jeudi 10 mai 2007

La vie est ailleurs

La vérité aussi, je sais, mais là, c'est un post semi-dépressif 100% ma vie.

Semi-dépressif parce que non, je n'ai toujours pas digéré, j'ai toujours l'impression d'avoir mangé trois tartiflettes suivies de deux raclettes et j'en tire étonnamment un certain dégoût de tout. Heureusement que le ministère de l'identité nationale n'existe pas encore, je serais immédiatement cataloguée "anti-nourriture franco-française" et donc terroriste potentielle.
Mais ne nous engageons pas sur ce vaseux terrain.

100% ma vie parce que je ne vais pas non plus vous parler de la vie de mon chef, ni de son triomphalisme présidentiel, ni de sa naïveté (j'ai bien peur que ces salauds de chômeurs se lèvent toujours aussi tard depuis dimanche 20h).
Bon, comme vous pouvez le constater, l'heure et grave, et à ce stade, je ne suis pas sûre d'arriver au bout de ce post sans finir par chanter l'internationnale.

Bon. Bref.
Respiration par le ventre, youpla.

Ce que je voulais dire ici et aujourd'hui (non mais je rêve ou je parle comme une politicienne ?).

On reprend.

Pourquoi la vie est elle ailleurs ?
Ben j'en sais rien, pour tout vous dire, mais ce dont je suis sûre, c'est qu'elle n'est pas là, ma vie à moi.

Bosser 5 jours sur 7 (sauf en cette période bénie où les semaines de travail sont entrecoupées de jours fériés adulés).
Parfois énormément, parfois moins.
Stressant, dans tous les cas.

Certes, si ce n'était pas un minimum stressant, je passerais mon temps à roupiller avec AZERTY incrusté sur le front, j'me connais.

M'enfin entre la journée de travail soporifique et le stress qui m'acable chaque matin en franchissant le tourniquet de ma boîte, il y a un monde.

C'est bien simple, en rentrant chez moi le soir, dotée de l'énergie d'un paresseux en manque de sieste, mon corps me fait rapidemment savoir qu'il ne bougera plus du canapé, et mon cerveau, est prêt à ingurgiter des heures d'internet ou de télévision.

Dès le jeudi (voire le mercredi quand la situation empire), je ne rêve plus que de ma couette.

Le samedi me coûte presque autant qu'une journée au bureau, parce qu'il porte son lot de corvées ménagères et remplissage de frigo, et aussi parce que je rumine quelques soucis professionnels non réglés.

Le dimanche est exclusivement dédié au rien-faire, teinté de l'angoisse de l'imminent retour au bureau.


Alors oui, sans doute, certains arrivent à faire beaucoup mieux avec bien moins de temps, d'autres s'épanouissent dans leur travail, tout ce que vous voudrez.

Oui aussi, je suis déprimée pour une sombre histoire de fromage français, donc ça n'aide pas à voir la vie en rose et pitêtre que j'exagère un poil.

M'enfin si moi je n'y arrive pas, à continuer comme ça pendant encore 33 ans ?

Si la simple lecture de ce nombre d'années me donne envie de me jeter tout de suite par la fenêtre ?


Parce que franchement, c'est ça qu'on veut me faire appeler une vie ?

Un truc où il ne reste presque plus de place pour le plaisir ?

Il faudrait que je me contente d'arracher à mon agenda (et à ma couette) des moments de partage avec les gens que j'aime ?

Nan mais je rêve.

J'vous le dis, y a pas que la politique qui me donne envie de me rebeller.

Parce que franchement, je n'ai pas que ça à faire, moi, de bosser.

J'veux du temps.

Du temps libre à foison, que je pourrai consacrer à ce qui me plaît.

C'est pourtant pas compliqué, si ?

30 commentaires:

papillon a dit…

Fyfe?
Ca m'embête que tu déprimouilles, tu sais?
Est-ce que tu songes à changer de taf? Peut-être que ce serait bien, non?
Parce que non, je ne crois pas que tu tiendras 33 ans comme ça. Pas sans nous fabriquer au moins un piti ulcère des familles... Et un ulcère à cause d'un boulot (où y'a un plouc comme chef), c'est quand même dommage, n'est-il pas?

