samedi 24 novembre 2007

S.O.S blog en détresse

Jour 1
Arriver au travail à 9 heures.
Ne pas avoir le temps de déjeuner pour cause de boulot de merde.
Rentrer tard à la maison pour cause de boulot de merde.
Être crevé, ruminer toute la soirée pour cause de... bref, vous avez compris.
Parvenir à reposer son cerveau assez tard dans la nuit.

Jour 2
Se réveiller en retard.
Arriver au travail à 9h15.
Ne pas avoir le temps de déjeuner pour cause de boulot de merde.
Sortir du travail juste avant que le gardien ferme les portes des bureaux.
Être crevé, ruminer toute la soirée.
Parvenir à reposer son cerveau assez tôt le matin.

Jour 3
S'extirper du lit au prix d'une belle flopée de jurons.
Voir sa tronche dans le miroir et prendre sur soi pour ne pas retourner au lit.
Arriver au travail à 9h30.
Encaisser les remarques des collègues rapport à la sale tronche.
Ne pas avoir le temps de déjeuner pour cause de boulot de merde.
Se faire sortir du bureau de force par le gardien.
Travailler une bonne partie de la soirée à la maison.
S'effondrer dans le lit avec une pensée déprimante sur le sens de la vie.

Jour 4
S'extirper du lit avec un mental de condamné à mort.
Voir sa tronche dans le miroir.
Rechercher la truelle à maquillage au risque d'être encore plus en retard.
Arriver au travail à 9h45.
Apprécier de ne pas avoir de remarques désagréables des collègues rapport au maquillage à la truelle.
Essayer d'apitoyer le gardien en pleurant un peu.
Continuer à travailler toute la soirée à la maison.
Ne plus très bien savoir où se trouve le lit.

Jour 5
Ramper hors du lit.
Perdre un quart d'heure à se demander s'il est préférable de se maquiller et d'agraver le retard ou d'assumer le visage "retour des morts vivants" staïle.
Ne pas réussir à se décider.
Maquiller un demi-visage et arriver au travail à 9h40.
Montrer son bon profil aux collègues.
Eviter le torticolis.
Fuir en douce du bureau à 18h.
Culpabiliser et travailler une bonne partie de la soirée.
Verser une larme en règlant le réveil pour le lendemain.

Jour 6
Se réveiller au doux son du réveil.
Se retenir de l'exploser.
Se souvenir que c'est le week-end.
Respirer.
Se souvenir aussi qu'il faut quand même se lever pour travailler.
Frôler la crise de nerfs.
Passer la journée à essayer de travailler.
Ne pas réussir.
Mais continuer à essayer.
Décider de lâcher prise et passer la soirée avec des amis.

Jour 7
Ne rien faire.
Du tout.
A part faire des gaufres.
Et les manger avec du nut*ella.
Trouver que finalement, faire la cuisine, c'est chouette.
Réaliser que le blog est en mort cérébrale.
Tenter une réanimation de la dernière chance.

vendredi 23 novembre 2007

Merci....

Merci à Arrêt sur Images d'exister :

D'abord, il faut aller lire ici pour savoir comment un dessin de barbelés fait par des étudiants à l'université de Rennes se transforme malencontreusement en vrais barbelés...

Ensuite, il faut lire ici pour apprendre que Le Monde se préoccupe tellement de l'avenir judiciaire d'Emmanuelle Béart qu'ils se sentent obligés d'amoindrir ses propos contre cette chère Madame Boutin, Ministre du Logement de son état. Précaution bien inutile quand les propos employés par Emmanuelle Béart sont justifiés dans une revue de presse audio... du Monde...

Voilà, maintenant vous pouvez rire. Ou pleurer, c'est au choix.

Edit : je vire la fin du post, après vous vous sentez obligés.... Bref, pas envie :)

dimanche 18 novembre 2007

L'enfer c'est les fourneaux

Je déteste cuisiner.
Rhââââ ça fait du bien d'arriver à le dire.

Après des dizaines d'années de faux semblants et de mensonges envers moi même, aujourd'hui je le clame à la face du blog : je hais entrer dans une cuisine si ce n'est pas pour me mettre à table.

Voilà.

Comme quoi, ça arrive même aux meilleurs.

Je suis follement admirative de celles et ceux qui se régalent à regarder mijoter, à remuer, à goûter, à éplucher, à assaisonner, etc etc.
Moi je me régale à manger, pas avant.

Mon blocage commence dès le supermarché.
Si j'ai faim, j'ai envie d'acheter un truc mioum et de rentrer chez moi en courant pour le faire chauffer.
Et si j'ai pas faim, la vision de toute cette nourriture et de toutes ces heures de faisage de cuisine en perspective me donne la nausée.

