mardi 29 mai 2007

Poor lonesome shoppeuse

En signe de solidarité avec les personnes agées, j'ai profité de mon congé de Pentecôte imposé pour aller faire du shopping.
(ben quoi, je consomme, le pays est plus riche, et l'argent est mieux distribué, non ? Non ? Ah bon ben tant pis, je consomme quand même, désolée)

En soi, rien de très original, sauf que pour une fois le Chéri était avec moi, logique vu que c'est lui qu'on a commencé à refringuer.
Pour mon plus grand plaisir, d'ailleurs, puisque faire du shopping avec le Chéri, c'est un peu comme jouer à la Barbie : budget quasiment illimité, pas de problèmes de fesses trop grosses, de tailles déprimantes ou que sais-je, et pour couronner le tout, tout ce qu'il essaye lui va bien.

Comme d'habitude, l'affaire a été pliée en 7 minutes chrono, c'est-à-dire le temps pour le Chéri de choisir la couleur du costume, de l'essayer, et de le payer.

Et puis, quoi, un moment de faiblesse ? Nous étions à deux pas de la rue de Rennes, la pluie s'est mise à tomber, il m'a parut judicieux de nous abriter dans un magasin de fringues de filles, et là, ce qui devait arriver arriva : j'ai shoppé avec mon homme.

En général, je ne supporte que ma soeurette pour tenir le rôle de shopping partner. C'est la seule avec laquelle je prenne vraiment le temps de flâner dans les rayons, d'essayer d'improbables articles, tout simplement parce que c'est la seule qui me dira honnêtement que j'ai l'air d'un sac dans cette robe housse (ou vice-versa)(parfaitement, on PEUT ressembler à une housse dans une robe-sac, je le SAIS), et qui ne me fera pas culpabiliser de rester 20 minutes dans le même rayon, vu que si elle en a marre, ben elle me le dira, tout simplement...

Le Chéri, lui, ne fait résolument pas partie des gens qui oseront me dire que ce pantalon me donne 3 kilos de plus.
Il a compris, le Chéri, qu'on n'aborde pas impunément le sujet de mon poids.
Même quand ça part d'une bonne intention, je finis par faire passer ses propos gentils pour les pires gougateries, à coup de question perfides et malhonnêtes.
Si j'aborde le sujet moi-même, je devine presque dans son cerveau les ampoules qui clignotent unanimement et hystériquement en rouge.
Le message répété dans les haut-parleurs de ses voies neuronales, je l'entends : "alerte maximum - alerte maximum - sujet tabou repéré - consigne absolue : E-LU-DER - toute autre option sera considére comme kamikaze".
Conclusion : "oui Chérie, il te va bien ce pantalon"
Notez que je ne lui jette pas la pierre (Pierre)(j'peux pas m'empêcher désolée), éviter la crise hystérique dans une cabine d'essayage, c'est effectivement une stratégie acceptable.
M'enfin c'est pas l'idéal pour être shopping partner (comme si je n'avais pas suffisamment de fringues inutiles dans mon placard, ha ha).

Quant à sa capacité à me dire quand il en a assez, elle est inexistante. En réalité, je pense qu'il en a assez avant qu'on ait commencé.
Oh je vois bien qu'il fait des efforts pour s'intéresser ("c'est sympa ce.... ce.... ce truc bizarre avec 3 petits trous et un plus grand.... pour la tête, peut-être ?"), même si sa compréhension de la mode est un peu limitée ("ethnique, tu dis ? Moi ça me fait penser au logo Louis Vuitton. Oui c'est ça, tu ressemble à une valise LV" )(je précise que le motif en question était effectivement marronasse mais rien à voir avec le fameux logo), et sa patience mise à rude épreuve (sincèrement surpris : "Un autre magasin ? Mais on en a déjà fait un là !").

Non, vraiment, cette petite piqûre de rappel ne m'a pas fait de mal : I'm a poor lonesome shoppeuse.
(soeureeeeeeeette, reviens à Paris, steuplaîîîîîîîît !)

dimanche 27 mai 2007

'spèce de mère indigne !

J'ai un bébé.
A la base, il n'était pas à moi, hein, on me l'a refilé. La vie est une jungle, j'vous jure.

La mère indigne qui m'a refilé son bébé, c'est Bykyss (c'est une belle réputation que je te fais là pas vrai ? ;-) )

En quoi ça consiste ? Il suffit de citer 5 blogs que je lis tous les jours.

Bon, déjà, laissez moi rire, ha ha, des blogs, j'en lis... (deux secondes, je vais compter dans mon netvibes)... haaaaaan, 56 !!!! (là, je me fais vraiment peur)

Heureusement pour moi (et pour ma vie sociale), tous ces blogueurs/blogueuses ne postent pas tous les jours... Certaines, d'ailleurs, postent plutôt une fois tous les 6 mois (oui, oui, c'est entre autres de vous deux que je parle, Pirskila et Alex)(non, ce n'est pas de la délation, c'est une incitation).

