Ceci n'est PAS un post à un caractère scatologique, n'en déplaise à la faune perverse googleuse.Pas de pipi-caca, ni de débat (pourtant fort intéressant, jetez un coup d'oeil chez Madame Patate) sur la porte ouverte ou fermée, loin s'en faut.
Toute à ma période romantique, c'est de l'histoire d'amour que je vis depuis des décennies avec les toilettes, dont il sera question.
Enfants, ma soeur et moi nous enfermions déjà pendant des heures dans les toilettes familiales. Ensemble.
Hum.
Ca paraît peut être bizarre ?
Je le conçois.
Ma famille est plutôt du genre impudique. N'imaginez pas non plus que tout le monde se balladait joyeusement à poil et que ça forniquait dans tous les coins. On n'était pas chez les hyppies non plus, faut pas pousser.
L'impudeur se manifeste certes par une nudité assumée (open salle de bain, à l'instar de l'open bar, par exemple), mais aussi par un non respect de l'intimité psychologique (chambres visitées, voire fouillées, etc...).
Les secrets ne pouvaient rester secrets que s'ils étaient chuchotés dans un lieu protégé par un verrou (pour éviter les entrées intempestives).
Or la seule pièce de la maison protégée par un verrou, c'était les toilettes.
Je nous revois encore...
Ma soeur lançant à la cantonade un élégant : "Je vais aux toileeeeeeeettes !!", le signal était lancé. Je me faufilais jusqu'à la porte fermée, toquais trois petits coups, et, dans un murmure, soufflait le mythique et inutile :" C'est moi ".
L'une assise sur la lunette, l'autre par terre, à la lumière d'une veilleuse (le plafonnier aurait été bien trop agressif et voyant), nous étions parties pour des heures de papotage si spécifiquement féminin.
Ainsi, les toilettes chez mes parents ont tout entendu : du récit de nos premiers émois, premiers baisers, premières angoisses, en passant par nos récriminations familiales (adolescence oblige), jusqu'aux histoires de fantômes qu'on se racontait juste pour le plaisir de se faire peur. On s'y est disputé aussi, bien sûr.
Evidemment, il arrivait régulièrement que les confessions les plus graves, celles qui se chuchotaient avec toute la solennité d'usage, soient interrompues par des "plouf" dont je ne décrirai pas ici l'origine (j'ai promis que ce ne serait pas scatologique). Ces interruptions inoppinées nous faisaient immédiatement hurler de rire, nous permettant aussi de dédramatiser ces histoires traumatisantes si typiques de l'adolescence.
Aujourd'hui, j'habite avec un garçon. Un de ceux dont on a tellement parlé aux toilettes.
Par un mystère non élucidé jusqu'ici, il se trouve que ce garçon voit en moi une personne belle, intelligente et désirable. Je ne vous cache pas que je mets peu d'énergie à découvrir l'origine de ce malentendu et qu'au contraire, malhonnête comme je suis, je déploie mille et un artifices pour entretenir cette mascarade interplanétaire.
De plus, je rappelle à tout hasard que l'homme est un animal farouche qu'on met entre 5 minutes et 25 ans à apprivoiser et qui, une fois apprivoisé, a la facheuse tendance à aller faire le farouche ailleurs. Prudence, donc.
J'évite donc de l'inviter aux toilettes, trop risqué.
Du coup, je partage mes toilettes avec moi-même. Ca reste un moment privilégié, même que des fois, j'éteins la lumière.
Ensuite les messieurs en blanc viennent pour me donner des médicaments et pour ma piqûre.
Nan, je déconne, je suis aussi saine d'esprit que tout un chacun.
Si, c'est vrai, je suis très saine.
D'abord.
Et merde.
Que celui/celle qui n'a pas de faille spatio-temporelle dans le cerveau me jette le premier comm'.
10 commentaires:
C'est mignon ton histoire de toilettes. Je dois dire que je ne les avais jamais envisagés comme ça, moi. J'ai pas non plus eu de genre de relations avec ma soeur, du moins pas tant qu'on vivait sous le même toit. Et je dois dire que je t'envie un peu :o)
Moi dans cette pièce, je lis...
Je te suggère un autre titre pour ta très jolie histoire : Les toilettes étaient fermés de l'intérieur.
(j'suis désolée, je trouve rien d'autre à dire étant donné que je ne me sers de mes chiottes que pour de basses besognes)
moi, j'avais pas de soeur, mais je comprends très bien ton récit et ce que tu vis dans tes toilettes seule aujourd'hui ne m'est pas du tout inconnu...;o)
Cely, il n'est jamais trop tard pour inviter sa soeur aux toilettes! (ni pour commencer une psychanalyse pour se remettre d'avoir papoté aux toilettes avec sa soeur ;-) )
Koooooa Chick ?? Ne me dis pas qu'aux toilettes, tu n'as jamais :
- Lu (des oui-oui, des magasines, ce qui est écrit sur le paquet d'Harpic,...)
- Maté la déco, les photos ou affiches accrochées (chez les autres)
- Introspecté à mort (que vais je porter aujourd'hui, que vais je manger ce soir, que vais je écrire dans mon blog - tiens au fait j'ai oublié de payer les impôts - quel va être mon programme présidentiel, pourquoi le ciel est il bleu, et pourquoi c'est toujours moi qui tombe sur la fin du rouleau de PQ ? etc etc etc)
Bref, les basses besognes restent anecdotiques dans un tel lieu ;-)
Winon, welcome in the very provate 'TOILET CLUB' !!!! ;-)
J'ai jamais pu faire ça, moi!!! J'avais pas de soeur... et j'en ai toujours pas! Tu crois que je peux faire un procès à mes parents?, Ça m'aurait trop plu d'avoir une oreille attentive... même aux toilettes ;o)
Nanoo, un procès est une grade idée, pour sûr ! ;-)
Mais je te rassure, moi aussi je compte leur faire un procès (aux miens de parents), parce qu'ils m'ont fait une soeur hyper balèse en sports de combats (et oui, des fois on se mettait sur la tronche sévèrement !). J'en garde des séquelles psychologiques graves.
Le bon côté des choses, c'est que dans tous les cas on peut attaquer ses parents. ;-)
Quel mauvais esprit je fais...
sans inviter personne, c'est vrai que j'ai eu toute une vie aux toilettes : c'était aussi le seul endroit où je pouvais m'enfermer et je ne m'en privait pas pour avoir la paix (des fois m^me pour apprendre mes leçons, c'est dire...)
Maintenant encore, c'est un moment de tranquillité. Au boulot, quand j'en ai marre de tout ce qui m'entoure je file "la bas" pour me retrouver un peu!
Yes, une de plus au 'tolet club' ;-)
J'ai essayé de faire la même chose dans la litière du chat, et je vous confirme que c'est beaucoup moins pratique (et en plus les chats, ça ne fait rien que de répéter les secrets)
PsiCoyote, qui a un gros wormhole sous la caboche.
Sympa ton chat, de t'accepter dans sa litière. Notre chat de famille ne supporte même pas un petit regard dans sa direction quand il est dans sa litière. Un vrai snob.
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