Bref, heureusement que l'Homme de la maison est avec moi dans ce lieu honni et qu'il se charge de remplir le caddie (et de me retenir si l'envie de rentrer à la maison en courant me prend)(non il ne me sort pas en laisse, il me retient avec des promesses de repas qu'IL cuisinera).

Pire que le supermarché, je hais la phase d'ouverture du frigo avec la phrase qui l'accompagne : "Qu'est ce qu'on maaaaaaaaange ?"
Mais j'en sais rien, moi !
De toutes façons c'est le même problème qu'au supermarché : si je n'ai pas faim je ne vois pas l'intérêt de me poser la question, et si j'ai faim, il faut me nourrir MAINTENANT, et pas la peine d'essayer de m'entourlouper avec des trucs qui vont mettre une heure à cuire.

Ne parlons même pas de la confection du dit repas, puisque j'ai pour cette étape là une incompétence notoire : trop cuit, pas assez cuit, brûlé, oublié sur le feu, oublié sur la fenêtre, renversé par terre, la variété de mon pouvoir de ratage de plat est infinie.
Mais les murs et le sol ne sont pas en reste, eux aussi se souviennent en général de mon passage : tâches, coups de couteaux, bouts de nourritures oubliés, morceaux de doigts ensanglantés, parfois je me dis que je devrais protéger la cuisine comme une pièce qu'on va repeindre : plastique - staïle.

Et pour finir, même si j'ai échappé à la phase précédente (parfois le Chéri compassionne et me dispense de l'assister), il y a la vaisselle.
C'est sale et on utilise du produit qui pue et bousille la peau douce de mes mains. C'est une honte, la vaisselle.


Mais cette semaine, l'Homme de la maison quitte la dite maison pour trois jours.
Au supermarché j'ai acheté des yaourts et des céréales.
Ça va être de la balle : pas de cuisine et vaisselle minimale. Un avant-goût du paradis.

mardi 13 novembre 2007

La Ratépé ça t'émotionne

Non, je ne délaisse pas mon blog pour cause de flemmasse intense, c'est uniquement une histoire de perfect timing.
En effet, j'attendais que le ternet foisonne d'attaques virulentes contre la Ratépé pour caser un billet qui n'a rien à voir avec les grèves.
Non ce n'est pas la pire excuse que j'aie inventé. Je peux faire pire.
Ahem.


Un vendredi matin dans le bus.
Assis dans le carré du fond, le spectacle commence quand entrent en scène un jeune homme et un moins jeune homme.
Ils rient et parlent fort, avec des sourires qui découvrent des dents manquantes, et d'autres brillent comme de l'or.
Ils parlent dans une langue chantante que je ne comprends pas.
Je me crois dans Gadjo Dilo, et déjà, je n'arrive plus à me concentrer sur mon bouquin, le spectacle est là.

Un homme les interpelle : "De quelle région venez vous ?"
Ah ce que j'aime ça quand les parisiens sortent de leur mutisme pour s'intéresser à leurs voisins, quand le dialogue s'installe.

Les hommes rigolent :"De Marseille !"
L'autre insiste : "Ah je ne vous crois pas !"
"Gitans de Marseille !"
Je me marre à l'intérieur de moi. Pas à l'extérieur parce que je suis une asociale, faut pas compter sur moi pour la convivialité dont je suis pourtant friande.

"Et c'est quoi votre but dans la vie ?"
"..." (ben ouais moi non plus je ne saurais pas quoi répondre, hein. Depuis quand on est sensé avoir un but dans la vie à part manger du chocolat ce soir, boire du thé tout à l'heure, et attendre le week end pour faire la grasse matinée ?)
"Si, vous savez, à long terme, ou à moyen terme, vous visez quoi ?"
Les gitans continuent à rire. Ils ne savent pas.
"Je ne vous crois pas. Je les connais les gens de votre race, vous êtes des fourbes de nature !"
????
Il nous fait quoi le vieux con là ? Il est en train de me pourrir ma scène bisounours ou je rêve ?

Les contrôleurs de la Ratépé font leur entrée.
Les gitans n'ont pas de titre de transport, et en guise de papiers d'identité, tirent de leur poche un feuille imprimée pliée en quatre, usée jusqu'à la trame, avec le logo de la Croix Rouge.
Pendant que les contrôleurs rédigent leur procès verbaux, le vieux casseur d'ambiance se sent obligé d'intervenir : "Non mais vous croyez vraiment qu'ils vont payer ? Vous perdez votre temps là ! Des gens comme ça ils ne payent jamais "
Les contrôleurs sourient : "Et pourquoi pas ?"
Merci les contrôleurs. De ne pas rentrer dans ces jeux perfides d'étiquettage du type toi pauvre, toi gitan, toi malhonnête, toi et ta race de fourbes etc etc.

