Il y a un moment dans ta vie de parent où tu te dis que non, jamais au grand jamais tu ne seras capable de revivre ça un jour.
Tu es convaincue que ton crampon insomniaque et RGO t'a vaccinée à vie, et que d'ailleurs tu ne te remettras jamais complètement du traumatisme de ces XX (CENSURE) premiers mois.
Il y a un moment où tu te dis que moui, peut être, plus tard, pourquoi pas. Mais bon, là faut gérer le terrible two, et franchement, se remettre aux nuits blanches du début alors que numéro1 sonne le clairon sur les coups de 5 ou 6h du mat, pfff comment te dire... No way.
Et puis il y a un moment où la vie se fait plus douce. Certes, tu as l'impression que la fatigue est un état permanent qui ne t'a pas quittée depuis des siècles, mais bon, le Crampon est devenu plus autonome, tu as appris à relativiser (dormir c'est surfait), et puis tu continues à te battre inlassablement pour rogner des créneaux de liberté. Tu le sens bien, que tu n'es pas seulement une mère, tu es aussi une fââââmme, une amante, une jeune cadre dynamique : tu as envie de voyages en amoureux, de sorties entre amies, tu as de l'ambition à nouveau...
Quand tu y réfléchis, tu te dis que si tu traînes trop, tu ne trouveras plus le courage de renoncer à cette facilité là.
Dès lors, insidieusement, le piège se referme.
Les bébés que tu croises te semblent à nouveau mignons, émouvants. Tu ne vois plus les cernes des parents derrière la poussette, les traces de régurgitation sur leurs vêtements, leur air hagard.
Tu es foutue.
Le temps de réaliser que tu aurais peut-être dû aller relire ton blog d'il y a presque 3 ans, et pof, trop tard, tu es déjà boutonneuse, nauséeuse, cernée, insomniaque, et émotionnellement... euh... hystérique.
Le premier que je chope en train de dire que la deuxième grossesse n'a rien à voir avec la première, je lui fais bouffer mon biac*tol. LA MEME. Lire là pour prendre de mes nouvelles, donc.
Ah non, pardon, GROSSE différence : la taille de mon ventre. J'ai l'air d'être enceinte de 6 mois. Coooool.
Merci la vie, merci l'amour.
Y a pas à dire, le premier trimestre, ça m'épanouit.
lundi 28 novembre 2011
mardi 22 novembre 2011
Gagnant - gagnant
Il me semble qu'il y a quelques temps, probablement dans un moment d'égarement, j'ai évoqué ici mon nouveau boulot dans la même phrase que le mot "bisounours".
HAHAHA.
35 ans et toujours aussi naïve, ça serait mignon si ce n'était pas autant ridicule.
6 mois plus tard, je peux vous dire que si je suis chez les bisounours, c'est qu'ils ont fort mal tourné. Il faudrait penser à arrêter de leur donner du crack au petit dej', et à stopper tout de suite les manipulations génétiques à base d'ADN présidentiel.
Comme d'habitude, j'ai repéré quelques collègues intelligents, bosseurs, et sympa (qui me sauvent la vie et la motivation, est ce la peine de le préciser ?).
Et puis toute une galerie de portraits qui excite mes fibres les plus misanthropes.
C'est simple, à chaque nouvelle prise de poste, j'ai l'impression de redécouvrir la nature humaine sous ses pires travers.
Malhonnêteté intellectuelle, égoïsme, lâcheté, soumission, arrivisme, opportunisme, incompétence, paresse, bêtise....
Je vous rassure, je ne me vois pas comme l'inverse de tous ces qualificatifs.
(Bonjour, je suis Fyfe, je suis honnête, généreuse, courageuse, j'assume mes décisions, je suis désintéressée, compétente, travailleuse, et intelligente. Mes chevilles ? Non, jamais de bottes, ça ne rentre pas, désolée. Et oui, oui, elles me permettent de m'envoler par temps venteux, c'est très pratique)
Bien sûr que je suis à mes heures un peu de tout ça (enfin, surtout paresseuse)(et bête aussi, probablement, mais sans forcément m'en rendre compte).
Mais je reste sans voix devant la capacité de certains à cumuler l'ensemble de ces caractéristiques avec une constance dans l'intensité qui force le respect.
Ainsi, travailler me rend misanthrope. Et méchante. Et aigrie.
En fait, c'est simple : me faire travailler va contribuer, à terme, à creuser le trou de la sécu.
Aussi, en ces temps où chaque dépense compte, je suggère d'inclure dans le plan d'austérité national une mesure visant à me verser mon salaire contre mon engagement personnel à ne pas venir travailler.
C'est la meilleure chose à envisager si on considère les choses sous l'angle du développement durable. Il faut en effet penser long terme, global. Voir l'ensemble du tableau. The big picture, you know.
Voilà. Merci et bisous.
HAHAHA.
35 ans et toujours aussi naïve, ça serait mignon si ce n'était pas autant ridicule.
6 mois plus tard, je peux vous dire que si je suis chez les bisounours, c'est qu'ils ont fort mal tourné. Il faudrait penser à arrêter de leur donner du crack au petit dej', et à stopper tout de suite les manipulations génétiques à base d'ADN présidentiel.
Comme d'habitude, j'ai repéré quelques collègues intelligents, bosseurs, et sympa (qui me sauvent la vie et la motivation, est ce la peine de le préciser ?).
