Hier soir, avant l'embûche précédemment annoncée, c'était ma rentrée.Pas la rentrée des classes, non, non, la rentrée de mes cours de danse.
Oui, je suis une danseuse depuis environ 25 ans (dit-elle en rejettant négligeamment sa chevelure en arrière).
J'avais 5 ans, ma soeur deux de moins, quand ma mère à projeté sur nous ses rêves tutus roses.
Allez hop, inscription à la danse classique.
Si je garde peu de souvenirs des cours en question, je me souviens par contre très bien que le mercredi après-midi, il y avait les mini-pouces à la télévision. En même temps que le cours de danse. Là, normalement, vous sentez le drame se nouer. Tous les mercredis, donc, ma mère devait négocier, parlementer, crier, s'égosiller, et pour finir, nous arracher à notre sacro-saint canapé (on ne rigole pas avec les mini-pouces).
Quelques années plus tard arrivait la terrible époque de la pré-adolescence...
D'un côté, il y avait donc ma soeurette, petite puce timide, plus jeune que toutes les autres. Tout le monde avait envie de la protéger. C'était très chou.
De l'autre côté, il y avait moi, une rondelette complexée totalement boudinée dans son justaucorps rose. C'était pathétique.
Je passais mon temps à m'observer dans la glace, pétrifiée par cette vision d'horreur : je ressemblais à une mini-saucisse knacky toute rose.
J'avais encore un gros bidon tout rond d'enfant, alors que les autres filles parlaient régime, garçon, et restaient des heures les seins à l'air dans le vestiaire histoire de nous montrer qu'elles en avaient (des seins).
Ma soeurette, la petite puce, se faisait toujours autant chouchouter pendant que son futur destin de danseuse se profilait.
Moi, j'ai retenu mes larmes de joies le jour où le "cours des grandes" est devenu incompatible avec mon emploi du temps de collégienne...
La danse classique a été échangée pour de la danse contemporaine.
J'ai pu dire adieu aux horreurs collantes et roses, Alleluia...
A moi le pure staïle d'artiste : tout ce qui était large et avec des trous était bon à porter en cours de contemporain.
Et puis, le top du top, c'était d'empiler des épaisseurs de fringues. Faire comme si on avait froid dans une salle où des centaines de filles s'étaient relayées pour transpirer.
Je n'avais probablement pas l'air plus maline en version "contemporain", mais je pouvais me la péter grave. Du moins tant que j'évitais mon reflet dans le miroir.
Un jour, changement de professeur. Une rencontre magique. Des cours pris le dos au miroir. Juste histoire de remettre à leurs places toutes les narcissiques de service qui passent leur temps à s'admirer, se recoiffer, ou à se plaindre(à vous bien sûr) de l'hoooorrible bourrelet qu'elles ont là, ici. Où? Mais si, làààà je te dis. Non désolée je ne vois pas, c'est peut être parce que mon corps entier est un bourrelet ?
Bref, apprendre son corps, retrouver des sensations agréables avec lui, sans se préoccuper de l'image. Waou. Hyper-méga-top-2000 mystique.
Je suis devenue accro.
Face au miroir ou non, je me recentre sur mon intérieur (si, si, on parle comme ça en contemporain, et on ne trouve même pas ça drôle, dément, non ?) et j'ai laissé derrière moi mes souvenirs de petite fille complexée et martyrisée (n'ayons pas peur des mots).
Bon, finalement, je dis même 'merci maman' alors c'est dire.
Bon, précisons que ça aurait pu être pire, ma mère avait un autre rêve : celui d'être patineuse sur glace.
Je remercie le ciel qu'aucune patinoire n'ait été localisée dans un périmètre acceptable de notre village, car 10 ans d'acharnement en knacky-sur-glace m'aurait coûté très cher en psychanalyse.
