mardi 28 novembre 2006

Le coût de la vie

J'ai piqué le titre au film du même nom, que j'ai vu à la télévision cette semaine et que j'ai beaucoup aimé (même si ça finit en queue de poisson et que j'ai horreur de ça).
En gros, ça parle de fric. Ou plutôt de la relation qu'entretiennent les gens avec le fric. Les paniers perçés, les radins, et toute la gamme au milieu avec ses failles, ses faiblesses, et ses blessures compensées par une relation certes un peu bizarre avec l'argent.
C'est sociologiquement achement intéressant. Et révélateur de la personnalité des gens. Un peu comme dans la vraie vie, quoi.

Ceci n'est pas une ode a Muriel Robin et son sketch de l'addition, mais presque, en fait, parce que franchement, le restau c'est pas toujours la joie au moment de partir. On trouve, au choix :

- quelqu'un qui a bouffé 4 fois comme les autres, bu 13 coupes de champ', et qui propose de partager la note entre les trois convives alors que parmi les trois, y'a Lulu qui est au chômage et qui n'a mangé qu'une salade verte sans sauce en espérant ainsi pouvoir retourner au restau une seconde fois ce mois-ci, et encore, seulement si les Assedics évitent de la radier des listes une 4ème fois cette année, et c'est pas gagné, parce que les Assédics, c'est pas tout ça, mais ils ont des objectifs là-bas, il s'agit de montrer qu'il y a de moins en moins de chômeurs en France, d'ailleurs la vie est belle, et tout le monde s'en fout si ça lui prend deux mois à chaque fois de se faire réinscrire à Lulu, et si elle a vendu 2-3 reins cette année, après tout, c'est son problème. (oui, j'ai décidé de concourir pour la phrase la plus longue du monde, mais là, c'est juste un entraînement, hein, je vise le total-blog-en-une-phrase)

- quelqu'un qui exige de calculer ce que chacun doit alors qu'on est 18 à table, et qu'on a tous choisi le même menu, mais des apéros différents, et bon, c'est vrai que la bière de Dédé coûte 50 centimes de moins que le coca de Vivi. D'ailleurs, on s'en rend bien compte que ça valait le coup de passer une heure à gribouiller la nappe pour arriver à un total de... Ah ben oui, ça fait 25 euros pour toi, 24.30 pour toi, 23.99 pour toi, (je vous laisse imaginer la suite pour les 15 autres) (ah ben merde, elle était pas en papier la nappe! Euh... On partage pour le dédommagement du restau ou on fait ça au prorata du gribouillis ?)

- quelqu'un, qui, quand on part sur un principe du 'chacun calcule ce qu'il a bouffé parce qu'il y a 4 anorexiques et 3 boulimiques à table', a la flemme de calculer ce qu'il doit, et lâche, grand prince, un billet sur la table en pensant avoir largement donné sa contribution, alors qu'en fait, il manque 15 euros à la note, et qu'après avoir bien recalculé tout ça (putain, la nappe....), on s'aperçoit que le grand prince, ben il avait un peu oublié qu'un phénomène étrange appelé inflation avait cours depuis un certain nombre d'années, alors, oui, bien sûr, en 1941, avec son billet, il aurait pu inviter tout le monde peut-être, mais là, ben ça suffit pas pour son plat et son café en fait.

- quelqu'un qui doit partir avant la fin et qui va payer sa part au bar, sauf que sa part, il la connaît pas trop, alors le quelqu'un il est bien dans la merde, parce que soit il va pas laisser assez et les autres vont le traiter de rat surtout quand on sait ce qu'il gagne, soit il va laisser beaucoup trop et les autres vont le trouver un peu méprisant depuis qu'il a un salaire à 4 zéros, faut pas déconner, on a beau avoir moins de zéros chaque mois, on peut quand même se payer un restau, merde, c'est pénible à force, ces gens qui n'ont plus la notion de l'argent tellement ils en ont.

- quelqu'un qui a oublié son portefeuille à la maison, c'est con, en plus il devait vous rembourser les 100 euros qu'il vous avait emprunté il y a 6 mois, c'est dingue quand même comme le temps passe vite, et j'y pensais justement hier soir, ouh la la faut que je la rembourse, mais là tu vois, ça tombe mal, d'ailleurs t'aurais pas 50 euros, ben oui, y a le taxi, aussi, hein.

