vendredi 25 août 2006

Boboïtude

Il y a 10 ans, j'étais une jeune étudiante fauchée assoiffée de voyages. Visiter des pays étrangers nécessitait une organisation démente pour la planification d'un budget à minima.
Je me jetais dans ces projets avec la folle énergie de la jeunesse (oui, je suis d'humeur lyrique aujourd'hui), et je ne compte plus le nombre de nuits passées sous une tente pas étanche, cassée en trois sur un siège de bus, pliée en quatre sur un matelas jeté dans une camionnette, ou debout le pousse levé au bord d'une bretelle d'autoroute.
Non seulement l'inconfort occasionné me semblait être un prix fort raisonnable à payer pour le plaisir du voyage, mais en plus j'en étais fière : c'était roots, c'était cool, c'était l'aventure !

Petit à petit, mes vacances ont évolué. Un peu plus de budget, un peu moins d'inconfort. Envie d'un repos bien mérité (cet argent, je l'ai gagné à la sueur de mon front, n'est ce pas ?).
Ma tente dort dans un coin de la chambre et me rappelle les folles épopées de ma jeunesse (lyrique, j'avais prévenu).

Je persiste à ne pas programmer mes vacances (pas d'hôtel réservé à l'avance, pas de circuits organisés, pas de séjours 'tout inclus' en hôtel club) et à me contenter de la réservation du billet d'avion, mais c'est bien le seul vestige de cette glorieuse époque.
L'aventure, oui, mais dans un lit confortable et sans partager les sanitaires !

Aujourd'hui, je le confesse : je me suis boboïsée.
Le constat est bien triste car je m'aperçois que je garde bien plus de souvenirs de mes voyages à 2 francs que de ceux à 1000 euros.

Heureusement, la vie me rappelle à l'ordre.
M-2 avant les 30 ans, il est temps de réagir.
Ce week end, énôrme fête post-mariage (70 personnes!), dans une énorme maison dont tous les lits seront occupés par la famille. Les amis sont priés de dormir dans les tentes, dehors. Nous on fait partie des amis.
La météo annonce 17°C comme température maximale et mon dos ne s'est toujours pas remis des séances quotidiennes de peinture...
Le grand test en somme. Si je survis à ça sans mauvaise humeur, je reviendrai rassurée sur ma capacité à l'aventure (l'aaaaaventura,....), malgré mon vieillissement prématuré.
Sinon, je devrai faire le deuil de mon insouciance et assumer ma boboïtude.
Arf.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Ben moi, il me manque un bo (celui de bourgeois), j'ai l'impression... vacances toujours en cars, toujours en tente, jamais prévues...

Fyfe a dit…

Hi, hi Mady... Je te rassure, je voyage encore beaucoup à l'économique !
Bon, sauf pour le billet d'avion, qui me coûte très cher en général !!
Sinon, ben, je suis prête à partager ma chambre avec des cafards, mais j'ai du mal à partager ma salle de bain avec d'autres touristes atteints de désordres gastriques ;) Et la tente, résolument, je déteste ça ! ;)