14 commentaires:
Tu peux remercier ta mère de téavoir forcé à aller à la danse. Ma mère m'a cédée et maintenant je regrette : j'idéalise un port de tête parafit, une démarche aérienne,... si j'en avais fait
Au lieu de ça, démarche de camionneur, sur une piste de danse (quellle qu'elle soit), je m'ennuie ne sachant que faire, ...
Hé hé, laisse moi démystifier le bidule: le port de tête, l'allure, ça ne marche que si tu as des prédispositions etc... Moi je n'en ai pas du tout... Par contre, ça aide vachement à se sentir bien dans sa peau et dans son corps (dit elle en plein régime ;-) )
Et sur les pistes de danse, rien ne m'éclate plus que de faire n'importe quoi et de braver le ridicule ! ;-)
oula ca marche comment ces coms? bon si ca marche je veux te dire que j'aime ton style et ton humour très chouet ce blog ;o)
je vais revenir
Merci winon !
Reviens quand tu veux !
moi aussi j'ai subit le supplice knacky rose pendant des années, avec une tortionnaaire aux faux ongles de plus de 4 cm qui venaient te les enfoncer dans le dos dès qu'elle voyait que tu n'arrivait pas à faire un grand écart correct..
brrrr, quel affreux souvenir!
moi aussi j'ai subit le supplice knacky rose pendant des années, avec une tortionnaaire aux faux ongles de plus de 4 cm qui venaient te les enfoncer dans le dos dès qu'elle voyait que tu n'arrivait pas à faire un grand écart correct..
brrrr, quel affreux souvenir!
moi aussi j'ai subit le supplice knacky rose pendant des années, avec une tortionnaaire aux faux ongles de plus de 4 cm qui venaient te les enfoncer dans le dos dès qu'elle voyait que tu n'arrivait pas à faire un grand écart correct..
brrrr, quel affreux souvenir!
moi aussi j'ai subit le supplice knacky rose pendant des années, avec une tortionnaaire aux faux ongles de plus de 4 cm qui venaient te les enfoncer dans le dos dès qu'elle voyait que tu n'arrivait pas à faire un grand écart correct..
brrrr, quel affreux souvenir!
Zephyree, copine de knacky ;-) C'est vrai que les profs de classiques sont parfois des sadiques de première classe!! si les parents savaient ce qu'elles infligent parfois aux petites filles ! Moi je me souviens que la prof s'asseyait sur notre dos pour nous plier en deux (ca rappellera des souvenirs à celles qui l'ont vécu et les autres ne vont rien comprendre à cette dernière remarque j'en ai peur !!)...
Ah la la, la danse, une de mes premières désillusions de grassouillette...
J'en faisais depuis l'âge de cinq ans, quand tout à coup ma mère a décrété que je devais arrêter... pendant des années j'ai pensé que c'était pour privilégier mes études (j'entrais au collège), et puis récemment elle m'a avoué que c'était à cause de mon poids... le prof de danse lui avait expliqué que je ne pourrais pas passer aux pointes !
Sur le coup ça m'a fait un choc, mais depuis j'en rigole, finalement je n'ai pas la vocation d'Aurélie Dupont ;-) Certaines personnes disent que mes années de danse se voient toujours à cause de mon maintien et de ma souplesse (???), mais je crois que c'est mieux comme ça, être saucissonnée dans du rose pâle, ça aurait fini par me traumatiser à vie !
Pomme, chouette, une autre copine saucissonnée en rose !
Le milieu de la danse classique peut être d'une cruauté sidérante !!
J'ai bien ri moi! :-D
Ah la danse... c'est vraiment une mine d'inspiration! Moi j'ai commencé la danse à l'âge de 18ans bien consciente de ma raideur et de ma totale absence du sens du rythme! Ma foi, je ne serai jamais une étoile mais je dois bien avouer qu'un bon cours de danse, ça détend bien!
Commencer à l'âge de 18ans, ça évite l'étape 'rose', non ? Petite veinarde, va ! ;-)
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