mercredi 23 mai 2012

Philo du mercredi

Ah oui, dernier post le 17 février. Quand même. Pfiouuuuu, le temps file, hein ?

Y a eu comme une faille dans l'espace-temps on dirait.
Je suis toujours dans un état baleinesque très avancé, livraison du colis par la fabrique de bébé prévue pour... ben quand il veut, hein.

En attendant, j'avais envie de partager ici une de ces grandes révélations que m'a offerte la vie très récemment.
Parce que oui, la femme enceinte philosophe à ses heures perdues (ou, plus prosaïquement, après avoir sué sang et eau à enfiler ses bas de contention, et avant ses premières brûlures d’œsophage du matin).

La pensée qui m'a heurté de plein fouet concerne la parentalité (maternitude, paternisme, comme vous choisez).

Loin de moi l'idée de scinder le monde en deux catégories, l'une bénéficiant de la sagesse de l'expérience de cette parentalité, et l'autre, prudente naïve et ignorante, qui n'aurait pas été touchée par la sagesse qui touche bien sûr tout être humain au moment exact où son périnée se fait déchiqueter (ou celui de sa conjointe).
Cependant, force est de constater qu'une fois que l'enfant paraît, les choses changent.
(doux euphémisme pour évoquer le 38tonnes que tu te prends dans la face à coup de nuits blanches, terrible two, terrible three, et pour autant que j'en sache, terrible-tous-les-âges-jusqu'à-l'adolescence).

Mais jetons un voile pudique sur ce bonheur quotidien, que dis-je, ce nirvana, que représente la parentalité (je tiens à ce que les enfants des autres cotisent pour ma retraite sous les cocotiers, merci d'avance).
Parmi les révélations qui apparaissent aux parents telle la vierge à Bernadette Scoubidou Soubirous, figure en bonne place l'apprentissage accéléré de la doctrine du fatalisme ascendant stoïcisme.
Ce que la sagesse populaire a traduit par "avant, j'avais des principes, maintenant j'ai des enfants".

Ajoutez une pincée de renoncement.

Une sérieuse dose de capacité à supporter le ridicule, qui, certes, ne tue pas, mais fait quand même du mal à ta street credibilité.

Une élévation vers le spirituel, un éloignement des basses choses matérielles telles que l'apparence, le regard des autres, le snobisme de telle ou telle marque de vêtements.

On dit souvent que rien ne peut te préparer à une nouvelle vie avec enfant.
Et c'est vrai.
Est ce que vous croyez vraiment qu'il y a 3 ans et demi, j'aurais pu imaginer que mon fils porterait ça ?  Je veux dire, en plein jour, pleine lumière, pour toute une journée de crèche, et sans même que je ne lui demande de marcher 10 mètres devant ?

Oui, ce sont des fausses crocs à l'effigie de Flash Mac Queen. 1/ Ça existe 2/ Ça se vend 3/ Ça s'achète 4/ Ça se porte.




 
Je sais.
Mais il ne faut pas jeter la pierre à ceux qui négocient au quotidien avec les terroristes les enfants.

Voilà.
Les enfants, c'est la philosophie. Ou l'art du compromis.

vendredi 17 février 2012

Un billet naze. Très naze.

Le réveil de Mr PetiteGraine sonne. Grmph.
Il sonne encore. Grmmmmmmmph. Je tends le bras vers le dit M. PetiteGraine pour l'aider à se réveiller avec amour et douceur (= je vise les côtes avec mon coude).
Gnééé ? C'est vide. Personne.
Rhâââââ mais oui bien sûr, il est à Paris pour deux jours, et il a oublié d'éteindre son réveil hier en partant prendre son train matinal. Il est donc... 4h30. AAAAAAAH. (ben si, ça fait peur, 4h30).

Le temps que je trouve le bouton pour éteindre le réveil, le Crampon s'est réveillé. Nooooooon, pitié....
Il chouine parce qu'il ne retrouve pas sa tétine.
Stratégie 1 : je fais semblant de ne rien entendre, reste au chaud sous la couette, et croise les doigts pour qu'il la retrouve tout seul (et s'il ne la retrouve pas, il ne se rendormira pas et je vais mourir). Ok, trop risqué. Stratégie 2 : go, go, go, je jaillis hors du lit, me précipite à la recherche de la tétine perdue, lui colle au bec, marmonne un truc du genre "'core nuit, dodo", et m'enfuis en courant.  Si, ça peut marcher.

D'ailleurs, ça AURAIT marché si je ne m'étais pas trompé de bouton en voulant éteindre le réveil. Manifestement, j'ai snoozé : re-bip bip 5 minutes plus tard donc.
Le Crampon s'est rendormi, mais pour moi c'est foutu.

Quelqu'un peut il m'expliquer pourquoi diable je suis capable de me rendormir profondément 10 fois d'affilée pendant une heure quand je suis à la bourre pour aller au boulot, et pourquoi à 4 PUTAINS D'HEURES 30, un malheureux snooze me tient éveillée comme si je venais de gober 4 exta ??

A 6h30, je suis toujours occupée à essayer de résoudre mentalement ce mystère.

