mardi 29 août 2006

Achats compulsifs

Nous sommes tous plus ou moins victimes d'achats compulsifs, non ?
Par achat compulsif, j'entends achat pas franchement utile mais totalement irrésistible.

Evidemment, personne ne va me répondre que non, car les seuls qui parviennent à résister aux publicités, au marketing, à la mode, et à la technologie, vivent dans le Larzac sans télévision et sans internet.
C'est ce qui s'appelle un post sans risque.

Bref, donc, toute scientifique que je suis, je me propose de catégoriser tout ça.
Ok, ça n'a rien à voir avec la science. Ca s'appelle de la psychorigidité. Je classe tout dans ma tête. Classement croisé cela va sans dire. Par contre, je suis aussi maniaque du classement cérébral que je suis bordélique quand il s'agit de mon bureau ou mon home sweet home. Je vis dans un truc à mi-chemin entre Verdun et Hiroshima, mais dans ma tête, c'est nickel comme un bloc opératoire.

Bon, je m'égare, laissons là ma schizophrénie usuelle.

D'après mon recensement personnel, il existe différentes catégories d'achat compulsif :

- la compulsion mode/beauté : la pire. Plus répandue que la peste, les publicitaires et marketeux ont fait un job irréprochable. Nous sommes nombreux, et surtout, nombreuses, à ne plus pouvoir concevoir de porter des vêtements en désaccord avec la mode.

Oui, toi aussi, victime de la mode tu es. La seule à abuser des achats girly (copyright Hélène) je ne suis pas. Les jeans slims que tu trouvais odieux il y a 2 mois tu achètes ; ton salaire chez Séphora tu claques, pour les Birkenstock tu as cédé (oui, comme yoda d'écrire j'ai décidé).

On trouve toujours une bonne raison pour justifier nos achats inutiles. En vrac :

A l'occasion de l'achat du 215ème sac-à-main :
"Hummm, ce sac-à main n'est pas tout à fait le même que celui que j'ai acheté l'an dernier, regarde, la lanière a 10 trous alors que l'autre n'en avait que 8."

A l'occasion de l'achat du 50ème fond de teint :
"Je n'en avais pas de cette couleur, et c'est la seule qui corresponde à mon teint à cette période de l'année : entre le 25 août et le 30 septembre, les années bissextiles avec un mois d’août pourri".

A l'occasion de l'achat de la 148ème paire de chaussures :
" Celles-ci sont mi-plates. En marron, j'en avais des plates pour porter avec mon jean slim, des hautes qui me font mal au pied pour les mariages, des hautes confortables pour le boulot, des hautes à paillettes pour les sorties, des baskets pour les week-end, des tongs pour les vacances, mais je n'avais vraiment rien pour les jours de boulot où je dois marcher un peu mais rester classe tout en étant harmonieusement assortie à ma jupe beige."

En vrai, on est juste manipulés par des types qui s’en mettent plein les poches et qui doivent bien rigoler en décidant des tendances. La preuve, c’est que souvent on trouve tout très moche avant de trouver ça indispensable.

- la compulsion high-tech/gadgets/média : un peu plus masculine, quoi que… De l’appareil photo numérique à l’ordinateur portable en passant par le lecteur mp3, encore une fois il y a des types qui passent leur temps à se creuser pour nous créer des besoins dont on ne soupçonnait même pas l’existence... Dans deux ans, tout le monde se baladera avec son archos, histoire de mater des épisodes de Lost dans le métro. Je ne vous parle même pas de la nécessité absolue de s’équiper d’un écran plasma pour regarder le foot, ni de l’utilité démontrée de la fonction ‘coupe-ongle’ sur les futurs téléphones portables.

Moi ce que j’adore par dessus tout, c’est les gadgets un peu design. Comme le Pinpin électronique. Son slogan, c’est ‘parfaitement inutile donc absolument nécessaire' (ou un truc comme ça, je suis désespérément nulle en citation). C’est tout dire. En plus il a un nom à coucher dehors, c'est trop chou.

Mon autre péché mignon dans cette catégorie, c’est les bouquins, que j’achète à la tractopelle et que j’entasse dans la bibliothèque.