Et puis toute une galerie de portraits qui excite mes fibres les plus misanthropes.
C'est simple, à chaque nouvelle prise de poste, j'ai l'impression de redécouvrir la nature humaine sous ses pires travers.
Malhonnêteté intellectuelle, égoïsme, lâcheté, soumission, arrivisme, opportunisme, incompétence, paresse, bêtise....
Je vous rassure, je ne me vois pas comme l'inverse de tous ces qualificatifs.
(Bonjour, je suis Fyfe, je suis honnête, généreuse, courageuse, j'assume mes décisions, je suis désintéressée, compétente, travailleuse, et intelligente. Mes chevilles ? Non, jamais de bottes, ça ne rentre pas, désolée. Et oui, oui, elles me permettent de m'envoler par temps venteux, c'est très pratique)
Bien sûr que je suis à mes heures un peu de tout ça (enfin, surtout paresseuse)(et bête aussi, probablement, mais sans forcément m'en rendre compte).
Mais je reste sans voix devant la capacité de certains à cumuler l'ensemble de ces caractéristiques avec une constance dans l'intensité qui force le respect.
Ainsi, travailler me rend misanthrope. Et méchante. Et aigrie.
En fait, c'est simple : me faire travailler va contribuer, à terme, à creuser le trou de la sécu.
Aussi, en ces temps où chaque dépense compte, je suggère d'inclure dans le plan d'austérité national une mesure visant à me verser mon salaire contre mon engagement personnel à ne pas venir travailler.
C'est la meilleure chose à envisager si on considère les choses sous l'angle du développement durable. Il faut en effet penser long terme, global. Voir l'ensemble du tableau. The big picture, you know.
Voilà. Merci et bisous.
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On n'est pas chez les bisounours,
Psy-fyfe
mardi 15 novembre 2011
Le droit à chouiner
Entendu dans le bus ce matin : « non mais elle me gonfle c'te nana, elle vit dans un super appart', son mec est pété de thunes, et elle trouve quand même le moyen d'être triste. Putain mais elle se rend pas compte qu'il y a plein de gens vraiment malheureux dans le monde »
C'est le moment où mes poils se sont hérissés, dans une manifestation de vigoureuse réprobation (et de froid aussi un peu, certes).
Passons sur le grand poncif du confort matériel qui ne fait pas le bonheur, et sur l'évidence que la dépression est une maladie qui se contrefout des arguments de bonheur objectifs, pour se concentrer sur une idée malheureusement fort répandue malgré sa désarmante stupidité, si vous le voulez bien :
ALORS DANS CE P*T*** DE MONDE DE MER**, TANT QU'IL Y AURA UN PÉQUIN PLUS DÉSAVANTAGÉ QUE SOI, ON NE POURRA PAS SE PLAINDRE, C'EST CA LA LOGIQUE ??
Mais oui bien sûr !!!
Cette nana que son chef vient d'accuser d'avoir ses règles, mais qu'elle ne vienne pas se plaindre, enfin ! Y a des femmes qui se font attaquer à l'acide pour des suspicions d'adultère ! Alors il faut raison garder et se concentrer sur les vrais combats voyons !
Et puis cet ouvrier du bâtiment, qui trouve qu'il a des conditions de travail difficiles et qui voudrait si possible partir en retraite avant de crever, il ne va pas non plus la ramener alors que dans certains pays, le concept même de retraite n'existe pas, si ?
Ce djeun's qui ne trouve pas de boulot malgré son bac + 5, s'il était vraiment courageux, il prendrait un job sous-payé pour assurer sa survie ! C'est vrai quoi, y a des mômes de 6 ans qui font 15 bornes à pieds et sans chaussures tous les jours pour aller à l'école ! Et le djeun's il a pas le courage d'aller bosser chez Macdal ? Il préfère ce plaindre que bouhouhou y a du chômage c'est tout pourri ?
Pis mon Crampon de presque 3 ans, je vais lui expliquer, tiens, que ouaip, il s'est rétamé la tronche sur le bitume, mais va peut être pas falloir réclamer du câlin, vu qu'à son âge, en Chine, il bosserait 50 heures par semaines à fabriquer de la basket pour 5 dollars par mois, câlins non compris.
Non mais sans déconner !??
Spa possible de raisonner comme ça, si ?
Je revendique mon droit à chouiner, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, parce que je m'en sors pas à concilier boulot et élevage d'un seul môme (alors que d'autres bossent plus et ont 4 enfants, je SAIS), mais aussi parce que j'ai foiré ma pose de vernis hier soir et que ça me met d'une humeur de dogue.
Il n'y a rien d'indécent à ça.
Ce qui serait indécent, ce serait d'être dans l'incapacité de RELATIVISER. De considérer par exemple que ma manucure ratée est du même niveau de gravité que la faim dans le monde ou l'existence de JFCopé.
Mais ce n'est pas le cas.
Et c'est pour ça que je ne me jetterai pas par la fenêtre à cause de mon vernis déjà écaillé. (Mais qu'en revanche je veux bien discuter avec JFCopé de l'éventuelle opportunité de son propre jetage par la fenêtre)
Bon, voilà, c'était ma chouinerie du jour. Me reste plus qu'à racheter un top vu que cette hulkisation à été fatale à ma chemise.
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