A 8h30, j'ai déposé le Crampon à la crèche, et je ne comprends toujours pas.

Je file rejoindre ma deuxième maison, aka le laboratoire d'analyses médicales.
Échantillon d'urine, prélèvement sanguin, recherche de toxo, de sucre, d'allergènes, tout ce que tu veux je te le donne, je suis comme ça, moi.

D'habitude c'est bouclé en 5min, parce qu'en tant qu'habituée, j'ai toujours un petit pot d'avance pour pisser sur mes doigts chez moi plutôt que chez eux (je préfère), et je relève mes manches plus vite que la lumière.

Mais ce matin, la salle d'attente est pleine à craquer.
Devant moi, un enfant d'environ 3 ans est accompagné de ses parents.
J'attends mon tour une éternité. Le dernier quart d'heure est un supplice : les pleurs du petit garçon me transpercent le cœur.

Il sort enfin, reniflant et manifestement complètement traumatisé.
Je pleure et me retiens de me jeter sur lui pour lui faire un câlin (même levée à 4h30, je ne suis qu'hormones de grossesse... *soupir*).

A mon tour.
Ah ben tiens, l'aiguille est plantée dans mon bras, mais ça ne coule pas, dit la dame. Elle remue l'aiguille. Je veux que le petit garçon revienne pour me tenir la main et me faire un câlin. Ca dure une deuxième éternité, et puis on essaye avec l'autre bras.
Voilà, c'est fini, il est 9h30, j'ai deux bras charcutés, et je suis sensée être au boulot depuis au moins 15 minutes.
Je me retiens de pleurer (on a sa fierté).

Métro.
J'ai faim et mal au dos. Personne ne me propose une place assise. Je ne sais pas si c'est parce que les gens trouvent normal que j'aie un ballon de baudruche caché sous mon manteau, ou si c'est tout simplement parce que ce sont des goujats.
Dans le doute, je pleure.

Dans les couloirs, une mère et son enfant font la manche. La petite fille semble se plaindre du froid à sa mère.
Je pleure de plus belle.

J'arrive au bureau comme une fleur, il est 10h, et toutes les personnes importantes attablées dans le bureau de mon boss me voient passer avec les yeux rougis. C'est pas comme si je devais aussi partir à 17h pour récupérer mon fils en l'absence de son père, hein.  Ah ben si. Oups.
Je crois que je vais pleurer encore un peu, tiens.

M. PetiteGraine n'a pas répondu à mon SMS qui lui racontait tous mes malheurs (le concept de SMS de 2500 signes, j'adore).
A tous les coups, il doit être trop occupé à coucher avec une pétasse de parisienne qu'il aura séduite la veille en ce jour de saint Valentin dont on se cogne mais quand même avait il besoin de partir si loin ce jour là ? Ou alors il est déjà en réunion.
Dans le doute, je pense pleurer un peu pour faire bonne mesure.

La journée va être longue. Très longue.
Et moi je suis enceinte. Très enceinte.
Et fatiguée. Très fatiguée.

mercredi 18 janvier 2012

Les enfants c'est bon, mangez-en.

Bon bon bon.

La vie est un peu... euh... prenante, en ce moment.
Pourtant, j'en ai, des choses à vous dire (comprendre : j'en ai, des sujets de chouineries).

Alors, un peu en vrac pour rattraper le temps perdu :

- 4 mois de grossesse, j'ai pris Biiiiiiip kilos.  Je me fais jeter par ma gynéco, ma psy Zermati-style, et moi-même. Et ça me donne envie de manger. J'ai l'air d'être proche de l'accouchement. Je suis dans le déni total côté taille de soutien-gorge. Saviez vous que le moindre T-shirt est indécent quand on a les seins de Lolo Ferrari ? Par extension, j'ai la classe et le glamour de cette dernière (sauf que ma bouche n'a pas gonflé, dieu merci). Chouette.

- NuméroBis est un petit couillu. Pour une fois, je n'ai pas eu besoin de faire semblant d'avoir compris quelque chose à l'échographie. Il a une de ces paires de c..., putain de sa mère, j'y crois pas comment ça crevait l'écran. (Manifestement, je n'ai pas chopé QUE le physique classieux de
mon amie Lolo).
Alors c'est bon pour la crise, la décroissance, tout ça tout ça, car non, je ne vais pas dévaliser les magasins de fringues de bébé-fille. J'ai un deuil à faire de ce point de vue là, je le crains.
A l'amie (qui se reconnaîtra) qui m'a dit que c'était chouette aussi, le statut de seule femme de la famille, parce que l'Oedipe des petites filles c'était pas tous les jours un parterre de roses, je réponds ici : HAHAHA. Le Crampon est tout à fait prêt à me tuer pour épouser son père je pense.
Et je dois avouer que ça ne me déplaît pas toujours. Par exemple, quand le Crampon se réveille et hurle à la mort en voyant qu'il n'y a QUE moi et pas son papa déjà parti, je le vis moyen bien. Quand il exige d'un ton péremptoire que NON c'est PAPA qui va changer la couche puante, ou PAPA qui va brosser les dents, et regarder pour la 250ème fois Cars,  je le vis bizarrement beaucoup mieux. Fin de l'apparté.
Un deuxième garçon, donc.
Dans le fond, je m'en cogne, moi ce que je voulais, c'était un dauphin, remember ?

