mardi 15 novembre 2011

Le droit à chouiner

Entendu dans le bus ce matin : « non mais elle me gonfle c'te nana, elle vit dans un super appart', son mec est pété de thunes, et elle trouve quand même le moyen d'être triste. Putain mais elle se rend pas compte qu'il y a plein de gens vraiment malheureux dans le monde »

C'est le moment où mes poils se sont hérissés, dans une manifestation de vigoureuse réprobation (et de froid aussi un peu, certes).

Passons sur le grand poncif du confort matériel qui ne fait pas le bonheur, et sur l'évidence que la dépression est une maladie qui se contrefout des arguments de bonheur objectifs, pour se concentrer sur une idée malheureusement fort répandue malgré sa désarmante stupidité, si vous le voulez bien :

ALORS DANS CE P*T*** DE MONDE DE MER**, TANT QU'IL Y AURA UN PÉQUIN PLUS DÉSAVANTAGÉ QUE SOI, ON NE POURRA PAS SE PLAINDRE, C'EST CA LA LOGIQUE ??

Mais oui bien sûr !!!

Cette nana que son chef vient d'accuser d'avoir ses règles, mais qu'elle ne vienne pas se plaindre, enfin ! Y a des femmes qui se font attaquer à l'acide pour des suspicions d'adultère ! Alors il faut raison garder et se concentrer sur les vrais combats voyons !

Et puis cet ouvrier du bâtiment, qui trouve qu'il a des conditions de travail difficiles et qui voudrait si possible partir en retraite avant de crever, il ne va pas non plus la ramener alors que dans certains pays, le concept même de retraite n'existe pas, si ?

Ce djeun's qui ne trouve pas de boulot malgré son bac + 5, s'il était vraiment courageux, il prendrait un job sous-payé pour assurer sa survie ! C'est vrai quoi, y a des mômes de 6 ans qui font 15 bornes à pieds et sans chaussures tous les jours pour aller à l'école ! Et le djeun's il a pas le courage d'aller bosser chez Macdal ? Il préfère ce plaindre que bouhouhou y a du chômage c'est tout pourri ?

Pis mon Crampon de presque 3 ans, je vais lui expliquer, tiens, que ouaip, il s'est rétamé la tronche sur le bitume, mais va peut être pas falloir réclamer du câlin, vu qu'à son âge, en Chine, il bosserait 50 heures par semaines à fabriquer de la basket pour 5 dollars par mois, câlins non compris.

Mais ouais ! C'est trop génial cette technique ! Comme ça tout le monde il ferme sa bouche ! Tu prends des coups, mais avec le sourire steuplaît, espèce d'ingrat !


Non mais sans déconner !??
Spa possible de raisonner comme ça, si ?

Je revendique mon droit à chouiner, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, parce que je m'en sors pas à concilier boulot et élevage d'un seul môme (alors que d'autres bossent plus et ont 4 enfants, je SAIS), mais aussi parce que j'ai foiré ma pose de vernis hier soir et que ça me met d'une humeur de dogue.
Il n'y a rien d'indécent à ça.

Ce qui serait indécent, ce serait d'être dans l'incapacité de RELATIVISER. De considérer par exemple que ma manucure ratée est du même niveau de gravité que la faim dans le monde ou l'existence de JFCopé.
Mais ce n'est pas le cas.
Et c'est pour ça que je ne me jetterai pas par la fenêtre à cause de mon vernis déjà écaillé. (Mais qu'en revanche je veux bien discuter avec JFCopé de l'éventuelle opportunité de son propre jetage par la fenêtre)

Bon, voilà, c'était ma chouinerie du jour. Me reste plus qu'à racheter un top vu que cette hulkisation à été fatale à ma chemise.

mardi 25 octobre 2011

Les Corleone à la crèche

Parmi les multiples trucs qu'on ne te dit pas quand tu envisages de te reproduire, il y en a un particulièrement pénible et lié à ta santé.
Physique, je veux dire. (oui, bon certes, mentale, aussi, ça ne fait aucun doute, mais ce n'est pas le sujet du jour).

Tout le monde sait bien qu'un enfant avant 3 ans doit se constituer son système immunitaire en enchaînant joyeusement les maladies diverses et variées. Et de ce côté-là, je dois bien avouer que le Crampon nous gâte : à part un abonnement aux bronchiolites sa première année, et une malheureuse gastro, je le soupçonne d'avoir chopé le reste sans le laisser paraître (vaillant Crampon, il ne va pas se laisser abattre par quelques microbes alors qu'il y a un appartement à démonter et que sa maman n'a crié avec sa voix aïgue que DIX fois depuis ce matin).

Mais ce qu'on ne m'avait pas dit; c'est que nous aussi, les parents, deviendrions des proies faciles pour les infections et virus en tout genre.

Je sais que d'une certaine manière, ce n'était pas très dur à deviner...
Vous prenez des parents fatigués de manière pathologique (c'est le propre du parent jusqu'aux 12 ans de l'enfant, parole de médecin), avec un système immunitaire sans doute resté sous la couette ce matin, et vous mélangez étroitement avec un enfant qui évolue en collectivité.