A ce stade du voyage en bus, je suis à deux doigts de l'entorse occulaire pour cause de lançage de regards méchants au vieux con de service concomitants avec les lançages de regards souriants aux autres (si, ça peut parfaitement sourire un regard).

Là, vous vous dites, ça y est, c'est la fin du spectacle Ratépé, et c'est pas gai.
Et bien pous avez tout faux (et de toutes façons je ne sais toujours pas faire des posts courts, vous devriez le savoir depuis le temps).

Entre donc en scène le dernier protagoniste.
Celui-ci est bien éméché malgré la matinalité de l'heure.
Il entre dans le bus avec un tonitruant :"Bonjour Messieurs-Dames".
Au moment où tout le monde plonge la tête dans son écharpe pour éviter d'avoir à lâcher une petite pièce à ce Nième mendiant, il enchaîne :
"Figurez vous que j'ai passé la nuit au poste pour avoir eu le courage de dire ce que je pensais.
On vit en dictature ! Alors tous ensemble, on y va : Sar-ko, sa-laud, le peuple aura ta peau ! "

Pouf pouf (je pouffe).

"Finie la liberté dans ce pays moi je vous le dis ! Et je suis pour la démocratie moi ! C'est la majorité qui l'a choisi d'accord, mais moi je suis de gauche, et j'ai le droit de pas l'aimer bordel de merde ! Alleeeeeez ! Sar-ko, sa-laud, le peuple aura ta peau ! "

Là, les gitans et les non-gitans pouffent aussi.
Il a la voix qui porte le monsieur, hein !

Mais tout d'un coup, la voix de stentor se transforme en chuchotement de stentor.
C'est bizarre, je sais. En vrai aussi.

"Oh la la il y a un bébé ici !! Et moi je parle trop fort ! Bon allez on chuchote maintenant : Sar-ko, sa-laud, le peuple aura ta peau ! "

Le carré du fond est hilare. Nos yeux brillent des larmes de fou rire retenus.

Le stentor chuchotant descend du bus, sans oublier de nous rappeler que le peuple vaincra et qu'il faut se battre. La porte à peine refermée, le carré du fond, le reste du bus, l'immeuble voisin, ainsi que tout l'arrondissement profitent de sa voix libérée : Sar-ko, sa-laud, le peuple aura ta peau !

Fou rire général, je savoure la sensation unique du rire complice.
(bisounours sortez de mon corps).
(et vieux cons sortez des bus, merci).

jeudi 8 novembre 2007

Bazar brut

Bon, les gens, ça va pas du tout (copyright Natural Born Blonde).

Alors que la vision des piles de dossiers urgents s'entassent sur mon bureau sans jamais donner signe de ralentissement,

Alors que des jolis moutons, poils de chats et autres déchets non identifiés constellent le fond de mon pantalon après que je me sois par mégarde assise à ma place préférée, à savoir le parquet de mon salon,

Alors que je soupçonne les post it me rappelant les choses à faire de se reproduire comme des lapins dès que j'ai le dos tourné,

Vous ne pourrez pas décemment me tenir rigueur de cette note en vrac, pas vrai ?

En vrac, donc :

- Amenez moi un styliste de prêt à porter féminin collection automne-hiver 2007 que je lui montre un peu mon super-pouvoir de Hulkette siouplaît. Ma soeurette m'avait prévenue : cette année, soit tu achètes une doudoune et tu passes l'hiver à te rappeler l'anorak rose fluo avec des bandes bleues turquoises de tes 9 ans, soit tu achètes un manteau aussi épais qu'une Kate Moss après 15 jours de grève de la faim et aussi chaud qu'un sourire de $arko pour un pêcheur breton / un sans papier / un adepte de la grasse matinée (rayez la mention inutile).
Sachez que j'ai tout misé sur le réchauffement climatique, mais que ça risque de ne pas suffir étant donné que je me gèle déjà par 13°C dans mon néanmoins magnifique manteau.

- Je pars dès demain en ouikend parental, avec trois anniversaires de retard à fêter. Adieu ma sveltesse (relative) de traumatisée post-pays du Milieu. Bonjour le gras qui tient chaud (pour compenser le manteau).