- SURPRIIIIIIIIIISE ! La deuxième grossesse propose quelques variantes par rapport à la première !  Je vous le donne en mille : l'allergie fulgurante aux poils de chat ! Et qui c'est qui a un chat-pot-de-colle à la maison ?
Cette charmante nouveauté s'est traduit par une crise inopinée d'yeux-qui-piquent, nez-qui-pique-et-qui-coule, gorge-qui-pique, peau-qui-gratte. Ça a commencé comme ça, un soir en rentrant du boulot, sans que je comprenne bien ce qui m'arrive.
A 4h du mat, je n'avais toujours pas fermé l'oeil, mais j'avais eu le temps de réfléchir et d'identifier la cause de mon état. C'est donc avec joie et enthousiasme que j'ai réveillé Mr PetiteGraine pour lui demander de m'aider à changer les draps. Dans un demi-sommeil, mais sans moufter (cet homme est une perle), ce dernier m'a donc aidé à replacer la couette dans une nouvelle housse, exercice tellement agréable
à 4h du mat.
Depuis, je gère comme je peux. L'aspirateur est mon ami (tout arrive), et le chat et moi restons sur nos territoires respectifs en échangeant des regards dignes des western spaghetti.
Voilà voilà.

Finalement, rendez moi ma grossesse d'avant.

Coming soon, de belles Cramponades à base de coupe de cheveux home made (si, si, je l'ai fait) et d'apprentissage de la propreté (c'est pas gagné c't'affaire).

jeudi 8 décembre 2011

A morning with Fyfe

(la night, on n'y revient pas, c'est fait et et j'espère que ça ne sera pas à refaire *soupir*. Mais qu'est ce que je fous dans cette galèèèèreuh ??)(une pensée pour une certaine madrilène qui doit bien ricaner, là)

Quelque part entre 5, 6 et 7 heures, le Crampon se réveille, plus ou moins calmement, plus ou moins paniqué à l'idée de ne pas savoir si son père est encore là. Car oui, le Crampon ne vit que pour son Pôpa, l'ingrat. Non pas que le dit Pôpa ne le mérite pas, loin s'en faut (pour tout dire, il est certainement meilleur père que je ne suis mère). Mais merde, je l'ai porté 9 mois dans la nausée et les remontées acides, expulsé en douceur par un endroit que je refuse toujours de trouver approprié (en termes de taille voyez vous), allaité pendant 5 mois jour, et, SURTOUT, nuit. Alors bon, même si je lui consacre moins de temps que son père, j'estime ne pas mériter toute la déception matinale de cet enfant quand il constate que passé 7 heures, il n'y a que moi.
Bon, pour être honnête, une demi-moi.
Une moi profondément endormie.

Le Crampon est briefé : si maman n'est pas levée, ça veut dire qu'il est trop tôt, donc tu te rendors, ou alors tu allumes ta lumière et tu joues calmement et en silence.
(d'aucuns verrons peut être dans cette technique éducationnelle un élément d'explication au fait que le Crampon préfère son pôpa. Soit. Mais avant 7h, le meilleur de moi-même et de mes capacités consiste à fermer la bouche pour ne pas baver sur mon oreiller).

Le Crampon, chantonnant de bonne humeur, ou hurlant à la mort à la recherche de son père -ça dépend des jours- entreprend donc de démarrer sa journée "calmement et en silence", conformément aux consignes, mais oui bien sûr.
Il commence par déménager sa commode à roulettes depuis la chambre jusqu'au milieu du salon.
Puis il traîne une ou deux chaises de cuisine pour organiser une course.
Il allume la chaîne hi-fi. De préférence sur une radio qui passe du Gilbert Montagné.
Il prend son épée (=un pile de légos) et entreprend une croisade domestique. Il s'agit manifestement de pourfendre le pauvre chat.
Ou de jeter l'épée au sol pour faire exploser des légos partout dans la maison. Yeaaaaah.

Arrive le moment où le Crampon décide qu'il suffit. Il déboule alors dans la chambre, ouvre les volets électriques, et saute sur le lit pour un câlin (qui consiste principalement à prendre de l'élan pour se jeter de toute sa hauteur sur moi. Aïe).
Ok, ok, levons nous, donc.

Tu veux un bib', Crampon ?
Ouiiiiii ! Un bibauchocolat !

En mode automatique, lait, bib, micro-onde, 2 cuillères de cacao, quand retentit un NOOOOOOOON !!!
Sursaut de terreur, qu'est ce qui se passe, Crampon ?
VEUX PAS CETTE CUILLERE !!
Gniii ?
PAS CETTE CUILLERE, VEUX LA ROUGE !
Non mais c'est trop tard, Crampon, j'ai mis le chocolat dedans déjà !
NON NON NON !
Le Crampon se saisit du bib et entreprend de répandre son contenu par terre, en signe de protestation, puis de me le jeter à la figure.

Okéééé...
C'est le moment de faire appel à toute sa réserve de patience, sa zenitude, sa capacité à respirer par le ventre et à lutter contre la hulkisation.