Alors on va dire, pour simplifier, que je ne vais choisir qu'entre ceux qui postent quasiment tous les jours (c'est mathématique, hein, sinon, je ne peux pas les lire tous les jours)(quoique je continue à aller chez Caro tous les jours même depuis qu'elle ne poste plus quotidiennement)(là, je sens que c'est à vous que je fais peur).

Je ne peux pas ne pas citer Hélène, d'abord parce que je la lis absolument tous les jours depuis que j'ai découvert les blogs, et puis parce que son blog est l'un des premiers que j'ai découvert au hasard de mes déambulations webiennes.
En plus, ça me permet de faire un peu de pub à une blogueuse débutante, donc je ne me prive pas.
(pour ceux qui ne connaîtraient pas le blog d'Hélène (ça existe ?), je précise qu'Hélène est une papesse de la blogosphère et que ses piquants billets attirent chaque jour environ la moitié de la planète, donc oui, c'est du second degré...)

Evidemment, il y a aussi la douce g. (she's a Bree), que j'adore lire chaque jour, et même parfois plusieurs fois par jour, parce qu'elle en a des choses à dire g. (en même temps, elle triche, elle écrit à 4 mains avec sa petite voix).
En plus, c'est joli chez g., parce qu'elle prend plein de photos qui font plaisir à mes noeils.
Et puis c'est ma soeur de hulkisation, alors forcément, ça crée des liens.
Un jour elle écrira des bouquins g., des bouquins avec tout plein de mots dedans, et d'autres aussi avec des photos qui font du bien aux noeils.

En temps normal, je lis aussi quotidiennement Cely, mais rien ne va plus dans ce bas monde, et Cely se fait rare en ce moment, alors je suis en désintox.
Quand je pense à Cely, je pense avant toute chose à la mafia espagnole dont elle est victime (et je la comprends, moi c'est la CIA ou les extra terrestres qui me mènent la vie dure, selon les périodes).
Depuis que j'ai atteri sur son blog (je ne sais plus trop comment !), j'ai adoré son écriture, ses analyses, toujours extrêmement intelligentes (forcément ça m'impressionne un max, moi qui puise quasiment exclusivement mon inspiration dans ma débilité quotidienne), et puis sa personnalité, parce qu'avec Cely, je peux échanger des commentaires hilares pendant des heures, ce qui n'a pas de prix dans ce sinistre monde, admettez.

Et puis justement parce que ce monde est sinistre et que je ne veux pas non plus en faire abstraction, je lis aussi chaque jour le Big Bang Blog. Un blog de journalistes.
Faut dire que je suis accro à l'actualité (notamment politique), et que je ne supporte plus de lire des journaux qui affichent une fausse neutralité (ne parlons même pas de l'information télévisuelle).
D'abord la neutralité parfaite, l'impartialité, je ne crois pas que ça existe, tout simplement.
Et on ne peut pas dire que ça aille en s'arrangeant, si vous voulez mon avis que vous ne m'avez pas demandé.
Alors quitte à lire de l'information biaisée, je préfère que la couleur soit affichée clairement. C'est le cas de ce blog, alors je lis avec attention l'opinion personnelle des journalistes blogueurs, et je me fais la mienne (d'opinion), voilà.

Bon, ben vous ne pourrez pas vous plaindre de ne rien avoir à lire ce week end !

(oui je sais ça ne fait pas 5, mais il est l'heure de ma douche, on ne peut pas tout faire non plus)
(et puis je ne sais pas compter, rappelez vous)

Je refile le bébé de ByKyss à qui n'en veut ;-)

jeudi 10 mai 2007

Féminitude

Etre une fâââââmme.
Tout un programme, pas vrai ?

Pas que du positif, certes.

Faut se farcir les stéréotypes à la noix à fort potentiel de hulkisation :

- au boulot (non si le big boss m'a choisie pour le dossier trucmuche, ce n'est pas parce que je couche avec lui)

- à la cantine (non je ne suis pas au régime, et oui je prends des frites malgré ma non-taille mannequin et je t'emm...)

- en famille (non ce n'est pas la peine de me regarder s'il faut chercher un coupable au bazar dans l'appart', le gêne du ménage n'est résolument pas sur le chromosome X, je peux l'affirmer)

- en voiture (bon, ok, je n'ai pas le sens de l'orientation, m'enfin le Chéri ne vaut pas beaucoup mieux, hein)

Alors certes, on peut décider de lutter contre tout ça, et essayer de faire la preuve par l'exemple que ces idées sont largement dépassées.

