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mercredi 24 octobre 2012

Mes nuits, vos jours, tout ça tout ça...

22h30, je traîne mon épuisement jusqu’à mon lit. Je m’endors tellement vite qu’un jour je n’aurai pas le temps de finir de me brosser les dents.

23h30, Mr PetiteGraine me secoue pour me réveiller. Une urgence SuperGlue (SuperGlue est le surnom du poupon livré en juin. Ne me demandez pas pourquoi, devinez). Je m’extirpe du lit et me motive pour demander ce qu’il se passe plutôt que de filer vers la fenêtre et sauter (un moment d'égarement sans doute).
La SuperGlue s’est donc vidée. Par en haut, par en bas. Il est maculé des orteils aux cheveux. Très bien, justement je me disais que dormir une heure c’était le timing parfait avant de faire un bain pour un bébé gluant. Je lave donc la SuperGlue pendant que Mr PetiteGraine change draps, langes, vêtements. Quand je pense que certains ne sont pas encore allés ce coucher alors que moi j’ai fini ma nuit d’une heure, je me marre. Ou pas. En fait, tellement pas, que j’abandonne là homme et enfant et que je cours me réfugier sous la couette.

A 2h du matin, SuperGlue se réveille. Il veut manger, et des câlins. Je le colle au milieu de notre lit, soulève mon t-shirt, et me rendors.

A 5h30 du matin, un animal est en train de faire ses griffes sur mes seins. Ah non, c’est SuperGlue qui a quelque chose à me dire on dirait. Même joueur joue encore, on change de côté, je soulève mon t-shirt, et me rendo…. Ah non. SuperGlue gazouille joyeusement, et bat des bras avec vigueur. Cet enfant pense manifestement qu’en s‘y prenant tôt, il arrivera à voler. Pour l’instant il arrive surtout à me mettre quelques bons coups de tatane dans ma gueule. Pas grave, je sais dormir en conditions extrêmes. Je me rendo…. Ah non. SuperGlue trouve ses parents moyennement drôles, et il le fait savoir. Un dilemme se présente à moi. Soit je fais don de mes tympans à la science, soit je les sauve et je me lève.

Wakey, wakey, rise and shine !C'est une bien belle journée qui commence !

A 6h30, Mr PetiteGraine se lève. « Alors, comment c’était la nuit ? » « Ben écoute, pas mal du tout, je me sens reposée. Et toi ? » « Pareil, putain, c’est cool quand on n’est pas obligé de lui laver le nez 3 fois dans la nuit, ni de le bercer 1 heure pour le rendormir. » « C’est clair. En plus, il ne s’est réveillé qu’UNE fois, finalement ! »


Voilà. C’est ma vie. Trouver génial ce genre de nuit. Ceci expliquant sans doute mon manque d’assiduité sur le blog (doux euphémisme).

(à part ça, SuperGlue est le plus adorable bébé de la terre, le Crampon est en pleine forme et s’est découvert une nouvelle passion : faire des spectacles de danse et de chant pour son petit frère, bref, nous sommes exténués, mais tellement fiers de nos deux merveilles).

vendredi 17 février 2012

Un billet naze. Très naze.

Le réveil de Mr PetiteGraine sonne. Grmph.
Il sonne encore. Grmmmmmmmph. Je tends le bras vers le dit M. PetiteGraine pour l'aider à se réveiller avec amour et douceur (= je vise les côtes avec mon coude).
Gnééé ? C'est vide. Personne.
Rhâââââ mais oui bien sûr, il est à Paris pour deux jours, et il a oublié d'éteindre son réveil hier en partant prendre son train matinal. Il est donc... 4h30. AAAAAAAH. (ben si, ça fait peur, 4h30).

Le temps que je trouve le bouton pour éteindre le réveil, le Crampon s'est réveillé. Nooooooon, pitié....
Il chouine parce qu'il ne retrouve pas sa tétine.
Stratégie 1 : je fais semblant de ne rien entendre, reste au chaud sous la couette, et croise les doigts pour qu'il la retrouve tout seul (et s'il ne la retrouve pas, il ne se rendormira pas et je vais mourir). Ok, trop risqué. Stratégie 2 : go, go, go, je jaillis hors du lit, me précipite à la recherche de la tétine perdue, lui colle au bec, marmonne un truc du genre "'core nuit, dodo", et m'enfuis en courant.  Si, ça peut marcher.

D'ailleurs, ça AURAIT marché si je ne m'étais pas trompé de bouton en voulant éteindre le réveil. Manifestement, j'ai snoozé : re-bip bip 5 minutes plus tard donc.
Le Crampon s'est rendormi, mais pour moi c'est foutu.

Quelqu'un peut il m'expliquer pourquoi diable je suis capable de me rendormir profondément 10 fois d'affilée pendant une heure quand je suis à la bourre pour aller au boulot, et pourquoi à 4 PUTAINS D'HEURES 30, un malheureux snooze me tient éveillée comme si je venais de gober 4 exta ??

A 6h30, je suis toujours occupée à essayer de résoudre mentalement ce mystère.

A 8h30, j'ai déposé le Crampon à la crèche, et je ne comprends toujours pas.

Je file rejoindre ma deuxième maison, aka le laboratoire d'analyses médicales.
Échantillon d'urine, prélèvement sanguin, recherche de toxo, de sucre, d'allergènes, tout ce que tu veux je te le donne, je suis comme ça, moi.

D'habitude c'est bouclé en 5min, parce qu'en tant qu'habituée, j'ai toujours un petit pot d'avance pour pisser sur mes doigts chez moi plutôt que chez eux (je préfère), et je relève mes manches plus vite que la lumière.

Mais ce matin, la salle d'attente est pleine à craquer.
Devant moi, un enfant d'environ 3 ans est accompagné de ses parents.
J'attends mon tour une éternité. Le dernier quart d'heure est un supplice : les pleurs du petit garçon me transpercent le cœur.

Il sort enfin, reniflant et manifestement complètement traumatisé.
Je pleure et me retiens de me jeter sur lui pour lui faire un câlin (même levée à 4h30, je ne suis qu'hormones de grossesse... *soupir*).

A mon tour.
Ah ben tiens, l'aiguille est plantée dans mon bras, mais ça ne coule pas, dit la dame. Elle remue l'aiguille. Je veux que le petit garçon revienne pour me tenir la main et me faire un câlin. Ca dure une deuxième éternité, et puis on essaye avec l'autre bras.
Voilà, c'est fini, il est 9h30, j'ai deux bras charcutés, et je suis sensée être au boulot depuis au moins 15 minutes.
Je me retiens de pleurer (on a sa fierté).

Métro.
J'ai faim et mal au dos. Personne ne me propose une place assise. Je ne sais pas si c'est parce que les gens trouvent normal que j'aie un ballon de baudruche caché sous mon manteau, ou si c'est tout simplement parce que ce sont des goujats.
Dans le doute, je pleure.

Dans les couloirs, une mère et son enfant font la manche. La petite fille semble se plaindre du froid à sa mère.
Je pleure de plus belle.

J'arrive au bureau comme une fleur, il est 10h, et toutes les personnes importantes attablées dans le bureau de mon boss me voient passer avec les yeux rougis. C'est pas comme si je devais aussi partir à 17h pour récupérer mon fils en l'absence de son père, hein.  Ah ben si. Oups.
Je crois que je vais pleurer encore un peu, tiens.

M. PetiteGraine n'a pas répondu à mon SMS qui lui racontait tous mes malheurs (le concept de SMS de 2500 signes, j'adore).
A tous les coups, il doit être trop occupé à coucher avec une pétasse de parisienne qu'il aura séduite la veille en ce jour de saint Valentin dont on se cogne mais quand même avait il besoin de partir si loin ce jour là ? Ou alors il est déjà en réunion.
Dans le doute, je pense pleurer un peu pour faire bonne mesure.

La journée va être longue. Très longue.
Et moi je suis enceinte. Très enceinte.
Et fatiguée. Très fatiguée.

jeudi 8 décembre 2011

A morning with Fyfe

(la night, on n'y revient pas, c'est fait et et j'espère que ça ne sera pas à refaire *soupir*. Mais qu'est ce que je fous dans cette galèèèèreuh ??)(une pensée pour une certaine madrilène qui doit bien ricaner, là)

Quelque part entre 5, 6 et 7 heures, le Crampon se réveille, plus ou moins calmement, plus ou moins paniqué à l'idée de ne pas savoir si son père est encore là. Car oui, le Crampon ne vit que pour son Pôpa, l'ingrat. Non pas que le dit Pôpa ne le mérite pas, loin s'en faut (pour tout dire, il est certainement meilleur père que je ne suis mère). Mais merde, je l'ai porté 9 mois dans la nausée et les remontées acides, expulsé en douceur par un endroit que je refuse toujours de trouver approprié (en termes de taille voyez vous), allaité pendant 5 mois jour, et, SURTOUT, nuit. Alors bon, même si je lui consacre moins de temps que son père, j'estime ne pas mériter toute la déception matinale de cet enfant quand il constate que passé 7 heures, il n'y a que moi.
Bon, pour être honnête, une demi-moi.
Une moi profondément endormie.