Nota Bene : la collectivité (crèche ou école, même combat) évoque peut être pour certains un groupe d'enfants qui font la ronde, apprennent de jolies chansons, font des dessins, etc etc. Oh que c'est mignon.
Je vous arrête tout de suite, la collectivité, ce n'est pas mignon. Plus qu'un lieu d'échanges sociaux entre des enfants, c'est un haut lieu de trafic de microbes et virus. La plaque tournante des barons du miasme. Un lieu sans foi ni loi ou la pitié, la compassion, et l'empathie n'ont pas lieu d'être. Tu sors d'une angine ? Ben chope moi cette laryngite tiens. Et enchaîne avec cette gastro, HAHA.

Alors, comme je l'ai dit, le Crampon est vaillant (comprendre par là, que c'est sans doute le Parrain de la mafia virologique, mais je préfère ne rien savoir).
Ceci dit, cela ne l'empêche pas de ramener dans notre foyer criant aimant des tonnes de saloperies, qui attaquent les adultes affaiblis par l'éducation du Parrain.

Avant d'avoir une descendance, M. PetiteGraine et moi n'étions JAMAIS malades. Pas un seul jour d'arrêt maladie à notre actif en 8 et 11 ans de boulot respectivement. M. PetiteGraine n'avait pas de médecin référent, et sa carte vitale n'avait jamais servi.
Voilà voilà.
La grossesse a été pour moi une phase transitionnelle. Tous ces médecins, ces paperasses de la sécu, ... J'ai découvert progressivement un nouveau monde.
Et depuis, je suis - horreur, malheur - comme tout le monde. Ne le prenez pas mal, hein, mais ça me plaisait bien à moi de ne pas connaître le sens du mot migraine ou de ne jamais avoir rendu tripes et boyaux grâce à une gastro.
Malheureusement, c'est bien fini.

M. PetiteGraine se remet à peine de 15 jours de méga-crève-qui-te-met-sur-les-genoux-chérie-désolée-tu-vas-devoir-tout-gérer-toute-seule (oui, 15 jours, c'est dingue. Je hais ce virus). Et forcément, alors qu'il reprend du poil de la bête, mon système immunitaire entame une grève, et me voilà à la place de celle qui ère dans la maison en gémissant.

Le Crampon, lui, se porte comme un charme. Au point qu'on l'aurait presque préféré un peu abattu par une légère fièvre, voyez vous.
(Je le dis en chuchotant, Don Vito Corleone n'est pas très loin, et je ne voudrais pas doubler ma peine avec un genre de gastro)

Bon, je vous laisse, je vais essayer de gérer ma quinte de toux de tuberculeuse.
Et faites des enfants, hein.

lundi 10 octobre 2011

Le retour de la vengeance de la blogueuse

Le problème quand on s'absente trop longtemps du blog, c'est qu'on a laissé périmer 50 idées de billets, et qu'on ne sait plus trop par où recommencer. Du coup, on attend encore un peu, et hop, en moins de temps qu'il n'en faut à un JFCoppé ou une NMorano pour me donner envie de leur coller le nez dans les couches du Crampon, c'est la spirale infernale et pif paf, ça fait un presque mois.

Plutôt que de laisser passer un autre mois qui flirterait peut être bien avec une année, voilà un billet sans queue ni tête, digest de quelques trucs qui me sont passés par la tête et qui auraient du faire l'objet de billets si je n'étais pas aussi occupée par des activités aussi nombreuses qu'impondérables du genre travailler, faire des chatouilles au Crampon, ou passer mes soirées à regarder V (série nouvelle version) avec Mr PetiteGraine tout en nous remémorant comment Diana elle faisait quand même super peur.


La Babygym.
Gros, gros échec.
On a bien fait d'attendre une semaine de plus avant de signer (et payer) pour l'année.
La dernière séance a mobilisé pas moins de trois adultes pour canaliser le Crampon : une des animatrices, ma soeur, venue en spectatrice immortaliser les prouesses de son filleul (elle n'a pas été déçue), et moi même.
En une demi-heure, pas moins de trois adultes, donc, se sont épuisés à :
  • tenter de convaincre le Crampon que non, non, on ne pouvait pas courir comme un dingue et se jeter sur tous les praticables mous (cela revient peu ou prou à jeter une blogueuse beauté dans un Séphora lors d'une journée "tout est gratuit", et lui interdire de toucher ou d'emmener quoi que ce soit. Évaluez le challenge).
  • inciter le Crampon à participer aux échauffements en se ridiculisant copieusement (et je fais le serpent, et je fais la girafe, et je fais la marche de l'éléphant... Tu fais pareil, Crampon ? NOOOOOON. Mais il s'est bien marré à nous regarder assis à l'écart)
  • lui proposer 500 fois de sauter sur le trampoline quand c'était son tour, sans aucun succès. Mais devoir le rattraper au milieu du trampoline dès que le groupe est passé à une autre activité.
Est arrivé le moment où la cheffe des animatrices (âgée de 17 ans et demi selon mes estimations) m'a expliqué avec un regard contrit que les parents ne pouvaient pas rester dans ce groupe-là, donc Madame, il faut penser à couper le cordon maintenant et aller vous poster sur le balcon pour laisser les pros travailler.

L'espace d'une nanoseconde, j'ai pensé lui répondre que les parents pouvaient rester avec le groupe des petits, celui qui correspond à l'âge du Crampon, et que clairement ce zozio-là leur serait ingérable si je m'éloignais.
Heureusement, une étincelle de raison m'a ramené à plus de pragmatisme. Ah tu le veux mon gamin ? MAIS PRENDS LE, FAIS TOI PLAISIR ! Moi de toutes façons j'étais prête à le balancer par dessus les barres asymétriques, alors...


