jeudi 4 décembre 2008

Indiana Fyfe

L'heure est grave.
Depuis le début du squattage de l'alien, je vais de découverte en découverte.
Quand je pense qu'un des trucs qui m'angoissait le plus avec l'idée de faire un bébé, c'était l'idée d'avoir à mettre fin à ma vie inconsciente, inconsistante, libre et pleine d'aventures, haha, non mais haha.
Etre enceinte, c'est ramener Indiana Jones à sa banale réalité de garçonnet qui fait quelques bêtises dans la jungle.
Porter un alien dans son ventre, envisager de l'expulser par des voies naturelles, et effleurer l'idée d'en avoir la responsabilité pour les X prochaines années (X étant un multiple de 20), ça, oui, ça, c'est de l'aventure.

J'apprends des choses tous les jours. Sur moi-même, sur les autres, et sur les bizarreries de l'anatomie humaine.

Par exemple, j'ai récemment réalisé que j'aurais dû faire ma vie avec un ostéopathe.
Evidemment, je ne suis pas complètement folle, je ne vais pas remplacer M. PetiteGraine dont le dévouement n'a d'égal que l'infinie patience.
En revanche, j'étudie sérieusement la possibilité de prendre pour amant un de ces hommes qui savent s'occuper de mes vertèbres avec amour, libèrent mes lombaires, débloquent mon pubis, dégagent mes cervicales.
La dernière fois, quand il m'a pris dans ses bras, son corps étroitement serré contre ma poitrine presque nue, son nez dans mon avantageux décolleté, quand il m'a allongée d'un geste brusque sur la table, et quand j'ai entendu ce son si caractéristique du plaisir qui allait m'envahir (craaaaaaaac-craaaaaac-craaac-crac), mon cœur a fondu, et j'ai su que j'aurais envie de le revoir chaque semaine.
J'ai versé une larme de bonheur, je crois.

J'ai aussi pu constater que hormis les ostéopathes qu'il faut épouser, le reste de l'engeance humaine était principalement constituée de rats.
En huit mois de grossesse, j'ai comptabilisé en tout 5 personnes qui se sont levées pour me laisser leur place dans les transports en commun parisiens, et zéro qui m'ont laissée passer devant eux à la caisse.

Ce chiffre doit être comparé à quatre autres :

- le nombre de personnes qui a fait semblant de ne pas voir que j'étais enceinte (et oui. 15 ans d'aérophagie au compteur) malgré mes efforts pour exhiber ostensiblement mon état baleinesque : chiffre évalué à 500 000

- le nombre de fois où je me suis résolue à contre cœur à m'imposer à la caisse prioritaire (vous savez, celle où il est écrit : "A cette caisse, vous vous engagez à laisser passer les handicapés et les femmes enceintes) : 1

- le nombre de fois où j'ai essuyé une remarque désagréable après m'être imposée à une caisse prioritaire ("ouais ben nous ça fait deux heures qu'on attend") : 1 fois

- le nombre de fois où j'ai essayé de tuer les gens avec mes yeux : environ 500 000
(Hulk sort de mon corps, viiiiiiiiiiiite)


Sinon, mes découvertes quotidiennes relatives à l'importance de tel ou tel organe dont je n'ai désormais plus vraiment l'usage en raison d'un écrasement intérieur dudit organe par l'alien est une source éternelle d'émerveillement (ah maizalors un estomac ça servait donc à çaaaaaaa ? Mmmmmm très intéressant, et on peut s'en resservir après ou pas du tout ? Et la vessie ? Aaaaaaaaaaah d'accoooooooord !).
J'ai aussi eu le plaisir de découvrir que ce corps humain dont on vante tellement les mérites laissait quand même un peu à désirer.
Il semblerait en effet que le corps ne soit pas capable de gérer deux horloges biologiques distinctes : la mienne et celle de l'alien.
L'horloge de l'alien est basée sur un sommeil principalement paradoxal, donc léger, par séquences courtes, et tout à fait déconnecté des obligations matérielles qui font mon quotidien (du genre : se lever le matin pour aller bosser, ne pas faire la sieste sur son bureau, dormir la nuit, etc etc).
La mienne n'est pas très contrariante à ce stade, je veux bien dormir n'importe quand dès qu'on m'en laisse l'occasion, mais faudrait en parler à mon boss qui a l'air de penser que quand je suis au travail c'est pour travailler (l'étroitesse d'esprit des gens, pffff...).

Si je résume, on essaye de nous vendre depuis des siècles la nature qui est soit disant si bien faite, le cerveau sensé être plus performant que le plus puissant des ordinateurs, blablablablabla, alors que le bouzin bugge si l'un de nous deux dort. Non mais je rêve. C't'arnaque.