Le Crampon est briefé : si maman n'est pas levée, ça veut dire qu'il est trop tôt, donc tu te rendors, ou alors tu allumes ta lumière et tu joues calmement et en silence.
(d'aucuns verrons peut être dans cette technique éducationnelle un élément d'explication au fait que le Crampon préfère son pôpa. Soit. Mais avant 7h, le meilleur de moi-même et de mes capacités consiste à fermer la bouche pour ne pas baver sur mon oreiller).

Le Crampon, chantonnant de bonne humeur, ou hurlant à la mort à la recherche de son père -ça dépend des jours- entreprend donc de démarrer sa journée "calmement et en silence", conformément aux consignes, mais oui bien sûr.
Il commence par déménager sa commode à roulettes depuis la chambre jusqu'au milieu du salon.
Puis il traîne une ou deux chaises de cuisine pour organiser une course.
Il allume la chaîne hi-fi. De préférence sur une radio qui passe du Gilbert Montagné.
Il prend son épée (=un pile de légos) et entreprend une croisade domestique. Il s'agit manifestement de pourfendre le pauvre chat.
Ou de jeter l'épée au sol pour faire exploser des légos partout dans la maison. Yeaaaaah.

Arrive le moment où le Crampon décide qu'il suffit. Il déboule alors dans la chambre, ouvre les volets électriques, et saute sur le lit pour un câlin (qui consiste principalement à prendre de l'élan pour se jeter de toute sa hauteur sur moi. Aïe).
Ok, ok, levons nous, donc.

Tu veux un bib', Crampon ?
Ouiiiiii ! Un bibauchocolat !

En mode automatique, lait, bib, micro-onde, 2 cuillères de cacao, quand retentit un NOOOOOOOON !!!
Sursaut de terreur, qu'est ce qui se passe, Crampon ?
VEUX PAS CETTE CUILLERE !!
Gniii ?
PAS CETTE CUILLERE, VEUX LA ROUGE !
Non mais c'est trop tard, Crampon, j'ai mis le chocolat dedans déjà !
NON NON NON !
Le Crampon se saisit du bib et entreprend de répandre son contenu par terre, en signe de protestation, puis de me le jeter à la figure.

Okéééé...
C'est le moment de faire appel à toute sa réserve de patience, sa zenitude, sa capacité à respirer par le ventre et à lutter contre la hulkisation.

S'en suivent alors 15 minutes d'âpres négociations à l'issue aussi incertaine que la sortie de crise européenne (sauf que chez nous le dialogue est franco-français plutôt que franco-allemand).

Et puis, tout s'enchaîne :
Pour s'habiller, le Crampon réclame "5 minutes maman, je joue" toutes les 5 minutes environ ;
Il veut rester en chaussons et refuse de mettre ses chaussures ;
Il enlève son manteau dès que j'ai le dos tourné ;
Il veut marcher, puis monter dans la poussette, puis pousser la poussette, puis nettoyer le caniveau, puis faire coucou aux camions, puis frotter sa sucette sur les vitrines, puis rentrer à la maison.

Qu'on ne vienne pas s'étonner que je sois soulagée de sortir de la crèche pour aller me reposer au bureau.
(Crise des 2 ans, crise des 3 ans, ça s'arrête quand au juste ??)

mardi 25 octobre 2011

Les Corleone à la crèche

Parmi les multiples trucs qu'on ne te dit pas quand tu envisages de te reproduire, il y en a un particulièrement pénible et lié à ta santé.
Physique, je veux dire. (oui, bon certes, mentale, aussi, ça ne fait aucun doute, mais ce n'est pas le sujet du jour).

Tout le monde sait bien qu'un enfant avant 3 ans doit se constituer son système immunitaire en enchaînant joyeusement les maladies diverses et variées. Et de ce côté-là, je dois bien avouer que le Crampon nous gâte : à part un abonnement aux bronchiolites sa première année, et une malheureuse gastro, je le soupçonne d'avoir chopé le reste sans le laisser paraître (vaillant Crampon, il ne va pas se laisser abattre par quelques microbes alors qu'il y a un appartement à démonter et que sa maman n'a crié avec sa voix aïgue que DIX fois depuis ce matin).

Mais ce qu'on ne m'avait pas dit; c'est que nous aussi, les parents, deviendrions des proies faciles pour les infections et virus en tout genre.

Je sais que d'une certaine manière, ce n'était pas très dur à deviner...
Vous prenez des parents fatigués de manière pathologique (c'est le propre du parent jusqu'aux 12 ans de l'enfant, parole de médecin), avec un système immunitaire sans doute resté sous la couette ce matin, et vous mélangez étroitement avec un enfant qui évolue en collectivité.

Nota Bene : la collectivité (crèche ou école, même combat) évoque peut être pour certains un groupe d'enfants qui font la ronde, apprennent de jolies chansons, font des dessins, etc etc. Oh que c'est mignon.
Je vous arrête tout de suite, la collectivité, ce n'est pas mignon. Plus qu'un lieu d'échanges sociaux entre des enfants, c'est un haut lieu de trafic de microbes et virus. La plaque tournante des barons du miasme. Un lieu sans foi ni loi ou la pitié, la compassion, et l'empathie n'ont pas lieu d'être. Tu sors d'une angine ? Ben chope moi cette laryngite tiens. Et enchaîne avec cette gastro, HAHA.

Alors, comme je l'ai dit, le Crampon est vaillant (comprendre par là, que c'est sans doute le Parrain de la mafia virologique, mais je préfère ne rien savoir).
Ceci dit, cela ne l'empêche pas de ramener dans notre foyer criant aimant des tonnes de saloperies, qui attaquent les adultes affaiblis par l'éducation du Parrain.

Avant d'avoir une descendance, M. PetiteGraine et moi n'étions JAMAIS malades. Pas un seul jour d'arrêt maladie à notre actif en 8 et 11 ans de boulot respectivement. M. PetiteGraine n'avait pas de médecin référent, et sa carte vitale n'avait jamais servi.
Voilà voilà.
La grossesse a été pour moi une phase transitionnelle. Tous ces médecins, ces paperasses de la sécu, ... J'ai découvert progressivement un nouveau monde.
Et depuis, je suis - horreur, malheur - comme tout le monde. Ne le prenez pas mal, hein, mais ça me plaisait bien à moi de ne pas connaître le sens du mot migraine ou de ne jamais avoir rendu tripes et boyaux grâce à une gastro.
Malheureusement, c'est bien fini.

M. PetiteGraine se remet à peine de 15 jours de méga-crève-qui-te-met-sur-les-genoux-chérie-désolée-tu-vas-devoir-tout-gérer-toute-seule (oui, 15 jours, c'est dingue. Je hais ce virus). Et forcément, alors qu'il reprend du poil de la bête, mon système immunitaire entame une grève, et me voilà à la place de celle qui ère dans la maison en gémissant.

Le Crampon, lui, se porte comme un charme. Au point qu'on l'aurait presque préféré un peu abattu par une légère fièvre, voyez vous.
(Je le dis en chuchotant, Don Vito Corleone n'est pas très loin, et je ne voudrais pas doubler ma peine avec un genre de gastro)

Bon, je vous laisse, je vais essayer de gérer ma quinte de toux de tuberculeuse.
Et faites des enfants, hein.

lundi 10 octobre 2011

Le retour de la vengeance de la blogueuse

Le problème quand on s'absente trop longtemps du blog, c'est qu'on a laissé périmer 50 idées de billets, et qu'on ne sait plus trop par où recommencer. Du coup, on attend encore un peu, et hop, en moins de temps qu'il n'en faut à un JFCoppé ou une NMorano pour me donner envie de leur coller le nez dans les couches du Crampon, c'est la spirale infernale et pif paf, ça fait un presque mois.

Plutôt que de laisser passer un autre mois qui flirterait peut être bien avec une année, voilà un billet sans queue ni tête, digest de quelques trucs qui me sont passés par la tête et qui auraient du faire l'objet de billets si je n'étais pas aussi occupée par des activités aussi nombreuses qu'impondérables du genre travailler, faire des chatouilles au Crampon, ou passer mes soirées à regarder V (série nouvelle version) avec Mr PetiteGraine tout en nous remémorant comment Diana elle faisait quand même super peur.


