mercredi 23 août 2006

La peinture et moi - Episode 3

La fin d'un rêve

A peine rentrée du travail, me voilà relookée en simili-pyjama (vieux t-shirt, vieux pantalon).
Y a pas à dire, c'est quand même moins glam que les vestes 'Mao' de Miss D&CO.

Et ce n'est malheureusement pas la seule différence significative entre D&Co et Fyfe artiste-décoratrice.

Pour commencer, mon espace de travail est compris entre l'ordinateur, le canapé, et des bibliothèques. Restent 3 m².
Ensuite, je ne dispose pas d'un atelier d'artiste, et c'est bien dommage, et pas seulement du point de vue de mes fantasmes artistiques.
Pliée en deux au-dessus d'une table (très très) basse, mon dos découvre des sensations nouvelles (bien connues des rammasseurs de framboises ou de haricots).

Au bout d'une heure, je suis totalement découragée.

Le meuble n'est pas encore totalement rose fushia, mais moi si. Le parquet aussi. Et l'évier aussi.
Je me creuse pour essayer de comprendre pourquoi le pinceau laisse de telles marques sur le bois.
Et pourquoi il laisse tous ces poils collés dans ma peinture déjà à moitié séchée (avez vous déjà essayé de récupérer des poils de pinceau sur une planche pleine de peinture pas sèche ?).

Je prends sur moi et persévère. C'est en forgeant que l'on devient forgeron, n'est-ce-pas ? (ma conscience diabolique me souffle que ce n'est pas en me tapissant de peinture que je deviendrai décoratrice, mais je l'ignore)
Bon sang mais comment est on sensé verser la peinture du pot vers le machin qui sert à tremper le pinceau sans faire des coulures de peinture partout ???
Déjà à la maternelle j'étais plutôt du genre cra-cra pendant les sessions peinture.
Force est de constater que les choses n'ont pas beaucoup progressé de ce point de vue là.

Une demi-porte de placard plus tard, j'en ai presque les larmes aux yeux.
Non, je ne serai jamais Fyfe artiste-décoratrice. D'abord parce que je DETESTE la peinture et qu'elle me le rend bien.
En plus je n'ai aucun goût. Franchement, ce fushia...
Vaincue, j'abandonne. Le fushia m'a tuer.
Je suis prête à sacrifier ces 3m² d'espace dans l'appartement pour ne plus jamais avoir à retoucher de la peinture ou un pinceau.
Adieu veau, vache, cochon, (et je ne me souviens plus de la suite). J'ai bien fait de ne pas parler tout de suite à mon boss de ma nouvelle carrière.

C'est alors, que l'Homme arrive sur son cheval blanc (l'Homme est adroit, il n'a pas peur de venir dans mes 3m² fushia avec un cheval immaculé qui n'a probablement pas envie de ressembler à la vache Milka).
Avec un petit sourire, il prend un autre pinceau et nous voilà à la pêche aux poils de pinceaux tous les deux, en amoureux.
Je le regarde. Avec son petit air concentré il est tellement mignon.
On aura des meubles rose fushia pleins de poils et de traces de pinceaux. Ca n'est pas si grave, n'est ce pas ?

(En photo : quelqu'un qui réussi apparemment à utiliser de la peinture sans repeindre le pot. Il semblerait donc que ce soit possible)

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