J'ai bien essayé de ramener l'alien à plus de raison, de faire preuve d'autorité, de cajoleries, mais rien n'y fait. Il refuse de me laisser dormir la nuit, mais pionce toute la journée, quand moi je peux pas.
Ça promet pour la suite, on n'est pas sortis de la jungle avec ces histoires de sommeil décalé j'ai l'impression.

Voilà voilà.
Il reste donc un mois et demi à tenir. Tout va bien, en somme.
Mais c'est épuisant la vie d'aventurière.

mercredi 26 novembre 2008

Les voisins m'ont donné la foi

Au début, avec le chéri de la maison, quand on a emménagé dans cet immeuble à côté de l'église et du lycée catholique, dans notre appartement douillet propriété de la dite église, ça nous a fait drôlement ricaner, ce voisinage un peu stéréotypé.

Oui car dans notre immeuble, nous comptons quelques tribus toutes de bleu marine colorées, avec d'innombrables enfants et autant de serre-tête, on se croirait un peu dans "la vie est un long fleuve tranquille", côté Le Queynois.

Le prosélytisme de ces quelques familles faisant oublier qu'elles sont plutôt minoritaires, il a fallu de longs mois de refus polis aux diverses sollicitations qui s'offraient à nous chaque semaine (au choix : "séminaires spécial jeunes couples en forêt pour discuter de l'intérêt du mariage", "soirée-débat sur les valeurs de la famille", "Pic nic et chasteté", "Soirée scouts", "comité d'organisation de l'accueil du pape", etc etc) pour les décourager définitivement de sauver notre âme.

Alors que je me complaisais dans cette cohabitation sans heurt basée sur le respect de mon statut de pécheresse assumée (je suis enceinte ET non mariée, je suis un cas désespéré), voilà que le doute m'a assailli.

Et si, comme on avait essayé de me le faire comprendre, je m'étais fourvoyée ? Si, finalement, mon manque de spiritualité me privait de joies et de plaisirs insoupçonnés ? Si l'épanouissement de la chair et de l'esprit passait par dieu ?

Peut être devrais-je participer à quelques soirées organisées par cette nouvelle association créée par un voisin ? Il faut dire qu'il y a du progrès côté marketing du catholicisme je trouve. Je vous laisse juge :

(clic pour voir en plus grand)
(j'ai réécrit le nom pasque la photo prise avec mon téléphone portable est vraiment trop pourrie)
(mais c'est vrai de vrai garanti sans tricherie)

jeudi 20 novembre 2008

Les phrases qui tuent

"Ah oui c'est vrai que ça fait un moment que tu as l'air fatigué"
(C'est donc pour ça qu'hier tu me disais que j'avais une mine resplendissante, hein ? Non mais t'as raison, ne te gêne pas, ça fait toujours plaisir de s'entendre dire qu'on a une sale gueule)

"Tu as mal au dos ? Ah oui, je comprends, hein... Faut dire que ça, ça va être un gros bébé, pas vrai ?"
(Mon ventre de baleine et moi, on te merde. Mais pour ta gouverne, mon bébé a un poids tout a fait normal, et d'ailleurs les différenciations de gabarit se font la plupart du temps dans le dernier mois. Ouais et j'oubliais : moi aussi je suis très exactement sur la courbe d'évolution idéale pour mon poids, je te ferais dire)

A 19h : "Ah mais Fyfe elle quitte le bureau tôt en ce moment, il faut la libérer !"
(Et de 1/ mon boulot il est fait ou il est pas fait ? (réponse : il est fait, et celui que je dois faire à ta place aussi, il est fait d'ailleurs, 'spèce de glandeur) et de 2/ les 10 à 15 heures supp' par semaine affichées par la pointeuse, je te les fais avaler directement ou je te les emballe pour plus tard ?)

"Ouh la la c'est pas trop dur les 10 minutes de marche dans la grande côte pour arriver au bureau ? Rhô ben de toutes façons c'est bon pour les femmes enceintes, de marcher, pas vrai ?"
(ouais si tu veux je te fais cadeau des 10 kilos supplémentaires, cadeau du ventre proéminent, cadeau des poumons compressés, cadeau du coeur qui pompe comme un taré le supplément de sang, et surtout cadeau du mal de chien dans les lombaires, et puis on regarde si elle te fait du bien cette *£ù§" de côte)

"Oh c'est joli ce que tu portes ! Depuis que tu es enceinte tu portes des couleurs claires, je t'avais jamais vu comme ça, c'est bien !"
(là, tu parles donc de mon gilet beige que je porte depuis deux ans ?)