La Babygym.
Gros, gros échec.
On a bien fait d'attendre une semaine de plus avant de signer (et payer) pour l'année.
La dernière séance a mobilisé pas moins de trois adultes pour canaliser le Crampon : une des animatrices, ma soeur, venue en spectatrice immortaliser les prouesses de son filleul (elle n'a pas été déçue), et moi même.
En une demi-heure, pas moins de trois adultes, donc, se sont épuisés à :
  • tenter de convaincre le Crampon que non, non, on ne pouvait pas courir comme un dingue et se jeter sur tous les praticables mous (cela revient peu ou prou à jeter une blogueuse beauté dans un Séphora lors d'une journée "tout est gratuit", et lui interdire de toucher ou d'emmener quoi que ce soit. Évaluez le challenge).
  • inciter le Crampon à participer aux échauffements en se ridiculisant copieusement (et je fais le serpent, et je fais la girafe, et je fais la marche de l'éléphant... Tu fais pareil, Crampon ? NOOOOOON. Mais il s'est bien marré à nous regarder assis à l'écart)
  • lui proposer 500 fois de sauter sur le trampoline quand c'était son tour, sans aucun succès. Mais devoir le rattraper au milieu du trampoline dès que le groupe est passé à une autre activité.
Est arrivé le moment où la cheffe des animatrices (âgée de 17 ans et demi selon mes estimations) m'a expliqué avec un regard contrit que les parents ne pouvaient pas rester dans ce groupe-là, donc Madame, il faut penser à couper le cordon maintenant et aller vous poster sur le balcon pour laisser les pros travailler.

L'espace d'une nanoseconde, j'ai pensé lui répondre que les parents pouvaient rester avec le groupe des petits, celui qui correspond à l'âge du Crampon, et que clairement ce zozio-là leur serait ingérable si je m'éloignais.
Heureusement, une étincelle de raison m'a ramené à plus de pragmatisme. Ah tu le veux mon gamin ? MAIS PRENDS LE, FAIS TOI PLAISIR ! Moi de toutes façons j'étais prête à le balancer par dessus les barres asymétriques, alors...


J'ai donc quitté le praticable sans me retourner. Arrivée dans la mezzanine, j'ai pu constater que le Crampon n'avait pas encore remarqué mon départ, fort occupé à faire boing boing (sic) sur les trampolines où les ados s'entraînaient à faire des quadruple salto boucle piquée triple lutz. Sans les mains. Ou un truc du genre, bien infaisable, avec des réceptions euh... aléatoires. Pas franchement adaptées à la cohabitation avec un zébulon de presque 3 ans.

J'ai ensuite bien pu me régaler à observer ces demoiselles tenter de ramener dans le groupe mon Crampon hurlant à la mort, et se débattant comme si sa vie en dépendait.
Ça a duré... oh bien 2 minutes et demi je dirais. Et puis elles me l'ont ramené, un peu piteuses, et on est partis la tête haute, mon psychopathe de fils, ma sœur ébahie et peut être un poil traumatisée, et moi.

Fin de l'épisode Babygym. Crampon 1 - Fédération Française de Gym 0.


Le record absolu de grasse mat'

Ironie du sort, quelques jours plus tard, nous étions invités par une journée très ensoleillée (si, si, souvenez vous, y a une semaine on avait TROP chaud) à fêter un anniversaire familial dans une maison
à la campagne, avec un TRAMPOLINE dans le jardin.
Le Crampon s'était réveillé avant 6h (joie), a zappé la sieste, et passé l'après midi à faire boing boing en alternance avec "jouer à la bagarre" avec son cousin. Il était hilare, et tellement rouge et transpirant que la famille prenait les paris sur le moment où il s'écroulerait raide endormi.A 22h30, il était allongé sur le canapé et regardait des dessins animés avec ses cousins, sans donner aucun signe de fatigue.
Ce n'est que dans la voiture, sur la route du retour, qu'il a rendu les armes.
Jusqu'à 11h10 le lendemain matin.
JUSQU'A 11h10.
On parle d'un môme qui s'est réveillé à 9h30 après un nouvel an où il avait fait l'andouille et refusé de se coucher jusqu'à 5h du mat' (je le revois courir gaiement sur le trottoir alors que nous attendions notre taxis, complètement défaits, et nous interroger anxieusement sur la possibilité que cet enfant soit un alien).
Bref, je veux un trampoline.
Il paraît que sur mon balcon, au deuxième étage, ça craint.
Je ne veux rien savoir, le trampoline est mon ami, mon sauveur, je le veux.
Trampoline 1 - Crampon 0 (la revanche de la fédé de gym ??)


De la météo et des Visiteurs
(si, si, y a un lien)

Je tiens à dire que je vis en double pull + polaire depuis ce week-end, chez moi (le chauffage collectif sa mère n'a pas démarré), et au bureau (le chauffage collectif sa mère n'a pas démarré non plus), et que je le vis plutôt MAL (doux euphémisme pour dire que je passe mon temps à chouiner, grelotter, et réclamer des thés brûlants).
Aussi, quand je croise des gens en chemisettes ou en t-shirt dans la rue, ou dans les couloirs du boulot, une seule pensée me vient à l'esprit : ce sont des V. Des lézards quoi. Pas d'autre explication possible.
(si tu as moins de 30 ans, gougueul est ton ami).
Bref, j'ai froid ET j'ai peur.


Vieillesse ennemie

Je vais avoir 35 ans très tout bientôt.
Je ne sais pas trop ce que j'aurais pu écrire là-dessus. Ça dépend de l'humeur du jour, du sens du vent, et de la conjonction astrale.
Une liste mièvre de toutes les choses chouettes de ma vie (je suis scandaleusement chouchoutée par le bonheur).
Ou bien une ode à la dépression de celle qui bascule plus-près-des-40-que-des-30.

Sur ce, j'essaye de revenir vite.
Du bisou

mercredi 7 septembre 2011

Diplomatie internationale, paix dans le monde, tout ça tout ça

Hier soir, le Crampon, bien fatigué de sa journée (et de sa courte nuit - no comment-), était légèrement nerveux.
Traduction : il courrait partout comme un damné, ponctuant ses sauts de cabri par des petits cris d'une voix sensiblement trop aigüe pour être honnête, et chouinait de manière aléatoire, oscillant entre le regard de Bambi à qui on aurait piqué son déjeuner et celui d'Hannibal Lecter, euh... à qui on aurait piqué son déjeuner aussi.

Tout allait bien, donc.


A un moment, une sympathique odeur d'égouts a envahi la pièce.

Je sais, c'est ignoble, mais sachez qu'être parents permet de développer une résistance hors norme à une éventuelle attaque terroriste odorifique. Il faut positiver.

La couche était pleine, donc.


Petite aparté : le Crampon, qui a 2 ans et demi passés, n'est toujours pas propre. Enfin, on le lave, hein. A peu près en tout cas. Mais il n'a pas appris à aller sur le pot.

Nous essayons régulièrement de lui proposer de faire "comme les grands", mais son refus est catégorique, et le milieu scientifique et éducatif est unanime : ça se fera tout seul quand il le voudra et sera prêt. 
Bien sûr, ma mère et ma belle-mère en savent beaucoup plus que le milieu scientifique et éducatif (elles ont élevé 4 enfants à elle deux, tout de même), et croient bon de 
1. me harceler avec des "de notre temps", des "il ne pourra pas aller à l'école !" (dans un an, hein) et des "quand même à son âge..." et 2. de déculotter le Crampon ou le coller sur un pot dès que j'ai le dos tourné (le Crampon est un bon fils à sa maman. Il se venge en pissant sur le beau tapis, le canapé, ou tout autre objet de valeur).
Bref, le Crampon n'est pas prêt à apprendre la propreté, et pour autant que je le connaisse, s'il décidait d'attendre ses 18 ans, il n'y aurait pas moyen de le faire changer d'avis et on n'aurait plus qu'à acheter des actions Pamp*ers.

La couche était donc du genre bien chargée (amis de la poésie, pardon et adieu).

Mais le Crampon n'avait pas franchement envie d'interrompre son entraînement pour les championnats du monde de dépense d'énergie sous acide (comment ça, ça n'existe pas ? Mais alors pourquoi diable ferait-il ça ??).

La traditionnelle négociation qui s'en est suivie a abouti à un compromis tri-partite consistant à quitter la couche dans la salle de bain, et enchaîner avec le bain (je suis mûre pour un poste à l'ONU).


Pantalon, chaussettes, T-shirt : enlevés.

Couche immonde : enlevée.
Fesses et leur moulage de caca mou bien collé : à nettoyer.

Armée de mes lingettes destructrices de planète (le liniment sur les matières solides, je peux pas. Ça fait un gloubli-boulga qui m'est intolérable)(sinon je suis très Nicolas Hulot - friendly, hein, ne me dénoncez pas), j'entreprenais donc, assise par terre, de nettoyer les fesses les plus mignonnes de la planète (même si momentanément, ça ne se voyait pas trop à cause du... bon vous avez compris), sur une cible mouvante (le Crampon continuait imperturbablement son entraînement pour les JO du saut de cabri).


C'est à ce moment précis que mon enfant chéri, cet être aussi imprévisible qu'adorable, a décidé de se jeter sur mes genoux pour un câlin.


Je me suis immobilisée dans une vaine tentative de stopper l'implacable écoulement de l'espace-temps. Une lingette dégoûtante dans la main, une paire de fesses d'adorable et néanmoins tout ce qu'il y a de plus merdeuse sur ma cuisse.