Malheureusement, nous sommes cernés par les crétins, il faut bien le reconnaître, et démontrer à un crétin qu'une femme n'est pas une bonniche au régime, c'est à peu près aussi aisé que d'expliquer à un lepeniste qu'un africain n'est pas un dépouilleur de vieilles-dames-bien-de-chez-nous.

(notez la consensualité de mon propos : pas une mini-allusion à l'élection d'un certain président, je progresse, je progresse)
(faut dire que j'ai bien assimilé qu'il n'était plus possible dans ce pays de critiquer un choix fait par la Majorité, puisque le plus grand nombre, comme chacun sait, a toujours raison)
(Bon, la Majorité des américains a réélu Bush, et ça n'a dérangé personne de critiquer ce choix - voire de les traiter d'idiots congénitaux. Mais c'était pas pareil, hein, parce qu'ils avaient vraiment tort et nous on avait vraiment raison. Par contre, 53% de français ne PEUVENT pas avoir tort, m'enfin respectez la démocratie bon sang)
(je précise quand même que oui, je suis au courant que ça n'implique pas forcément que les 47% restant aient raison, hein)
(et voilà, je m'égare et je rechute)

Bref, moi j'ai choisi la lutte intestine.
Je prends mon rôle de paneliste très au sérieux.
Ainsi, je réponds aux questionnaire adressés à "Mademoiselle Fyfe", traitant de nos achats en aspirateur, alors que "Monsieur le chef de famille", répond aux questionnaires sur notre équipement technologique.

Ca ne m'empêche pas de travailler activement à la révision des modèles révolus de cet institut de sondage.

Ainsi, quand arrivent les questions du type "qui a acheté quoi", ce qui a peu de sens chez nous vu qu'on décide ensemble et qu'on co-finance, je m'empresse de noter avec une joie non dissimulée que c'est "Mademoiselle Fyfe" qui a acheté la Wii et les jeux vidéo qui vont avec, mais que c'est "Monsieur le chef de famille" qui a pris la carte de fidélité au Monop'.

Et je ne désespère pas de recevoir un jour un questionnaire sur les moteurs de voiture.
Ou que le Chéri se voit adresser un questionnaire sur l'odeur de son gel douche préféré.

Ce jour là, les amis, on aura fait un grand pas.

(avec un optimisme aussi infondé, osez dire que je n'ai pas progressé ?)

La vie est ailleurs

La vérité aussi, je sais, mais là, c'est un post semi-dépressif 100% ma vie.

Semi-dépressif parce que non, je n'ai toujours pas digéré, j'ai toujours l'impression d'avoir mangé trois tartiflettes suivies de deux raclettes et j'en tire étonnamment un certain dégoût de tout. Heureusement que le ministère de l'identité nationale n'existe pas encore, je serais immédiatement cataloguée "anti-nourriture franco-française" et donc terroriste potentielle.
Mais ne nous engageons pas sur ce vaseux terrain.

100% ma vie parce que je ne vais pas non plus vous parler de la vie de mon chef, ni de son triomphalisme présidentiel, ni de sa naïveté (j'ai bien peur que ces salauds de chômeurs se lèvent toujours aussi tard depuis dimanche 20h).
Bon, comme vous pouvez le constater, l'heure et grave, et à ce stade, je ne suis pas sûre d'arriver au bout de ce post sans finir par chanter l'internationnale.

Bon. Bref.
Respiration par le ventre, youpla.

Ce que je voulais dire ici et aujourd'hui (non mais je rêve ou je parle comme une politicienne ?).

On reprend.

Pourquoi la vie est elle ailleurs ?
Ben j'en sais rien, pour tout vous dire, mais ce dont je suis sûre, c'est qu'elle n'est pas là, ma vie à moi.

Bosser 5 jours sur 7 (sauf en cette période bénie où les semaines de travail sont entrecoupées de jours fériés adulés).
Parfois énormément, parfois moins.
Stressant, dans tous les cas.

Certes, si ce n'était pas un minimum stressant, je passerais mon temps à roupiller avec AZERTY incrusté sur le front, j'me connais.

M'enfin entre la journée de travail soporifique et le stress qui m'acable chaque matin en franchissant le tourniquet de ma boîte, il y a un monde.

C'est bien simple, en rentrant chez moi le soir, dotée de l'énergie d'un paresseux en manque de sieste, mon corps me fait rapidemment savoir qu'il ne bougera plus du canapé, et mon cerveau, est prêt à ingurgiter des heures d'internet ou de télévision.

Dès le jeudi (voire le mercredi quand la situation empire), je ne rêve plus que de ma couette.

Le samedi me coûte presque autant qu'une journée au bureau, parce qu'il porte son lot de corvées ménagères et remplissage de frigo, et aussi parce que je rumine quelques soucis professionnels non réglés.

Le dimanche est exclusivement dédié au rien-faire, teinté de l'angoisse de l'imminent retour au bureau.