S'en suivent alors 15 minutes d'âpres négociations à l'issue aussi incertaine que la sortie de crise européenne (sauf que chez nous le dialogue est franco-français plutôt que franco-allemand).

Et puis, tout s'enchaîne :
Pour s'habiller, le Crampon réclame "5 minutes maman, je joue" toutes les 5 minutes environ ;
Il veut rester en chaussons et refuse de mettre ses chaussures ;
Il enlève son manteau dès que j'ai le dos tourné ;
Il veut marcher, puis monter dans la poussette, puis pousser la poussette, puis nettoyer le caniveau, puis faire coucou aux camions, puis frotter sa sucette sur les vitrines, puis rentrer à la maison.

Qu'on ne vienne pas s'étonner que je sois soulagée de sortir de la crèche pour aller me reposer au bureau.
(Crise des 2 ans, crise des 3 ans, ça s'arrête quand au juste ??)

lundi 28 novembre 2011

Et c'est reparti pour un tour !

Il y a un moment dans ta vie de parent où tu te dis que non, jamais au grand jamais tu ne seras capable de revivre ça un jour.
Tu es convaincue que ton crampon insomniaque et RGO t'a vaccinée à vie, et que d'ailleurs tu ne te remettras jamais complètement du traumatisme de ces XX (CENSURE) premiers mois.

Il y a un moment où tu te dis que moui, peut être, plus tard, pourquoi pas. Mais bon, là faut gérer le terrible two, et franchement, se remettre aux nuits blanches du début alors que numéro1 sonne le clairon sur les coups de 5 ou 6h du mat, pfff comment te dire... No way.

Et puis il y a un moment où la vie se fait plus douce. Certes, tu as l'impression que la fatigue est un état permanent qui ne t'a pas quittée depuis des siècles, mais bon, le Crampon est devenu plus autonome, tu as appris à relativiser (dormir c'est surfait), et puis tu continues à te battre inlassablement pour rogner des créneaux de liberté. Tu le sens bien, que tu n'es pas seulement une mère, tu es aussi une fââââmme, une amante, une jeune cadre dynamique : tu as envie de voyages en amoureux, de sorties entre amies, tu as de l'ambition à nouveau...
Quand tu y réfléchis, tu te dis que si tu traînes trop, tu ne trouveras plus le courage de renoncer à cette facilité là.
Dès lors, insidieusement, le piège se referme.

Les bébés que tu croises te semblent à nouveau mignons, émouvants. Tu ne vois plus les cernes des parents derrière la poussette, les traces de régurgitation sur leurs vêtements, leur air hagard.

Tu es foutue.

Le temps de réaliser que tu aurais peut-être dû aller relire ton blog d'il y a presque 3 ans, et pof, trop tard, tu es déjà boutonneuse, nauséeuse, cernée, insomniaque, et émotionnellement... euh... hystérique.
Le premier que je chope en train de dire que la deuxième grossesse n'a rien à voir avec la première, je lui fais bouffer mon biac*tol. LA MEME. Lire pour prendre de mes nouvelles, donc.

Ah non, pardon, GROSSE différence : la taille de mon ventre. J'ai l'air d'être enceinte de 6 mois. Coooool.
Merci la vie, merci l'amour.

Y a pas à dire, le premier trimestre, ça m'épanouit.

mardi 22 novembre 2011

Gagnant - gagnant

Il me semble qu'il y a quelques temps, probablement dans un moment d'égarement, j'ai évoqué ici mon nouveau boulot dans la même phrase que le mot "bisounours".
HAHAHA.
35 ans et toujours aussi naïve, ça serait mignon si ce n'était pas autant ridicule.

6 mois plus tard, je peux vous dire que si je suis chez les bisounours, c'est qu'ils ont fort mal tourné. Il faudrait penser à arrêter de leur donner du crack au petit dej', et à stopper tout de suite les manipulations génétiques à base d'ADN présidentiel.

Comme d'habitude, j'ai repéré quelques collègues intelligents, bosseurs, et sympa (qui me sauvent la vie et la motivation, est ce la peine de le préciser ?).
Et puis toute une galerie de portraits qui excite mes fibres les plus misanthropes.

C'est simple, à chaque nouvelle prise de poste, j'ai l'impression de redécouvrir la nature humaine sous ses pires travers.
Malhonnêteté intellectuelle, égoïsme, lâcheté, soumission, arrivisme, opportunisme, incompétence, paresse, bêtise....

Je vous rassure, je ne me vois pas comme l'inverse de tous ces qualificatifs.
(Bonjour, je suis Fyfe, je suis honnête, généreuse, courageuse, j'assume mes décisions, je suis désintéressée, compétente, travailleuse, et intelligente. Mes chevilles ? Non, jamais de bottes, ça ne rentre pas, désolée. Et oui, oui, elles me permettent de m'envoler par temps venteux, c'est très pratique)
Bien sûr que je suis à mes heures un peu de tout ça (enfin, surtout paresseuse)(et bête aussi, probablement, mais sans forcément m'en rendre compte).

Mais je reste sans voix devant la capacité de certains à cumuler l'ensemble de ces caractéristiques avec une constance dans l'intensité qui force le respect.