M. PetiteGraine a explosé de rire.
L'accord tri-partite a été immédiatement enterré et j'ai expédié la fin de ma mission avant de courir me changer - désinfecter - asperger de déodorant.

Je ne pense pas que c'est le genre de risque encouru par les négociateurs de l'ONU.

Pourtant, une menace de cet ordre qui planerait sur les négociations en Syrie ou à Jérusalem, ça vous changerait la face du monde, j'en suis sûre.

mardi 28 juin 2011

Lyofyfisée

Le réveil sonne, des grognements s'échappent du lit.
La nuit a été courte, la faute à l'écrasante chaleur de la ville ces trois derniers jours.

L'ordre de soulever le bras et d'abattre la main sur le réveil est donné au cerveau.
Petit souci : le bras a fusionné avec les draps pendant la nuit.

Ouverture d'un demi-oeil pour vérifier la température donnée par le réveil : 28°C dedans, 25°C dehors.
Viiiiiiiite ouvrir la fenêtre.

Enfin, quand je dis "vite", c'est une façon de parler parce qu'à dire vrai, le corps a oublié la notion même de vitesse depuis qu'il a sombré dans son coma d'hyperthermie.

Prendre son thé et sa clope sur le balcon, et profiter de la relative fraîcheur du matin.

Réveiller le Crampon, le décoller des draps humides, écarter les mèches de cheveux collées à son visage.

Hésiter longuement entre métro et vélo.
Qu'est ce qui est pire : subir sa propre transpiration ou celle des autres ?

Va pour le vélo.

Avoir l'illusion que la petite brise générée par la vitesse est suffisante pour se garder au frais.
Une fois arrivée, réaliser que toute la transpiration a décidé de sortir d'un coup, pendant la tournée de bises des collègues.
Échanges de fluides. Miam.

Lancer la clim' souffreteuse à fond avec une pensée émue pour la planète un peu plus assassinée.
Réaliser que présentement, on se fout royalement de la planète.
Se positionner sous le flux d'air presque frais. Ou pas du tout.
Clim en panne.
Laisser un message d'urgence au service technique.

Prendre un café.
Regretter amèrement. La chaleur est maintenant à l'intérieur.

Avoir les jambes qui fondent au contact de l'unité centrale de l'ordinateur.
Sentir ses chevilles gonfler.
Hésiter entre les surélever et exposer sa culotte à toute l'équipe, ou laisser la mutation jambes -> piles de pont débuter.

Aller se rafraîchir aux toilettes, et constater que le maquillage du matin est recouvert d'une pellicule luisante.
Penser à vérifier plus tard sur internet si les vlogueuses ont inventé un maquillage "effet gras" et espérer que le greasy style est plutôt before the tendance.

Sortir déjeuner. Marcher longuement, à un bon rythme pour chercher le vent de la vitesse.
Se faire doubler par les mémés.
Se lyophiliser.

Pianoter sur son téléphone et se brûler les mains.
Le ranger très vite de peur qu'il fonde.

Se maudire de ne pas avoir un élastique, une pince, ou un trombone pour relever ses cheveux qui commencent à coller à la nuque.
Chercher une paire de ciseaux.

Sentir que toute cette agitation a fait migrer la surchauffe au cerveau.
Avoir la désagréable impression que bientôt Hannibal Lecter pourra le déguster sans passer par la case poêle à frire.

Avoir la sensation que ses vêtements sont en fourrure d'ours polaire.

Sentir l'élastique de sa culotte fondre.
Récupérer des morceaux de caoutchouc collés sur ses fesses.
Avoir un léger souci de tentative d'évasion de culotte.

Laisser un 158ème message au service technique avec menace de mort douloureuse.

Atteindre péniblement la fin de la journée de boulot.

Rentrer chez soi et espérer bêtement que les volets auront préservé un peu de fraîcheur.

Se débarasser de toutes ses fringues en laine de yack et se jeter dans la douche.

Rester nue.

Somnoler sur le canapé.
Essayer de retirer ses vêtements.
S'apercevoir qu'on n'en n'a déjà plus.
Googler les techniques de scalp total et l'efficacité de la performance thermique.

Sortir des glaçons et les faire fondre sur soi.
Ignorer le regard salace de son conjoint.
Repérer sa main qui s'approche grâce à l'augmentation locale de 2°C qui en résulte.
Ne pas avoir la force d'exprimer le fond de sa pensée, mais lancer un regard éloquent, qui suppose que la condition nécessaire et non suffisante d'un imminent échange de fluide à caractère sexuel est qu'il se soit préalablement intégralement surgelé.

Laisser un dernier message de menace au service technique du bureau, et essayer de dormir.






Je crois que je supporte mal la chaleur.

Edit :
Température à 16h30 dans mon bureau hier : 32 °C
Température extérieure hier : 35°C
Température à 23h30 dans ma chambre hier soir : 30°C
Je sais, tout le monde s'en fout. Mais quand même.

mercredi 8 juin 2011

De l'effet de la nuit trop courte sur la journée de travail

Le réveil sonne.
Trop tôt, ta gueule, snooze. (je ne suis pas très polie au réveil, pardon)

Le réveil re-sonne.
Mais je viens de l'éteindre ?? Snooze encore.

Le réveil re-re-sonne.
Ça y est put*** je suis à la bourre

[...] (je vous passe le nourrissage -habillage - déposage du Crampon et le nourrissage - lavage - habillage de moi même)

Sortie du métro.
Je suis tellement fatiguée que je ne reconnais pas le quai. Elle est où ma sortie "numéros pairs" ?
Pas grave, je vais prendre cet escalier-là, une fois dehors je me débrouillerai.

Ok.
Je suis donc descendue une station trop tôt.

Bon.
Je vais marcher, ça va me réveiller. (blague)

Arrivée au bureau.
Je sors mon abonnement de métro pour pointer. Oups.
Je sors ma carte de fidélité de la boutique à sandwichs pour pointer. Oups
Je sors mes clopes pour pointer. Oups
J'étale mon sac à main sur le sol. Des collègues m'enjambent élégamment.
Ok, tant pis, je pointerai un autre jour.

Je me dirige à l'odeur vers la cafetière, remplis ma tasse, et redescends aussi sec pour accompagner mon café d'une cigarette.
Je sens que la journée sera longue, il faut que je me préserve.

Je dis bonsoir au directeur que je croise dans l'ascenseur.

Je remonte allumer mon ordinateur.
Mais je ne trouve pas le bouton pour la mise en route de mon cerveau.
Mes paupières pèsent une demi-tonne chacune.
Je me muscle le front et l'arcade à les tenir ouvertes.
Oh mon dieu, je vais me choper des rides à cause de ces conneries ??? C'est peut être plus raisonnable de fermer un peu les yeux, non ?
Non ?
Bon, ok.

Mon chef me parle fort. Trop fort. Peut être parce qu'avec mon front tout plissé pour soutenir mes paupières, j'ai l'air mal-comprenante ?

Tiens. Je crois que je n'ai rien écouté de ce qu'il a dit depuis 5 minutes.
Il sort en me lançant un vague "bon ben à tout de suite !".

Hum. J'ai combien de temps pour trouver ce que je dois aller faire et où ?
Non, parce que Jack Bauer il a 24h à chaque fois, hein. Alors faudrait pas trop espérer de moi des 5 prochaines minutes.

Oh putaing.
La réunion du personnel.

Je file, et j'oublie mon téléphone. Grooooooosse erreur. Je viens de perdre mon seul instrument de survie pour ces 3 prochaines heures.

Je m'assois loin, au fond, si possible derrière un poteau.
Je me tiens bien droite, et commence à réciter mentalement  un mantra : "ne dors pas, ne dors pas, ne dors pas"

Discours d'introduction.
Je crois que ça parle de.... boulot ?

Présentation de.... je ne sais pas trop quoi.... un truc en rapport avec.... le boulot ?

Mes yeux piquent - piquent.
Je sors aussi discrètement que possible (=en renversant ma chaise), me rends aux toilettes, résiste à l'envie d'aller dormir assise sur les toilettes, et asperge mon visage d'eau fraîche. Si, si, ça marche dans les films.

Ok. J'ai donc des traînées de mascara et de fond de teint qui se dessinent sur mes joues.
Hollywood de merde.

Je retourne m'asseoir aussi discrètement que possible (=en me prenant les pieds dans le câble du vidéo-projecteur).

J'essaye de me convaincre que des micro-siestes oculaires vont me permettre de récupérer un peu d'énergie (façon Vendée Globe).

Oups.

Quand j'ouvre les yeux, le directeur me regarde, et un silence de plomb règne dans la salle.

Est ce que je dois dire quelque chose ?
Est ce qu'on m'a interrogée ?

J'évalue la probabilité de tomber juste en prononçant une phrase au hasard. Quelque chose comme "Je pense que les politiques publiques actuelles s'inscrivent tout à fait dans cette démarche". Ca ne mange pas de pain, si ?