Alors oui, sans doute, certains arrivent à faire beaucoup mieux avec bien moins de temps, d'autres s'épanouissent dans leur travail, tout ce que vous voudrez.

Oui aussi, je suis déprimée pour une sombre histoire de fromage français, donc ça n'aide pas à voir la vie en rose et pitêtre que j'exagère un poil.

M'enfin si moi je n'y arrive pas, à continuer comme ça pendant encore 33 ans ?

Si la simple lecture de ce nombre d'années me donne envie de me jeter tout de suite par la fenêtre ?


Parce que franchement, c'est ça qu'on veut me faire appeler une vie ?

Un truc où il ne reste presque plus de place pour le plaisir ?

Il faudrait que je me contente d'arracher à mon agenda (et à ma couette) des moments de partage avec les gens que j'aime ?

Nan mais je rêve.

J'vous le dis, y a pas que la politique qui me donne envie de me rebeller.

Parce que franchement, je n'ai pas que ça à faire, moi, de bosser.

J'veux du temps.

Du temps libre à foison, que je pourrai consacrer à ce qui me plaît.

C'est pourtant pas compliqué, si ?

lundi 7 mai 2007

Digestion difficile

J'ai les intestins fragiles, et là, y a comme une grosse élection qui passe pas.

Ca fait des semaines que je fais semblant de penser à autre chose et que je poste des trucs le moins politique possible (ouais bon, certes, ça marche pas à tous les coups).

Oui je sais, je suis obsessionnelle. Je ne peux pas penser à autre chose, et pourtant, je n'arrive plus à y penser non plus (je ne supporte plus).

Je ne trouve pas d'autre solution pour le moment que me réfugier dans le cynisme, et bon, j'ai pas envie que ce blog devienne un lieu d'aigreur, hein.

En plus, les bras m'en sont tombés, et vous comprendrez aisément que sans bras, j'peux pas venir écrire ici.

Je reviens dès que j'ai digéré, ou mieux, trouvé un exutoire, parce que j'ai 250 millions de volt à l'intérieur à faire sortir d'une manière ou d'une autre.

En attendant, continuez à venir, y a de la musique à écouter ;-)

vendredi 4 mai 2007

En 702 mots, la fin

Alors les 702 mots, je vous les mets un peu en vrac, à l'image de mon cerveau du moment, désolée.

Nous avons nos petites habitudes, avec le Chéri de la maison.

Et en général, le samedi en Normandie, au programme y'a hypermarché.

Le genre de truc gigantesque qui casse les prix (et ses employés mais c'est une autre histoire), et qui nous fait rêver, pauvres parisiens non motorisés que nous sommes...

Je sais, c'est anti-glamour au possible, mais on s'en fout parce qu'on est comme des gosses devant le gigantesque choix de caleçons-boxer (pour le chéri), de clefs usb (pour moi), des cosmétiques (pour tous les deux)(non, j'déconne, y a que moi que ça intéresse), des chaussettes, etc, etc.

Je sais bien que c'est totalement déplorable de se faire plaisir en passant une heure à l'hypermarché, mais bon, je vous le dis en toute honnêteté : je surkiffe grave ma mère.

Et la spirale infernale des achats est loin d'être terminée...

Après l'hypermarché, on flâne dans la galerie marchande, on reprend la voiture, et on part faire les magasins de zones commerciales à bas prix, où je suis toujours sidérée de pouvoir trouver d'aussi mignones paires de chaussures pour si peu cher (mes tongs classe en cuir à 11 euros, j'en suis folle, et si elles ne dureront pas plus que la saison, c'est très bien comme ça, car j'aurai envie d'en acheter d'autres).

La suite de la frénésie acheteuse se déroule dans la rue principale de la petite ville. Aucun magasin qu'on ne trouverait pas à Paris (ou alors, des magasins qu'on n'a pas vraiment envie de pouvoir trouver à Paris)(ni ailleurs pour être honnête), mais peu importe, chaque fois c'est le même schéma...

Mettons que je cherche une veste. Je fais trois fois le tour de Paris sans succès. Désespérée de pas avoir trouvé mon bonheur. Stressée par la foule, j'ai sûrement raté des articles, mais pourtant je suis convaincue d'avoir vu TOUTES les vestes qui se vendaient à Paris. Petite overdose, quand même.
Et ben paf, je vais dans ce bled normand, et chaque fois c'est pareil : je trouve des milliers de trucs à mon goût, y compris LA veste. C'est pourtant les mêmes enseignent, hein.

Je ne vois pas d'autre explication que des trucs impliquant des extra-terrestres, mais bon, je ne vais pas le dire, vous allez finir par me prendre pour Jean Claude Bourret.