"Tu ne bois plus du tout d'alcool ? Pfiou, on a plus le droit de rien faire de nos jours, ça va faire des mômes aseptisés et surprotégés tout ça"
(tu me conseilles donc d'aller m'enfiler du beaujolais nouveau qu'il est même pas bon histoire de ne pas faire de mon fils un enfant surprotégé ?)

" Tu bois de l'alcool ? Mais t'as pas le droit !!!"
(j'en déduis que tremper mes lèvres dans une coupe de champagne pour mon anniversaire fait de moi la future mère la plus horrible de la planète et que si mon fils a des "problèmes" on saura d'où ça vient. De moi, quoi. Comme d'hab en fait)

A 5 mois de grossesse : "Tu prends l'avion ?"
(ben si t'as envie d'aller expliquer à mon boss que je dois annuler mon déplacement pour lequel je fais bosser 5 personnes comme des dingues depuis un an alors que les médecins sont unanimes pour dire que l'avion n'est absolument pas un problème, je t'en prie, vas y)

A 8 mois de grossesse : "Tu ne veux pas aller faire le réveillon dans le massif central ?"
(je sais, je ne suis pas roots. Mais deux fois 4 heures de train + 2 heures de bagnole à J-30, je le sens pas. Une vraie chochotte, je sais)

Voilà voilà.
J'adooooooooore que tout le monde ait un avis sur ce que je dois absolument / ne dois absolument pas faire.

Mais je positive (merci les hormones) :
  • à 32 ans j'apprends enfin à ne plus me soucier de ce que les gens pensent (c'est pas trop tôt)
  • j'ai des copines et des copains formidables qui me trouvent en forme, rayonnante, même quand mes cernes accusent clairement mes deux malheureuses heures de sommeil (c'est difficile de dormir tout en allant aux toilettes, mais je m'entraîne)
  • j'ai des copines et des copains formidables qui me soutiennent toujours quand je psychote comme une dingue ET AUSSI quand j'oublie un peu que je suis enceinte...
  • les gens-qui-sont-pas-cons, je vous aime d'amour, que ça me fait preqsue pleurer lss noeils (ben ouais, les hormones, encore)

lundi 17 novembre 2008

Un prénom, c'est obligatoire ?

Le problème étroitement lié avec la problématique du genre de l'alien, c'est le prénom.
Parce que figurez vous que si on peut aisément prénommer son dauphin Flipper, Oum, ou Dolphy ("Oum tu laisses du chocolat à ta sœur s'il te plaît"), qu'un extra terrestre porte très bien les prénoms composés d'arrangements aléatoires de lettres et de chiffre ("XT7Y je t'ai déjà dit dix fois de finir ta soupe"), pour les bébés humains, ça se complique.

Surtout pour les garçons, notez.
Parce qu'il existe des tas de jolis prénoms de fille, selon moi.

Pour les petits mecs, en revanche, une fois que tu as écarté le deuxième prénom de ton père (il serait temps de régler cet Oedipe), ceux qui associés au nom de famille créent un hilarant jeu de mots (M. et Melle Fyfe ont un fils. Innocent Fyfe)(Oui, la grossesse nuit à l'humour)(quoi vous n'avez pas reconnu la contrepétrie de la mort pour "inoffensif" ?), ceux qui évoquent des personnes qu'on déteste (à réserver aux enfants qu'on a prévu de ne pas aimer), ceux qui ont déjà été donnés aux enfants proches (cousins, amis,...), ceux qui laissent présager une vie entière à partager son prénom avec cinq ou six camarades de classes, ceux qui laissent présager une vie entière à épeler - expliquer - justifier son prénom, et bien ne cherchez pas, il ne reste rien.

Alors au choix, on choisit de le siffler au lieu de le prénommer.
Ou alors, quitte à choisir un truc improbable, on choisit un nom qui nous fait marrer.
Et là, avec M. Petitegraine, on est trop forts à ce jeu là.

Passés les classiques Adolf, Benito, et Oussama, toujours très chics dans la série "mon fils va tous vous niquer", nous avons aussi des références plus actuelles, du type John-David, ou Shawn.

Pour ceux qui n'ont vraiment aucune référence culturelle (honte sur vous), John-David, c'est le mec sensé être bogoss casanova de Secret Story, et Shawn, ma foi si tu n'as pas vu cette face cachée du candidat de l'île de la tentation, je ne peux rien faire pour toi, à part t'envoyer fouiller les archives de chocoladdict qui a fait d'hilarants résumés de cette émission moisie.


La télé-réalité, d'une manière générale, est une source inépuisable pour les prénoms qui nous font marrer (la palme revenant sans conteste aux tentateurs de l'île de la tentation).