Ok, les probabilités jouent contre moi. Je me tais et prends un air concentré. Ah ben tiens, on en revient au front plissé dites donc.

Des questions émergent dans la salle.
Ouf.
C'était juste le début de la partie "Echanges- Débats" de la réunion.

Fin de la réunion.

Pause déjeuner.
Je décline l'invitation "cantine". Beaucoup trop sombre, et beaucoup trop copieux. Dangereux pour le maintien de mon intégrité physique (s'endormir en portant un plateau est risqué).

Ballade, sandwich. Je marche en mode automatique.

Je me perds en mode automatique, aussi.

Je rentre à l'aide du GPS du téléphone. Ouaip. Même pas honte. Ou si peu.

Passage rapide aux toilettes, une conne attend son tour, je peux oublier mon projet de sieste.

Installation devant l'écran et....
Rien.
Mais rien du tout de chez du tout.
Le vide intersidéral entre mes oreilles.

Je ne sais pas si j'ai atteint un genre de nirvana de méditation, ou si j'ai juste une soudaine et drastique chute de QI. En tout cas, c'est bien.

Je vais rester comme ça, tient.

Faudra juste penser à faire une pause café-clope à un moment, mais sinon, c'est très bien comme ça.

Finalement elle est passée très vite, cette journée.

vendredi 3 juin 2011

Alors, on remet ça ?

Au risque de mettre en péril la pérennité de l'humanité, et surtout, l'assise financière de ma retraite sous les cocotiers (avant mes 87 ans, si possible, merci), le Crampon est toujours fils unique.

J'avoue que je n'aime pas trop l'idée.

J'ai de trop bons souvenirs d'enfance avec ma sœur pour ne pas souhaiter autant de bonheur à mon fils.

Bon, ok, on s'est castagné plus souvent qu'à notre tour, cette petite peste avait érigé au niveau olympique la mauvaise foi et la perfidité (ne nie pas dans les comm', sinon je raconte comment tu m'accusais de t'avoir tapée si je refusais de jouer avec toi), pendant qu'en retour, j'exerçais sur elle quelques chantages peu glorieux.
Certes.

Mais je me souviens aussi de nos jeux idiots, de notre complicité dans les conneries, de nos confidences d'adolescentes, de notre union sacrée anti-parentale,  de notre colocation d'étudiantes, de nos squattages et hébergements d'urgence respectifs, et de ce lien indescriptible et indestructible qui nous unit depuis toujours.

J'aimerais vraiment que le Crampon ait cette chance.
Ce qui implique aussi de lui permettre de se liguer contre nous avec son frère ou sa soeur, je sais.
Je suis un peu folle, mais je me dis que tant que les enfants ne sont pas en supériorité numérique dans la cellule familiale, ça se gère (ensuite, c'est courage, fuyons)(selon mes estimations personnelles).

Mais pourquoi donc ne faisons nous pas un autre enfant, alors ?

Ben, la réponse est sur ce blog, je ne vous fais pas de dessin.

J'ai une théorie toute personnelle concernant les couples qui font des enfants très rapprochés.
Leur premier n'était pas assez chiant. Ou il dormait trop. Un truc dans ce goût-là.
Pour nous autres, parents de pénibles aussi adorables qu'épuisants, ce n'est tout simplement pas envisageable.

Parce qu'on se projette en imaginant que le second sera du même genre que le premier.
Pour certains c'est rassurant, donc ils se lancent la fleur au fusil. Pour d'autres c'est... euh... une vision apocalyptique.

Là où on est très cons, c'est que maintenant que le Crampon retrouve ENFIN ses marques (comprendre : il dort et il ne hurle pas NON à tout bout de champ), on se dit qu'on aurait dû faire 4 enfants d'affilée, pour rentabiliser nos 2 ans et demi de nuits blanches.

Parce que là, on est quand même très moyennement motivés par la perspective de remettre ça. 5 ou 6 ans de nuits blanches,  ça ne me semble tout simplement pas humainement tolérable.

Alors deux options :

1. la fabrique de bébés se sort les doigts (pardon, mais je crois que je leur en veux encore un peu) et met en place un vrai SAV digne de ce nom et nous livre un truc qui FONCTIONNE

2. rien.

Ouaip.




PS : ce billet laisse peut être la place au doute, alors je précise : je ne suis pas enceinte, je n'essaye même pas de l'être. C'est peut être éventuellement dans l'air du temps, c'est tout. Je vous rappelle que les idées doivent cheminer assez longuement dans mon petit cerveau pour être digérées.

jeudi 2 juin 2011

Un indice s'affiche en bas de votre écran.

Je viens de recevoir un sms m'indiquant que j'avais dépassé le quota de données téléchargées depuis mon téléphone ce mois-ci, en conséquence de quoi mon accès se verrait restreint jusqu'au mois suivant.

Je ne comprends pas.

Je veux dire, je pensais que ce genre de choses n'arrivait qu'aux accro du téléphone, passant leur temps à vérifier leur messagerie, prendre des nouvelles sur Facebook, dire des bêtises sur Twitter, regarder des vidéos de chatons sur youtube, ou que sais je encore.

Le genre qui emmènent leur téléphone aux toilettes pour continuer à écouter leur podcast, ou ceux qui twittent ou pokent en loucedé pendant les réunions.

Des fous limite dangereux, qui collent leur gamin devant des Tracteur Tom sur youtube pour avoir la paix pendant les deux heures de TGV.



...

Oh wait.







Bon, ok, le mois prochain, j'entame une désintox.


(oui, c'est court, mais rappelez vous que ce n'est pas la taille qui compte, bande d'obsédé(e)s)

mercredi 1 juin 2011

Le concombre masqué

Vous y croyez, que cette sale histoire de légumes tueurs tombe pile poil au moment où j'ai le frigo plein des restes du repas familial (oui car finalement, j'ai cuisiné, si, si), avec notamment un reste de 2 litres de gaspacho maison ? (pour les handicapés culinaires comme moi, les principaux ingrédients du gaspacho sont le CONCOMBRE et la TOMATE).

Alors que normalement, le frigo et les placards remplis avec amour et dévouement par Mr PG selon ses propres goûts (partagés avec le Crampon), ne proposent que le quinté gagnant : riz-pâtes-patates-viande-desserts au chocolat ?

Je cuisine une fois par an, je mange des légumes à peu près aussi souvent, et pof, les 5 fruits et légumes par jour passent du statut d'obligation morale sous peine de mort lente et douloureuse par cancer du gras, au statut de danger pour l'humanité.

Coïncidence ?
Je ne le crois pas.

Dont acte.
Adios Fyfe en cuisine, adios légumes, maintenant ON MANGE DES FRITES !

mardi 24 mai 2011

Plaisir d'offrir, joie de recevoir

Pour remercier ma famille de leurs épuisantes contributions à l'emménagement à Lyon (peinture et travaux, babysitting du Crampon, etc.), nous avons donc décidé de les inviter pour un déjeuner chic à la maison, dimanche.
Certes, on est loin d'une rétribution juste, mais leur offrir un tour du monde - remerciement plus adapté à la hauteur de leur implication - n'est pas franchement dans nos moyens.

Ne dit-on pas que c'est l'intention qui compte ?
Le temps consacré à choisir le menu et le confectionner de mes blanches mains (gauches) ne sera-t-il pas aussi gratifiant qu'un cadeau finalement pompeux et facile ?
Non.
Ok, on est d'accord, mais n'empêche, c'est un repas ou rien.

Lundi, donc, je suis amour, je sors notre collection de bouquins de cuisine, et j'interroge le grand internet mondial à la recherche de recettes sophistiquées, compliquées, et raffinées. A la hauteur de ma reconnaissance, donc.

Mardi, je suis amour toujours, je dresse la liste des ingrédients à acheter.
Non mais c'est quoi du tamarin ? Ou est ce que je vais trouver de la pâte de crevettes ? Ok, ok, donc on oublie le PrixFran du coin, et on envisage un plan d'attaque à base de tournée des épiceries asiatiques,  du marché, et du plus grand supermarché possible (celui accessible en voiture uniquement). Bon. C'est pas comme si j'avais quelque chose d'autre de prévu samedi.

Mercredi, je suis amour mais perplexe. Ma famille m'aime, n'est ce pas ? Pourquoi voudrait elle que je renonce à ma grasse matinée du samedi, et à ce rendez-vous en terrasse avec une copine ?
Nouveau plan d'attaque. Le menu sera sophistiqué, mais à base d'ingrédients du PrixFran. La créativité, que dis-je, l'art, naît de la contrainte après tout.

Jeudi, je suis amour mais inquiète. Est ce que je vais avoir le temps de cuisiner tout ça dimanche matin? Je veux dire, sans me lever à 5h. Non parce que si c'est pour somnoler à table au milieu du repas, quel intérêt je vous le demande ?
Un déjeuner réussi, c'est surtout un déjeuner convivial, d'échanges et de plaisir.
Je revois à la baisse mes ambitions culinaires. Le menu sera simple, mais fait maison, et avec amour, bien sûr.