Voilà, je viens de vous dévoiler la deuxième tradition de nos week end normands (la première consistant à engloutir une plaquette de beurre ainsi qu'un pot de crème fraîche par personne et par repas, je le rappelle).

Il en reste une troisième, totalement incontournable.
Parce que le Chéri n'a pas très envie de se justifier de ses mauvaises habitudes de fumeur devant ses parents (je fais pareil avec mes parents, je comprends).

Du coup, on joue la jolie petite comédie du gentil couple pas accro.
Alors que je ne pense plus qu'à ça dès que que j'entends le plop plop de la cafetière.

Si les ballades de l'après-midi me sauvent d'un clash inéluctable avec la belle-famille (oui, une Fyfe en manque, c'est une Hulkette en puissance), comment gérer l'indispensable clope d'après dîner (et toutes celles qui suivent avant le dodo) ?

Et ben c'est simple, on s'est découvert une folle passion pour les bars du coin. Je ne vous cache pas qu'on est loin des ambiances trendy-cosy de la capitale (et de ses tarifs délirants, tout n'est pas si noir).
Billard, fléchettes, karaokés, rien ne me sera épargné.

J'ai l'air de me moquer, comme ça, mais en fait pas du tout, ces virées nocturnes forcées me plaisent énormément, même quand il pleut, même sous la neige.

Aller boire un verre en tête à tête avec mon amoureux, exploser les records du plus long temps passé sur une partie de billard (du coup, une heure pour faire rentrer toutes les boules dans les trou-trous c'est financièrement hyper rentable)(est ce la peine de préciser que je ne suis pas toujours capable d'en faire rentrer une sans tricher ?), c'est un moment volé à la télé, aux bouquins, aux ordinateurs, au travail,...
C'est aussi un moment d'ados attardés clopeurs volé aux adultes.

Finalement, ça vaut bien 2 kilos de plus sur la balance, non ?

(Je sais, il reste un paquet de mots par rapport à ce qui était annoncé, mais franchement, vous croyez vraiment aux promesses chiffrées ?)

jeudi 3 mai 2007

Aparté

Bon, on fait un break du décompte de mots spécial "ouikend normand", parce que là, à chaud, faut que je raconte un truc qui me hérisse les poils.

La scène se déroule au boulot, pendant mon entretien d'évaluation avec mon chef (si, si, vous savez, le genre de truc désagréable au possible pasqu'on sait jamais si c'est l'occasion annuelle de se prendre dans la tête un listing de 100 pages de reproches dont on n'a jamais entendu parlé en 364 jours, ou si c'est juste l'occasion annuelle d'apprendre que parmi ses objectifs de l'année suivante figure le retour de la croissance en France et la fin de la famine en Afrique).

En face de moi, donc, mon chef.

Alors dans le genre, mon chef, c'est un beau stéréotype de fonctionnaire, un modèle qui ne se fait presque plus (si, si, soyons optimiste).

Le genre à prendre des vacances sans que cela soit décompté de ses congés (c'est vrai qu'on en a si peu, des congés, dans la fonction publique...).

Le genre à faire d'harrassantes journées de travail entre 11h du matin et 17h, avec 2 heures de pause déjeuner au milieu. Journées composées essentiellement de coup de fil personnels, de préférence à l'étranger, bien sûr.

Le genre obligé de s'approprier le travail des autres parce qu'en matière de production personnelle, ben... non, désolée, je ne vois pas de quoi vous voulez parler.

Le genre à faire payer par la sécu ses dispendieuses cures thermales de confort.

Le genre qui a vécu et bossé en Afrique pendant des années, et qui en a déduit de grandes vérités générales assenées avec la force de l'expérience : "Tous des nuls-incapables-poligames-mangeurs d'enfants qui vivent au crochet des aides au développement que c'est nous qui les payons alors, hein, merde" (non, j'exagère pas)(sauf peut être pour le coup de manger les enfants).

Le genre parasite inutile, quoi.

Au milieu de l'entretien, une petite allusion au débat des candidats d'hier soir fuse.

Terrain miné, je me contente d'un haussement de sourcils.

Mais le chef insiste et là, c'est le drame :

"Ah mais moi de toutes façons je vote Sar*ko, hein. D'ailleurs je suis fier de moi, en deux jours, j'ai convaincu trois indécis. Ben oui, c'est évident, si Ség*o passe, le pays est foutu, plus personne ne voudra bosser."

Alors, là, comment vous dire.
Ben c'est assez surréaliste, en fait, de s'apercevoir que le pire glandeur que cette terre ait porté, une personne qui vit sur votre dos et le mien (oui, oui, les impôts, c'est aussi à ça que ça sert : le salaire des fonctionnaires) se fasse le porte parole du type qui prône la valeur "travail" toute les phrases et demi.
En fait ça serait presque à hurler de rire. Ou fondre en larme, je ne sais pas trop.