Bon, le problème c'est qu'on n'est pas vraiment décidés à humilier notre bébé. Petits joueurs, ouais, je sais.
Du coup il faut se faire une raison, on l'appellera Bébé et il choisira son propre prénom à 15 ans et puis c'est tout.

jeudi 13 novembre 2008

Hulkette la baleine (EDIT)

"La Cour de cassation a annulé mercredi la condamnation du député UMP Christian Vanneste qui avait écopé de 3.000 euros d'amende pour injures publiques après avoir déclaré que l'homosexualité était "inférieure" à l'hétérosexualité." (clic pour tout l'article)

Alors d'abord, j'ai envie de dire que c'est très mal d'énerver une femme enceinte. Si je m'énerve, le bébé bouge, et quand il bouge, ma vessie et piétinée, et quand ma vessie est piétinée, je dois retourner aux toilettes alors que j'y étais il y a 3 minutes. Du coup ça m'énerve encore plus.
Bref, la cour de cassation, donne tes doigts que je tape dessus.

La phrase exacte de M. Vanneste, c'est : "je n'ai pas dit que l'homosexualité était dangereuse, j'ai dit qu'elle était inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité. Il y a un modèle social qui est celui du mariage hétérosexuel et de l'éducation des enfants".

Non mais arrêtez c'est pas drôle, hein. J'en suis à une tonne d'eau consommée dans mes toilettes depuis ce matin, faut pas abuser.

"Elle [= la cour de cassation] a estimé que si les propos de M. Vanneste avaient pu "heurter la sensibilité de certaines personnes homosexuelles, leur contenu ne dépasse pas les limites de la liberté d'expression"."

Haaaaaaaan.... Non mais ça change tout ! La liberté d'expression bien sûr ! Je l'avais oubliée celle là dis donc ! Non mais je vous jure, où vont se nicher mes neurones, parfois, hein ! (qui a dit : aux toilettes ?)

Donc par exemple, si je dis que l'adhésion aux idées de M. Vanneste n'est pas dangereuse, mais que quand même, c'est un comportement qui témoigne d'une certaine infériorité par rapport à mes idées à moi, ben j'ai le droit, c'est ma liberté d'expression alors ?
Et je pourrais aussi ajouter qu'autoriser M. Vanneste à se reproduire et à s'exprimer, ce serait dangereux pour l'humanité, car il y a un modèle social basé sur l'intelligence ?

Je dis ça, moi, je dis rien, hein. C'est un exemple vous comprenez. Pour bien comprendre ce qu'est la liberté d'expression.


Sinon, rien.

Ah si, un post scriptum bonus humiliant :

La stéticienne m'a enlevé mes pwals. Ceux des gambettes, et ceux du maillot.
Elle m'a demandé de regarder si pour le maillot ça me convenait (l'échancrure, la sculpture sur pwals, bref, faites marcher votre imagination).
Alors je me suis penchée.
Je me suis penchée par la gauche.
Je me suis penchée par la droite.
Un instant j'ai même essayé d'aller voir en passant par le dos.
Rien à faire, je ne vois que mon nombril :-/
Bientôt mes pieds ne seront plus qu'un lointain souvenir eux aussi.
Mais laissez moi du temps, je n'ai pas encore fait le deuil de mon pubis.

EDIT

Hahahahahahaha, on n'arrête pas le progrès ! Vous pensez avoir touché le fond du fond de la connerie, et pof, on franchit encore le mur du con ((c) Canard Enchaîné)

Gérard Longuet compare homosexualité et pédophilie
"J'avais une question malicieuse, mais je la poserai plus tard... c'est de savoir où commençait et où s'arrêtait l'homophobie... mais enfin, ça c'est un autre sujet (...) C'est extrêmement réjouissant de savoir que l'on promeut en effet des formes nouvelles de sexualité dans l'école et qu'on combat en même temps la pédophilie... Il y a quand même un moment où il faut savoir sur quelles valeurs on s'arrête..."

Je vous laisse je vais aller mordre dans du papier toilettes.

jeudi 23 octobre 2008

Le genre du coloc'

En ce moment, les merdouilles du quotidien s'abattent sur moi comme la police sur les peaux basanées.
Je viens consécutivement d'échapper à un diagnostic d'hépatite A ou de dengue, de me faire sermonner par mon chef sur le respect de la hiérarchie, d'autoriser le propriétaire de l'appartement à casser toute notre salle de bain pour réparer une fuite, de ne pas tuer le propriétaire qui n'a finalement pas trouvé d'alternative pour que nous gardions l'accès à une douche (appartement inoccupé, chambre d'hôtel,...), de ne pas égorger le plombier qui tente d'enfouir l'appartement sous la poussière et a des notions pour le moins étonnantes du nettoyage, basées sur une méconnaissance totale du concept d'aspirateur, et sur le récurage des toilettes avec l'éponge que nous utilisons pour faire la vaisselle.