Vendredi, je suis amour mais fatiguée. Franchement, je ne me vois pas prendre plaisir au déjeuner si je n'ai pas eu ma grasse matinée. Les nuits sont courtes par ici (cf. billets précédents).
Nouveau menu, avec le maximum de préparation la veille, et plat vite fait le dimanche. Non parce qu'il y a un sacré ménage à prévoir aussi, il ne faudrait pas l'oublier. Pour sûr, ma famille préfère manger simple dans un appartement propre, plutôt que bling-bling en marchant sur des coquillettes écrasées.
On se rattrapera sur l'alcool. Beaucoup d'alcool à l'apéritif, et tout le monde trouvera le repas succulent. (ou ne s'en souviendra plus le lendemain).

Samedi, je suis amour mais lucide. Je ne sais pas cuisiner. Je ne cuisine d'ailleurs quasiment jamais. Même pas des œufs au plat. Je fais bien un gâteau une fois par siècle, mais reconnaissons qu'il est souvent raté. Au choix : brûlé ou incomplet. Tout le monde n'a pas la capacité à rester suffisamment concentré pour se souvenir que les proportions de la recettes avaient été doublées au début.
Triste constat, mais en même temps, c'est bien mes parents qui m'ont fait comme je suis, ils doivent bien l'assumer un jour ou l'autre.
Le menu sera donc alcoolisé, raffiné, sophistiqué, et fraîchement décongelé du jour.

(ceci est une ode à CardPi l'ami des handicapés de la cuisine).

(message personnel à ma soeurette : tout ceci n'est que fiction bien sûr. J'ai déjà commencé les marinades. Bisous)

lundi 23 mai 2011

Oups

Alors hier, j'ai eu le choix entre croupir chez moi par une chaleur étouffante, et passer ma journée à rédiger les billets de la semaine en soupirant, ou allez squatter une maison à la campagne en faisant la naïade dans la piscine.

Je suis au regret de vous informer que les bonnes résolutions bloguesques sont bien peu de choses face à l'envie de barboter.

Du coup, cette semaine, le blog sera sans doute mis à jour de manière... épisodique. (comprendre : il est probable que rien ne bouge)

Du bisou, avec toutes mes confuses.

vendredi 6 mai 2011

De la gestion des ressources humaines et du cancer

L'avantage, que dis-je, le luxe, quand tu es fonctionnaire d'Etat, et issu d'un corps technique, c'est que tu es encouragé pendant toute ta carrière à changer de métier régulièrement.

Ca te permet s'enchaîner les postes de comptage de petits pois, d'évaluation de la qualité des chaussettes présidentielles, et de surveillance des radiateurs, ou tout ce que tu pourras imaginer (tout existe, j'en suis sûre).

L'inconvénient, c'est qu'à chaque prise de poste, quels que soient ton âge et ton expérience, tu te sens comme pour ta rentrée en 6eme (pour mémoire : nul, moche et foutu).

Dans mon nouveau service, mon chef est un fumeur. Tous les autres sont des gens sains qui se contentent de café en intraveineuse.

Tu ne vois pas pourquoi je te raconte ca, mais fais moi confiance, c'est un élément de contexte nécessaire é la bonne compréhension de la suite.

Moi de mon cote, j'ai repris la clope depuis quelques mois (après 2 ans et demi d'arrêt quand même, donc merci de me féliciter de mon succès plutôt que me faire la morale sur ma faiblesse momentanée).

Voilà, c'est la fin du contexte.

Pour te dire a quel point je ne comprends rien à mon nouveau boulot, et combien mon profil n'a absolument rien à voir avec ce qu'on attend de moi ici, sache que 4 personnes - oui oui, 4- me croisant en pause clope ou sur la route de la dite pause, 4 personnes donc, se sont exclamées :" Aaaaaah mais c'est pour ca qu'il t'a recrutée, le chef! Depuis le temps que personne ne fume plus avec lui.."

Ah oui quand même...

Vous comprendrez que je ne peux résolument pas arrêter de fumer tout de suite, sous peine de perdre mon seul atout pour mon nouveau boulot...


(suis toujours suis iPhone, désolée)

mercredi 3 mars 2010

Ca déménage

Je profite d'une accalmie au bureau (doux euphémisme pour dire que j'en fous pas une rame cette semaine car tous les chefs sont en vacances et le travail potentiel s'accumule sur leurs boîtes aux lettres, ce qui promet un lâcher d'urgences imminent m'enfin pour l'instant c'est Waterloo morne plaine), pour ramener ce blog à la vie (disons que c'est un spasme).

Il est bien triste, je vous l'accorde, de constater que la seule marge de manœuvre dont je dispose au niveau temporellistique - agendesque, se situe au bureau.

Et dire que je fais ça avec l'argent de vos impôts, je vous jure, y'a plus qu'à voter pour la famille Lepen pour mettre de l'ordre chez ces feignasses de fonctionnaires... (on peut aussi aller moins loin sur la droite pour emmerder les fonctionnaires, mais pfff, non j'ai pas le cœur à vous le recommander).

Bref. Tout ça pour dire qu'on n'est pas dans le caca (là c'est une figure de style, parce qu'en réalité, le Crampon se traîne une diarrhée fabuleuse depuis deux bonnes semaines. Un vestige de la gastro. Je recommande le doublé couches qui débordent - caca à décoller du body et du pantalon avant mise en machine + vomi partout tapis-canapé-pantalon des parents, ça te forge une résistance olfactive de folie, après tu peux manger des choux de Bruxelles sans sourciller tellement t'as pris l'habitude de ne pas respirer par le nez).

Je disais donc que l'horizon ne s'éclaircit pas beaucoup, car figurez vous que dans le siouper projet de fusion que j'ai dans mon travail et qui illumine mes jours et mes nuits, il y a aussi un siouper projet de déménagement. Ooooolé !

Alors comme ces messieurs du gouvernement ont décidé que les fonctionnaires prenaient trop de place d'une manière générale (mais pourquoiiiiiii ils existent ???), ils ont choisi de traiter le problème par un angle euh... pratico-pratique.

"Un fonctionnaire, ça doit tenir dans 12 m²"

Bon.

Personne n'arrive à savoir si on parle de la surface du bureau, ou de la surface moyenne par fonctionnaire dans un bâtiment, incluant les salles de réunion, toilettes, couloirs etc. Déjà, ça, c'est marrant.

Non parce que si mon bureau actuel il faisait 12m², franchement, j'organiserais des soirées new wave dedans hein (ouais, ça me tente bien de réhabiliter le new wave tiens, ça nous changera du disco).

Dans la société de champions qui est la mienne, on a décidé que 12 m² par personne, ça voulait dire open space pour le commun des mortels (40% de la boîte), et bureau avec terrasse panoramique pour les chefs (ouaip, ça fait 60% de la boîte. On a eu comme un raté au moment du jeu de l'organigramme qui devait réduire le nombre de chefs. Le côté positif, c'est qu'au rythme où vont les choses, on se dit qu'avec encore un petit effort, on sera bientôt tous chefs, et là, ça va être la super fête un peu, même si on ne sais pas encore qui va bosser dans cette histoire, puisqu'il est bien connu qu'un chef ça doit déléguer).

Vous imaginez la joie qui s'est emparée des gens-pas-(encore)-chefs. Sachant que dans nos boulots, on travaille souvent en équipe, donc on se parle souvent et on échange beaucoup. (un truc dingue quand on bosse, je sais)

Sachant aussi qu'en raison des terrasses panoramiques sans doute, on n'aura pas de salles de réunion. Mais c'est pas grave car on travaillera avec un centre d'affaire à qui on louera des salles quand on en aura besoin.
(l'histoire ne dit pas qui va louer les salle puisqu'on sera tous chefs)
(ni si l'affaire sera bien rentable si on doit réserver - payer - se rendre à la salle de réunion chaque fois qu'on doit discuter d'un sujet de première importance du type : est ce que Roland mange trop de frites à la cantine ?)

Non, vraiment, on va bien rire.

Enfin, quand je dis "on", je ne parle pas vraiment de moi, hein. Non parce que moi je vais surtout pleurer.

Petit rappel de la situation actuelle : je vais travailler à pieds. En 10 minutes.

Or, il est question de changer radicalement d'implantation. Je vais peut être devoir prendre le métro, et me lever plus tôt. Je ne sais pas si je vais y survivre.

Bon, pour l'instant, je ne cède pas aux crises d'angoisse car on n'a pas encore trouvé de nouveaux bureaux (faut dire que 150 terrasses panoramiques et une localisation à 5 minutes de l'appart' de la nana qui cherche, c'est pas simple comme cahier des charges) alors que le déménagement est annoncé pour septembre.