J'ai donc quitté le praticable sans me retourner. Arrivée dans la mezzanine, j'ai pu constater que le Crampon n'avait pas encore remarqué mon départ, fort occupé à faire boing boing (sic) sur les trampolines où les ados s'entraînaient à faire des quadruple salto boucle piquée triple lutz. Sans les mains. Ou un truc du genre, bien infaisable, avec des réceptions euh... aléatoires. Pas franchement adaptées à la cohabitation avec un zébulon de presque 3 ans.

J'ai ensuite bien pu me régaler à observer ces demoiselles tenter de ramener dans le groupe mon Crampon hurlant à la mort, et se débattant comme si sa vie en dépendait.
Ça a duré... oh bien 2 minutes et demi je dirais. Et puis elles me l'ont ramené, un peu piteuses, et on est partis la tête haute, mon psychopathe de fils, ma sœur ébahie et peut être un poil traumatisée, et moi.

Fin de l'épisode Babygym. Crampon 1 - Fédération Française de Gym 0.


Le record absolu de grasse mat'

Ironie du sort, quelques jours plus tard, nous étions invités par une journée très ensoleillée (si, si, souvenez vous, y a une semaine on avait TROP chaud) à fêter un anniversaire familial dans une maison
à la campagne, avec un TRAMPOLINE dans le jardin.
Le Crampon s'était réveillé avant 6h (joie), a zappé la sieste, et passé l'après midi à faire boing boing en alternance avec "jouer à la bagarre" avec son cousin. Il était hilare, et tellement rouge et transpirant que la famille prenait les paris sur le moment où il s'écroulerait raide endormi.A 22h30, il était allongé sur le canapé et regardait des dessins animés avec ses cousins, sans donner aucun signe de fatigue.
Ce n'est que dans la voiture, sur la route du retour, qu'il a rendu les armes.
Jusqu'à 11h10 le lendemain matin.
JUSQU'A 11h10.
On parle d'un môme qui s'est réveillé à 9h30 après un nouvel an où il avait fait l'andouille et refusé de se coucher jusqu'à 5h du mat' (je le revois courir gaiement sur le trottoir alors que nous attendions notre taxis, complètement défaits, et nous interroger anxieusement sur la possibilité que cet enfant soit un alien).
Bref, je veux un trampoline.
Il paraît que sur mon balcon, au deuxième étage, ça craint.
Je ne veux rien savoir, le trampoline est mon ami, mon sauveur, je le veux.
Trampoline 1 - Crampon 0 (la revanche de la fédé de gym ??)


De la météo et des Visiteurs
(si, si, y a un lien)

Je tiens à dire que je vis en double pull + polaire depuis ce week-end, chez moi (le chauffage collectif sa mère n'a pas démarré), et au bureau (le chauffage collectif sa mère n'a pas démarré non plus), et que je le vis plutôt MAL (doux euphémisme pour dire que je passe mon temps à chouiner, grelotter, et réclamer des thés brûlants).
Aussi, quand je croise des gens en chemisettes ou en t-shirt dans la rue, ou dans les couloirs du boulot, une seule pensée me vient à l'esprit : ce sont des V. Des lézards quoi. Pas d'autre explication possible.
(si tu as moins de 30 ans, gougueul est ton ami).
Bref, j'ai froid ET j'ai peur.


Vieillesse ennemie

Je vais avoir 35 ans très tout bientôt.
Je ne sais pas trop ce que j'aurais pu écrire là-dessus. Ça dépend de l'humeur du jour, du sens du vent, et de la conjonction astrale.
Une liste mièvre de toutes les choses chouettes de ma vie (je suis scandaleusement chouchoutée par le bonheur).
Ou bien une ode à la dépression de celle qui bascule plus-près-des-40-que-des-30.

Sur ce, j'essaye de revenir vite.
Du bisou

mercredi 14 septembre 2011

Hygiène de vie

En cette rentrée, je me suis inscrite à la Babygym.
Dans le groupe des 3-4 ans.

Oui je sais, cela paraît étrange au premier abord, mais tout va s'éclairer rassurez-vous.

Le dossier d'inscription est au nom du Crampon, mais ne vous méprenez pas : c'est un piège.

Le concept de la Babygym, c'est donc de payer des gens en justaucorps en velours et aux mains talquées, pour qu'ils vous laissent passer une heure dans un gymnase avec votre ou vos enfants.

Il y a beaucoup de choses que je pourrais apprécier de faire à 10h30 un samedi matin ensoleillé. La première qui me vient à l'esprit consisterait à finir doucettement ma nuit dans la chaleur de ma couette, mais je n'exclus aucune option à base de bain moussant, bon roman, ou apéro en terrasse avec un peu d'avance.

Bizarrement, macérer une heure dans un gymnase à 35°C en compagnie d'une légion de mycoses et d'odeurs de transpiration et de vieille chaussette n'en faisait pas partie.
 
Ne me demandez pas ce que je faisais donc là, je n'en sais rien, et je n'ai pas mieux su y répondre quand je me suis retrouvée au milieu d'une soixantaine d'enfants entre 1 an et 6 ans, et le double de parents.