Ainsi, travailler me rend misanthrope. Et méchante. Et aigrie.
En fait, c'est simple : me faire travailler va contribuer, à terme, à creuser le trou de la sécu.

Aussi, en ces temps où chaque dépense compte, je suggère d'inclure dans le plan d'austérité national une mesure visant à me verser mon salaire contre mon engagement personnel à ne pas venir travailler.

C'est la meilleure chose à envisager si on considère les choses sous l'angle du développement durable. Il faut en effet penser long terme, global. Voir l'ensemble du tableau. The big picture, you know.

Voilà. Merci et bisous.

mardi 15 novembre 2011

Le droit à chouiner

Entendu dans le bus ce matin : « non mais elle me gonfle c'te nana, elle vit dans un super appart', son mec est pété de thunes, et elle trouve quand même le moyen d'être triste. Putain mais elle se rend pas compte qu'il y a plein de gens vraiment malheureux dans le monde »

C'est le moment où mes poils se sont hérissés, dans une manifestation de vigoureuse réprobation (et de froid aussi un peu, certes).

Passons sur le grand poncif du confort matériel qui ne fait pas le bonheur, et sur l'évidence que la dépression est une maladie qui se contrefout des arguments de bonheur objectifs, pour se concentrer sur une idée malheureusement fort répandue malgré sa désarmante stupidité, si vous le voulez bien :

ALORS DANS CE P*T*** DE MONDE DE MER**, TANT QU'IL Y AURA UN PÉQUIN PLUS DÉSAVANTAGÉ QUE SOI, ON NE POURRA PAS SE PLAINDRE, C'EST CA LA LOGIQUE ??

Mais oui bien sûr !!!

Cette nana que son chef vient d'accuser d'avoir ses règles, mais qu'elle ne vienne pas se plaindre, enfin ! Y a des femmes qui se font attaquer à l'acide pour des suspicions d'adultère ! Alors il faut raison garder et se concentrer sur les vrais combats voyons !

Et puis cet ouvrier du bâtiment, qui trouve qu'il a des conditions de travail difficiles et qui voudrait si possible partir en retraite avant de crever, il ne va pas non plus la ramener alors que dans certains pays, le concept même de retraite n'existe pas, si ?

Ce djeun's qui ne trouve pas de boulot malgré son bac + 5, s'il était vraiment courageux, il prendrait un job sous-payé pour assurer sa survie ! C'est vrai quoi, y a des mômes de 6 ans qui font 15 bornes à pieds et sans chaussures tous les jours pour aller à l'école ! Et le djeun's il a pas le courage d'aller bosser chez Macdal ? Il préfère ce plaindre que bouhouhou y a du chômage c'est tout pourri ?

Pis mon Crampon de presque 3 ans, je vais lui expliquer, tiens, que ouaip, il s'est rétamé la tronche sur le bitume, mais va peut être pas falloir réclamer du câlin, vu qu'à son âge, en Chine, il bosserait 50 heures par semaines à fabriquer de la basket pour 5 dollars par mois, câlins non compris.

Mais ouais ! C'est trop génial cette technique ! Comme ça tout le monde il ferme sa bouche ! Tu prends des coups, mais avec le sourire steuplaît, espèce d'ingrat !


Non mais sans déconner !??
Spa possible de raisonner comme ça, si ?

Je revendique mon droit à chouiner, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, parce que je m'en sors pas à concilier boulot et élevage d'un seul môme (alors que d'autres bossent plus et ont 4 enfants, je SAIS), mais aussi parce que j'ai foiré ma pose de vernis hier soir et que ça me met d'une humeur de dogue.
Il n'y a rien d'indécent à ça.

Ce qui serait indécent, ce serait d'être dans l'incapacité de RELATIVISER. De considérer par exemple que ma manucure ratée est du même niveau de gravité que la faim dans le monde ou l'existence de JFCopé.
Mais ce n'est pas le cas.
Et c'est pour ça que je ne me jetterai pas par la fenêtre à cause de mon vernis déjà écaillé. (Mais qu'en revanche je veux bien discuter avec JFCopé de l'éventuelle opportunité de son propre jetage par la fenêtre)

Bon, voilà, c'était ma chouinerie du jour. Me reste plus qu'à racheter un top vu que cette hulkisation à été fatale à ma chemise.

mardi 25 octobre 2011

Les Corleone à la crèche

Parmi les multiples trucs qu'on ne te dit pas quand tu envisages de te reproduire, il y en a un particulièrement pénible et lié à ta santé.
Physique, je veux dire. (oui, bon certes, mentale, aussi, ça ne fait aucun doute, mais ce n'est pas le sujet du jour).

Tout le monde sait bien qu'un enfant avant 3 ans doit se constituer son système immunitaire en enchaînant joyeusement les maladies diverses et variées. Et de ce côté-là, je dois bien avouer que le Crampon nous gâte : à part un abonnement aux bronchiolites sa première année, et une malheureuse gastro, je le soupçonne d'avoir chopé le reste sans le laisser paraître (vaillant Crampon, il ne va pas se laisser abattre par quelques microbes alors qu'il y a un appartement à démonter et que sa maman n'a crié avec sa voix aïgue que DIX fois depuis ce matin).