Du coup, je n'arrive pas à me décider pour ma prémonition : est ce qu'on va nous annoncer le 15 août qu'on a 5 jours pour faire nos cartons, ou est ce qu'en 2014 on cherchera encore ?

Vraiment, j'hésite.

vendredi 6 novembre 2009

Jeune Famille rech. appartement

Cela fait déjà 4 ans que M. PetiteGraine et moi faisons l'offrande mensuelle de nos augustes personnes à un appartement parisien, en échange d'un modique loyer représentant environ un smic (sauf que notre loyer, lui, il augmente drôlement plus vite que le smic dis donc).

Voilà un montant qui, je vous prie de le croire, fait très mal aux augustes popotins de nos augustes personnes.

N'allons pas non plus faire pleurer dans les chaumières (les chaumièreuses ont déjà bien trop à faire à pleurer sur les difficultés inhérentes à la filiation présidentielle, rendez vous compte, de la discrimination contre ceux qui n'ont pas la chance d'être bien nés du côté des pauvres, et ce, dans le pays même de l'égalité (liberté fraternité royauté tout ça tout ça) si c'est pas malheureux ma brave dame), n'allons pas faire pleurer dans les chaumières, disais je donc, il n'y a bien que les riches qui puissent se plaindre de payer les choses trop chères, les pauvres, eux, aimeraient bien se les payer, les choses trop chères.

Bref.
Je disais quoi ?
Pour en arriver où ?
Ah oui c'est ce que tout le monde aimerait bien savoir. Et bien moi aussi, tient. Je m'étais pourtant promis que j'arrêterais le crack à la pause dej, ça me flingue les neurones.

Breeeef.
A ce stade tout le monde aura compris que c'est pas drôle tous les jours d'être dans ma tête, et que parfois, j'ai de bonnes raisons de délaisser mon blog.
(je vous laisse méditer une petite minute sur toutes les inepties dans queue ni tête que je vous ai épargnées ces dernières semaines.

Ayé ?

Voilà. De rien, donc.)

L'appartement, donc.

Qui, à ce prix-là, n'a même pas le bon goût d'être un 150 m² dans le quartier du Marais avec terrasse panoramique et vue sur la Tour Effeil (mais si, ça existe).

Déjà, soyons honnête, rien que ça, c'est un peu l'arnaque.

Mais passons, M. PetiteGraine et moi sommes de nature clémente : 66 m² dans un quartier sympathique, ça va.

Ce qui passe un peu moins bien, ce sont :
- les 6 dégâts des eaux (moitié en tant que fuiteurs et moitié en tant que fuités, pas de jaloux),
- les 2 interventions de notre assurance pour repeindre des murs et/ou des plafonds (opération aussi appelée "cache-misère", ou "recouvrons les cloques et peut être ne s'apercevront ils pas qu'on n'a pas réparé la fuite" et aussi "mon propriétaire nous prend pour des cons"),
- et les 5 interventions de plombiers, toutes plus amusantes les unes que les autres.

Ces derniers méritent qu'on s'y attarde un peu.
Si,si.

Alors il y a celui qui non non non ne voit pas de fuite, ça doit venir d'infiltrations extérieures. NB : le voisin du dessous est en mesure de prendre une douche dans sa cuisine et ça lui coûte pas un rond en consommation d'eau car ça vient de chez nous. Ou plutôt des infiltrations. Mais oui bien sûr. Et l'eau qui gicle du tuyau sous notre évier, c'est exprès pour arroser la poubelle ?

Il y a aussi celui qui bosse dans l'immeuble et à qui on demande de vérifier que notre intervention d'urgence (changement de joint), qui jette un oeil, dit que c'est bon, (reprend son oeil), retourne chez les voisins, et nous fait parvenir une facture de 120 €.

Il y a tous ceux qui sont intervenus à la demande du proprio promis juré craché, et ont tout réparé promis juré craché (non mais on n'est pas maniaques mais quand même ça serait sympa de ne pas cracher sur le carrelage de la salle de bain merci), sauf que personne ne les a vus, et qu'une fois tout repeint, tout recloque dis donc.

Et puis surtout, surtout, il y a celui qui a cassé notre baignoire, nous a coupé l'eau toute la journée et l'accès à la salle de bain pendant une semaine complète alors que j'étais enceinte de 7 mois. Celui là, il est au panthéon des gros connards de plombiers pour qui l'enfer est trop beau, non non non monsieur, pour vous on a plutôt prévu une réincarnation en bonsaï.
Celui là, aussi surnommé, "oups, j'ai aussi cassé vos toilettes ce vendredi soir, allez à lundi, hein", n'avait sans doute pas été prévenu qu'on ne rigole pas avec la vessie d'une femme enceinte. (ni qu'on ne cache pas ses mégots sous la baignoire, ni qu'on ne fume pas chez les gens, et encore moins sous le nez d'une femme enceinte, qu'on ne laisse pas le plastique poussiéreux en place le soir si ça empêche le passage, et qu'on en vole pas la balayette des gens. Etc etc)

Tout ça en 4 ans, donc.

Ajoutez à ça, une épisode court (1 an et demi) mais intense, avec un voisin du dessous caractériel à tendance jeanne d'arquesque dont je n'ai jamais vu le visage ou entendu la voix, mais qui nous a bombardé de courriers recommandés avec accusé de réception pour nous menacer de moults procès et autres sanctions si nous continuions à faire le ménage après 21h (non il y a erreur monsieur, nous ne faisons jamais le ménage et nous pouvons le prouver) et à marcher avec des talons toute la journée (chéri je t'ai déjà dit d'arrêter de faire venir ta maîtresse en talons aiguilles la journée quand je ne suis pas là), etc etc.
Celui là aussi m'est avis qu'il a une belle carrière de réincarnation devant lui. Je lui prédis une prochaine vie de magazine quelconque arrivé inexplicablement dans les mains de mon Crampon (je vous ai dit que le Crampon était papivore ?).

Bon.

Avouez qu'on a quelque légitimité à avoir les dents qui grincent à l'évocation de notre propriétaire (qui n'est autre que la très charitable église catholique, rappelons le, également surnommée "aime ton prochain, mais laisse le se démerder avec sa chaudière qui ne marche plus").

Ce qui est bien avec les appartements, c'est que quand tu penses avoir touché le fond, tu découvres qu'il est toujours possible de faire pire.

Je vous le donne en mille, suite au décret d'application de je ne sais quelle loi qui implique de payer à plein temps la gardienne et blablabla, blablabla, le loyer est augmenté de 150 € par mois et ce à partir de dans 15 jours, tiens.

Euuuuh.

Encore sonnés par la nouvelle, nous n'avons pas vu venir l'estocade.

Hier matin, alors que l'agence administrant notre immeuble organisait un grand audit de plomberie (annoncé depuis 2 ans), j'ai donc reçu le super méga grand chef des plombiers de toute la terre (80 ans et demi environ), accompagné d'un des types de l'agence.

Je me suis fait grand plaisir en leur listant de manière exhaustive et détaillée tous les problèmes passés et présents, leur montrant tous les joins menaçants, les cloques de peinture en formation, etc etc.

Ça a duré une grosse demi heure, même que j'en avais mal à la gorge et presque plus de salive à la fin.

Quand, haletant presque, je me suis enfin arrêtée de parler, et me tournant vers le grand manitou de la plomberie avec un air interrogatif, je m'attendais à tout : à ce qu'il se pende avec le conduit de son sonotone, essaye de se trancher la jugulaire avec une clé de 10, ou demande expressément à l'agence de faire raser l'immeuble.

Au lieu de ça, il a dit :"Aaaah la condensation, c'est sûr, c'est un problème, quand il fait chaud à l'intérieur, et froid dehors".

Je suis restée coite un moment, et puis voyant que le grand sage en avait manifestement terminé, j'ai tenté un : " Mais euh, et quand ça goutte sur nous ? Y compris l'été ? Y compris dans le salon ? "

Sur ce, il m'a ré-expliqué le mécanisme de la condensation (je devais avoir l'air un peu perplexe)(ou con).

Le gars de l'agence a ajouté un truc du style : "Il faut aérer un peu plus longtemps après vos douches le matin !".

Et voilà.

J'évalue à une bonne demi-journée le temps nécessaire à dieu-le-père des plombiers pour finir l'audit de l'immeuble et en déduire qu'il faudrait peut être démonter toutes les fenêtres pour que l'air circule mieux. Ou alors ne rien faire c'est bien aussi, puisque tout va bien.

jeudi 24 septembre 2009

Non mais je parlais de quoi avant le Crampon ??

Les gens, ça craint.
Si, si, ça craint.

Non parce que je m'étais promis à moi-même que je serais capable de poster trois fois de suite ici sans parler du Crampon.
Le truc incroyable, quoi.
Vous ricanez ?
Et bien vous ne devriez pas.
J'ai toujours eu pour ambition de ne pas devenir une de ces nanas incapable de parler d'autre chose que de sa progéniture, qui est malade, qui a bien dormi, qui a mal dormi, qui a eu une grosse diarrhée, qui fait des sourires adorables, qui est siiiiii photogénique, qui a appris à se tenir assis, et blablabla et blablabla.
En fait je m'étais promis d'éviter de saouler la terre entière avec mes histoires de mouflet.

