jeudi 23 octobre 2008

Le genre du coloc'

En ce moment, les merdouilles du quotidien s'abattent sur moi comme la police sur les peaux basanées.
Je viens consécutivement d'échapper à un diagnostic d'hépatite A ou de dengue, de me faire sermonner par mon chef sur le respect de la hiérarchie, d'autoriser le propriétaire de l'appartement à casser toute notre salle de bain pour réparer une fuite, de ne pas tuer le propriétaire qui n'a finalement pas trouvé d'alternative pour que nous gardions l'accès à une douche (appartement inoccupé, chambre d'hôtel,...), de ne pas égorger le plombier qui tente d'enfouir l'appartement sous la poussière et a des notions pour le moins étonnantes du nettoyage, basées sur une méconnaissance totale du concept d'aspirateur, et sur le récurage des toilettes avec l'éponge que nous utilisons pour faire la vaisselle.

Bref, j'en ai des excuses pour ne pas bloguer régulièrement, pas vrai ?

Mais quand même, j'ai lancé un grand jeu-concours de devinette du genre de l'alien, avec un formidable enjeu puisque celui/celle qui gagne aura le droit de m'accueillir chez lui/elle pour que je prenne une douche (merci aux non-parisiens de fournir le billet de train).

Nous avions donc 4 possibilités : masculin - féminin - dauphin ou extra terrestre asexué.

Un dauphin ça aurait été plaisant côté nuisances sonores je trouve. Évidemment il aurait fallu déménager un peu plus près de la mer. Ou de la Seine. Ou de la piscine municipale. Parce que vivre dans la baignoire de notre salle de bain qui fait au bas mot un mètre carré, ça me semble difficile à gérer quand même, à terme.
M'enfin, contre toute attente et en dépit des premiers clichés de l'alien, ce n'est pas un dauphin.

Un extra-terrestre asexué ? Ma foi, je reconnais que pour éviter de reproduire des schémas familiaux désagréables, ou éviter d'avoir à gérer des préoccupations sexuelles, c'eût été une solution innovante. Bien sûr, se faire surnommer E.T. et entendre toute son enfance "téléphone - maison" (les enfants peuvent être tellement cruels), ça ne laissait rien présager de bon pour l'adolescence, ni pour le budget psy à prévoir (non mais vous savez combien coûte de 10 ans de psychothérapie ?)...
Et encore, ça c'était si on avait eu l'option "gentil extra-terrestre". Parce qu'on aurait aussi bien pu tomber sur la version de Sigourney Weaver, et alors là, je vous dis pas le bazar dans la maison, les ravages de la bave acide sur le plancher, la caution qu'on ne récupérera jamais, etc etc. Et on sait ce que c'est de procréer, hein, c'est un peu la roulette russe, allez savoir sur quel genre de progéniture vous aller tomber.
Mais figurez vous que malgré ce que laissaient entrevoir les seconds clichés de l'alien, malgré cette manière un peu cavalière de squatter un ventre puis de tenter de le déchirer en le rouant de coups, l'alien n'est pas vraiment un alien.

Restaient donc deux possibilités : fille ou garçon.
Je sais, moi aussi, cette banalité m'afflige, mais que voulez vous, les enfants sont si conformistes jusqu'à leurs 18 ans (à moins que ce soit jusqu'à leurs 25 ans ?)(ah, on me dit que pour certains c'est toute la vie).

Croyez moi qu'avec Mr PetiteGraine, on a dû y réfléchir aux avantages et aux inconvénients d'une fille ou d'un garçon, vu le nombre de questions qu'on nous a posées sur nos préférences.
A la base moi je voulais un dauphin, alors bon, j'ai dû me creuser les méninges.

Une fille, c'est bien, parce qu'on peut lui mettre des robes cro-cro mignones, ce qui permet de jouer à la poupée sans avoir l'air de frôler la sénilité regressante.
Et puis une fille, je connais, tu vois, parce qu'il n'y a que ça dans ma famille (à part mon père of course)(car oui, je sais qu'il faut des gamètes masculines pour faire un bébé).
C'est rassurant du coup. Je sais déjà à quel âge il faudra gérer la rositude, la paillettitude, la sentimentalitude, la conconitude, et puis évidemment, la période bénie de l'adolescence, pendant laquelle le seul fait de se trouver dans la même pièce que sa mère devient crispant. (J'ai pas dit que c'était parfait, j'ai dit que je connaissais. Nuance)

Un garçon, c'est bien, c'est un peu l'aventure pour moi.
Je sais à peu près gérer le garçon à partir de 20 ans, mais avant, ben c'est mystère et boule de gomme. D'après ce que je vois autour de moi, on passe d'une passion dévorante pour les petites voitures (ça, c'est gérable), à une passion dévorante pour son petit zizi (qui paraît il n'est pas si petit que ça au tout début, d'ailleurs). Là, je ne gère pas du tout en revanche.
Mon expérience personnelle des garçons, certes plutôt basée sur les méthodes destinées à les amener dans mon lit, m'a toutefois permis d'entrevoir les énormes enjeux de la relation mère-fils.
Finalement, l'avantage d'un garçon, c'est donc surtout d'avoir le pouvoir d'en faire un éternel bébé amoureux de sa mère toute sa vie et qui ne regardera jamais jamais jamais les autres filles. Ça me semble bien, ça, tient.