Bref, j'en ai des excuses pour ne pas bloguer régulièrement, pas vrai ?

Mais quand même, j'ai lancé un grand jeu-concours de devinette du genre de l'alien, avec un formidable enjeu puisque celui/celle qui gagne aura le droit de m'accueillir chez lui/elle pour que je prenne une douche (merci aux non-parisiens de fournir le billet de train).

Nous avions donc 4 possibilités : masculin - féminin - dauphin ou extra terrestre asexué.

Un dauphin ça aurait été plaisant côté nuisances sonores je trouve. Évidemment il aurait fallu déménager un peu plus près de la mer. Ou de la Seine. Ou de la piscine municipale. Parce que vivre dans la baignoire de notre salle de bain qui fait au bas mot un mètre carré, ça me semble difficile à gérer quand même, à terme.
M'enfin, contre toute attente et en dépit des premiers clichés de l'alien, ce n'est pas un dauphin.

Un extra-terrestre asexué ? Ma foi, je reconnais que pour éviter de reproduire des schémas familiaux désagréables, ou éviter d'avoir à gérer des préoccupations sexuelles, c'eût été une solution innovante. Bien sûr, se faire surnommer E.T. et entendre toute son enfance "téléphone - maison" (les enfants peuvent être tellement cruels), ça ne laissait rien présager de bon pour l'adolescence, ni pour le budget psy à prévoir (non mais vous savez combien coûte de 10 ans de psychothérapie ?)...
Et encore, ça c'était si on avait eu l'option "gentil extra-terrestre". Parce qu'on aurait aussi bien pu tomber sur la version de Sigourney Weaver, et alors là, je vous dis pas le bazar dans la maison, les ravages de la bave acide sur le plancher, la caution qu'on ne récupérera jamais, etc etc. Et on sait ce que c'est de procréer, hein, c'est un peu la roulette russe, allez savoir sur quel genre de progéniture vous aller tomber.
Mais figurez vous que malgré ce que laissaient entrevoir les seconds clichés de l'alien, malgré cette manière un peu cavalière de squatter un ventre puis de tenter de le déchirer en le rouant de coups, l'alien n'est pas vraiment un alien.

Restaient donc deux possibilités : fille ou garçon.
Je sais, moi aussi, cette banalité m'afflige, mais que voulez vous, les enfants sont si conformistes jusqu'à leurs 18 ans (à moins que ce soit jusqu'à leurs 25 ans ?)(ah, on me dit que pour certains c'est toute la vie).

Croyez moi qu'avec Mr PetiteGraine, on a dû y réfléchir aux avantages et aux inconvénients d'une fille ou d'un garçon, vu le nombre de questions qu'on nous a posées sur nos préférences.
A la base moi je voulais un dauphin, alors bon, j'ai dû me creuser les méninges.

Une fille, c'est bien, parce qu'on peut lui mettre des robes cro-cro mignones, ce qui permet de jouer à la poupée sans avoir l'air de frôler la sénilité regressante.
Et puis une fille, je connais, tu vois, parce qu'il n'y a que ça dans ma famille (à part mon père of course)(car oui, je sais qu'il faut des gamètes masculines pour faire un bébé).
C'est rassurant du coup. Je sais déjà à quel âge il faudra gérer la rositude, la paillettitude, la sentimentalitude, la conconitude, et puis évidemment, la période bénie de l'adolescence, pendant laquelle le seul fait de se trouver dans la même pièce que sa mère devient crispant. (J'ai pas dit que c'était parfait, j'ai dit que je connaissais. Nuance)

Un garçon, c'est bien, c'est un peu l'aventure pour moi.
Je sais à peu près gérer le garçon à partir de 20 ans, mais avant, ben c'est mystère et boule de gomme. D'après ce que je vois autour de moi, on passe d'une passion dévorante pour les petites voitures (ça, c'est gérable), à une passion dévorante pour son petit zizi (qui paraît il n'est pas si petit que ça au tout début, d'ailleurs). Là, je ne gère pas du tout en revanche.
Mon expérience personnelle des garçons, certes plutôt basée sur les méthodes destinées à les amener dans mon lit, m'a toutefois permis d'entrevoir les énormes enjeux de la relation mère-fils.
Finalement, l'avantage d'un garçon, c'est donc surtout d'avoir le pouvoir d'en faire un éternel bébé amoureux de sa mère toute sa vie et qui ne regardera jamais jamais jamais les autres filles. Ça me semble bien, ça, tient.

Ok, va pour le garçon.