Pour bien visualiser l'ambiance, il faut imaginer simultanément 60 sources de cris aigus (enfants excités), 120 sources de cris plus graves (parents énervés), et bien évaluer l'aptitude parentale à la patience quand il fait 35 degrés.

Voilà.
Envie de fuir ? Oui, je sais, c'est nor-mal.

Mais vous êtes piégé. Les enfants ont d'ores et déjà endossé leur rôle de coach sportif, ils ne vous laisseront pas repartir avant de vous avoir fait dépenser votre dernière calorie.

Ensuite, les gens en justaucorps font des groupes de niveau. Le niveau de résistance sportive des parents est évalué sur la base de l'âge de leur progéniture, étant entendu que plus l'enfant est jeune, plus le parent est endurant (question de survie).

Par chance, le groupe des parents les plus entraînés (enfants de 1an 1/2 à 2 ans 1/2) était complet, et nous avons donc rejoint le groupe juste au-dessous, avec la conviction que nous n'allions faire qu'une bouchée des parents des enfants de 4 ans (petits joueurs, je parie que leurs mômes dorment jusqu'à 9h le week-end).

Les gens en justaucorps hurlent ensuite quelques consignes (lancer le ballon, sauter sur le trampoline, courir, faire le parcours, etc.).

Personne n'a rien entendu, mais ce n'est pas grave, les enfants sont désormais les coachs personnels de leurs parents, et n'en font qu'à leur tête.

Pour notre part, le Crampon a décidé de tout miser sur l'entraînement cardio pour cette première séance : beaucoup de courses derrière lui sur les coussins mous, sur les trampolines, sous les barres asymétriques où s'entraînaient des grands, etc.
Redoutable efficacité, bravo le Crampon.

Ensuite, nous avons couplé travail cardio et motricité des membres supérieurs. Il s'agissait de rattraper ou aller chercher le ballon que lançait le Crampon pour vite vite lui rapporter et lui permettre de recommencer.

Nous avons également rampé par terre, marché à quatre pattes, accroupis, et dans un éventail de positions que la morale m'empêche de nommer.

Au delà de l'entraînement physique, je pense que les enfants avaient décidé de rappeler à leurs parents les notions simples d'humilité dans le sport.
Dans cette épreuve, tous les parents concentraient leur attention sur leur enfant (afin d'éviter de croiser le regard des autres adultes, ce qui est bien compréhensible), et tous suppliaient leur coach personnel de les imiter. Mais la plupart des enfants n'ont pas fait preuve de faiblesse, et ont laissé leurs parents seuls face à leur destin. C'est important le mental, dans le sport.

En fin de séance, nous avons eu droit à un entraînement assez extrême à la résistance acoustique ainsi qu'à la self-défense (à base de hurlements de Crampon et de tentative d'immobilisation du Crampon -il fallait parer les coups, pas évident ce truc-là, à retravailler).

Quand les enfants ont jugé bon de rejoindre le vestiaire, le soupir de soulagement des parents épuisés a résonné dans le gymnase.

Et puis voilà, une bonne douche pour toute la famille, et le week end pouvait reprendre son cours, avec la satisfaction d'avoir fait du bon boulot (manger - bouger, tout ça tout ça).

J'ai eu grand plaisir à constater qu'il y avait des coachs bien plus cruels (pour ne pas dire sadiques) que le Crampon.
C'est une révélation.
Et une satisfaction personnelle que j'ai un peu de honte à avouer.

Dans la catégorie joie et bonheur de la Babygym, le Crampon, bien fatigué par ses efforts d'entraîneur, a filé à la sieste sans négocier et s'est endormi en moins de temps qu'il ne faut pour dire "courbature".  Pour 3 heures. Miraculeux.

Moins miraculeux : même constat, même sanction dans le camp des parents.


La vie appartient peut être à ceux qui font du sport tôt, mais on oublie trop souvent de citer son corollaire : l'après-midi appartient à ceux qui font la grasse matinée.

mercredi 7 septembre 2011

Diplomatie internationale, paix dans le monde, tout ça tout ça

Hier soir, le Crampon, bien fatigué de sa journée (et de sa courte nuit - no comment-), était légèrement nerveux.
Traduction : il courrait partout comme un damné, ponctuant ses sauts de cabri par des petits cris d'une voix sensiblement trop aigüe pour être honnête, et chouinait de manière aléatoire, oscillant entre le regard de Bambi à qui on aurait piqué son déjeuner et celui d'Hannibal Lecter, euh... à qui on aurait piqué son déjeuner aussi.

Tout allait bien, donc.


A un moment, une sympathique odeur d'égouts a envahi la pièce.

Je sais, c'est ignoble, mais sachez qu'être parents permet de développer une résistance hors norme à une éventuelle attaque terroriste odorifique. Il faut positiver.

La couche était pleine, donc.


Petite aparté : le Crampon, qui a 2 ans et demi passés, n'est toujours pas propre. Enfin, on le lave, hein. A peu près en tout cas. Mais il n'a pas appris à aller sur le pot.