Mais ce qu'on ne m'avait pas dit; c'est que nous aussi, les parents, deviendrions des proies faciles pour les infections et virus en tout genre.

Je sais que d'une certaine manière, ce n'était pas très dur à deviner...
Vous prenez des parents fatigués de manière pathologique (c'est le propre du parent jusqu'aux 12 ans de l'enfant, parole de médecin), avec un système immunitaire sans doute resté sous la couette ce matin, et vous mélangez étroitement avec un enfant qui évolue en collectivité.

Nota Bene : la collectivité (crèche ou école, même combat) évoque peut être pour certains un groupe d'enfants qui font la ronde, apprennent de jolies chansons, font des dessins, etc etc. Oh que c'est mignon.
Je vous arrête tout de suite, la collectivité, ce n'est pas mignon. Plus qu'un lieu d'échanges sociaux entre des enfants, c'est un haut lieu de trafic de microbes et virus. La plaque tournante des barons du miasme. Un lieu sans foi ni loi ou la pitié, la compassion, et l'empathie n'ont pas lieu d'être. Tu sors d'une angine ? Ben chope moi cette laryngite tiens. Et enchaîne avec cette gastro, HAHA.

Alors, comme je l'ai dit, le Crampon est vaillant (comprendre par là, que c'est sans doute le Parrain de la mafia virologique, mais je préfère ne rien savoir).
Ceci dit, cela ne l'empêche pas de ramener dans notre foyer criant aimant des tonnes de saloperies, qui attaquent les adultes affaiblis par l'éducation du Parrain.

Avant d'avoir une descendance, M. PetiteGraine et moi n'étions JAMAIS malades. Pas un seul jour d'arrêt maladie à notre actif en 8 et 11 ans de boulot respectivement. M. PetiteGraine n'avait pas de médecin référent, et sa carte vitale n'avait jamais servi.
Voilà voilà.
La grossesse a été pour moi une phase transitionnelle. Tous ces médecins, ces paperasses de la sécu, ... J'ai découvert progressivement un nouveau monde.
Et depuis, je suis - horreur, malheur - comme tout le monde. Ne le prenez pas mal, hein, mais ça me plaisait bien à moi de ne pas connaître le sens du mot migraine ou de ne jamais avoir rendu tripes et boyaux grâce à une gastro.
Malheureusement, c'est bien fini.

M. PetiteGraine se remet à peine de 15 jours de méga-crève-qui-te-met-sur-les-genoux-chérie-désolée-tu-vas-devoir-tout-gérer-toute-seule (oui, 15 jours, c'est dingue. Je hais ce virus). Et forcément, alors qu'il reprend du poil de la bête, mon système immunitaire entame une grève, et me voilà à la place de celle qui ère dans la maison en gémissant.

Le Crampon, lui, se porte comme un charme. Au point qu'on l'aurait presque préféré un peu abattu par une légère fièvre, voyez vous.
(Je le dis en chuchotant, Don Vito Corleone n'est pas très loin, et je ne voudrais pas doubler ma peine avec un genre de gastro)

Bon, je vous laisse, je vais essayer de gérer ma quinte de toux de tuberculeuse.
Et faites des enfants, hein.

lundi 10 octobre 2011

Le retour de la vengeance de la blogueuse

Le problème quand on s'absente trop longtemps du blog, c'est qu'on a laissé périmer 50 idées de billets, et qu'on ne sait plus trop par où recommencer. Du coup, on attend encore un peu, et hop, en moins de temps qu'il n'en faut à un JFCoppé ou une NMorano pour me donner envie de leur coller le nez dans les couches du Crampon, c'est la spirale infernale et pif paf, ça fait un presque mois.

Plutôt que de laisser passer un autre mois qui flirterait peut être bien avec une année, voilà un billet sans queue ni tête, digest de quelques trucs qui me sont passés par la tête et qui auraient du faire l'objet de billets si je n'étais pas aussi occupée par des activités aussi nombreuses qu'impondérables du genre travailler, faire des chatouilles au Crampon, ou passer mes soirées à regarder V (série nouvelle version) avec Mr PetiteGraine tout en nous remémorant comment Diana elle faisait quand même super peur.


La Babygym.
Gros, gros échec.
On a bien fait d'attendre une semaine de plus avant de signer (et payer) pour l'année.
La dernière séance a mobilisé pas moins de trois adultes pour canaliser le Crampon : une des animatrices, ma soeur, venue en spectatrice immortaliser les prouesses de son filleul (elle n'a pas été déçue), et moi même.
En une demi-heure, pas moins de trois adultes, donc, se sont épuisés à :
  • tenter de convaincre le Crampon que non, non, on ne pouvait pas courir comme un dingue et se jeter sur tous les praticables mous (cela revient peu ou prou à jeter une blogueuse beauté dans un Séphora lors d'une journée "tout est gratuit", et lui interdire de toucher ou d'emmener quoi que ce soit. Évaluez le challenge).
  • inciter le Crampon à participer aux échauffements en se ridiculisant copieusement (et je fais le serpent, et je fais la girafe, et je fais la marche de l'éléphant... Tu fais pareil, Crampon ? NOOOOOON. Mais il s'est bien marré à nous regarder assis à l'écart)
  • lui proposer 500 fois de sauter sur le trampoline quand c'était son tour, sans aucun succès. Mais devoir le rattraper au milieu du trampoline dès que le groupe est passé à une autre activité.
Est arrivé le moment où la cheffe des animatrices (âgée de 17 ans et demi selon mes estimations) m'a expliqué avec un regard contrit que les parents ne pouvaient pas rester dans ce groupe-là, donc Madame, il faut penser à couper le cordon maintenant et aller vous poster sur le balcon pour laisser les pros travailler.