Alors j'ai respiré par le ventre pour éviter la Hulkisation immédiate. J'ai grimacé un truc bizarre et relancé le sujet sur mes p... d'objectifs 2007.

Comme quoi mon courage politique et éthique a ses limites hein.

mercredi 2 mai 2007

En 985 mots, la suite

Alors la suite, ça commence donc confortablement installée dans le train : lecture des bouquins des blogueuses...

Plouf, plouf, on commencera par le bouquin d'Hélène.

A la base, je ne suis pas vraiment au top de la girlitude.

Oui, bien sûr, je frôle la compulsion quand il s'agit de chaussures et de sacs à main, mais je dois dire que consacrer du temps au maquillage et aux cosmétiques, ça m'ennuie profondément.
Mon passage dans la salle de bain le matin se limite à une quinzaine de minutes, douche-shampooing-brushing compris.

Plus, c'est du sommeil gaché voyez vous. Et le sommeil, c'est juste sacré.

Idem le soir. Quand je décide d'aller me coucher, c'est que je ronflotte sur le Chéri depuis déjà longtemps. Je m'extirpe du canapé, je me dirige à l'aveuglette dans la salle de bain, je me brosse les dents en même temps que je fais pipi (c'est tout à fait possible dans ma micro salle de bain)(et non, ce n'est pas sale si on s'organise correctement main droite - main gauche, aucun risque de croisement), et je cours me jeter sous la couette non sans avoir préalablement balancé mes fringues un peu partout dans la chambre.

Donc bon, soyons honnête, le bouquin d'Hélène, j'avais envie de le lire plutôt pour son écriture légère et drôle.

En fait, j'ai tout simplement découvert une bible, vachement plus drôle que les magasines féminins (comme en auront témoigné mes huhu de phoque dans le train), et surtout carrément plus intelligente, vu qu'elle nous dispense joyeusement des diktats de la mode, de la silhouette, et du marketing qui veut tout nous faire acheter, et de préférence toujours plus cher.

En plus grâce à elle, j'ai trop fait ma star à l'oeil smoky (les deux yeux, en fait, hein, sinon bonjour la honte) dans le bar du bled normand de mes beaux-parents. Les djeun's du coin ne s'en sont pas remis j'en ai peur.

Bref, une vraie bible qui va trouver sa place entre ma crème de pleine lune achetée 1987 et mon 872éme échantillon d'anti-ride pour peau-qui-n'est-pas-la-mienne (oui parce que sa description de la salle de bain parisienne et des produits qu'on y entasse, c'est juste exactement chez moi).



Plouf plouf, on continue par le le bouquin de Pomme.

Alors c'est bien simple, le bouquin de Pomme, il m'a absorbée-remuée-perturbée-rassurée comme c'est pas possible.

Les toxiques, j'ai pratiqué, longtemps, et depuis, je les fuis comme la peste, mais je continue à les voir partout, et notamment au boulot, ou dans les relations amoureuses des copines ou des copains.

Pomme décrit parfaitement les mécanismes de toxicité, au point que chaque portrait m'évoquait tel ou tel visage familier.

Je n'avais jamais réussi à m'expliquer tout ça, à avoir une vision aussi claire des tenants et aboutissants, des causes ou des conséquences.

C'est difficile d'en parler, je ne me risquerais pas à essayer de reformuler, de résumer, ou de tirer quelques exemples, chaque mot compte pour se faire comprendre sur cet épineux sujet, et j'aurais trop peur de dénaturer son travail.

En tout cas, ça fait du bien, parce qu'en le lisant, je me suis rendue compte que j'ai 'achement progressé depuis ma nature initiale (à savoir la victime idéale pour les empoisonneurs), mais qu'il restait du chemin, et puis que, bon, méfiance toujours, j'ai un bon terrain pour être une toxique.

Bon, dit comme ça, ça a l'air hyper grave mais je dois préciser que ce bouquin aussi a sucité mes huhu de phoque dans le train.

La loose, c'est que je crève d'envie de l'offrir à quelques zillions de personnes (toxiques ou intoxiquées), mais que pour une sombre histoire de pseudo mal choisi, je vais priver Pomme de devenir multizillionnaire.

Parce que dans le bouquin, il y a l'adresse du blog de Pomme (normal, quoi), et moi je commente chez Pomme, et j'ai pas du tout du tout envie que mes amis ils voient mon pseudo, parce que sinon, direct ils me reconnaissent et ça c'est pas possible.

Je sais, c'est bête de passer à côté de la multizillionaritude pour si peu.



Plouf, plouf, quoi ? Y en a plus qu'un ? Déjàààà ?
Le bouquin de Caroline, donc.

