L'expédition au BHVAvec cette nouvelle carrière, et, n'ayons pas peur des mots, cette nouvelle vie qui s'offre à moi, c'est pimpante et optimiste que j'arrive au BHV, accompagnée de l'Homme.
La mission du jour :
- Choisir les couleurs de peinture
- Acheter le matériel de peinture
Un jeu d'enfants, donc.
Nous nous balladons dans les rayons, les yeux plein de couleurs, et déjà, les premières questions affluent : acrylique ou glycéro ? Mat, brillant, satiné, ou laqué ? Sous-couche ou pas sous-couche ? 0.5, 1, ou 2 litres ?
Ces questions bassement techniques devraient être résolues sans problème : il suffit de trouver quelqu'un pour nous expliquer et nous conseiller.
Où sont donc ces Quelqu'uns ?
Un stand rassemble pas mal de Quelqu'uns, alors nous nous approchons.
Incroyable, ici, ils fabriquent les couleurs. On peut choisir absolument toutes les couleurs proposées par les 200 nuanciers en consultation sur la table. Si c'est pas le top du hype, ça...
Hum. On n'est pas très doués pour choisir, l'Homme et moi, d'une manière générale. Pas gagné, donc.
Le Quelqu'un du stand n'a absolument AUCUNE réponse technique à nous fournir (ou alors il n'a pas envie de répondre parce que ça fait 2 milliards de fois - au bas mot - qu'il entend la même question).
Mais un client de passage nous informe que si nous sommes débutants, la peinture ACRYLIQUE est particulièrement conseillée car elle se nettoye à l'eau et non pas au White Spirit.
Un millième de seconde nous suffit pour revoir l'état de notre cuisine après la préparation d'une salade de tomates-moza (la déco au jus de tomate n'est pas encore reconnue artistiquement parlant). Cette vision tchernobylesque nous convaint immédiatement de l'intérêt du nettoyage facile.
Bon, voilà déjà un problème réglé. Notre enthousiasme n'est pas encore entamé (pas trop).
Nous répondons aux autres questions techniques avec une méthode tout-à-fait scientifique : le plouf-plouf. Cela nous laisse 50% de chance de réussite, ce qui est bien supérieur à la probabilité de succès que l'on obtiendrait en essayant de réfléchir, et bien plus rapide (je vous rappelle que l'action se déroule un samedi au BHV, on joue des coudes pour garder notre place, et on n'a pas tellement envie de s'éterniser).
Attaquons nous aux couleurs.
Au bout de 5 minutes, je suis incapable de me souvenir quelle est la couleur de nos meubles, ni celle que nous avions en tête pour cet achat.
Je me sens soudainement un peu daltonienne.
L'homme propose un fushia-violet assez flashy et j'opine de la tête en essayant de cacher mon désarroi (je ne suis pas prête à montrer mon incapacité totale à imaginer la couleur au milieu du salon).
Le Quelqu'un va préparer le mélange pendant que nous nous dirigeons vers l'outillage.
Le rayon des rouleaux-pinceaux fait disparaître ce qui me reste d'enthousiasme : à laque, à satin, à acrylique, à glycéro, à sous-couche, à vernis, grand format, moyen format, petit format, les rouleaux-z-et-pinceaux sont donc multiples-z-et-variés.
Nous découvrons un peu dépités qu'un doctorat en Peinture est le niveau minimum requis (avec un salaire de chef d'entreprise, vu les prix).
Nous optons pour un lot de trois pinceaux en promo avec aucune indication d'usage : c'est qu'ils peuvent être utilisés dans tous les cas, n'est-ce-pas ?
Une fois nos achats réglés (véridique, on paye AVANT d'avoir vu la peinture mélangée), nous pouvons aller récupérer notre pot de peinture. Le Quelqu'un ouvre le pot pour nous faire admirer le résultat du mélange.
Et là, c'est le drame.
Au bout d'une bonne minute, la remarque aigüe d'une cliente : "Ouh la la !!! c'est sympa la couleur, mais faut oser, hein !!!" nous fait finalement sortir de notre stupéfaction et refermer la bouche.
Nous aurons donc des meubles rose fushia.
"Chéri, il ne te semblait pas que la couleur que nous avions choisie était un peu moins.... flashy?"
"Euh...." (l'Homme est encore un peu sous le choc).
Le Quelqu'un nous explique que c'est exactement ce que nous avons demandé, et que c'est normal, la peinture elle fonce en séchant.
Nous essayons de cacher notre scepticisme et faisons bonne figure en récupérant notre pot.
Oui, l'Homme et moi appartenons à la catégorie :'bonnes poires'. On peut nous vendre n'importe quoi. Cette catégorie nous permet aussi de dire 'Merci, j'aime beaucoup' et de sourire au coiffeur qui nous a fait la tête de Lorie (avec sa nouvelle coupe comme sur la photo), et également d'acheter des objets hors de prix dans les souks sans aucune négociation.
Sur le trajet du retour, mes pensées volent et virevoltent. Après tout, un peu d'originialité ne nous fera pas de mal. Les couleurs c'est chouette. Et puis ça pourrait être mon style d'artiste-décoratrice, les couleurs flashy. Un vrai créneau à prendre.
Le sourire revient sur mon visage d'incorrigible rêveuse.
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