jeudi 3 mai 2007

Aparté

Bon, on fait un break du décompte de mots spécial "ouikend normand", parce que là, à chaud, faut que je raconte un truc qui me hérisse les poils.

La scène se déroule au boulot, pendant mon entretien d'évaluation avec mon chef (si, si, vous savez, le genre de truc désagréable au possible pasqu'on sait jamais si c'est l'occasion annuelle de se prendre dans la tête un listing de 100 pages de reproches dont on n'a jamais entendu parlé en 364 jours, ou si c'est juste l'occasion annuelle d'apprendre que parmi ses objectifs de l'année suivante figure le retour de la croissance en France et la fin de la famine en Afrique).

En face de moi, donc, mon chef.

Alors dans le genre, mon chef, c'est un beau stéréotype de fonctionnaire, un modèle qui ne se fait presque plus (si, si, soyons optimiste).

Le genre à prendre des vacances sans que cela soit décompté de ses congés (c'est vrai qu'on en a si peu, des congés, dans la fonction publique...).

Le genre à faire d'harrassantes journées de travail entre 11h du matin et 17h, avec 2 heures de pause déjeuner au milieu. Journées composées essentiellement de coup de fil personnels, de préférence à l'étranger, bien sûr.

Le genre obligé de s'approprier le travail des autres parce qu'en matière de production personnelle, ben... non, désolée, je ne vois pas de quoi vous voulez parler.

Le genre à faire payer par la sécu ses dispendieuses cures thermales de confort.

Le genre qui a vécu et bossé en Afrique pendant des années, et qui en a déduit de grandes vérités générales assenées avec la force de l'expérience : "Tous des nuls-incapables-poligames-mangeurs d'enfants qui vivent au crochet des aides au développement que c'est nous qui les payons alors, hein, merde" (non, j'exagère pas)(sauf peut être pour le coup de manger les enfants).

Le genre parasite inutile, quoi.

Au milieu de l'entretien, une petite allusion au débat des candidats d'hier soir fuse.

Terrain miné, je me contente d'un haussement de sourcils.

Mais le chef insiste et là, c'est le drame :

"Ah mais moi de toutes façons je vote Sar*ko, hein. D'ailleurs je suis fier de moi, en deux jours, j'ai convaincu trois indécis. Ben oui, c'est évident, si Ség*o passe, le pays est foutu, plus personne ne voudra bosser."

Alors, là, comment vous dire.
Ben c'est assez surréaliste, en fait, de s'apercevoir que le pire glandeur que cette terre ait porté, une personne qui vit sur votre dos et le mien (oui, oui, les impôts, c'est aussi à ça que ça sert : le salaire des fonctionnaires) se fasse le porte parole du type qui prône la valeur "travail" toute les phrases et demi.
En fait ça serait presque à hurler de rire. Ou fondre en larme, je ne sais pas trop.

Alors j'ai respiré par le ventre pour éviter la Hulkisation immédiate. J'ai grimacé un truc bizarre et relancé le sujet sur mes p... d'objectifs 2007.

Comme quoi mon courage politique et éthique a ses limites hein.

15 commentaires:

Anonyme a dit…

Garde la tête haute, t'as pas à parler de ton opinion politique avec un supérieur hiérarchique, point barre. Par contre pour le racisme tu peux l'ouvrir, c'est insupportable :o))

Carine a dit…

C'est clair les choix politique c'est personnel!
Il t'a prise pour une indécise qu'il aurait pu convertir au sarkosisme!

Anonyme a dit…

Ca me rend dingue moi les gens qui tentent de te rallier à leurs idées politiques, ocazou toi t'aurais pas de conscience politique ! Pfuhhhhhhhhhh

Shalima a dit…

Aaaaargh... respire, respire...
(très bon post anti-sa**rko ceci dit ^_^)

Anonyme a dit…

T'as du avoir la marque de tes dents sur ta langue non?? J'imagine une tête de glandeur en train de rigoler et tapoter sur sa cuisse Pfff ZEN AAAATTIIIITUDEEEEE

Anonyme a dit…

J'ai peur de comprendre, oui, oui, parfaitement, peur de comprendre que ton boss voulait savoir pour qui tu aller voter...
C'est ca ?
Et apres ?
g.