L'espace d'une nanoseconde, j'ai pensé lui répondre que les parents pouvaient rester avec le groupe des petits, celui qui correspond à l'âge du Crampon, et que clairement ce zozio-là leur serait ingérable si je m'éloignais.
Heureusement, une étincelle de raison m'a ramené à plus de pragmatisme. Ah tu le veux mon gamin ? MAIS PRENDS LE, FAIS TOI PLAISIR ! Moi de toutes façons j'étais prête à le balancer par dessus les barres asymétriques, alors...


J'ai donc quitté le praticable sans me retourner. Arrivée dans la mezzanine, j'ai pu constater que le Crampon n'avait pas encore remarqué mon départ, fort occupé à faire boing boing (sic) sur les trampolines où les ados s'entraînaient à faire des quadruple salto boucle piquée triple lutz. Sans les mains. Ou un truc du genre, bien infaisable, avec des réceptions euh... aléatoires. Pas franchement adaptées à la cohabitation avec un zébulon de presque 3 ans.

J'ai ensuite bien pu me régaler à observer ces demoiselles tenter de ramener dans le groupe mon Crampon hurlant à la mort, et se débattant comme si sa vie en dépendait.
Ça a duré... oh bien 2 minutes et demi je dirais. Et puis elles me l'ont ramené, un peu piteuses, et on est partis la tête haute, mon psychopathe de fils, ma sœur ébahie et peut être un poil traumatisée, et moi.

Fin de l'épisode Babygym. Crampon 1 - Fédération Française de Gym 0.


Le record absolu de grasse mat'

Ironie du sort, quelques jours plus tard, nous étions invités par une journée très ensoleillée (si, si, souvenez vous, y a une semaine on avait TROP chaud) à fêter un anniversaire familial dans une maison
à la campagne, avec un TRAMPOLINE dans le jardin.
Le Crampon s'était réveillé avant 6h (joie), a zappé la sieste, et passé l'après midi à faire boing boing en alternance avec "jouer à la bagarre" avec son cousin. Il était hilare, et tellement rouge et transpirant que la famille prenait les paris sur le moment où il s'écroulerait raide endormi.A 22h30, il était allongé sur le canapé et regardait des dessins animés avec ses cousins, sans donner aucun signe de fatigue.
Ce n'est que dans la voiture, sur la route du retour, qu'il a rendu les armes.
Jusqu'à 11h10 le lendemain matin.
JUSQU'A 11h10.
On parle d'un môme qui s'est réveillé à 9h30 après un nouvel an où il avait fait l'andouille et refusé de se coucher jusqu'à 5h du mat' (je le revois courir gaiement sur le trottoir alors que nous attendions notre taxis, complètement défaits, et nous interroger anxieusement sur la possibilité que cet enfant soit un alien).
Bref, je veux un trampoline.
Il paraît que sur mon balcon, au deuxième étage, ça craint.
Je ne veux rien savoir, le trampoline est mon ami, mon sauveur, je le veux.
Trampoline 1 - Crampon 0 (la revanche de la fédé de gym ??)


De la météo et des Visiteurs
(si, si, y a un lien)

Je tiens à dire que je vis en double pull + polaire depuis ce week-end, chez moi (le chauffage collectif sa mère n'a pas démarré), et au bureau (le chauffage collectif sa mère n'a pas démarré non plus), et que je le vis plutôt MAL (doux euphémisme pour dire que je passe mon temps à chouiner, grelotter, et réclamer des thés brûlants).
Aussi, quand je croise des gens en chemisettes ou en t-shirt dans la rue, ou dans les couloirs du boulot, une seule pensée me vient à l'esprit : ce sont des V. Des lézards quoi. Pas d'autre explication possible.
(si tu as moins de 30 ans, gougueul est ton ami).
Bref, j'ai froid ET j'ai peur.


Vieillesse ennemie

Je vais avoir 35 ans très tout bientôt.
Je ne sais pas trop ce que j'aurais pu écrire là-dessus. Ça dépend de l'humeur du jour, du sens du vent, et de la conjonction astrale.
Une liste mièvre de toutes les choses chouettes de ma vie (je suis scandaleusement chouchoutée par le bonheur).
Ou bien une ode à la dépression de celle qui bascule plus-près-des-40-que-des-30.

Sur ce, j'essaye de revenir vite.
Du bisou

mercredi 14 septembre 2011

Hygiène de vie

En cette rentrée, je me suis inscrite à la Babygym.
Dans le groupe des 3-4 ans.

