mercredi 26 novembre 2008

Les voisins m'ont donné la foi

Au début, avec le chéri de la maison, quand on a emménagé dans cet immeuble à côté de l'église et du lycée catholique, dans notre appartement douillet propriété de la dite église, ça nous a fait drôlement ricaner, ce voisinage un peu stéréotypé.

Oui car dans notre immeuble, nous comptons quelques tribus toutes de bleu marine colorées, avec d'innombrables enfants et autant de serre-tête, on se croirait un peu dans "la vie est un long fleuve tranquille", côté Le Queynois.

Le prosélytisme de ces quelques familles faisant oublier qu'elles sont plutôt minoritaires, il a fallu de longs mois de refus polis aux diverses sollicitations qui s'offraient à nous chaque semaine (au choix : "séminaires spécial jeunes couples en forêt pour discuter de l'intérêt du mariage", "soirée-débat sur les valeurs de la famille", "Pic nic et chasteté", "Soirée scouts", "comité d'organisation de l'accueil du pape", etc etc) pour les décourager définitivement de sauver notre âme.

Alors que je me complaisais dans cette cohabitation sans heurt basée sur le respect de mon statut de pécheresse assumée (je suis enceinte ET non mariée, je suis un cas désespéré), voilà que le doute m'a assailli.

Et si, comme on avait essayé de me le faire comprendre, je m'étais fourvoyée ? Si, finalement, mon manque de spiritualité me privait de joies et de plaisirs insoupçonnés ? Si l'épanouissement de la chair et de l'esprit passait par dieu ?

Peut être devrais-je participer à quelques soirées organisées par cette nouvelle association créée par un voisin ? Il faut dire qu'il y a du progrès côté marketing du catholicisme je trouve. Je vous laisse juge :

(clic pour voir en plus grand)
(j'ai réécrit le nom pasque la photo prise avec mon téléphone portable est vraiment trop pourrie)
(mais c'est vrai de vrai garanti sans tricherie)

jeudi 20 novembre 2008

Les phrases qui tuent

"Ah oui c'est vrai que ça fait un moment que tu as l'air fatigué"
(C'est donc pour ça qu'hier tu me disais que j'avais une mine resplendissante, hein ? Non mais t'as raison, ne te gêne pas, ça fait toujours plaisir de s'entendre dire qu'on a une sale gueule)

"Tu as mal au dos ? Ah oui, je comprends, hein... Faut dire que ça, ça va être un gros bébé, pas vrai ?"
(Mon ventre de baleine et moi, on te merde. Mais pour ta gouverne, mon bébé a un poids tout a fait normal, et d'ailleurs les différenciations de gabarit se font la plupart du temps dans le dernier mois. Ouais et j'oubliais : moi aussi je suis très exactement sur la courbe d'évolution idéale pour mon poids, je te ferais dire)

A 19h : "Ah mais Fyfe elle quitte le bureau tôt en ce moment, il faut la libérer !"
(Et de 1/ mon boulot il est fait ou il est pas fait ? (réponse : il est fait, et celui que je dois faire à ta place aussi, il est fait d'ailleurs, 'spèce de glandeur) et de 2/ les 10 à 15 heures supp' par semaine affichées par la pointeuse, je te les fais avaler directement ou je te les emballe pour plus tard ?)

"Ouh la la c'est pas trop dur les 10 minutes de marche dans la grande côte pour arriver au bureau ? Rhô ben de toutes façons c'est bon pour les femmes enceintes, de marcher, pas vrai ?"
(ouais si tu veux je te fais cadeau des 10 kilos supplémentaires, cadeau du ventre proéminent, cadeau des poumons compressés, cadeau du coeur qui pompe comme un taré le supplément de sang, et surtout cadeau du mal de chien dans les lombaires, et puis on regarde si elle te fait du bien cette *£ù§" de côte)

"Oh c'est joli ce que tu portes ! Depuis que tu es enceinte tu portes des couleurs claires, je t'avais jamais vu comme ça, c'est bien !"
(là, tu parles donc de mon gilet beige que je porte depuis deux ans ?)

"Tu ne bois plus du tout d'alcool ? Pfiou, on a plus le droit de rien faire de nos jours, ça va faire des mômes aseptisés et surprotégés tout ça"
(tu me conseilles donc d'aller m'enfiler du beaujolais nouveau qu'il est même pas bon histoire de ne pas faire de mon fils un enfant surprotégé ?)