Là, déjà, c'est délicat, parce que bon, le Chéri s'est un peu inquiété en voyant le titre, je dois dire.
J'ai poussé pas mal de huhu de phoque, là encore, mais pas dans le train (je ne lis pas si vite que ça, hein). Les huhu, je les ai poussés dans la chambre. Enfermée. Loin des discussions belle-familiales.

Nan parce que franchement, faut l'assumer, de lire ostensiblement " Libido en berne ? Pimentez votre couple !" confortablement installée à côté de ma belle-mère sur le canapé, hein ;-).

Et pourtant, il est d'utilité publique, le livre de Caroline, si vous voulez mon avis.

Faut pas prendre ces choses à la légère, hein, parce que la vie c'est dingue, un jour tu es Madonna, ton homme hulule quand tu découvres une épaule au gré d'un décolleté un poil trop prononcé, ses yeux sortent de leurs orbites quand tu te penches pour ramasser une fourchette tombée par terre, en gros il te veut là, tout de suite et maintenant environ 18 fois par jour, et paf, sans que tu saches comment, un jour tu t'aperçois que sa conception d'une soirée sesky consiste à mater Virginie Effira présenter la Nouvelle Star.

Oui, oui, j'ai l'air moqueuse comme ça, mais je m'en méfie de la petite Effira, hein.

Alors voilà, en lisant, je me suis posée des questions sur mon couple à moi, ce qu'on ne fait jamais assez au bout de 3 ans d'heureuse relation, si vous voulez mon avis.

Et puis ça m'a déculpabilisée d'être une angoissée de la vie qui pense toujours que toutes les bonnes choses peuvent s'arrêter demain. Brusquement, ou insidieusement.

Parce que d'abord, c'est important d'être vigilant.

C'est donc en vertu du principe de précaution que j'ai annoncé à l'Homme que j'avais choisi sa toute prochaine lecture, et que non, ça ne se discutait pas.

Et puis qu'on le relirait tous les ans la veille de notre anniversaire. Au moins.

(il me reste tout plein de mots pour finir de vous raconter mon ouikend je vous signale)

mardi 1 mai 2007

Fyfe's Graal

Il y a quelques différences fondamentales entre le Chéri et moi.
Par exemple, moi j'aime bien prévoir à l'avance mes week-end, mes sorties, etc. alors que lui est stressé à la seule perspective de devoir réfléchir au menu du dîner de tout à l'heure.

Par exemple, quand je m'occupe d'organiser un week-end chez mes parents, je me transforme en logistic-woman, je fais des réservations de billets de trains 2 mois à l'avance (ouais enfin, j'essaye, histoire que le tgv ne nous coûte pas un rein à chaque fois, on n'en a pas tant que ça, à nous deux, des reins), je me débrouille pour arriver à la gare suffisamment à l'avance pour acheter de quoi nous sustenter, pour traîner dans les rayons des magasines, avec des cas de conscience déments type : Glamour ou bien le Canard Enchaîné ?

Ceux qui me lisent depuis un petit moment savent que je suis une psychopathe des transports, et que ça ne m'empêche même pas de faire d'énormes boulettes parce que j'ai un cerveau de moineau étourdi.

En revanche, quand le Chéri s'occupe d'organiser un week-end chez ses parents, c'est une autre histoire.
Trois jours avant le départ - au mieux - il commence à chercher des billets de train sur internet.
Evidemment tout est complet. Ca sera donc un billet sans réservation.
Avec obligation d'arriver une bonne demi-heure en avance à la gare pour se précipiter sur les places assises entre les wagons, les seules qui ne sont pas réservables.

Si je vous dis que l'idée de devoir se battre contre d'autres voyageurs tout aussi désespérés que moi à l'idée de passer 3 heures debout me fait faire des cauchemars plusieurs nuit à l'avance, vous mesurez l'étendue de ma psychorigidité?

En général, je prends sur moi et je ne fais pas de commentaire (ou si peu), parce que bon, c'est pas comme si j'avais envie de m'en occuper moi-même, hein.

Mais l'arrivée à la gare vendredi soir, bien en avance comme prévu, a fait monter la tension d'un cran.
Des dizaines de personnes attendaient patiemment sur le quai l'ouverture des portes, devant chaque wagon, sur les 4 kilomètres de la longueur du train (au bas mot).

A leur mine déconfite, impatiente, et agressive (oui, tout ça à la fois), je soupçonne certains d'avoir quitté leur domicile dans la nuit pour pouvoir prendre place sur le quai avec les premiers rayons du soleil.

Pendant que le Chéri fait la queue au guichet pour un échange de billet (une sombre histoire de tarif réduit auquel on n'a pas droit, je n'en sais pas plus et refuse catégoriquement de m'en préoccuper, j'ai suffisamment à faire avec mon propre stress), il m'envoie en éclaireuse sur le quai, à la recherche de places assises. J'accepte la mission, et me lance dans cette quête du Graal SNCFique.