Oui je sais, cela paraît étrange au premier abord, mais tout va s'éclairer rassurez-vous.

Le dossier d'inscription est au nom du Crampon, mais ne vous méprenez pas : c'est un piège.

Le concept de la Babygym, c'est donc de payer des gens en justaucorps en velours et aux mains talquées, pour qu'ils vous laissent passer une heure dans un gymnase avec votre ou vos enfants.

Il y a beaucoup de choses que je pourrais apprécier de faire à 10h30 un samedi matin ensoleillé. La première qui me vient à l'esprit consisterait à finir doucettement ma nuit dans la chaleur de ma couette, mais je n'exclus aucune option à base de bain moussant, bon roman, ou apéro en terrasse avec un peu d'avance.

Bizarrement, macérer une heure dans un gymnase à 35°C en compagnie d'une légion de mycoses et d'odeurs de transpiration et de vieille chaussette n'en faisait pas partie.
 
Ne me demandez pas ce que je faisais donc là, je n'en sais rien, et je n'ai pas mieux su y répondre quand je me suis retrouvée au milieu d'une soixantaine d'enfants entre 1 an et 6 ans, et le double de parents.

Pour bien visualiser l'ambiance, il faut imaginer simultanément 60 sources de cris aigus (enfants excités), 120 sources de cris plus graves (parents énervés), et bien évaluer l'aptitude parentale à la patience quand il fait 35 degrés.

Voilà.
Envie de fuir ? Oui, je sais, c'est nor-mal.

Mais vous êtes piégé. Les enfants ont d'ores et déjà endossé leur rôle de coach sportif, ils ne vous laisseront pas repartir avant de vous avoir fait dépenser votre dernière calorie.

Ensuite, les gens en justaucorps font des groupes de niveau. Le niveau de résistance sportive des parents est évalué sur la base de l'âge de leur progéniture, étant entendu que plus l'enfant est jeune, plus le parent est endurant (question de survie).

Par chance, le groupe des parents les plus entraînés (enfants de 1an 1/2 à 2 ans 1/2) était complet, et nous avons donc rejoint le groupe juste au-dessous, avec la conviction que nous n'allions faire qu'une bouchée des parents des enfants de 4 ans (petits joueurs, je parie que leurs mômes dorment jusqu'à 9h le week-end).

Les gens en justaucorps hurlent ensuite quelques consignes (lancer le ballon, sauter sur le trampoline, courir, faire le parcours, etc.).

Personne n'a rien entendu, mais ce n'est pas grave, les enfants sont désormais les coachs personnels de leurs parents, et n'en font qu'à leur tête.

Pour notre part, le Crampon a décidé de tout miser sur l'entraînement cardio pour cette première séance : beaucoup de courses derrière lui sur les coussins mous, sur les trampolines, sous les barres asymétriques où s'entraînaient des grands, etc.
Redoutable efficacité, bravo le Crampon.

Ensuite, nous avons couplé travail cardio et motricité des membres supérieurs. Il s'agissait de rattraper ou aller chercher le ballon que lançait le Crampon pour vite vite lui rapporter et lui permettre de recommencer.

Nous avons également rampé par terre, marché à quatre pattes, accroupis, et dans un éventail de positions que la morale m'empêche de nommer.

Au delà de l'entraînement physique, je pense que les enfants avaient décidé de rappeler à leurs parents les notions simples d'humilité dans le sport.
Dans cette épreuve, tous les parents concentraient leur attention sur leur enfant (afin d'éviter de croiser le regard des autres adultes, ce qui est bien compréhensible), et tous suppliaient leur coach personnel de les imiter. Mais la plupart des enfants n'ont pas fait preuve de faiblesse, et ont laissé leurs parents seuls face à leur destin. C'est important le mental, dans le sport.

En fin de séance, nous avons eu droit à un entraînement assez extrême à la résistance acoustique ainsi qu'à la self-défense (à base de hurlements de Crampon et de tentative d'immobilisation du Crampon -il fallait parer les coups, pas évident ce truc-là, à retravailler).

Quand les enfants ont jugé bon de rejoindre le vestiaire, le soupir de soulagement des parents épuisés a résonné dans le gymnase.

Et puis voilà, une bonne douche pour toute la famille, et le week end pouvait reprendre son cours, avec la satisfaction d'avoir fait du bon boulot (manger - bouger, tout ça tout ça).

J'ai eu grand plaisir à constater qu'il y avait des coachs bien plus cruels (pour ne pas dire sadiques) que le Crampon.
C'est une révélation.
Et une satisfaction personnelle que j'ai un peu de honte à avouer.

Dans la catégorie joie et bonheur de la Babygym, le Crampon, bien fatigué par ses efforts d'entraîneur, a filé à la sieste sans négocier et s'est endormi en moins de temps qu'il ne faut pour dire "courbature".  Pour 3 heures. Miraculeux.

Moins miraculeux : même constat, même sanction dans le camp des parents.


La vie appartient peut être à ceux qui font du sport tôt, mais on oublie trop souvent de citer son corollaire : l'après-midi appartient à ceux qui font la grasse matinée.