- Mes bonnes résolutions d'arrêter de fumer et d'arrêter de me ronger les ongles se portent très bien. Elles jouent aux cartes bien planquées au fond du tiroir pendant que je clope en mangeant mes doigts. Y a des moments où c'est juste pas le moment.

- J'ai 4 bédés qui me font de l'oeil en me sussurant des choses indécentes. Alors que non, même en cherchant bien, je n'ai pas de dimanche à leur consacrer sous la couette avant ma retraite (vers 113 ans si mes calculs sont bons).

Et je termine cette note de n'importe quoi avec un appel au peuple :
Comment on fait pour convaincre son boss qu'on peut avoir besoin de vacances alors qu'on s'est barré trois semaine le mois d'avant ?
(Je compte sur vous, là)

dimanche 4 novembre 2007

Chinoiseries du Milieu

Ça y est, j'ai pris ma claque du Milieu (du nom du Pays, c'est écrit dans le post it, suivez siouplaît, c'est déjà suffisamment le bazar dans ma tête)(et dans mon blog)(c'est le principe, je rappelle).

Au bout d'une semaine dans la campagne du Milieu, je ne peux qu'admettre que je ne sais plus trop qui je suis où je vais et dans quel état je ne gère pas (je fais des jeux de mots moisis si je veux, je suis per-tur-bée je vous dis)(et puis j'ai le droit à toutes sortes de blagues pourries depuis que j'ai mangé du tofu moisi, c'est une ancienne loi du Milieu).

La perte de repères, elle est présente partout, mais elle commence par un point sensible chez les français et semble-t'il surtout chez moi : l'estomac.

Alors certes, je suis une délicate petite chose du point de vue gastronomique (pour le reste je suis plutôt Hulkette de caractère), du genre à passer une heure à écarter les parties blanches ou pas tout à fait roses de ma tranche de jambon, et à refuser catégoriquement tout ce qui me semble un peu beurk (dans le désordre : foie, langue, abats, cervelle, fruits de mer vivants et/ou morts, viande crue, etc etc). Certes.
(oui je fais des phrases tellement longues que je suis obligée de répéter le début à la fin.
C'est pas clair ce que j'écris, je sais, m'enfin Confucius et moi, on se comprend. Ou pas.

Ça y est, cette note parte en canard laqué.
La bouffe, donc.

J'ai joyeusement testé la ruralité gastronomique du Milieu, pleine d'enthousiasme parce que quand même, c'est la belle vie de découvrir des trucs nouveaux, exotiques et dépaysants grâce au boulot.

Le petit problème, c'est qu'à mes yeux, la cuisine du Milieu est un peu à l'image du Yin et le Yang.
Si, si, vous savez, la complémentarité qui existe en toute chose : les trucs super bons et les trucs dont la seule vision te provoque des hauts le coeur par exemple.
La langue de canard et les légumes sauvages.
La peau de patte de canard et les crevettes épicées.
Les intestins, les soupes au gras, les trucs qui ressemblent à des yeux, et... ben non j'ai plus d'exemples de trucs trop bons. Ah si, les fruits.

Moins 1 kg sur la balance au retour, malgré ma bonne volonté pour tout goûter, ça ne s'invente pas. (Ok, ça n'avait rien à voir avec ma bonne volonté, j'étais obligée de goûter sous peine d'incident diplomatique).

Alors évidemment, les gens du Milieu, ils se sont dit, ouhlala la Française elle mange pas beaucoup, ça doit être parce qu'elle préfère boire.
De l'alcool de riz.
D'un trait en criant avec un grand sourire "Ganbei !".
(non, ça ne veut pas dire "santé", ça veut dire "cul sec !", et tu t'exécutes, même au douzième verre, sinon on repart sur le truc de l'incident diplomatique tout ça tout ça).

D'ailleurs maintenant c'est la guerre à la maison entre ma balance qui m'incite à aller m'installer au fin fond du pays du Milieu alors que mon foie (et mon estomac) me supplie de ne plus franchir le périph'.

J'aurais autant de choses à dire sur cette semaine ébouriffante que le pays compte d'habitants, sauf qu'en fait, non, c'est tout mélangé dans ma tête.
Je crois qu'il faudrait au bas mot une vie pour être capable de comprendre la culture du Milieu.

Pour faire simple, je dirais que je me croyais vachement forte en internationalitude, rapport à mes nombreux voyages et mon attirance pour tout ce qui est différent.
Mais là, la peau de patte de canard m'a tuer, c'était ma claque, et elle n'était pas que gastronomique.
Je vais prendre un peu de temps pour m'en remettre, là.