Partant du principe bien connu du "plus c'est loin, moins y'a de monde", je me tape les 4 kilomètres de quai et me plante devant la porte, en jaugeant les voyageurs qui sont déjà là, ou qui nous rejoignent.

Bon, la petite vieille, elle devrait pas être trop dure à pousser sur les rails, mais elle est maline, la bougresse, elle s'est installée à 2 cm du bouton d'ouverture de porte.

Nan, j'déconne, hein, c'est pas mon genre de tuer des petites vieilles.

Alors que le petit couple bécébégé, je pense pouvoir les éliminer assez facilement avec un croche-pied bien senti, vu le nombre de valises qu'ils ont.

Ok, ok, je blague.
En vérité, je suis tellement stressée et déprimée à l'idée de ce voyage pourri que c'est moi que je jetterais bien sur les rails.
Mais tiens, voilà le Chéri. Après tout, c'est de sa faute si... Non, calme toi Fyfe.

Par un mystère que je ne pense pas pouvoir élucider un jour, et après un parcours d'environ 2 kilomètres en sens inverse le long du train, nous nous retrouvons finalement assis. Sans être bien sûrs que les places ne soient pas réservées, mais je m'en fous, Graal is mine.

Débarrassée de ce poids pesant (si je veux je dis qu'un poids peut être pesant, parfaitement), je peu enfin me laisser aller et sortir un bouquin. Plouf plouf, ça sera celui d'Hélène. Cooooool.
Ah mais non mais c'est pas possible.
J'ai faim.
Là, maintenant tout de suite, je VEUX manger. Et croyez moi, on ne rigole pas avec ça.

Moi, innocemment : "Chéri on arrive à quelle heure ?"
Lui, naïvement : "Vers 22h30 je crois"
Moi, inquiète : "Et on mange quoi ?"
Lui, inquiet aussi : "Ben... On pourra grignoter en arrivant chez mes parents"
Moi, les yeux revolver (copyright Marc Lavoine) : "Tu blagues, là ?"
Lui, essayant de se cacher sous son siège : " Ben moi j'ai pris un sandwich en sortant du boulot, j'avais pas eu le temps de déjeuner, alors là, j'ai pas faim en fait"

Immédiatement, je visualise la seule source de nourriture du train : un distributeur de M et Nems.
Ha ha nan c'est pas possible ça.
Tout de suite après je visualise la gare : un guichet, un kiosque à journaux qui vend trois paquets de gateaux.
Si, si, ça existe, une gare comme ça à Paris, moi non plus je n'y croyais pas avant de la voir.
Le train part dans 15 minutes.

Le Chéri, qui me connaît bien, sent que je vais exploser ou sangloter, au choix. Dans tous les cas, le ouikend est plutôt mal engagé.
Il propose d'aller acheter des trucs à la gare. A 2 kilomètres, donc, si vous avez suivi.
Je refuse, arguant avec une certaine mauvaise foi (mais surtout une vraie angoisse quand il s'agit d'horaires) qu'il n'aura pas le temps, que le train partira sans lui, que moi je ne veux pas partir sans lui (la perspective d'une soirée seule avec mes beaux parents ne m'enchante guère, comprenez moi), que peut-être des gens vont arriver pour prendre nos places et alors on ne se retrouvera jamais plus jamais, surtout qu'il n'a pas de téléphone portable, que... Attention, là, la Fyfe est en mode panique ridicule.
Le Chéri est trèèèès compréhensif, et au lieu de se moquer, tente de me rassurer, me promet qu'il sera de retour à temps, et file en courant.

Je commence à agiter fébrilement mes jambes.
5 minutes...
Et si il y avait la queue au kiosque ?
6 minutes....
Non, mais là, j'le sens pas, hein.
6 minutes et 30 secondes
"Mesdames Messieurs, vous avez pris place à bord du train corail"
Nooooooooon !!!! Quand ils disent ça, c'est qu'on va démarrer, hein ??? Je jette des regards de biche égarée (genre maman de Bambi juste avant l'accomplissement de son funeste destin)
7 minutes, le Chéri arrive, tout sourire, les bras chargés de nourriture.
Ouf.
Mon calvaire est enfin fini, je peux remplir mon estomac, le train part, je suis saine et sauve, tout va bien, mon coeur reprend un rythme normal, je peux enfin me moquer de moi-même et remercier le Chéri pour ses efforts.

Bon, j'ai raconté les 30 premières minutes de mon week end en 1135 mots. Nan je suis pas bavarde, j'ai juste une vie passionnante.
Si mes calculs sont bons, il me faudra 163 440 mots pour finir de vous raconter le week end normand.
Nan mais partez pas, hein, ça va être trop fun, la preuve, ça commence avec la lecture des bouquins des siouper-courges (hin hin, quel surnom terrible).