" Tu bois de l'alcool ? Mais t'as pas le droit !!!"
(j'en déduis que tremper mes lèvres dans une coupe de champagne pour mon anniversaire fait de moi la future mère la plus horrible de la planète et que si mon fils a des "problèmes" on saura d'où ça vient. De moi, quoi. Comme d'hab en fait)

A 5 mois de grossesse : "Tu prends l'avion ?"
(ben si t'as envie d'aller expliquer à mon boss que je dois annuler mon déplacement pour lequel je fais bosser 5 personnes comme des dingues depuis un an alors que les médecins sont unanimes pour dire que l'avion n'est absolument pas un problème, je t'en prie, vas y)

A 8 mois de grossesse : "Tu ne veux pas aller faire le réveillon dans le massif central ?"
(je sais, je ne suis pas roots. Mais deux fois 4 heures de train + 2 heures de bagnole à J-30, je le sens pas. Une vraie chochotte, je sais)

Voilà voilà.
J'adooooooooore que tout le monde ait un avis sur ce que je dois absolument / ne dois absolument pas faire.

Mais je positive (merci les hormones) :
  • à 32 ans j'apprends enfin à ne plus me soucier de ce que les gens pensent (c'est pas trop tôt)
  • j'ai des copines et des copains formidables qui me trouvent en forme, rayonnante, même quand mes cernes accusent clairement mes deux malheureuses heures de sommeil (c'est difficile de dormir tout en allant aux toilettes, mais je m'entraîne)
  • j'ai des copines et des copains formidables qui me soutiennent toujours quand je psychote comme une dingue ET AUSSI quand j'oublie un peu que je suis enceinte...
  • les gens-qui-sont-pas-cons, je vous aime d'amour, que ça me fait preqsue pleurer lss noeils (ben ouais, les hormones, encore)

lundi 17 novembre 2008

Un prénom, c'est obligatoire ?

Le problème étroitement lié avec la problématique du genre de l'alien, c'est le prénom.
Parce que figurez vous que si on peut aisément prénommer son dauphin Flipper, Oum, ou Dolphy ("Oum tu laisses du chocolat à ta sœur s'il te plaît"), qu'un extra terrestre porte très bien les prénoms composés d'arrangements aléatoires de lettres et de chiffre ("XT7Y je t'ai déjà dit dix fois de finir ta soupe"), pour les bébés humains, ça se complique.

Surtout pour les garçons, notez.
Parce qu'il existe des tas de jolis prénoms de fille, selon moi.

Pour les petits mecs, en revanche, une fois que tu as écarté le deuxième prénom de ton père (il serait temps de régler cet Oedipe), ceux qui associés au nom de famille créent un hilarant jeu de mots (M. et Melle Fyfe ont un fils. Innocent Fyfe)(Oui, la grossesse nuit à l'humour)(quoi vous n'avez pas reconnu la contrepétrie de la mort pour "inoffensif" ?), ceux qui évoquent des personnes qu'on déteste (à réserver aux enfants qu'on a prévu de ne pas aimer), ceux qui ont déjà été donnés aux enfants proches (cousins, amis,...), ceux qui laissent présager une vie entière à partager son prénom avec cinq ou six camarades de classes, ceux qui laissent présager une vie entière à épeler - expliquer - justifier son prénom, et bien ne cherchez pas, il ne reste rien.

Alors au choix, on choisit de le siffler au lieu de le prénommer.
Ou alors, quitte à choisir un truc improbable, on choisit un nom qui nous fait marrer.
Et là, avec M. Petitegraine, on est trop forts à ce jeu là.

Passés les classiques Adolf, Benito, et Oussama, toujours très chics dans la série "mon fils va tous vous niquer", nous avons aussi des références plus actuelles, du type John-David, ou Shawn.

Pour ceux qui n'ont vraiment aucune référence culturelle (honte sur vous), John-David, c'est le mec sensé être bogoss casanova de Secret Story, et Shawn, ma foi si tu n'as pas vu cette face cachée du candidat de l'île de la tentation, je ne peux rien faire pour toi, à part t'envoyer fouiller les archives de chocoladdict qui a fait d'hilarants résumés de cette émission moisie.