Bravo Marie ! Je prends ma serviette, mon gel douche, et j'arriiiiiiive !

mercredi 15 octobre 2008

L'expédition au Milieu (2)

Alors au Milieu, j'ai donc travaillé.

Cette partie-là du séjour peut se résumer à "au secours".

En gros : personne n'a relevé que j'étais enceinte (ils pensent que je fais de l'aérophagie depuis une quinzaine d'années ou quoi ??), ou alors ils ont choisi d'ignorer cette information.

Du coup, ils ont insisté autant que d'habitude pour me faire gober des verres d'alcool de riz culs sec, et après de looooongues minutes de négociation, j'ai fini par céder, sous le regard consterné de mes collègues français.

Nan, je vous rassure, je ne suis pas devenue dingue. Cet alcool, il te fait flamber le gosier et les neurones avec (c'est un package), donc évidemment que je n'allais pas risquer de contaminer l'alien avec ce machin tout juste bon à allumer un barbecue.

J'ai suivi des conseils avisés : j'ai juste fait semblant.

Et tout recraché dans ma serviette.

Puis, quand elle fut pleine (et ma manche de chemise aussi, par la même occasion), j'ai recraché les verres suivants dans mon petit bol de soupe.

Oui c'est absolument dégoûtant.
Mais je n'ai pas trouvé mieux.
J'expédie là bas le premier qui ose me dire qu'on n'est jamais obligé et qu'on peut toujours dire
non. (c'est ce que mes collègues m'ont dit avant d'être confronté à l'insistance de nos hôtes et de finir par boire épicétou).

Voilà voilà.

Pour parfaire ce magnifique tableau de seskytude à base de bas de contention et d'alcool recraché, il faut également que je vous parle de mes gracieuses aptitudes à l'exercice physique depuis que j'héberge l'alien.

L'idée, c'est que pendant la partie du séjour au Milieu qui n'était pas consacrée au travail (une journée), on allait faire de la bonne vieille visite touristique. Et profiter du magnifique soleil pour marcher sur la grande muraille.
Oui, oui, je suis au courant que la grossesse fatigue, que ma capacité pulmonaire est drastiquement réduite, que le surpoids rend mes déplacements difficiles, que la muraille est connue pour être une succession d'escaliers vertigineux...

Mais que voulez vous, c'est l'aventurière en moi qui a encore parlé.
Et puis aussi, dans le guide, ils disaient qu'un funiculaire amenait les flemmasses et les femmes enceintes en haut.
La réalité se cache parfois dans la subtilité.
Or, il fallait lire : "presque en haut".
Nuance.
Grande nuance.

Il m'a fallu 10 bonnes minutes pour faire les 10 premiers mètres de la marche d'approche après le trajet en funiculaire. J'ai cru que j'allais décéder du coeur et des poumons avant d'avoir pu poser un pied sur cette satanée muraille.
J'ai fait tellement de peine à mes collègues que je les soupçonne d'avoir imaginé un instant payer une douzaine de chinoises pour me porter sur le reste de la marche.

Finalement, quand on a enfin posé un pied sur la muraille, j'ai regardé le point culminant (soit disant à une demi heure de marche)(comptez huit heures pour moi), les escaliers en mauvais état, les aplombs vertigineux, et j'ai eu un rire nerveux.
Mes collègues ont fait semblant d'être aussi crevées que moi, et nous avons décidé que c'était un peu idiot de vouloir à tout prix monter sur la muraille, alors qu'on pouvait tout aussi bien descendre.

C'est donc par rebellion et non pas en raison de mon incapacité physique notoire que nous avons descendu la muraille, et que j'ai sauvé ce qui me restait d'égo.

Durant ces humiliants épisodes, j'ai constamment parlé intérieurement à mon alien.
Pour le rassurer (mais si, c'est trèèèès bon la peau de patte de canard, voyons), le ramener à la raison (je t'en prie arrête de me piétiner la vessie ça fait trois fois que je dois aller aux toilettes pendant la même réunion), et le menacer (je te préviens que t'as intérêt d'être un agneau à l'adolescence, pasque t'as pas fini d'en entendre parler des deux fois où ta mère t'aura emmené au pays du Milieu au péril de sa vie, et ça va te coûter trèèèèèès cher, crois moi).

Spéciale dédicace à ClaireMM, je crois que j'arrive à être une mère indigne avant d'être mère :)

mardi 14 octobre 2008

L'expédition au Milieu (1)

Me voilà reviendue de chez les gens du Milieu tout là bas là bas.
(la première fois au Milieu c'était )
(la deuxième fois )
(la troisième pas racontée)
(la quatrième c'est maintenant)

Que les mauvaises langues se taisent tout de suite, être enceinte n'est pas (tout à fait) être handicapée, et je n'ai pas participé au jeux paralympiques du tout, je travaillais.