- quelqu'un qui veut absolument offrir les boissons parce que ça lui fait plaisir alors non non non n'insistez pas, c'est moi je vous dis, non non c'est moi plutôt, déconne pas c'est moi je l'ai dis en premier, on fête pas tous les jours le deuxième samedi du mois de novembre, hein. Bon, ok, cette version là, elle a l'air sympa, comme ça, mais en fait il faut aussi visualiser la tête de la conjointe du quelqu'un, qui nous a justement confié entre la poire et le dessert que si ça continuait comme ça les découverts du compte commun dès le 2 du mois, elle allait sérieusement penser se barrer en Thaïlande pour fuir le fisc non sans avoir laissé au quelqu'un le numéro d'un bon psy.

Bref, le rapport à l'argent, c'est pas simple. En même temps, je tiens à rassurer ceux qui éventuellement en viendraient à me proposer de changer d'amis, j'ai un peu poussé la caricature, et en plus, les exemples ne se rapportent pas forcément à mes amis à moi qui sont évidemment des êtres adorables et pas des gougeats comme j'ai décrit là, pour qui me prenez vous enfin.

12 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est marrant, pour toi l'argent et la bouffe sont étroitement liés... je croyais que tu allais parler du coût de la vie en cette fin d'année où il faut se ruiner en cadeaux de Noël et donner aux bonnes oeuvres, mais non, toi c'est le resto!
En tout cas, moi je suis une super copine, pas un goujate du tout!

Anonyme a dit…

Hihihi, c'est clair l'adition c'est un moment difficile... Mais les restos entre amis en général ça se passe bien, parce qu'on les connait, nos amis, on sait qui est un peu dans la mouise et qui a été augmenté ce mois-ci. Là où ça se corse c'est les restos de boulot...
Entre le chef qui t'invite tout le temps et qu'au bout d'un moment, t'es bien contente de la bouffe de luxe, mais t'en peut plus de sa pitié. Ceux qui n'invitent jamais mais qui choisissent le resto. Et là tu te retrouves à demander s'ils font pas des demi-salades vertes tellement c'est hors de prix. Sans parler du partage de l'addition avec tickets restos aux valeurs faciales différentes ("parce que j'ai récupéré ceux de ma femme").
Tout un poême :o)

Fyfe a dit…

Mariaba, euh, il y a d'autres sujets que la bouffe ? ;-)
Ca doit être mon côté Garfield !...

Voui voui, Cely, c'est dans ce genre de circonstances que ça se corse : au boulot, ou avec des amis d'amis d'amis, etc... Hé hé, et les tickets resto je n'y avais pas pensé, bon sang mais c'est bien sûr !!!

Anonyme a dit…

Rappelle moi de ne pas t'inviter au restau... Suis nul en math

Anonyme a dit…

'FAUT PAYER AU RESTO?????


PsiCoyote, qui débarque d'un autre monde

Fyfe a dit…

Arpenteur, si tu m'invites, c'est facile, y'a rien à calculer, tu tends ta carte bancaire au monsieur avec la note et il suffit de te souvenir de ton code ;-)

PsiCoyote, je me suis étouffée de rire, je ne m'en remets pas ;-)

Anonyme a dit…

Alors, pour la phrase la plus longue, tu peux t'entrainer en lisant gabriel garcia marquez "l'automne du patriarche". 50 pages la phrase,j'ai pas fini lebouquin...

Fyfe a dit…

Ah ouais quand même. J'ai du boulot donc, pour le record.
Je n'abandonne pas pour autant, hein ;-)

Anonyme a dit…

Attention défi: moi je dis, même pas que t'es cap que ton prochain billet il ne fasse qu'une phrase et une seule (et la longueur "habituelle" de tes billets, sinon c'est pas drôle!!)

Chiche!!

Fyfe a dit…

Rhô elle m'a dit 'Chiche' !!
Maintenant je suis obligée ;-)
Ben ça va peut être me prendre un peu de temps, hein ;-)

Shalima a dit…

Ouf, je crois que je ne me reconnais nulle part dans tes descriptions... je déteste les histoires d'argent, ça aussi ça doit être un signe, mais de quoi ?? ;-)
Finalement, en réfléchissant bien, je suis assez proche de la femme du dernier quelqu'un !

Fyfe a dit…

Voui, on reste nombreux à être à peu pres normaux dans nos rapports avec l'argent... Heureusement !!! ;-)