En cette période électorale, nous avons tous pris l'habitude d'être brossés dans le sens du poil (et pris pour des cons aussi mais c'est un autre sujet).Permettez moi d'en rajouter une couche avec ce post dans lequel je compte vous faire part de mon addiction à vous, les commentateurs.
J'assume d'ores et déjà les accusations de démagogie (pensez d'ailleurs à voter pour moi, je suis achement forte en néologismes et en idées simplistes moi aussi. Sans compter qu'un salaire de présidente de la république ne me ferait pas de mal en ce moment).
Le blog, on lance ça un peu comme ça, un jour où on s'ennuye, et on écrit quelques bêtises en se demandant bien ce que ça va donner.
Et puis c'est l'engrenage. On a un commentaire, et on se met à sautiller de joie.
Avec deux lecteurs, c'est trop la folie, on commence à se sentir obligé de tenir un rythme à peu près régulier, parce que bon, on a quand même un "lectorat", merde (oui, parfaitement, 2 lecteurs, c'est un lectorat)(oui, je sais, cet excès d'orgueil risque de me coûter plus qu'une graine de pavot).
Au fil du temps on se demande à quoi ça sert d'écrire quelques trucs sur un blog, et franchement, on n'a pas la réponse.
Le cerveau est déjà bien attaqué, on vit sa vie même pas sur TF1 en pensant "bloguable ou pas bloguable ?".
Et on se dit que c'est chouette, cette manière de voir les choses. Les évenements négatifs deviennent des sujets en puissance, si on porte sur eux un regard plein d'auto-dérision. Finalement, le blog, ça apprend à prendre la vie du bon côté, et c'est pas rien pour une pessimiste invétérée comme moi.
Et puis un jour, on s'aperçoit que cet aspect-là est anecdotique, et que le principal, c'est l'échange de blagues, de jeux de mots pourris, d'anecdotes, ou de confessions qu'on a avec des vrais gens, certes cachés derrière un ordinateur et plus ou moins mystérieux, mais des gens quand même, des gens qu'on apprécie par leurs commentaires ou leur blog, avec qui on se découvre des affinités, des similitudes, des différences. Finalement, je trouve que c'est une relation très humaine qui se développe par un biais pourtant impersonnel et virtuel.
Bref, on devient accro aux lecteurs, et à leurs commentaires, que je trouve souvent bien meilleurs que le post d'ailleurs. Accro genre drogue dure.
Il y a les commentateurs qui passent pour la première fois, qu'on accueille un peu comme à la maison, en espérant qu'ils se sentiront bien ici et qu'ils auront envie de revenir.
Il y a les commentateurs qui passent de temps en temps (oui toi, là, et toi aussi là bas) : Chaque visite est un plaisir. Comme des amis qui vivent dans une autre ville, ils passent faire un coucou de temps en temps, c'est chaque fois une surprise, et on est bien content de les voir.
Il y a aussi les habitués (voui voui, toi, ici et toi aussi, là) : on a l'impression de les connaître, ou au moins, de connaître quelqu'unes de leurs facettes.
Certains n'ont pourtant pas de blog (tu t'es reconnu, hein ?), ô frustration, mais j'avoue, le mystère, j'aime bien aussi, ça fait fonctionner l'imagination.
Avec les habitués, c'est parfois limite private joke, on se répond par comm' chez l'un, chez l'autre, comme des complices de toujours.
En même temps, les habitués, c'est aussi ceux qui vous filent des sueurs froides. Putain pas de comm' de lui/elle depuis 3 jours. Il lui est arrivé quelque chose ? Une panne d'internet ? Une mauvaise nouvelle ? Ah merde, non, c'est évidemment parce que finalement, il/elle a choisi de commenter ailleurs et de faire le bonheur d'autres blogeurs, mon dieu je suis seule et abandonnée, personne ne m'aime et il/elle m'a même pas dit ce qui ne lui plaisait plus ici mais qu'est ce que je vais deveniiiiir.
Oui je sais, j'ai une tendance naturelle à l'angoisse et la dramatisation.
Oui, je sais, je vous fous un peu la pression là (hé hé, je suis machiavélique, je tente de vous faire commenter par la culpabilisation).
Evidemment il y a aussi l'obscure masse des lecteurs non commentateurs. Vous existez je le sais, ne le niez pas, je connais mes stats, hein !
Les silencieux... Silencieux pourquoi ?
Parce qu'ils n'ont rien d'intéressant à dire ? (ils ont tort, on passe son temps à dire des trucs inintéressants ici, et ça ne chagrine personne jusqu'ici)
Parce qu'ils sont trop intéressants pour ce blog ? (je comprends. J'ai rien à dire pour ma défense)
Par timidité ? (mais pourtant, la virtualité aide à chasser la timidité, non ?)
Parce qu'ils sont arrivés là en cherchant "voir de la moure tout nu en video", "les fesses de Went" ou "operation du cerveau" et bon, un peu déçus, on les comprend, repartent.
Parce qu'ils trouvent le blog très nul mais que leur mauvais karma leur impose un quart d'heure de torture quasi quotidien (désolée).
Qu'elle que soit votre raison, sachez que vous m'intriguez, alors profitez en, si vous voulez commenter en expliquant pourquoi vous ne commentez pas, lâchez vous, c'est le moment ! (hé hé je suis vraiment machiavélique, même sans parler l'araméen).
Voilà, j'espère que vous n'êtes pas tout englués dans le miel de ma déclaration d'amûr, et n'oubliez pas de voter pour moi, Fyfe présidente, ça sonne bien je trouve !