Anonyme a dit…

Ben voilà, chère Fyfe,

Maintenant y'a plus qu'a attendre que Noah se présente dans 5 ans et qu'en attendant, Wentworth te fasse évader de ton boulot.

Et sinon, le prochain Hulk au cinéma sera interprété par Edward Norton... Allez, un ptit effor! Un! Deux! Trois! Gnnnnnnnnnnnnnnn!...

(la hulkisation a du bon parfois, non? ou alors c'est la transformation en démon pourfendeur du patronnat gargarisant en arhaméen? )


PsiCoyote, content de pas avoir de chef, en fait (mais filez moi un salaire quand même, ça peut servir)

Fyfe a dit…

Loïs de Murphy, à d'autres occasions, j'ai bien tenté des remarques destinées à son ouverture d'esprit... Forcce est de constater que soit je suis mauvaise, soit il est perdu ;-)

ugly lady, ben oui normalement on n'impose pas ses opinions comme ça !

Manou, bienvenue ! Oui on sait jamais ;-)

Shalima, tant mieux si, bien involontairement, je contribue à faire de l'anti-truc ;-)))

Bykyss, oui, zen attitude, ou déprimée attitude, au choix ;-)

g., en fait ma douce, en y réfléchissant, je pense qu'il cherchait à établir une complicite autour d'une opinion soit disant unanimement partagée (comme une évidence, quoi).

PsiCoyote, je veux que ma vie soit tout comme dans ton commentaire (arhaméen inclus) ;-)

Anonyme a dit…

A l'impossible nul n'est tenu et là franchement c'était mission impossible !

Anonyme a dit…

Ben moi je lui ai dit à mon chef, comme ça il aura pas besoin de me poser la question! Il avait l'air surpris que je lui fasse une telle "confidence"! lololol

papillon a dit…

Non mais quel branquignole ton chef, là, Fyfe! Toutes mes condoléances, vraiment. Parce que bon, tout débile qu'il est, c'est quand même ton chef, celui qui tient ton destin professionnel immédiat entre ses mains d'inconscient. Et que par conséquent, tu ne peux pas vraiment moufter (si j'ai bien tout suivi, l'échange éclairé d'idée, c'est pas son genre). Donc là, il n'est pas question de courage ou de lâcheté, il est question de ne pas perdre son job à cause d'un plouc borné...
Franchement, les crétins qui se targuent d'avoir tout compris à la vie et qui sont exactement ce qu'ils prétendent dénoncer, c'est pathétique. Pfff....
J'ai un collègue comme ça, un idiot consommé. Ce n'est pas parce qu'il est de droite que je le trouve lamentable (encore que, mais bon...), c'est surtout parce qu'il a l'art de m'asséner des phrases toutes faites ou tirées du 20 minutes du jour, dans un joli bouquet de généralités à l'odeur nauséabonde d'intolérance frisant le racisme. En considérant que je suis forcément d'accord avec lui. Comme je n'aime pas qu'on me force l'opinion, on a failli se mettre sur la gueule le lendemain du 1er tour. Là, on ne se parle plus. Il est trop con et j'ai peur de la contagion.

Fyfe a dit…

Mamzelle Maupin, c'est gentil :-)

Perrine, ah ouais ? Ouh la la, moi c'est sujet tabou au boulot, on a suffisamment d'occasion de se friter sans ça ;-)

Fyfe a dit…

Papillon, on a dû poster en même temps ;-)
Oui, c'est vrai qu'il faut se méfier de la contagion, hé hé :-)
Pour être honnête, il ne tient pas vraiment mon job ntre ses mains, puisque pour virer un fonctionnaire, faut déjà se lever tôt, hein ;-) Ca n'empêche qu'il peut faire de ma vie un enfer... Et surtout, là, je me sens complètement démotivée pour parler politique avec qui que ce soit qui ne soit pas de mon avis (même des moins bornés)... Aussi dingue que ça puisse paraître, je me rend malade avec ces élections, je crois que je vais finir en crise hystérique. J'en peux plus d'attendre dimanche ;-)

Anonyme a dit…

Des fois, je suis bien contente de pas avoir de chef...

Fyfe a dit…

Chick, comment ça "des fois" ??!