Nous essayons régulièrement de lui proposer de faire "comme les grands", mais son refus est catégorique, et le milieu scientifique et éducatif est unanime : ça se fera tout seul quand il le voudra et sera prêt. 
Bien sûr, ma mère et ma belle-mère en savent beaucoup plus que le milieu scientifique et éducatif (elles ont élevé 4 enfants à elle deux, tout de même), et croient bon de 
1. me harceler avec des "de notre temps", des "il ne pourra pas aller à l'école !" (dans un an, hein) et des "quand même à son âge..." et 2. de déculotter le Crampon ou le coller sur un pot dès que j'ai le dos tourné (le Crampon est un bon fils à sa maman. Il se venge en pissant sur le beau tapis, le canapé, ou tout autre objet de valeur).
Bref, le Crampon n'est pas prêt à apprendre la propreté, et pour autant que je le connaisse, s'il décidait d'attendre ses 18 ans, il n'y aurait pas moyen de le faire changer d'avis et on n'aurait plus qu'à acheter des actions Pamp*ers.

La couche était donc du genre bien chargée (amis de la poésie, pardon et adieu).

Mais le Crampon n'avait pas franchement envie d'interrompre son entraînement pour les championnats du monde de dépense d'énergie sous acide (comment ça, ça n'existe pas ? Mais alors pourquoi diable ferait-il ça ??).

La traditionnelle négociation qui s'en est suivie a abouti à un compromis tri-partite consistant à quitter la couche dans la salle de bain, et enchaîner avec le bain (je suis mûre pour un poste à l'ONU).


Pantalon, chaussettes, T-shirt : enlevés.

Couche immonde : enlevée.
Fesses et leur moulage de caca mou bien collé : à nettoyer.

Armée de mes lingettes destructrices de planète (le liniment sur les matières solides, je peux pas. Ça fait un gloubli-boulga qui m'est intolérable)(sinon je suis très Nicolas Hulot - friendly, hein, ne me dénoncez pas), j'entreprenais donc, assise par terre, de nettoyer les fesses les plus mignonnes de la planète (même si momentanément, ça ne se voyait pas trop à cause du... bon vous avez compris), sur une cible mouvante (le Crampon continuait imperturbablement son entraînement pour les JO du saut de cabri).


C'est à ce moment précis que mon enfant chéri, cet être aussi imprévisible qu'adorable, a décidé de se jeter sur mes genoux pour un câlin.


Je me suis immobilisée dans une vaine tentative de stopper l'implacable écoulement de l'espace-temps. Une lingette dégoûtante dans la main, une paire de fesses d'adorable et néanmoins tout ce qu'il y a de plus merdeuse sur ma cuisse.

M. PetiteGraine a explosé de rire.
L'accord tri-partite a été immédiatement enterré et j'ai expédié la fin de ma mission avant de courir me changer - désinfecter - asperger de déodorant.

Je ne pense pas que c'est le genre de risque encouru par les négociateurs de l'ONU.

Pourtant, une menace de cet ordre qui planerait sur les négociations en Syrie ou à Jérusalem, ça vous changerait la face du monde, j'en suis sûre.

lundi 5 septembre 2011

Blues de rentrée

Ce matin, en emmenant le Crampon à l'échafaud, pardon, à la crèche (c'est toujours joie et bonheur le matin par ici), un peu plus tôt que d'habitude, j'ai croisé pas moins de 6 écoles.
C'est-à-dire 6 groupes de parents accompagnant leurs petits et moins petits enfants pour leur rentrée scolaire et attendant l'ouverture de l'école.

J'ai vu des enfant tous fiers avec leur cartable tout neuf, fonçant sur leur vélo loin devant leurs parents.
J'ai vu des enfant inquiets, serrant la main d'un papa ou d'une maman tentant tant bien que mal de se montrer rassurant et de cacher leur propre inquiétude.
Et j'ai vu des enfants qui, déjà, sur le trottoir, agrippaient de toutes leurs forces et cachaient leur visage dans le cou de papa/maman.

J'ai regardé mon Crampon-le-bien-nommé, l'enfant qui a mis 3 mois à accepter d'aller dans sa nouvelle crèche sans hurler à la mort, celui-là même qui a fini par lâcher prise et apprécier ses journées en collectivités, fin juillet.
FIN JUILLET.

Avant la fermeture de la crèche pour un mois, donc.
Avant la réouverture en septembre, avec du nouveau personnel, et un groupe d'enfant entièrement renouvelé, donc.

Je me suis bercée d'illusions pendant toutes les vacances, je voulais croire au déclic providentiel, aux matins ricorée qui m'attendaient.
Le Crampon m'encourageait dans mon optimisme, réclamant la crèche et les copains.

Son enthousiasme s'est malheureusement effondré au moment où il a réalisé que j'allais le laisser là et partir travailler.

Depuis, on remet ça.

Chaque matin, réveil en fanfare à 6h. Il veut profiter de temps de qualité avec sa môman.
(temps de qualité = maman tellement fatiguée qu'elle n'arrive pas à lire des tweets sur son téléphone ni des blogs sur son ordi et qui du coup comate devant les dessins animés avec lui)

Chaque matin, je tente fermeté, douceur, discussion, négociation, et corruption (le gâteau au chocolat est mon ami. Toujours avoir du stock à la maison. TOUJOURS, je ne plaisante pas, c'est une question de vie ou de mort) pour parvenir à l'habiller, mettre ses chaussures, monter dans la poussette.