Fyfe a dit…

T'es trop mignonne Papillon ;-)
Je n'ai certes jamais été très chanceuse côté 'environnement de travail', mais où que ce soit, je crois que je suis une flemmasse - dilettante professionnelle, et que tout travail aussi prenant m'aliène...
Je crois qu'il faut plutôt que je gagne au loto, puis que je bosse à mi-temps !
Promis j'évite l'ulcère en tout cas ;-)

Anonyme a dit…

Tout le monde au Cheddar je te dis...zou...en même temps tout se tient non ?? NS+ son gout pour L'amerique (que j'aime mais pas tout..)de Bush + Clavier + Bigeard = plus de fromage au lait cru.. NON Je PLAISANTE. C'était pour te faire sourire...
changes de boulot... (je sais plus facile à dire qu'à ....) travailler à son compte peut être?? histoire de faire partie de la France qui gagne plus...et de partir en vacances à Malte ??? allez j'arrête de dire des conneries.
bises

Anonyme a dit…

pour l'instant je profite à fond de la vie d'étudiante et je n'arrive pas à m'imaginer bosser 5 jours sur 7 à horaires fixes dans un lieu fixe toute l'année... c'est grave ???

Anonyme a dit…

Oulala c'est pas la gloire Fyfe, là je vois deux options :
1/ changer de job mais bon plus facile à dire qu'à faire ...

2/ faire comme moi de l'alimentaire (mon job je le vis comme un remplisseur de marmite), ça m'a sauvée, ma vie est ailleurs, avec les enfants et mon namoureux, à l'escrime, avec les copines, ...

J'espère aussi que les législatives nous feront retrouver le sourrire ...

Anonyme a dit…

Deviens prof (vu ton niveau d'études, tu n'as qu'à passer directement le concours) comme ça tu auras des vacances et peu d'heures. Bon, ok, il y a des dommages collatéraux : tout le monde te prend pour un feignant alors que tes 40 heures, tu te les fais, mais chez toi où personne ne les voit, les élèves peuvent être carrément insupportables et tu te mets vite à parler grave comme eux, c'est pas trop le kif, tu vois ? Mais bon, j'dis ça comme ça, hein ? :)

Fyfe a dit…

Mrs clooney, bon sang mais c'est bien sûr : faut que je me réoriente présidente !!! ;-)

Lily Plume, bienvenue au club, j'étais comme toi quand j'étais étudiante, et ça ne s'est pas arrangé ;-) Faut que tu te trouves le job de tes rêves !

Mamzelle Maupin, c'est bizarre, mais un autre job, même parfait, ne me donnerait pas plus de satisfaction, parce que oui, la vie est ailleurs... De l'alimentaire, je suis bien d'accord, mais si possible pas 5 jours sur 7, pliiiize ;-)

Fashion Victim, tu vises juste, j'ai toujours eu envie d'être prof, sans vraiment avoir le courage de prendre les choses en main pour me réorienter, et en invoquant comme excuse ces fameux dommages collatéraux, que je connais bien vu que ma soeur, avant d'être danseuse, les a testé pour moi (le pire dommage collatéral étant à mon goût la première affectation dans un endroit bien pourri ;-) )

Shalima a dit…

Heu, ben je te propose pas mère au foyer, alors, hein, parce qu'une fois les bébés démoulés (ouille), c'est du 7 jours/7, 24h/24, et tout le monde croit que tu glandes, pire que les profs ! ;-))
(ah, ça se voit que moi aussi je déprime un chouille ? ^_^)

Les Pitous a dit…

Dis, quand on dort sur son clavier, c'est pas YTREZA qu'on a imprimé sur le front, plutôt?

Anonyme a dit…

shalima, ne déprime pas (je suis très admirative devant les mères au foyer, comment survivent-elles ?), une étude américaine a démontré que pour être rémunérée à hauteur du travail fourni, une femme au foyer devrait toucher 8000 euros par mois (parce qu'elle exerce 10 métiers différents en un seul) : ça fait plaisir, non ? Bon en même temps, y a personne qui se décide à les payer, hein ? :)
fyfe : c'est vrai que la première affectation est dans un endroit pourri mais parfois c'est pas trop pourri (très clair comme démo, non ?) et si tu vis à Paris, tu ne seras pas mutée bien loin de chez toi, vu que le pourri se concentre bien sur la banlieue parisienne, Amiens et Lille, tu ne seras donc pas déracinée comme les pauvres provinciaux qui se retrouvent dans un endroit pourri et très loin de chez eux... (Oh my god, voilà-ty pas que je fais de la pub pour l'Educ Nat, Robien sors de ce corps (et pas d'idées mal placées non plus, hein ?)) :))

Anonyme a dit…

Je ne sais pas si c'est l'age que nous avons je crois en commun, ou le fait que nous ayons bien, bien d'autres points en commun, mais plusieurs passages dans ton billet m'offrent la sensation bizarre que c'est de ma plume virtuelle que ca sort...

D'autant plus bizarre qu'en ce moment - et avec le retour qui approche, peut-etre, peut-etre pas - je me demande si je ne vais pas travailler a mi-temps...
Pour justement comme tu sembles le rechercher : PROFITER, faire des choses qui me plaisent vraiment et non pas tomber dans le canape tous les soirs de la semaine, trop epuisee par le labeur.