Ok, va pour le garçon.

Bravo Marie ! Je prends ma serviette, mon gel douche, et j'arriiiiiiive !

mercredi 15 octobre 2008

L'expédition au Milieu (2)

Alors au Milieu, j'ai donc travaillé.

Cette partie-là du séjour peut se résumer à "au secours".

En gros : personne n'a relevé que j'étais enceinte (ils pensent que je fais de l'aérophagie depuis une quinzaine d'années ou quoi ??), ou alors ils ont choisi d'ignorer cette information.

Du coup, ils ont insisté autant que d'habitude pour me faire gober des verres d'alcool de riz culs sec, et après de looooongues minutes de négociation, j'ai fini par céder, sous le regard consterné de mes collègues français.

Nan, je vous rassure, je ne suis pas devenue dingue. Cet alcool, il te fait flamber le gosier et les neurones avec (c'est un package), donc évidemment que je n'allais pas risquer de contaminer l'alien avec ce machin tout juste bon à allumer un barbecue.

J'ai suivi des conseils avisés : j'ai juste fait semblant.

Et tout recraché dans ma serviette.

Puis, quand elle fut pleine (et ma manche de chemise aussi, par la même occasion), j'ai recraché les verres suivants dans mon petit bol de soupe.

Oui c'est absolument dégoûtant.
Mais je n'ai pas trouvé mieux.
J'expédie là bas le premier qui ose me dire qu'on n'est jamais obligé et qu'on peut toujours dire
non. (c'est ce que mes collègues m'ont dit avant d'être confronté à l'insistance de nos hôtes et de finir par boire épicétou).

Voilà voilà.

Pour parfaire ce magnifique tableau de seskytude à base de bas de contention et d'alcool recraché, il faut également que je vous parle de mes gracieuses aptitudes à l'exercice physique depuis que j'héberge l'alien.

L'idée, c'est que pendant la partie du séjour au Milieu qui n'était pas consacrée au travail (une journée), on allait faire de la bonne vieille visite touristique. Et profiter du magnifique soleil pour marcher sur la grande muraille.
Oui, oui, je suis au courant que la grossesse fatigue, que ma capacité pulmonaire est drastiquement réduite, que le surpoids rend mes déplacements difficiles, que la muraille est connue pour être une succession d'escaliers vertigineux...

Mais que voulez vous, c'est l'aventurière en moi qui a encore parlé.
Et puis aussi, dans le guide, ils disaient qu'un funiculaire amenait les flemmasses et les femmes enceintes en haut.
La réalité se cache parfois dans la subtilité.
Or, il fallait lire : "presque en haut".
Nuance.
Grande nuance.

Il m'a fallu 10 bonnes minutes pour faire les 10 premiers mètres de la marche d'approche après le trajet en funiculaire. J'ai cru que j'allais décéder du coeur et des poumons avant d'avoir pu poser un pied sur cette satanée muraille.
J'ai fait tellement de peine à mes collègues que je les soupçonne d'avoir imaginé un instant payer une douzaine de chinoises pour me porter sur le reste de la marche.

Finalement, quand on a enfin posé un pied sur la muraille, j'ai regardé le point culminant (soit disant à une demi heure de marche)(comptez huit heures pour moi), les escaliers en mauvais état, les aplombs vertigineux, et j'ai eu un rire nerveux.
Mes collègues ont fait semblant d'être aussi crevées que moi, et nous avons décidé que c'était un peu idiot de vouloir à tout prix monter sur la muraille, alors qu'on pouvait tout aussi bien descendre.

C'est donc par rebellion et non pas en raison de mon incapacité physique notoire que nous avons descendu la muraille, et que j'ai sauvé ce qui me restait d'égo.

Durant ces humiliants épisodes, j'ai constamment parlé intérieurement à mon alien.
Pour le rassurer (mais si, c'est trèèèès bon la peau de patte de canard, voyons), le ramener à la raison (je t'en prie arrête de me piétiner la vessie ça fait trois fois que je dois aller aux toilettes pendant la même réunion), et le menacer (je te préviens que t'as intérêt d'être un agneau à l'adolescence, pasque t'as pas fini d'en entendre parler des deux fois où ta mère t'aura emmené au pays du Milieu au péril de sa vie, et ça va te coûter trèèèèèès cher, crois moi).

