vendredi 8 juillet 2011

Il y a un moment où il est grand temps de répondre à ses mails en retard


(clic pour voir en grand)

Chère Marie,


Je suis confuse, mais je dois vous avouer que je ne me souviens pas vraiment de vous.

Nous sommes nous croisées dans une soirée ? Très très tard ? Voire très très tôt ?
Avais-je l'air dans mon état normal ?
Pardon, c'est une question idiote, si nous ne nous étions pas rencontrées avant, comment sauriez vous si je me comportais différemment de d'habitude, haha !

Alors, pour vous aider, je peux vous préciser que dans mon état normal, je parle à un niveau sonore tout à fait acceptable, c'est-à-dire sans que mes interlocuteurs ne se sentent obligés de reculer ou de se boucher les oreilles. 
Je ris volontiers, mais sans forcément offrir un panorama sur l'intégralité de mon système digestif. 
Je porte un soutien gorge. 
Avec des fringues par-dessus. 
La plupart du temps, je tiens debout sans avoir besoin de m'appuyer sur un meuble, ou un bras des environs. 
Et je me rends certes assez régulièrement aux toilettes, mais pas suffisamment fréquemment pour avoir des difficultés à finir une phrase sans faire une pause-pipi.

Voilà quelques éléments de réponse.

Si ces indices vous permettent de déterminer que je n'étais malheureusement pas dans mon état normal, je vous prie de bien vouloir m'excuser de souffrir d'une fâcheuse amnésie ponctuelle.

Mais je vois que vous avez un blog ? Girl Diary ? Je ne crois pas vous avoir déjà lue, et je m'en excuse. Quelle est votre thématique de prédilection ? Les poneys? Les licornes ?

Votre pseudo, Bella011, quoique plein de promesse, ne m'évoque rien non plus.
Avons nous fait un échange de Following Friday sur Twitter ? Ai-je ReTweeté un de vos bons mots ?

Vraiment, je suis confuse de ma si mauvaise mémoire, c'en est assez embarrassant.


En tout cas, je vous remercie beaucoup de me conseiller ce site sur Face de bouc.

Il est vrai que je suis férue de découvertes 2.0 et que, telle une chasseuse de talents, je me tiens volontiers à l'affût des nouveautés du grand internet mondial.

J'avoue que je peux être assez coquine à mes heures, je me souviens notamment de la fois où j'avais caché les lunettes de mon cousin Gaston et qu'il les avait cherché toute la journée, haha !...

Mais j'y pense, j'espère que je ne vous ai pas déjà raconté cette croustillante anecdote !
Je peux être tellement bavarde quand je suis... enfin, quand je ne suis pas dans mon état normal.

L'évocation de votre sympathique soirée d'hier (il est vrai que les nuits sont assez chaudes en cette période caniculaire) me laisse penser que nous avons dû nous découvrir un certain nombre d'atomes crochus ! D'ordinaire, je ne me livre pas très facilement aux confidences, mais manifestement, nous avons partagé quelques petits secrets intimes, héhé !

En revanche, je m'inquiète un peu de votre allusion à votre préférence aux "vrais hommes".

Je suis il est vrai une personne assez chaleureuse, mais ne nous sommes nous pas déjà rencontrées ? Je suis un peu perdue.

Par ailleurs, et croyez bien que c'est une confession assez embarrassante à vous faire à ce stade de nos échanges, mais j'ai comme l'impression qu'il y a comme une méprise sur mon genre. 
Je suis en effet une femme disons de sexe féminin, et je m'excuse par avance de ce que j'aurais pu dire ou faire lors de notre rencontre qui vous aurait laissé penser le contraire.

Mais mieux vaut en rire, n'est ce pas ? HAHA ! Je regrette vraiment n'avoir aucun souvenir de cette soirée, manifestement fort passionnante et avec d'épiques rebondissements ! HAHA !

Si je puis me permettre une dernière question, est ce une nouvelle mode chez les jeunes (je suppose que vous n'écrivez pas un Girl Diary à 45 ans, si ? )(sans parler des "bisouuuuuus tout doux", très mignons chez les moins de 14 ans) d'éluder la dernière partie des mots ? Je fais référence à votre, "à très vit' ! " qui ma foi ne lasse pas de m'intriguer !

Pardon encore de ma curiosité, mais comprenez que j'aime me tenir informée des nouvelles tendances, pour entretenir ma jeunesse d'esprit et travailler mon personal branding sur la toile.

Sur ce, j'aurai grand plaisir à vous revoir mais ce message touche à sa fin. J'ai en effet encore un certain nombre d'e-mail en souffrance attendant une réponse de ma part (connaissez vous M. VoyageSNCF ? Cet homme là ne cesse de me harceler de messages, je m'interroge beaucoup sur le ton à adopter dans ma réponse)(fort heureusement, j'ai aussi des réponses plus sympathiques à rédiger, à une pauvre veuve de millionaire ivoirien, ou à un vendeur d'obscur système d'élargissement masculin).


Allez, sans rancun' !

Bien cordialem'

Fyfe

mercredi 6 juillet 2011

L'intégration du Crampon dans sa nouvelle crèche se fait un peu dans la douleur, comme je l'ai déjà évoqué ici.

