jeudi 23 juillet 2009

Early Crampon

Je vous l’ai dit que le Crampon n’avait jamais aussi bien dormi que pendant ma longue absence ?

Et bien ça se confirme.

Avant mon départ, le charmant bambin avait pris l’agréable habitude de s’endormir vers 21 – 22 heures et se réveiller à 6 heures du matin.

En mon absence, hop, l’air de rien, il s’était mis à s’endormir une heure plus tôt, et à se réveiller après 8h le matin, obligeant son père à le réveiller pour l’emmener chez la nounou. (et entre nous, 8h pour de jeunes parents, c’est purement et simplement une grasse matinée)

J’avais mis ce curieux contraste sur le compte de l’évolution naturelle du Crampon vers plus d’autonomie (l’objectif affiché étant que d’ici aux débuts de nos vacances le 7 août, il se lève tout seul à l’heure qu’il veut, prenne son petit déjeuner, et nous apporte les croissants au lit sur les coups de 11h)(car sinon, à quoi bon faire des enfants je vous le demande ?). Et puis éventuellement - car en mère parfaite je sais me remettre en question - j’avais envisagé la possibilité que mon stress à l’approche de mon départ ait déteint sur le Crampon, et que par cette sombre manœuvre de réveil aux aurores, il souhaitât (toujours pas remis la main sur mon bescherelle vous aurez remarquassioné) tout simplement profiter au maximum de sa môman (ou, le cas échéant, laisser sa môman profiter de lui en ces heures matinales)(éventuellement).
Je n’exclue pas non plus l’hypothèse selon laquelle le Crampon aurait eu pitié de son père, qui abordait pour sa part ces 8 jours en solo avec joie et détermination (imaginez : réveil 6 heures – nounou à 9h – boulot à 9h30 – fin boulot à 17h00 – expliquer au boss que non, on n’a pas pris une demi-journée de congé – récup du Crampon chez la nounou - séance de torture aka « kiné respiratoire » - retour maison à 19h30 – gestion du Crampon sifflant – pleurant jusqu’à 22h – dîner – rangement – dodo)(ça donne presque envie d’aller se reposer en Chine dites donc).

Breeeef.

A mon retour, exténuée mais ravie de retrouver les hommes de ma vie (surtout s’ils me laissent dormir le matin) quelle ne fût pas ma surprise de découvrir que le Crampon me réservait un de ses réveils tonitruants avant même le lever du soleil.
Bon. C’est sans doute le plaisir de me revoir, n’est ce pas ?

Et plus d’une semaine plus tard alors, c’est quoi ?

Non parce que ça y est, on s’est bien retrouvés, câlinés, papouillés, môman est reviendue, tout va bien tout ça tout ça, alors pourquoi, non mais POURQUOI il continue à se réveiller à 6h du mat’ je vous le demande ?

Il m’en veut c’est ça ?
C’est ma punition pour être partie à l’autre bout de la planète, gagner de quoi lui acheter son Modi*lac 2ème âge à la sueur de mon front, mmh ?
Parce que le coup de « il veut profiter de toi » ça va hein maintenant, si vous croyez que le mot « profiter » peut être associé à ma personne entre 6h et 8h du mat’, vous vous fourrez le doigt dans la pam*pers jusqu’au coude, laissez moi vous le dire.

Alors si c’est la guerre, c’est la guerre, va falloir assumer, jeune bébé.
On verra qui fera moins le malin d’être en promo sur ibai.
Non mais.
(non mais c’est vrai, quoi, rendez moi mes grasses mat’ de jusqu’à 8h, je demande pas la lune, merde)



(en vrai à 6h, c’est l’heure du bougonnage et des menaces sur ibai, mais à 6h05, c'est-à-dire l’heure du premier éclat de rire du Crampon, je ne lui en veux déjà plus. Pfff, c’est pathétique d’être mère).

jeudi 16 juillet 2009

De retour (quelqu'un aurait un bescherelle ?)

Je suis bien contente d'être de retour à Paris et sur les blogs.
Il faut dire que c'était loin d'être gagné.
J'ai tout de même risqué ma vie à maintes reprises, et ne dois mon retour saine et sauve qu'à ma vaillance naturelle.

Tout a commencé avant de partir, quand j'ai amené le Crampon chez la nounou, non sans lui avoir bien expliqué que maman-devait-s'absenter-huit-jours-mais-non-non-non-maman-ne-l'abandonnait-pas.
Je dois confesser ici que si l'idée m'effleurât que ces huit jours de boulot au pays du Milieu allassent me permettre de me reposer en cette période si sympathique de bronchiolite du Crampon, je faisassâs bien moinsse la maline au moment de confier à la nounou le Crampon et sa respiration sifflante avant de filer prendre l'avion.
Il faut dire que le regard suppliant de mon fils me laissait présager le pire : nuits blanches et pleurs sans fin, appelant sa mère sans relâche avec l'énergie du désespoir.
Je me promettus alors de béatifier M. PetiteGraine dès mon retour pour avoir enduré tout ça tout seul, et survivis avec bravoure à l'arrachage de mon coeur sur le pas de la porte de la nounou.
(nb : en fait, il s'est avéré que le Crampon n'a jamais aussi bien dormi qu'en mon absence, et n'a signifié en aucune manière qu'il avait remarqué un quelconque changement dans sa vie en mon absence)(6 mois, et déjà ingrat)
.