Mais Paris - capitale du Milieu - trou paumé du milieu du Milieu, ça reste une sacrée expédition à mener quand on se ballade avec un colloc' alien dans le bidon, j'vous jure.

D'abord il faut commencer par rassurer tous les collègues qui ouvrent grand les yeux : "tu vas prendre l'avion ???"

Et répéter mille fois : je suis suivie médicalement tu sais, et il n'y a aucune contre-indication avion / grossesse. (à part qu'il faut porter des bas de contention)

Le truc entre parenthèse, c'est en option dans la réponse, selon le degré d'intimité que j'entretiens avec l'interlocuteur. Je précise, parce qu'on pourrait croire que j'essaye d'infliger des visions d'horreur à des presque inconnus alors que pas du tout.
Non, je me contente de faire faire des cauchemars anti-glamour aux proches, avec mes histoires de bas qui te contentionnent la jambe et qui s'arrêtent en haut de la cuisse.

Vous ne voyez pas ?

Ben c'est simple pourtant : en bas t'es contentionnée, et juste au dessus, et ben t'as tout le gras de ta jambe qui essaye de se faire la malle.
Effet rôti bien ficelé assuré.
Même au dessous d'un pantalon, ça se voit, c'est vraiment, mmmmh, so sesky.
(cligne de l'oeil et passe toi la langue sur les lèvres comme si il restait du nutella dessus)
(voilà, vous êtes bons pour une bonne semaine de cauchemars)
(pas la peine de vous plaindre, ce cauchemar c'est MA VIE alors vous ne trouverez aucune sollicitude ici).

Là, vous vous dites, au moins, la fille, elle fait pitié. Les gens de l'aéroport, ils vont la surclasser. Surtout qu'on est venus au comptoir dans les derniers, que l'avion était super plein avec des gens sur la liste d'attente et tout et tout, que je suis une bonne cliente avec tout plein de miles sur sa carte, que le billet avait coûté bonbon à ma boîte (genre pas un billet acheté 10 mois à l'avance en promo et tout et tout), et qu'en plus je masterise le regard de chien battu qui accompagne la caresse sur mon gros bidon.

Mais en fait non.

Tellement horrible, la vision de mon rôti de cuisse, qu'au contraire, on m'a laissé chez les pauvres. Alors que les deux collègues même pas enceintes qui ont enregistré en même temps que moi, elles, elles ont été surclassées.
Note pour plus tard : faut vraiment que j'arrête ce truc de clignement de l'oeil je crois, ça m'a l'air contre productif.

La première collègue, elle a été surclassée dès le comptoir d'enregistrement. Elle a essayé de me céder sa place (une gentlewoman comme on n'en fait plus, j'vous jure), mais j'ai vigoureusement refusé. Qu'elle profite, voyons, je suis enceinte, pas malade, la classe éco ne nous tuera pas, deuxième collègue et moi, voyons.

C'est au moment de monter dans l'avion que deuxième collègue a été surclassée.
Là j'avoue, je me suis senti un peu seule.
Ils ont un truc contre les femmes enceintes chez Air*France ou quoi ?
Evidemment, je ne pouvais pas accepter que collègue numéro deux me cède sa place alors que j'avais tellement insisté pour ne pas prendre celle de collègue numéro un.
En même temps, ça me foutait tellement les boules d'être la seule couillone que je savais plus trop quoi dire.

On a trouvé un arrangement, on on a fait moitié - moitié.
Moitié chez les pauvres et moitié chez les gens du business.

Finalement c'était une mauvaise idée. Juste de quoi te donner le goût de dormir vraiment allongé, de jouer avec le fauteuil massant, et de manger des trucs trop bons.
Et après, déprimer pour tes 10 prochains vols parce que le retour en classe éco, il est duuuuuuur.

Bon ben, on a atteint mon maximum de concentration pour la journée, donc la suite du périple au Milieu demain si vous le voulez bien.
(si, si, je vous assure, il faut revenir sur le bloug)
(même qu'après mon périple au Milieu, je pourrais vous raconter mes dernières histoires d'alien)
(et qu'en attendant, vous pouvez d'ores et déjà prendre les paris sur le genre de l'alien : masculin - féminin - dauphin ou extra terrestre assexué)
(moi je sais)
(depuis au moins tout ça de semaines)
(hin hin hin)

vendredi 26 septembre 2008

Je suis presque pas mourute

La preuve, je ris encore :