"Le dimanche est exclusivement dédié au rien-faire, teinté de l'angoisse de l'imminent retour au bureau."

C'est beau, meme si c'est triste a dire.
g.

Anonyme a dit…

Fyfe, c'est un truc generationnel,ça je crois. Toutes mes copines et moi on est pareilles... on pense toutes ça.... toutes un poil deprimée... J'en parlait hier avec Cheribidou, et c'est vrai que si on y fait pas gaffe, on se fait bouffer la vie par notre boulot... ou autre chose...
Conseil : change de taf! Oui ce ne doit pas être facile! Et prends es vitamines ;)
Sinon j'ai une methode radicale : change de pays!
Moi c'est ce que je vais (encore!)faire l'année prochaine, je programme ça pour l'instant : ca occupe, ca motive, ca fait rêver...

Anonyme a dit…

Fyfe tu peux très bien faire prof et te spécialiser ? Comme ça tu évites les mutations sauvages ? ou instit, comme ça tu restes dans ta région ?
Heu... Bon d'accord, commençons par le début... Tu voulais faire prof de quoi ? :o)

Annelise a dit…

Je l'ai toujours dit : l'être humain n'est pas fait pour bosser...je suis sûre que je suis pas sur terre pour ça, que j'ai une mission bien plus importante : festoyer...

Anonyme a dit…

ah bah si tu en as marre de bouger de region, c'est ptet' pas ce qu'il te faut de changer de pays....

Anonyme a dit…

Je connais une nana qui change de boulot tous les 7 ans environ. (Elle en a 42 je crois.) Elle change pas juste de boîte, elle refait une petite année d'études pour pouvoit changer de branche. Elle explore... C'est le secret de sa forme et de son équilibre. Toujours se dire qu'il y a moyen de changer de taf. C'est bon pour le moral.

Fyfe a dit…

Shalima, dans le genre prenant, je pense que c'est le pire job du monde, je compatis !! Pourquoi pas en changer si ça te plait plus ?

Les Pitous, merci de rectifier ;-)

Fashion Victim, c'est clair, tu as Robien inside ;-)))))

g., oui il me semblait aussi que tu en étais là ;-)
Un mi-temps, ça serait le rêve, non ?

Perrine_à_mada, ah mais moi je veux bien bouger tout le temps (sauf dans les endroit pourris ;-) ), et SURTOUT dans d'autres pays, j'en rêve !! Faudrait que je me mette à la recherche active... Pas facile, surtout avec un Chéri qui se trouve très bien ici !

Loïs de Murphy, c'est quoi cette histoire de spécialisation ? J'sais pas trop ce que j'aurais choisi, math ou physique sans doute... (le plus facile ;-) )

Annelise, ah oui tu trouves aussi, hein ?

Erika, ça a l'air hyper bien comme programme ! Surtout qu'étudier, c'est vachement plus drôle que bosser je trouve ;-)

Anonyme a dit…

Pour le cheri, j'ai une technique : le mien aussi il etait "tres bien ici" (m'enfin de mois en moins quand même) : j'ai fait toutes les recherches, tout ce qui pourrait clocher là bas, tout ce qui ne va pas ici (le 1er etant que je deprime et quand je deprime je suis chiaaaaaaaante, c'est un argument de poids!), bref je lui ai mâché le boulot, et il a dit oui.....

Fyfe a dit…

Ah ouais je crois que c'est la seule soluce, faut se taper tout le boulot ! ;-)

Shalima a dit…

Sérieux, Fyfe, tu voudrais que je rende mes gosses ??? :-D
Blague à part, j'envisage une reconversion, mais pas avant octobre 2008 !

Fyfe a dit…

Koââââ ? Le SAV ne les reprend pas ??? ;-)

Anonyme a dit…

Moi aussi j'veux du temps fyfe !!! j'adore ce billet

Anonyme a dit…

J'ai eu tout le loisir de tester le "temps de vivre"..... 2 ans de chomage. J' en ai profité pour passer des concours et me perfectionner dans l'art du "bien-être".
J'ai ainsi pû écouter mes cheveux poussés, prendre 100 kg sur les fesses pour cause de sédentarité excessive et d'abus d'Internet et de TV....

Mais y'a des conséquences, que je nommerais "dommages collatéraux" :

- a être toujours disponible, l'Homme s'est complètement déchargé sur moi pour ce qui est des tâches ménagères ( ce qui implique le débroussaillage, le goudronnage de buanderie, remplissage des feuilles d'impôts,le chaulage de murs,"gardiennage" de grands parents grabataires etc.....)