Il n'est pas aisé de continuer à vivre avec un coeur déchiqueté, mais je me dirigis vaillement vers l'aéroport.
C'est dans l'avion qui m'emmenait à Pékin que je devais mener les deux prochains combats contre la mort.
Tout d'abord, il fallut en effet survivre aux nombreuses, trèèèèèèès nombreuses turbulences durant le vol, ne pas égorger la passagère en pleine crise de panique ("on va tous mourriiiiiiiiiir"), et profiter de cet excellent exercice de remusculation des fessiers qui consiste à serrer les fesses pendant 10 heures de vol.

L'atterrissage terminé, les autorités du Milieu sont entrées dans l'avion pour vérifier qu'aucun des passagers n'était fiévreux. Des espèces de cosmonautes sont donc passés dans les rangs afin de pointer un genre de pistolet sur le front de tous les passagers.
L'air menaçant des cosmonautes, l'ambiance radioactive qui planait, tout portait à inciter l'avion entier à retenir son souffle, et je priais pour ne pas avoir à tousser ou éternuer, et pour que ma température soit de moins 12 environ, histoire d'avoir un peu de marge.

Deux rangs derrière moi, alors que je me félicitais d'avoir réussi le test de la température haut la main, les choses ont commencé à s'agiter. Un, deux, trois, quatre cosmonautes autour d'une fille qui n'avait manifestement pas eu la présence d'esprit de gober deux dol*iprane avant d'arriver.

Une demi-heure plus tard, personne n'avait bougé, et les cosmonautes s'agitaient encore. A ce moment là, je commençais sérieusement à imaginer mon prochain mois en quarantaine dans un hôpital chinois et étudiais les options de fuite (mais je suis malheureusement trop grosse pour passer par un hublot).
Finalement, après une heure de tergiversations, c'est munie d'un pass prioritaire pour se rendre à n'importe quel hôpital du Milieu si un des symptômes du H1N1 se manifestait, que je sortais de l'avion (bien décidée à éviter tout hôpital de ma province rurale, est ce la peine de le préciser ?).

Après avoir survécu à une ablation du coeur, un crash d'avion, et le H1N1, c'est au climat pékinois que je m'attaquais.
39°C, et la sensation étrange que mes fringues sont une papillote à l'intérieur de laquelle mon corps cuit à l'étouffée, doucement mais sûrement.

Mais la cuisson en papillote n'eut pas ma peau, et je reprenais sans peur et sans reproche un avion pour les terres rurales qui m'accueilleraient toute la semaine.
32°C, 800% d'humidité (estimation personnelle).
Pas de cuisson en papillote ici, mais une étonnante sensation d'être dans la salle chaude du hammam et de respirer de l'eau.
Etre dehors 10 heures par jour avec ce climat permet de bien amusantes distractions que je vous recommande chaleureusement (et humidement), comme regarder le ruisseau de transpiration qui coule sur ses bras, admirer la trace de sel laissée sur le pantalon par la transpiration du jour, dresser la liste exhaustive de toutes les parties du corps qui suent vraisemblablement pour la première fois (les paupières, le crâne, le nombril), se laver et constater que la sueur remplace progressivement l'eau de la douche permettant ainsi de ne jamais être sec.
ô joie.

Mais là encore, je survécus à la lyophilisation.

J'eus plus de mal à m'adapter au rythme du Milieu, déjà testé auparavant, mais tout à fait intéressant à cumuler avec 6 mois de sommeil approximatif (merci le Crampon). En effet, il est de bon ton dans cette belle contrée du milieu du Milieu, de travailler dehors de 8 heures à 19 heures, puis de travailler à analyser le travail du dehors jusqu'à 23h30, puis de commencer une réunion de négociation avec les gens du Milieu qui nous payent, puis de refaire une session de travail jusqu'à 2h30 du matin environ.
Il faut reconnaître que c'est un rythme qui laisse tout le loisir d'être jetlagé la nuit.

Le retour se fit sans H1N1, sans crash, mais avec deux heures de retard sur chaque vol.
Et même à ça, j'ai survécu.

De retour à la maison, j'ai subitement arrêté de survivre, pour m'effondrer à 20h30, avant le Crampon.

Je pense me remettre d'ici septembre 2010.
Je vous tiens au courant.


PS : Sauras tu retrouver combien de temps différents se cachent dans ce post ? (les conjugaisons inventées comptent pour un)(désolée, je sais pas pourquoi, aujourd'hui ça ne voulait pas parler français dans mon cerveau)(et demain je n'aurai pas le temps donc c'était ça ou rien)

PPS : le design du blog me sort pas les yeux. Ca va changer je vous préviens.