vendredi 21 juillet 2006

Je viens d'un pays de neige

Ce joli titre n'est pas de moi. C'est celui de la pièce de théatre d'Anne Jolivet que j'ai vue hier soir au théatre de l'oeuvre (mise en scène de Didier Long).
Il s'agit du monologue de Myriam Boyet (le genre de comédienne qu'on a tous déjà vus dans des seconds rôles au cinéma, ou sur des scènes de théatre, mais qui n'a pas le physique de faire la tournée des plateaux télé), qui raconte comment depuis 28 ans, elle attend Anna, son amie juive qui a été déportée un soir de Noël et qu'elle cherche et attend depuis. La pièce est poignante et drôle. Le personnage est un peu écervelé, mais plein d'amour et de culpabilité d'avoir été lâche, de ne pas avoir sauvé les juifs de la déportation, et finalement très attachant.
On se prend à comprendre comment elle a pu se payer des cours de danse irlandaise au lieu de suivre une formation qui lui aurait donné une situation professionnelle correcte, à tolérer l'idée qu'elle s'est prostituée pour survivre, mais qu'elle aimait ses habitués, et son métier...
Un personnage riche et très émouvant donc.

Voilà qui m'a donné envie de multiplier les soirées théâtre. L'ennui avec le théâtre, c'est que si ça ne me plaît pas, je suis particulièrement hermétique et que passe vraiment un très mauvais moment. Allez comprendre pourquoi je suis plus tolérante avec le cinéma, où un nanard peut me scotcher pendant 1h30. Enfin pas n'importe quel nanard. Oui, j'ai le nanard sélectif. Dans le domaine de l'insupportable, il y a le mal joué (donc les mauvais acteurs), et les mauvais dialogues (typique de 'taxi 1, 2, 3, ...'). Dans le tolérable, il y a tous les scénarios stupides, les invraisemblants, les attendus, les déjà vus 1000 fois, etc.
Cette différence entre le théâtre et le cinéma - j'ai toujours rêvé dire cette phrase sur un plateau tv.... ça fait star, non ? Un fantasme de gosse, être actrice... M'enfin passons - elle vient sûrement de l'idée que se fait l'oeuvre d'elle même.
Je m'explique. Une pièce nulle (selon mon goût), se prend souvent pour l'oeuvre de l'année. Un petit film sans envergure se prend souvent pour un petit film sans envergure, avec des blagues sans envergures, des rebondissements sans envergure, etc. Du coup ça me le rend plus agréable...
Si quelque chose me débecte, c'est bien cet égocentrisme, cette prétention d'une partie du milieu du théâtre, même amateur ! Ces metteurs en scène incompris, torturés, méprisants... Ces comédiens imbus de leurs personnes, qui s'écoutent parler....

Heureusement, parfois, la magie est au rendez-vous. Avec un comédien affrontant humblement un texte, et surtout l'envie de partager avec le public une bonne soirée.

Bref, 'Je viens d'un pays de neige', en plus de m'avoir fait passer une excellente soirée, m'a en plus donner l'envie de recommencer à aller voir des pièces de théâtre régulièrement.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bon, au lieu de bosser, je farfouille dans les archives, c'est maaaaaallll...

Je suis comme toi : je supporte très mal une pièce de théâtre médiocre, et je ne compte plus les fois où je me suis endormie sur ces instruments de torture que sont les sièges des salles de théâtre... En revanche, comme toi aussi, je supporte mieux un mauvais film. Je ne m'étais jamais posée la question du pourquoi, mais je pense que ton analyse couvre -en partie au moins- le problème ! Problème que j'ai résolu en allant beaucoup moins au théâtre, faute de temps hélas.

Fyfe a dit…

Ah tu réussis à t'endormir ? C'est sympa au moins, ça passe plus vite ;-)
Moi j'ai du mal (c'est peut être à cause des postillons), et je dois subir la torture jusqu'au bout ;-)