jeudi 17 août 2006

Les trains et moi - Episode 3

Episode 3 - L'émulation

Voyager avec mes amoureux m'a en général fait beaucoup de bien. J'essaye de leur faire confiance quand ils m'assurent que non, le métro ne va pas doubler son temps de trajet justement aujourd'hui, et que non, il ne faut pas 50 minutes pour atteindre le quai depuis l'entrée de la gare.
Par contre, je voyage parfois avec des copines.
Et notamment avec une copine, plutôt poissarde, un peu comme moi.
Du coup, quand on est ensemble, on se prend vraiment tous les problèmes spatio-temporels du coin.

Je me souviens notamment d'un Lyon- Toulon d'anthologie.
Pour commencer, notre trajet comportait trois trains.
Lyon - Valence (en TGV) ; Valence - Marseille (en corail) ; Marseille - Toulon (en TGV à la vitesse d'un corail. Je sais c'est con, mais c'est juste une astuce de la SNCF pour vous faire payer plus cher).
Il s'est avéré que notre premier TGV allait jusqu'à Marseille, mais nous, on n'y a pas eu droit on a dû changer pour un corail tout pourri, et ça, ça sentait déjà la poisse spatio-temporelle...

Arrivées à Marseille, tout en discutant joyeusement (nous étions quand même arrivées jusque là sans ambage, ça mérite d'être joyeux), nous montons dans le pseudo-TGV (celui de l'arnaque SNCF, sans places réservées) qui attend gentiement sur son quai.
Personne à bord, mais cela ne nous perturbe pas plus que ça. A ce moment là, on sort nos magazines féminins, nos bonbons, nos balladeurs (oui à l'époque, les mp3 n'existaient pas, n'en déplaise aux plus jeunes) etc.
Un type louche sur le quai s'approche alors de notre fenêtre avec un sac en plastique et frappe à la fenêtre en nous faisant de grands signes.
Les gares sont pleines de cintrés c'est bien connu. Nous ignorons superbement ce sadique à tendances perverses.
Notre joyeuse conversation reprend pendant un bon quart d'heure, jusqu'à l'arrivé d'un autre dangereux personnage : le contrôleur.
Il arrive en ricanant et en se frottant les mains. Nous sommes seules dans le wagon et pas trop rassurées, surtout au moment où il dit : " hein, hein, hein (ceci est un ricanement), on va bien s'amuser tous les trois".
Il s'assoit en face de nous et commence à nous demander où on va. Sagement, nous répondons à ses questions. Un peu terrorisées sur les bords quand même.
A ce moment là, le sadique nous informe que le TGV qui part à Marseille, c'est l'autre rame. Ici on est donc dans la rame qui ne bouge pas. Et nous, les sales petites squatteuses, si on veut changer de rame, ben va falloir courrir et plutôt vite.
Panique à bord.
Rassemblage d'affaires express, course effreinée sur le quai, perte d'accessoires sur le quai (à cause des sacs pas vraiment bien refermés), finalement on rentre dans l'autre rame, celle qui part, vraiment tout juste à temps.

L'énorme fou rire passé, on n'a plus qu'à se faufiler au milieu des wagons pleins à craquer ceux-là, pour se trouver deux petites places et commencer le recensement des traces de nous qu'on aura laissées sur un quai de la gare de Marseille Saint Charles.
Evidemment ce train-là a subi une panne qui nous a immobilisées plus d'une heure en rase campagne.

La conjonction de plusieurs failles spatio-temporelles mène à des situations dramatiques induisant humiliations et ridiculisation des victimes, vous l'aurez constaté.

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