais arrête, j'ai une machine à laver à la maison tu sais".
Bon l'exemple est nul, mais ça devient difficile d'en trouver car justement, mes parents commencent à comprendre que je suis une grande fille, et qu'ils peuvent me faire confiance.

Du côté de mon homme, c'est bien différent.
C'est vrai que les relations mère-fils sont toujours un peu spéciales.
Mais que sous prétexte de ne pas attrister sa môman, mon homme continue de lui donner du linge à laver ou des chaussettes à rapiécer, j'avoue que ça me dépasse.
Son manque de motivation à éduquer ses parents me semble inquiétant.
A mon 'entrée' dans la famille, ses parents ont cru un instant qu'ils pourraient compter sur moi pour prendre soin de leur fils, m'assurer que la cuisinière offerte serait bien nettoyée après chaque utilisation, que l'homme se nourrirait sainement etc. Ils ont dû bien déchanter en entendant mes réponses (exagérées mais c'est pour la bonne cause) : "Ah mais moi je ne repasse jamais, c'est lui qui s'en occupe."
Conclusion, ils pensent maintenant que nous sommes deux gamins et ils se mettent à me couver moi aussi. Je trouve ça dément que mon amoureux ne se sente pas humilié par l'idée que sa mère se fait de lui. Moi je le suis pour lui. J'ai envie de leur expliquer que leur fils est non seulement un adulte, mais aussi un homme de ménage accompli, ce qui est logique eu égard aux nombreuses années qu'il a passées dans son studio en célibataire. Ridicule, non ?

Mais je dois avouer qu'après notre précédent week-end en Normandie, j'avais très légèrement craqué au retour à Paris, et que j'avais provoqué une petite mise au point avec mon homme, obtenant à l'arrachée une promesse d'effort de sa part pour éviter que je me retrouve ici comme dans ma famille à devoir justifier mon âge.

Aux vues des résultats du week-end, les efforts sont visibles quoiqu'insuffisants.
M'enfin, on ne rééduque pas ses parents en trois jours...
Courage, la route est longue, mais on aperçoit la lumière au au bout...