Spéciale dédicace à ClaireMM, je crois que j'arrive à être une mère indigne avant d'être mère :)

mardi 14 octobre 2008

L'expédition au Milieu (1)

Me voilà reviendue de chez les gens du Milieu tout là bas là bas.
(la première fois au Milieu c'était )
(la deuxième fois )
(la troisième pas racontée)
(la quatrième c'est maintenant)

Que les mauvaises langues se taisent tout de suite, être enceinte n'est pas (tout à fait) être handicapée, et je n'ai pas participé au jeux paralympiques du tout, je travaillais.

Mais Paris - capitale du Milieu - trou paumé du milieu du Milieu, ça reste une sacrée expédition à mener quand on se ballade avec un colloc' alien dans le bidon, j'vous jure.

D'abord il faut commencer par rassurer tous les collègues qui ouvrent grand les yeux : "tu vas prendre l'avion ???"

Et répéter mille fois : je suis suivie médicalement tu sais, et il n'y a aucune contre-indication avion / grossesse. (à part qu'il faut porter des bas de contention)

Le truc entre parenthèse, c'est en option dans la réponse, selon le degré d'intimité que j'entretiens avec l'interlocuteur. Je précise, parce qu'on pourrait croire que j'essaye d'infliger des visions d'horreur à des presque inconnus alors que pas du tout.
Non, je me contente de faire faire des cauchemars anti-glamour aux proches, avec mes histoires de bas qui te contentionnent la jambe et qui s'arrêtent en haut de la cuisse.

Vous ne voyez pas ?

Ben c'est simple pourtant : en bas t'es contentionnée, et juste au dessus, et ben t'as tout le gras de ta jambe qui essaye de se faire la malle.
Effet rôti bien ficelé assuré.
Même au dessous d'un pantalon, ça se voit, c'est vraiment, mmmmh, so sesky.
(cligne de l'oeil et passe toi la langue sur les lèvres comme si il restait du nutella dessus)
(voilà, vous êtes bons pour une bonne semaine de cauchemars)
(pas la peine de vous plaindre, ce cauchemar c'est MA VIE alors vous ne trouverez aucune sollicitude ici).

Là, vous vous dites, au moins, la fille, elle fait pitié. Les gens de l'aéroport, ils vont la surclasser. Surtout qu'on est venus au comptoir dans les derniers, que l'avion était super plein avec des gens sur la liste d'attente et tout et tout, que je suis une bonne cliente avec tout plein de miles sur sa carte, que le billet avait coûté bonbon à ma boîte (genre pas un billet acheté 10 mois à l'avance en promo et tout et tout), et qu'en plus je masterise le regard de chien battu qui accompagne la caresse sur mon gros bidon.

Mais en fait non.

Tellement horrible, la vision de mon rôti de cuisse, qu'au contraire, on m'a laissé chez les pauvres. Alors que les deux collègues même pas enceintes qui ont enregistré en même temps que moi, elles, elles ont été surclassées.
Note pour plus tard : faut vraiment que j'arrête ce truc de clignement de l'oeil je crois, ça m'a l'air contre productif.

La première collègue, elle a été surclassée dès le comptoir d'enregistrement. Elle a essayé de me céder sa place (une gentlewoman comme on n'en fait plus, j'vous jure), mais j'ai vigoureusement refusé. Qu'elle profite, voyons, je suis enceinte, pas malade, la classe éco ne nous tuera pas, deuxième collègue et moi, voyons.

C'est au moment de monter dans l'avion que deuxième collègue a été surclassée.
Là j'avoue, je me suis senti un peu seule.
Ils ont un truc contre les femmes enceintes chez Air*France ou quoi ?
Evidemment, je ne pouvais pas accepter que collègue numéro deux me cède sa place alors que j'avais tellement insisté pour ne pas prendre celle de collègue numéro un.
En même temps, ça me foutait tellement les boules d'être la seule couillone que je savais plus trop quoi dire.

On a trouvé un arrangement, on on a fait moitié - moitié.
Moitié chez les pauvres et moitié chez les gens du business.

Finalement c'était une mauvaise idée. Juste de quoi te donner le goût de dormir vraiment allongé, de jouer avec le fauteuil massant, et de manger des trucs trop bons.
Et après, déprimer pour tes 10 prochains vols parce que le retour en classe éco, il est duuuuuuur.

Bon ben, on a atteint mon maximum de concentration pour la journée, donc la suite du périple au Milieu demain si vous le voulez bien.
(si, si, je vous assure, il faut revenir sur le bloug)
(même qu'après mon périple au Milieu, je pourrais vous raconter mes dernières histoires d'alien)
(et qu'en attendant, vous pouvez d'ores et déjà prendre les paris sur le genre de l'alien : masculin - féminin - dauphin ou extra terrestre assexué)
(moi je sais)
(depuis au moins tout ça de semaines)
(hin hin hin)