Chaque jour, je respire par le ventre, lutte contre la crise de nerf, et regarde frénétiquement l'heure (sachez que rien ne me rend plus folle que me lever avec 1 heure d'avance, et d'être 30 minutes en retard au boulot).

Chaque jour, je meurs un peu du dedans de mon cœur en le laissant à la crèche hurlant, sanglotant, et implorant.

Chaque jour, j'essaye de me convaincre que ça va passer. Bientôt. Avec un peu de chance, avant que je ne me transforme en furie et ne le jette dans sa poussette puis à la crèche en pyjama et sans chaussures.
Ou avant que je ne fasse demi-tour pour le récupérer et l'emmener très très loin d'ici en le serrant fort contre mon cœur.
 

Alors oui, ce matin, quand je l'ai regardé, mon Crampon, j'ai eu un gros gros coup de blues.
Parce que, l'année prochaine, la rentrée des classes, comment vous dire...

Je vais peut être entrer dans un monastère tibétain pour m'y préparer. Un petit stage de 6 mois devrait suffire.
Comment ?
Ah oui, mince.
Jamais le Crampon n'arrivera à se décramponner pendant 6 mois.
Bon, ben je suis foutue.

jeudi 1 septembre 2011

Le rendez vous

C'est une amie danseuse de ma sœur danseuse qui me l'a présenté.
Je ne me souviens plus exactement des termes qu'elle a utilisés pour me vanter ses mérites, mais son enthousiasme a suffit à me convaincre de le rencontrer, malgré ma timidité et ma méfiance quasi-maladive envers mes congénères du genre humain.

Et puis, c'est peut-être un peu bête, mais j'avoue avoir pensé que cet homme, s'il avait - par le passé - su satisfaire à un tel point une danseuse, donc par définition, une personne dont le corps est le principal outil de travail, cet homme, donc, serait forcément plein de promesses. (Si vous trouvez que cette phrase est incompréhensible, bienvenue au club. Veuillez adresser vos réclamations au responsable de mes neurones embrumés - aka l'alcool d'hier soir).

Et puis après tout, je ne cherchais pas une relation durable. Un rendez-vous, et basta. De toutes façons, je n'ai pas de place pour bien plus que ça dans ma vie déjà bien remplie.
Un investissement personnel limité + des attentes raisonnables = une prise de risque minimale. L'équation d'une consumériste que je n'aime pas vraiment être, mais que je sais reconnaître en moi.

On pourrait penser que cette attitude aurait l'avantage de me dispenser des traditionnelles angoisses qui précèdent ce genre d'exercice. On pourrait.
Mais je suis au regret de constater que pas du tout.

Depuis la préparation, avec le choix anxieux des sous-vêtements, les doutes et les envies de tout annuler, jusqu'à l'arrivée, beaucoup trop en avance (on ne se refait pas), avec les entrailles qui se nouent, la peur irradie partout.

J'essaye de me raisonner, de me souvenir qu'il n'y a pas d'enjeu, que je n'ai pas besoin de me faire aimer, que mon estime de moi ne dépend pas de son jugement, mais à 35 ans (pardon : 34 ans 3/4), je suis aussi cruche qu'à 14, manifestement.
Sans doute que l'idée d'exposer à un inconnu ce corps que je n'aime pas trop réveille en moi l'adolescente complexée.

Et puis, le voilà.
Il est effectivement jeune. Peut être un peu plus que moi ?
Du charme, sans aucun doute.
Et une voix....
Nous échangeons quelques phrases introductives, mais nous savons tous les deux pourquoi nous sommes là.
Il me guide, je me déshabille, m'allonge.
Je sens la chaleur de ses mains sur ma peau fraîche. Elles s'activent, et mon corps se détend, petit à petit.
Il est vraiment doué, je ne regrette pas d'avoir eu confiance.

Parfois il me prend dans ses bras, et me renverse sur la table un peu violemment, dans un mouvement qu'il semble parfaitement contrôler.
Puis ses mains recommencent à me presser.

Il m'inspire une confiance absolue.

Quand nous avons fini, je suis sous le charme, fatiguée, un peu flottante.
Il me dit qu'il aimerait me revoir, et ma réponse, un peu trop rapide, trahit mes sentiments. J'ai baissé la garde.
Je ne voulais pas m'engager ni m'impliquer, et voilà que je me projette dans le futur.

"Ça fait 60 euros".

Ah oui quand même.
La réalité se rappelle à moi de manière assez brutale.

Et si je le demande en mariage, il continuera à me faire payer la séance d'ostéopathie ?


NB : Une fois fini de rédigé ce billet, je suis prise d'un gros doute. La désagréable impression d'avoir déjà lu ça quelque part... Je me demande si je n'ai pas plagié quelqu'un... Si ça vous dit quelque chose, faites moi signe, j'aviserai en fonction de l'ampleur du désastre (copié-collé scandaleux ou inspiration lointaine... Je me méfie de ma mémoire, incapable de retenir le menu du repas précédent, mais tout à fait en mesure de s'approprier les mots des autres).  En attendant, je laisse, trop de temps passé dessus...









mercredi 31 août 2011

La saga de l'été (3/3)

APRÈS

C'est donc dans le hall de l'immeuble que j'ai récupéré le Crampon, hystérique de joie, hurlant d'incrédules MAMAN! C'EST MAMAN!, et s'agrippant à mon cou comme si sa vie en dépendait.
Grosse, grosse fonte dans ma poitrine. Et rien à voir avec la canicule, promis.