- la vague impression d'avoir perdu un nombre considérable de neurones à regarder les séries tv de l'après-midi . (limite t'as juste envie de te pendre après )

- impression d'être une paria/assistée/ de la société :
" Et toi tu fais quoi comme boulot?"
"Euh, rien pour le moment, j'ai signé un CDD de glandouillage, j'attends de signer le CDI là...."

En même temps, cette situation n'était pas choisie mais subie.....

Enfin bref, tout ça pour dire que la solution doit se trouver à mi-chemin entre le confort de ta vie perso et le sentiment de ne pas te sentir exclus du milieu professionnel, donc une seule alternative, me semble t'il, bosser à mi-temps.....

P.S : désolé pour la longueur du comm' mais ça faisait longtemps que je n'étais plus venue... ;)

Fyfe a dit…

Caro, vu tout ce que tu fais déjà : boulot - enfants -blog - theatre - bouquins, si tu avais plus de temps, tu serais présidente de la république ;-)

Benson, ouaip, faut doser, le boulot, ni tout ni rien, parce que c'est pas drôle non plus !

Veronique et Maryvon a dit…

chère Fyfe,
c'est la première fois que je post sur ton blog. d'habitude tu me fais sourire (je te lis avec avidité en déjeunant les matins) et pressée par la vie, je pars vite sans te laisser un mot. mais la..; c'est différent! on a a peut prêt le même âge. mais la crise que tu vis maintenant, je l'ai vécue y'a 7 ans... remise en question, penser que l'avenir ca va être ca, débordéepar le quotidien... on y passe toutes et tous. ca s'appelle la trentaine. en tous cas ca y ressemble. on y survit, mais faut un changement dans nos vie. moi j'ai tout plaqué et je suis partie m'installer au Québec. se battre pour tout reconstruire. accepter de refaire des études, accepter des périodes sans travail... et au final, ce que tu as, c'est toi qui l'a fait, c'est grace à toi que tu l'as et tous les autres tu les emmerdes, tu ne leur doit rien! c'est le gout de la liberté! oui je travaille 5 jours semaine, mais j'aime mon travail, l'ambiance y est super, j'aime mes collègues, le week end, oui je fais de la lessive, mais aussi du vélo, du magasinage, etc...
t'es pas obligée de quitter ton pays pour te setir mieux! c'est pas ce que je dis, je crois juste que des fois, si ca va pas, faut trouver la cause de tout ca et changer ca.
bon courage, en tous cas!

Fyfe a dit…

vero00fun, je suis ravie que tu te sois manifestée ! Ce dont tu parles, c'est bien tentant je dois dire... Faut que ça murisse dans ma tête encore ;-)

Anonyme a dit…

Je passe un peu tard, mais ce que tu dis me parle beaucoup.
Cette impression d'avoir le temps de rien faire. De mettre toute son énergie dans le même panier et s'appercevoir qu'il est percé...

Je ne sais pas si ça vient du boulot. En même temps j'espère que c'est ça parce que vu que je suis sur le point d'en changer, ça m'embêterait de retrouver la même chose dans le nouveau.
Mais j'ai quand même l'impression que ça vient de cette impression de bosser pour rien. Enfin si, juste pour financer le reste de sa vie. Sauf que bosser 8h pour financer les quelques heures qui te restent c'est pas forcément rentable...

Moi j'avais l'impression que quoi que je fasse c'était pareil. Du coup j'ai mis en pratique le mi-temps officieux. Bosser moins et être payée pareil. Ca suppose de laisser sa consience à la maison, ce qui n'est pas toujours facile, mais pour les nerfs ça aide. Ceci dit sur le long terme ça marche pas. J'ai dans l'idée que nos chefs moisis ils conmmencé comme ça et ont lentement descendu la pente du ramollissement cérébral...

Fyfe a dit…

"bosser moins et être payé pareil", je ne vais pas m'en remettre :-)))
Tu sais que tu pourrais aller en prison, pour penser un truc pareil ??? ;-)

Anonyme a dit…

Oups, c'est vrai que ce c'était pas vraiment ça l'idée de compagne, hein...
Ceci dit, quand tu finis par te rendre compte que Grandchef est une feignasse qui gagne trois fois ton salaire et que toi tu trimes sans que personne s'en rende compte, tu laisses vite fait tes états d'âme à la maison. Question de survie.
Comme tu vois, il y avait plutôt urgence pour moi à trouver un nouveau job... :o)

Fyfe a dit…

Ah mais je rigolais, mais en même temps, je comprends hein ;-)
Je suis même POUR à 3000 %, de travailler deux fois moins pour le même prix ;-) Je crois que je n'aurais même aucun scrupule à demander une augment' ! ;-)