La télé-réalité, d'une manière générale, est une source inépuisable pour les prénoms qui nous font marrer (la palme revenant sans conteste aux tentateurs de l'île de la tentation).

Bon, le problème c'est qu'on n'est pas vraiment décidés à humilier notre bébé. Petits joueurs, ouais, je sais.
Du coup il faut se faire une raison, on l'appellera Bébé et il choisira son propre prénom à 15 ans et puis c'est tout.

jeudi 13 novembre 2008

Hulkette la baleine (EDIT)

"La Cour de cassation a annulé mercredi la condamnation du député UMP Christian Vanneste qui avait écopé de 3.000 euros d'amende pour injures publiques après avoir déclaré que l'homosexualité était "inférieure" à l'hétérosexualité." (clic pour tout l'article)

Alors d'abord, j'ai envie de dire que c'est très mal d'énerver une femme enceinte. Si je m'énerve, le bébé bouge, et quand il bouge, ma vessie et piétinée, et quand ma vessie est piétinée, je dois retourner aux toilettes alors que j'y étais il y a 3 minutes. Du coup ça m'énerve encore plus.
Bref, la cour de cassation, donne tes doigts que je tape dessus.

La phrase exacte de M. Vanneste, c'est : "je n'ai pas dit que l'homosexualité était dangereuse, j'ai dit qu'elle était inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité. Il y a un modèle social qui est celui du mariage hétérosexuel et de l'éducation des enfants".

Non mais arrêtez c'est pas drôle, hein. J'en suis à une tonne d'eau consommée dans mes toilettes depuis ce matin, faut pas abuser.

"Elle [= la cour de cassation] a estimé que si les propos de M. Vanneste avaient pu "heurter la sensibilité de certaines personnes homosexuelles, leur contenu ne dépasse pas les limites de la liberté d'expression"."

Haaaaaaaan.... Non mais ça change tout ! La liberté d'expression bien sûr ! Je l'avais oubliée celle là dis donc ! Non mais je vous jure, où vont se nicher mes neurones, parfois, hein ! (qui a dit : aux toilettes ?)

Donc par exemple, si je dis que l'adhésion aux idées de M. Vanneste n'est pas dangereuse, mais que quand même, c'est un comportement qui témoigne d'une certaine infériorité par rapport à mes idées à moi, ben j'ai le droit, c'est ma liberté d'expression alors ?
Et je pourrais aussi ajouter qu'autoriser M. Vanneste à se reproduire et à s'exprimer, ce serait dangereux pour l'humanité, car il y a un modèle social basé sur l'intelligence ?

Je dis ça, moi, je dis rien, hein. C'est un exemple vous comprenez. Pour bien comprendre ce qu'est la liberté d'expression.


Sinon, rien.

Ah si, un post scriptum bonus humiliant :

La stéticienne m'a enlevé mes pwals. Ceux des gambettes, et ceux du maillot.
Elle m'a demandé de regarder si pour le maillot ça me convenait (l'échancrure, la sculpture sur pwals, bref, faites marcher votre imagination).
Alors je me suis penchée.
Je me suis penchée par la gauche.
Je me suis penchée par la droite.
Un instant j'ai même essayé d'aller voir en passant par le dos.
Rien à faire, je ne vois que mon nombril :-/
Bientôt mes pieds ne seront plus qu'un lointain souvenir eux aussi.
Mais laissez moi du temps, je n'ai pas encore fait le deuil de mon pubis.

EDIT

Hahahahahahaha, on n'arrête pas le progrès ! Vous pensez avoir touché le fond du fond de la connerie, et pof, on franchit encore le mur du con ((c) Canard Enchaîné)

Gérard Longuet compare homosexualité et pédophilie
"J'avais une question malicieuse, mais je la poserai plus tard... c'est de savoir où commençait et où s'arrêtait l'homophobie... mais enfin, ça c'est un autre sujet (...) C'est extrêmement réjouissant de savoir que l'on promeut en effet des formes nouvelles de sexualité dans l'école et qu'on combat en même temps la pédophilie... Il y a quand même un moment où il faut savoir sur quelles valeurs on s'arrête..."

Je vous laisse je vais aller mordre dans du papier toilettes.