(Quand on se rend compte à 100 mètres de son immeuble que le truc bizarre qu'on sent sur ses fesses à l'intérieur du pantalon c'est la culotte de la veille et qu'on la sort de sa cachette avec un air dégouté en plein milieu de la rue, c'est le signe qu'on est très fatigué, non ? Oui, je me disais aussi... Allez, je vais dormir, moi)

jeudi 11 septembre 2008

Ironic Fiction

J'ai commencé à travailler à l'usine à 16 ans.
On fabriquait des chaudières industrielles.
Entre nous, pour ce qu'on me demandait je peux vous dire que ça aurait aussi bien pu être des jouets en plastique.
Les collègues, la pause café, le train train, quoi.
Un jour, je crois que c'était en 1997, j'ai entendu Chirac dire à la télévision que l'amiante serait interdit, vu qu'on savait depuis des dizaines d'année que c'était dangereux pour la santé.
Ça m'a fait drôle, parce que de l'amiante, il y en a plein à l'usine.
On en a parlé un peu ensemble, avec les gars de l'équipe, et puis on a continué à bosser parce que le boulot n'attendait pas, ni le chèque en fin de mois, évidemment.
Les cancers et les décès ont commencé pas longtemps après. On avait beau se plaindre et demander des explications, les patrons ils s'en foutaient un peu.
On nous a même fait casser un vieux four bourré d'amiante à la masse, sans protection.
Faut dire que quand l'inspectrice du travail était passée, la direction avait affirmé qu'il n'y avait plus d'amiante, alors...
Ça a duré longtemps parce que je me souviens que c'est en 2002 que le désamiantage du site a été fait.
40 tonnes de poussières amiantées ont été déblayées.
Putain, 40 tonnes.
Là, ça m'a fait bizarre quand même. On s'est rendu compte qu'on devait tous avoir les poumons pleins de cette saloperie-là, et que les cancers, c'était que le début.
Ça fout les boules, mais la vérité, c'est que les patrons, ils n'en ont rien eu à foutre de nous.
Le procès, ils l'ont bien mérité.
On a réclamé 10 000 euros de préjudice moral. Ça rend pas la santé mais c'est mieux que rien.
Quand je vois que des collègues malades ont eu droit à 1 500 euros à Nantes, je me dis que j'ai de la chance.
En même temps il y en a qui ont touché 200 000. Avec l'option cancer. Alors je sais pas trop. Si 10 000 euros, c'est le prix de ma vie, c'est clair que ça fait pas lourd.



J'ai joué. Beaucoup.
Triché. Souvent.
Gagné. Enormément.
Et perdu. Tout.
Mais je ne suis pas du genre à me laisser abattre. Dans la vie on est un winner ou pas. Et crois moi, le mec qui va m'enterrer, il n'est pas né. Pourtant, ça n'a pas été tous les jours faciles.
La vie de golden boy, le fric, c'est peut être pas chic, mais on s'en fout, j'étais bien habitué. Des potes, t'en manques pas quand t'es pété de thunes. Et puis les journaux people, ils ne se lassent pas de raconter ta success story sous tous les angles.
Le jour où tu te fais piquer la main dans le sac, putain, là, tu les comptes sur la main, tes amis. On te file en pâture aux médias, et tu payes cher. Tu oublies le yatch, tu oublies les nanas, tu oublies la tournée des grands ducs.
Y en a qui vont me le payer, crois moi, la vengeance est un plat qui se mange froid.
Parce que j'ai trouvé la faille dans leur système.
Eux non plus ils n'ont pas été très clean avec moi.
Et moi tu vois, quand je trouve une faille, je m'engouffre.
Et voilà.
Ca a pris du temps, mais je les ai fait cracher.
Ils m'ont remboursé le manque a gagner. 240 millions d'euros.
Et puis le préjudice moral aussi. 45 millions d'euros.
C'est le prix de ma blessure. De mon honneur déchu.



Alors elle est où l'ironie de ma fiction tellement fictionnelle ? Ben l'ironie, c'est que le genre de type qui se ramasse 45 millions, c'est le même genre de type qui décide que d'autres n'ont qu'à crever de l'amiante parce que cette putain d'usine, elle va bien tourner encore 5 ans avant qu'on désamiante.

Vous je ne sais pas, mais moi à l'idée de vivre dans un monde où l'orgueil des riches vaut mille fois plus cher que la vie ou la mort des pauvres ça me donne des envies sévères de révolution.

Le fatalisme ambiant des pauvres destinés à rester pauvres toute leur vie (ou à gagner la star academy), résolus à regarder de loin ces riches de plus en plus riches et de plus en plus protégés, ça me donne envie de foutre le feu, tout simplement.

'tain je vais accoucher d'un pyromane à cause de ces conneries.


Evidemment toute ressemblance avec des faits réels ou ayant existés ne serait que fortuite et blablabla. Mais mate un peu ici quand même. Et . Et viens révolutionner avec moi un peu.