Le Crampon est extatique, Mr PetiteGraine est joie, je suis amour.
Il est 18h30 et nous sommes la famille Bisounours sous acide, c'est l'hystérie collective.

A 19h30, le Crampon a déballé son cadeau, il fait des petits sauts de bonheur. C'est une cuisinière, et nous la construisons ensemble, comme toute famille Bisounours qui se respecte.
Le Crampon découvre qu'elle fait du bruit quand il appuie sur le bouton de la plaque électrique. Il fait des tours sur lui-même.

Puis c'est l'heure du repas.
Mais le Crampon ne veut pas en entendre parler. Il CUISINE.
Nous avons déjà mangé 3 fois de la salade, 4 fois des carottes, et 2 fois des navets. En PELUCHE. Mais cuits avec amour par le Crampon dans son four.

Les pâtes du Crampon, les vraies, pas en peluche, ne parviendront pas à le convaincre de s'asseoir à table.
Soit.
On se doutait bien qu'il serait un petit peu trop excité pour suivre le planning habituel.
Tant pis, il est tellement mignon avec ses casseroles.

Le bain ? Euh non, pas trop non plus.
Bof, ça attendra demain.

Le dodo ? Ah ben c'est pas gagné non plus. Allez, tant pis, on joue encore un peu.

21h30, le Crampon baille entre deux petits cris de joie.

Il faut une bonne demi-heure pour le convaincre de se mettre en pyjama et de se brosser les dents.
Bon.

22h, il est couché.
Je sors de sa chambre, encore débordante d'amour. Quoi de plus attendrissant qu'un enfant qui s'endort ?

22h05, il est debout dans le salon. NON PAS DODO.
... Euuuh, si, dodo ?

Le Crampon n'est plus joie. Il est colère.
Ses jouets volent, il refuse de s'approcher du lit.

Il est l'heure de faire appel à toute notre patience de Bisounours pour négocier, argumenter, convaincre.

Il est 23h30 et le Crampon joue tranquillement dans le salon dans l'indifférence générale. C'est un gros échec pour la méthode d'éducation des Bisounours.

A minuit, les plus de 3 ans ont envie de dormir. Ils sont bien les seuls. Le moins de 3 ans, lui, se met dans une rage folle à la simple évocation de rejoindre sa chambre. Il l'exprime avec force hurlements, et appuie sa position à l'aide de projectiles variés (lunettes de son père, doudou, livre, téléphone).

A minuit et demie, l'esprit des Bisounours s'est exilé quelque part vers la Papouasie Nouvelle Guinée. Reste la fatigue, l'énervement, et l'impatience.
Je suis à deux doigts d'appeler les grands parents pour qu'ils reviennent le chercher.

Je ne sais pas exactement à quelle heure le Crampon a rendu les armes, je suis allée me coucher avant lui, laissant Mr PetiteGraine à ses responsabilités de père (ben quoi ?).




En fait, les enfants, ils te ramènent très vite à la réalité. Les fantasmes d'idéal de vie de couple, ou d'idéal de vie de famille, c'est bon pour Hollywood. La réalité est bien plus trash. Mais je mentirais si je disais qu'elle ne me plaît pas malgré tout, ma vie réelle.
Vous pouvez essuyez votre écran de cette dégoulinade mielleuse qui me sert de conclusion, et retourner à votre vie réelle.

mardi 30 août 2011

La saga de l'été (2/3)

PENDANT

Par un miracle restant à ce jour inexpliqué par la science, j'ai évité le séjour en psychiatrie d'urgence avant la séparation.
Le cœur un peu lourd mais des projets plein la tête, nous avons repris la route de la maison, sans le Crampon.

Première constatation, 800 bornes en voiture sans enfant, ça ne ressemble pas du tout du tout à 800 bornes en voiture avec enfant. Surpriiiiiise ! (bonne, est ce la peine de le préciser ?)(avez vous déjà tenté l'expérience de 800km avec un deux-ans-et-demi du genre remuant et impatient ? C'est un bon aperçu de l'enfer mais je préfère ne pas en parler, le traumatisme est encore trop frais).

Ensuite, j'ai donc testé pour vous le week-end sans enfant.
Pas beaucoup d'amélioration sur le front schizophrénique, je le crains.

Il y a bien sûr la joie de la grasse matinée.
Sauf quand il fait 39°C dehors, 31°C dans la chambre, bien sûr.
Bon, tant pis, on va se lever tôt puisque le lit sent le chacal et que le contact des draps devient insupportable. Comme ça, la journée sera plus longue, et on pourra encore plus en profiter !

HAHA.

Il fait toujours 39°C. Hors de question de sortir se balader ou manger en terrasse, l'extérieur est HOSTILE.
Pas grave, on peut comater comme des grosses loques en surchauffe devant des séries, c'est chouette aussi.
Et puis, tu l'entends ce silence dans la maison ? Pas de cris, pas de bruit de roulettes de trottinette sur le parquet, pas de vols planés de petites voitures ou de légos, non, juste le silence...
Ça fait bizarre, hein ?
Mon dieu que j'ai envie de l'entendre rire. On l'appelle ?