L’homme de la maison est plutôt sensible à l’informatique (si, chérie, un nouvel ordinateur s’impose, un nouveau disque dur aussi, et ce câble à un million d’euros pour connecter l’ordinateur à je ne sais quoi est tout simplement nécessaire). Je ne comprends rien donc je ne négocie pas. Il fait en sorte que l’ordinateur fonctionne alors je ne vais pas chipoter sur une somme équivalente au PIB allemand.

Et puis ça permet de battre des records de nombre de points sur la carte FNAC. Oui car nous sommes complémentaires mon mâle et moi. A la FNAC, pendant que je vide consciencieusement l’étage des livres, lui se charge de tout le reste : informatique, DVD et CD. Ce qui nous amène à consacrer une pièce entière au stockage de tout ça. Certains ont prévu la chambre du bébé, nous c’est celle de l’ordinateur. A peine avions nous emménagé ensemble que j’avais déjà abandonné l’idée d’écouter un jour ne serait-ce qu’un extrait de tous ses CD. Je ne parle pas même pas des 800 films stockés en video-cassette, en plus des DVD.

- la compulsion maison-bricolage-décoration : qui ne ressort pas de chez Ikea les bras chargés de trucs inutiles? Lampes, bougies, vaisselle, nous empilons joyeusement nos achats et entamons avec enthousiasme la rituelle heure de queue aux caisses.

Ah oui, je suis aussi très forte pour acheter des ustensiles de cuisine plutôt design et/ou chers alors que je vais au mieux m’en servir une fois. Comme des moules à muffin / madeleines / et autres mini-trucs. Sauf que je n’aime pas trop cuisiner. A un moment, je me sens quand même obligée de partir à la recherche d’une recette qui utilise le moule en question. Je sais rester raisonnable. Parfois même je demande à mon homme de faire la recette que j’ai trouvée, voire, dans les cas exceptionnels, je la fais moi-même.

Sinon, il y a aussi le cas du ‘pèle-pomme’. Un mécanisme fascinant. On nous en a offert un l’année dernière et ça a scotché tous les invités pendant le reste de la soirée.
C’est impressionnant : on ne se lasse pas de le regarder fonctionner. Les pommes ressortent pelées ET découpées en guirlande. Prêtes à se faire entarter en quelque sorte. C’est presque de la magie.
On a fait au moins deux tartes aux pommes depuis, c’est dire. Et je ne compte pas les deux pommes achetées spécialement pour la démonstration.

J’ai une copine qui est à fond dans les boî-boîtes. Boites à chapeau, boîtes à spaghetti, boîtes avec des boîtes dedans, elle a des boîtes pour tout. Sa trousse de toilette ressemble un peu à une triple série de poupées russes. Quand elle doit en sortir une pince à épiler, elle ouvre des kilomètres de zip.

Version plus originale, mon papa est un acheteur compulsif de matériel de jardinage et de bricolage : bétonneuse, tondeuses à gazon (on en a 4 de différents formats à la maison et mon père nous sort les mêmes arguments ridicules qu’on utilise au 251ème sac-à-main) , karsher, etc. A Castorama, ils pensent bientôt ouvrir un magasin dans le jardin de mes parents, ça ferait des économies de transport et c’est mieux pour le développement durable de la planète.


Bien sûr les catégories c'est fait pour exploser. La preuve, moi je meurs d'envie de m'offrir un Macbook parce qu'il est trop beau, top hype et parce que c'est high tech. De toutes façons je suis un modèle d’œcuménisme : je cède à toutes les compulsions.
Tout est bon dans le cochon, et toutes les excuses sont bonnes pour mettre mon banquier en état d'alerte cardiaque maximum.
J’alterne avec des périodes de légère nausée, limite overdose. Là, je reste chez moi, ma carte bleue se repose, et je maudis la société de consommation. Heureusement, la publicité est aussi dans mon salon, par l’intermédiaire du petit écran, et je retrouve le chemin de la surconsommation rapidement, prête à faire exploser les étagères et l’armoire à fringues.
C’est beau, le capitalisme.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Alors moi c'est chaussures (exactement la description que tu fais de l'accro), les sacs à main et les bouquins...

Pour le reste, il y a des achats coup de coeur non réfléchis de temps en temps mais sans parler d'achats compulsifs!