Le Crampon avait en effet quelques habitudes dans son environnement parisien, qui consistaient plus ou moins à tyranniser équitablement les autres enfants et le personnel de la crèche.
Oui, le Crampon a une fâcheuse tendance à ne faire que ce qu'il veut.
Malgré notre grande motivation à essayer de lui inculquer quelques principes du genre respect de l'autorité parentale, force est de constater que... bof.
90% du temps, le Crampon continue à ne faire que ce qu'il veut.
Cela ne veut pas dire qu'on le laisse jongler avec les couteaux de cuisine, bien sûr.
En revanche, s'il a décidé que ce soir; il ne mangerait pas à table, il faut juste oublier l'idée de le faire changer d'avis car son endurance dans l'entêtement est remarquable (et peut s'étendre sur de longues semaines, si, si).

Pour les parents dépités, restent donc deux choix : accepter qu'il mange ailleurs (sur son vélo, sur le canapé, sur le dos du chat, etc... Cet enfant a de l'imagination), ou refuser, avec la certitude que le Crampon ne mangera donc pas. (or, enfant insuffisamment nourri le soir = enfant affamé à 5h du matin, mais c'est un autre problème).

Mr PetiteGraine varions les plaisirs, entre laxisme et autorité, selon notre courage (et notre manque de sommeil).

Bien sûr; nous poussons régulièrement de longs soupirs et levons tout aussi régulièrement les yeux au ciel, mais ma foi, nous n'avons pas vraiment de comparaison possible avec d'autres enfants, et TOUS les parents se plaignent de la crise d'opposition de leurs enfants.

Ce sont donc les regards extérieurs qui nous permettent d'évaluer un peu plus objectivement la situation.

Echantillon de petits indices tendant à prouver que notre fils est très légèrement au dessus de la moyenne de la chianterie (doux euphémisme pour ne pas dire qu'il y a des jours où on s'inquiète d'avoir à faire à un futur psychopathe) :
  • son ass' mat' qui répète sans discontinuer : "il est vraiment mignon, maiis il est têtu, hein. Je veux dire, il est adorable, mais c'est incroyable comme il est buté. Mais charmant. Mais vraiment incroyablement entêté"

  • le personnel de la crèche parisienne qui a tout bonnement arrêté d'essayer de le faire descendre de son vélo pour venir s'asseoir à table pour le goûter. Tant pis, il ne goûtera pas.

  • le même personnel de la crèche, qui, quand le Crampon hausse le ton façon "NOOOOOOOOON tu touches pas ma couche", ou tout simplement, commence à froncer les sourcils, stoppe net les négociations et s'excuse presque d'avoir voulu le changer "Nooooon Crampon ne t'énerve pas, ne t'énerve pas c'est pas grave, on  ne va pas changer la couche" . Je sais, ça étonne, mais franchement, elles ont raison... Le forcer reviendrait à le braquer définitivement et à s'assurer une année d'enfer à l'approche de la table à langer. Oui, oui, une année. Il est résistant comme ça le Crampon. 6 mois de refus de bain et de crises hystériques à la maison à la simple évocation de la baignoire, je sais de quoi je parle.

  • le personnel de la nouvelle crèche, nous demandant, un peu inquiet : "mais euh... c'est à cause des perturbations du déménagement qu'il est autant dans l'opposition, ou ça a toujours été comme ça ?" (un conseil : ne pas répondre la vérité sous peine d'éviction définitive)

Voilà voilà.
Donc le Crampon est incroyablement têtu. Et il a donc une sérieuse propension à être en position de dominant parmi ses congénères.
Je ne vous dit pas sa surprise de découvrir que dans la nouvelle crèche, les enfants (tous plus grands que lui) ne se pliaient pas naturellement à ses quatre volontés.
C'est un petit groupe très soudé, qui fait donc bloc contre lui quand il exagère.
Ouaip. Les enfants en groupe réussissent ce que les adultes et les parents ne réussissent pas.
Ils sont plus fort que nous, oubliez les patrons du CAC40, ce sont eux qui dirigent le monde.

Conclusion, tous les matins, le Crampon pleure pour ne pas aller à la crèche "Noooon maman, veux paaaas les autres enfants !"

Mr PetiteGraine et moi avons donc mise en place une grande stratégie d'intégration du Crampon à base d'évocation régulière du plaisir du partage avec les copains, et comment elle s'appelle cette petite fille avec qui tu faisais la course, et oooooh comme il est gentil ce petit garçon de te prêter son jouet, et sinon, avec qui tu as joué aujourd'hui, etc etc.

Bon.
Pour l'instant, résultats pour le moins mitigés.

Question : "Crampon, elle s'appelle comment la petite fille avec qui tu fais du vélo ?"
Regard du Crampon vers la petite fille.
Réponse pleine de conviction : "A vélo".

Moui d'accord. La mode des prénoms originaux fait des ravages chez les jeunes générations.

1 semaine plus tard :

Question : "Crampon, comment il s'appelle ce copain sur son trotteur ?"
Réponse du Crampon, fier comme Artaban : " Il s'appelle "Il roule" "

Voilà voilà.
C'est pas gagné l'intégration.


PS : à ceux qui seraient tentés de me donner une leçon de morale sur ma responsabilité de parent de lui apprendre le respect de l'autorité, je pète les genoux, non sans leur avoir préalablement expédié le Crampon une semaine en pension, pour leur apprendre ce que c'est qu'élever l'enfant le plus entêté du monde (et croyez moi, la douleur des genoux ne sera pas le plus difficile à supporter dans cette punition).

PPS : Mais il est mignon, hein. Très. Mais têtu.  Et adorable. Et chiant aussi.