Tiens, il fait faim. Et si on se nourrissait de vache qui rit, de yaourts, de glaces, et de gâteaux ? Oh que c'est bon de ne pas avoir à préparer à heure fixe des repas à peu près équilibrés qu'on a une chance sur deux de se faire envoyer à la gueule par un enfant qui ne rêve que de pâtes.

A ton avis, il mange bien là-bas ? On l'appelle ?

Un peu de surf sur internet sans enfant, c'est l'assurance de ne pas se faire interrompre par une requête urgente et incontournable pour un Tchoupi sur Youtube. Satisfaction ultime.
Tiens regarde cette photo, il est mignon, hein ? Oh la la, regarde là comme il était petit ! C'est fou comme il a changé vite, hein ? Tu crois qu'on va le trouver grandi à son retour ?
Et si on l'appelait ?

Arrive un moment étrange, où toutes les pièces de l'appartement ont été seskuellement baptisées (il était temps, l'emménagement date de 4 mois maintenant), où l'idée de regarder un épisode de série supplémentaire donne la migraine, où Twitter et Netvibes ne proposent plus de mises à jour malgré l'insistance de mes rafraîchissements, et où, imbibée de junk food et d'alcool, je suis littéralement frappée par la question qui tue :
Mais qu'est ce qu'on faisait AVANT ? Je me souviens d'avoir eu une vie trépidante avant de me lancer dans la folle aventure de la procréation. Depuis, j'ai eu de nombreuses pensées émues pour cette vie d'avant, pour cette liberté un peu perdue. Alors pourquoi tout me semble aussi vide maintenant ?

Bon bon, pas d'affolement, il reste 5 jours sur un rythme boulot, là, on va VRAIMENT apprécier d'être un peu moins speed, c'est sûr.
En attendant, on l'appelle ?

C'est donc avec un quasi-soupir de soulagement que nous avons repris du chemin du bureau.
5 jours sans avoir à lever, négocier, habiller, déposer à la crèche, sans course, sans stress, et sans retard. Alléluia.
5 jours d'apéro-cocktails, de resto, de sorties et de films. Alléluia bis.

Et puis les grands-parents qui, timidement, nous disent que le Crampon trouve le temps long. Qu'il nous réclame. Qu'il veut rentrer à la maison.
GLOUPS. Séisme dans mon ventre.

Pour finir, ces dernières heures d'attente, les plus longues. Il est dans une voiture, à quelques dizaines de kilomètres, et le temps, ce salaud, s'étire. L'appartement est parfaitement rangé, il faut bien s'occuper pour éviter de tourner en rond. Son cadeau, immense, l'attend dans sa chambre. Ça lui plaira, tu crois ? A tout les coups il va bouder au début, pour bien nous faire sentir qu'on est des parents terribles et qu'on ne doit plus jamais lui faire ce coup-là.
Non mais ils sont où là ? Il y a des embouteillages ou quoi ?
Allez, encore 5 minutes à tenir avant mon shoot d'odeur de mon bébé, avant d'avoir ses petits bras agrippés à mon cou. 
Putain je ne vais pas tenir.
Bon, je vais les attendre en bas.

lundi 29 août 2011

La saga de l'été (1/3)

AVANT

Cet été, le Crampon a été confié aux bons soins de ses grands-parents pour une semaine, pendant que nous reprenions péniblement le chemin du bureau.
Mon état d'esprit à la perspective de cette séparation de 7 jours, 7 nuits, 7 siestes, 800km,  14 repas, 40 câlins, 254 colères, 12 bisous et  142 crises de hurlements est difficile à définir.
Un genre d'ambiance bipolaire dans mon cerveau.

D'un côté (mon côté mère indigne), une grosse envie de sautiller partout à la perspective d'une semaine en amoureux, des folles soirées cocktails - ciné - resto - bar, du seske à toute heure et en tout lieu de la maison (les parents d'enfants rechignant à faire la sieste, mettant des plombes à aller se coucher le soir, et opérationnels pour retourner la maison dès 7h le matin me comprennent), des réveils en douceur, des matins sans course-poursuite autour de la table à langer, de la LIBERTE, tout simplement.

De l'autre côté (mon côté mère poule), mon désarroi face aux sanglots du Crampon à l'évocation de cette séparation, mon désespoir devant sa panique d'être abandonné, ma panique à l'idée seule de la souffrance de mon enfant, mon bébé, la chair de ma chair, le sang de mon sang, la 8ème-merveille-du-monde-que-c'est-moi-qui-l'ai-fait,-si,-si,  ma culpabilité et la déchirure de mon petit cœur de mère-midinette.

Et entre ces deux points de vue, une alternance toutes les 3 minutes et demi environ.
Et rapidement, une envie de hurler pour que cesse cette schizophrénie très légèrement fatigante (finalement, chéri, et si on passait cette semaine sans enfant en hôpital psy ? Non ? Tu es bien sûr ? Bon ok alors aurais tu l'amabilité de m'assommer pour que j'arrête de penser ? Merci mon cœur, bisous).

Faites des enfants, qu'ils disaient, c'est la NATURE, c'est le CYCLE de la VIE, c'est SAIN, c'est ÉQUILIBRANT, c'est ce que font les gens NORMAUX.
La vérité, croyez moi, c'est qu'une fois qu'ils sont nés, l'hôpital psy n'est jamais bien loin.