Sauf que.
Sauf que je me suis amusée avec ces trucs de nuages de tags qui font ressortir les mots les plus employés sur le blog :

Et là, bon, c'est peut être pas la peine que je commente, si ?

Non, hein.

Donc voilà, j'étais bien décidée à prouver à la terre entière (et au nuage de tags) que oh eh ça va hein, je suis encore une femme libre et indépendante dans sa tête. Non mais.

Voilà voilà.

Et puis le Crampon a fait une bronchiolite.
Le genre à vous envoyer aux urgences à 3 heures du matin.
Le genre à se doubler d'une infection pulmonaire et d'un début d'otite.
Le genre à vous renvoyer aux urgences la deuxième nuit, parce que quand même, DIS, IL N'ARRIVE PLUS A RESPIRER LA ?????
Le genre à vous faire enchaîner deux nuits blanches, 10 jours de traitement de choc, de séances de kiné respiratoires, etc etc.

Mais bon, tout va bien, hein. Le monsieur des urgences il nous a dit qu'on allait apprendre à se connaître cet hiver, ce qui nous a fort réjouit. On n'a pas eu trop le temps de lui dire vu qu'il a sans doute filé pour aller dormir après sa garde de 143 heures et avant sa garde de 632 heures (si j'en crois ses cernes). A moins qu'il soit allé regarder les dessins animés du matin chez sa môman (si j'en crois son âge).

Et puis le Crampon, il ne se laisse pas abattre, c'est pas le genre de la maison, voyez vous. Alors que tout le personnel de l'hôpital nous demandait avec un air anxieux si il mangeait quand même un peu, on s'est dit qu'on allait leur faire une démonstration pour qu'ils nous croient. Sous leurs yeux ébahis, donc, le Crampon a avalé ses 250g de purée et de viande. Et son petit suisse. Et sa compote. Et, comme d'habitude, il a grogné quand ça s'est terminé. Pas franchement perturbé par sa détresse respiratoire, donc.
Tant mieux, parce que sinon sinon on avait droit à l'hospitalisation, hahaha (gloups).

Breeeef.
Ces 7 dernières semaines, j'ai donc passé 4 jours au bureau. Et l'hiver n'a pas commencé.

Re-breeeef, vous voyez bien que j'arrive pas à poster sans parler du Crampon. (et puis là c'est un peu le grand chelem : sa santé & son manger, youhou !)

Tout ça pour dire, que si j'ai cédé, c'est bien pour Tobette, dont le désarroi m'a touché droit au coeur et dont je n'ai pu refuser la requête (lire les commentaires du billet précédent)(non, Tobette n'écrit pas en chinois)(en revanche si quelqu'un veut bien se dévouer pour expliquer Netvibes à Tobette, et lui éviter de lire 157 fois les histoires de bronchiolites du Crampon....)

La bise.

lundi 29 juin 2009

Bonjour et à bientôt, hein !

Ahum.
(eum, eum, eum)
(ouh la y a de l'écho ici)

Euh donc, je disais... Ah je ne disais rien ? Depuis presque un mois ? Ah oui quand même.

En bref que s'est il passé durant un mois :

- ma boîte à fusionné avec une autre (oui oui ça arrive AUSSI au fonctionnaire), donnant lieu à des négociations serrées de contenu et de soussous

- du coup j'ai changé de chef (mon karma s'améliore semble t'il). Mais il faudrait juste penser à prévenir mon ancien chef qui n'est plus chef que de lui-même (une bonne période karmique en ce moment je trouve) histoire qu'il arrête de m'envoyer des mails qui contiennent de l'impératif associé à tout un tas de tâches aussi gratifiantes et plaisantes que ramasser ses rognures d'ongle ou lécher ses aisselles une journée de grande chaleur.

- du coup, mon retour de congé mat' est assez... sportif. Deux chefs à gérer (un qui croit l'être et l'autre qui l'est), une quantité de taf, hinhin, je peux même pas le décrire, tiens. Bref, je bosse le week-end, et je fais 2 heures sup' tous les jours. Voiiiiiilà.

- Arrivée à la maison, la journée number two commence : Crampon affamé ou en train de manger (M. Petitegraine est un saint)(un saint qui s'arrange pour partir tous les jours du boulot à 17h30 alors qu'il est cadre avec moult responsabilités). Il faut lui donner un bain, un dernier biberon avant le dodo, le convaincre que le dodo c'est bien, et le faire tarder ça craint (amis des années 80...)(sauf que là en abuser c'est très très très bien), ensuite, ben il faut chercher quelque chose à manger dans le frigo, le cuisiner (ou au moins le chauffer au micro onde), manger, mettre le bazar dans le lave-vaisselle, et oh my God il est 22h30.

- Ca laisse une heure pour laisser comater mon cerveau, ensuite mon corps rend les armes et s'endort à l'insu de mon plein gré.

- A 6heures le matin, le Crampon se fout complètement de l'insu de mon plein gré et réveille joyeusement la maisonnée (et sans doute l'immeublée vu l'étonnante puissance sonore de ses petits poumons).

Je précise, qu'il n'y a pas de trève le week end, les tâches ménagères et les relations sociales (si, si, il nous en reste) remplaçant la journée au bureau.

Voili voilà.
Sinon, je pars 8 jours en Chine tout bientôt.
J'ai beau savoir que ça va être crevant (on bosse 12 heures par jour week end compris et je mets en général 7 jours et demi à me remettre du décalage horaire), que le soir je vais hululer à la mort parce que la Crampon va me manquer, ben quand même, j'ai une pensée émue pour M. Petite Graine qui va devoir gérer la bête tout seul. Et franchement, je n'échangerais pas nos places...

Tout ça pour dire que bon, on se reparle mi-juillet, hein (quand vous serez tous partis en vacances donc).

La bise, les gens !
(et merci pour les messages de soutien)(Bidi, avoue tout, tu as loué les services d'une nanny ? Comment tu fais pour bloguer encore ??)

mercredi 13 mai 2009

Rendez moi mon cerveau immédiatement

C'est bon, parfois, de savoir que certaines choses ne changent pas. Et parfois ça serait bon de savoir qu'elles changent aussi.

Ainsi, je redécouvre cette chose étonnante qu'on a sans aucun doute inventée pour torturer l'être humain et qu'on appelle communément "le travail".


"Le travail" ne sert à rien.
La preuve, il n'empêche pas les bébés de se réveiller la nuit. Toutes les nuits.

"Le travail" essaye de te faire croire qu'il est nécessaire pour te permettre de gagner des sous.
Soit.
Mais "Le travail" pourrait tout aussi bien reverser les sous en question directement à la nounou des bébés qui se réveillent la nuit, aux impôts, aux propriétaires d'appartements parisiens, et au supermarché en bas de chez moi.
Vu de mon compte en banque ça ne changerait pas grand chose en fait.

"Le travail" tente de te convaincre que si tu ne t'occupes pas de lui, la terre va arrêter de tourner.
Au moins.
Sauf qu'après 5 mois d'absence, je constate que personne ne s'est occupé de mon "travail", et que mon "travail" est toujours bien vivant.
Il paraît même que la Terre tourne encore.
Et dans le bon sens.

"Le travail" est fourbe. Il te tombe dessus, évite sournoisement tes collègues, et te fait culpabiliser si tu l'abandonnes trop tôt le soir.

Or, un autre étonnant concept prénommé "le Crampon" tente, lui, de son côté, de te faire culpabiliser si tu ne rentres pas assez tôt le soir.

Ainsi, chaque jour, j'assiste au combat des titans : Travail Vs Crampon.

L'un lance des attaques frontales avec dossiers urgents, l'autre pare les coups armé de sa couche sale, pof prends cet l'e-mail intitulé TTU, tiens, qu'est ce que tu dis de mon vomis de bib de 4h, ouh la je vais sortir ma botte secrète du travail le week-end, haaaan tu l'auras cherché, je te fais mon cri qui fait saigner les oreilles, etc etc.

Au milieu du champ de bataille, un être fatigué, sans défense, se fait balloter : "la maman".
(NB : ça marche aussi avec "le papa")

Ne me demandez pas d'arbitrer, j'en suis bien incapable.
Je SUBIS.

Et constate, aussi, que parfois "le travail" prend le dessus (10 jours en Chine programmés).

Mais que ces victoires ne sont qu'apparentes, puisque "le Crampon" squatte habilement le cerveau parental, avec un bail à durée indéterminée.
Quand je dis "squatte", je dois préciser que le squatteur en question a une légère tendance à prendre toute la place.

C'est comme ça que peuvent se jouer des scènes d'anthologie au bureau :

"Allô, oui, bien sûr, je vais en parler à notre directeur général, monsieur.... , euh.... monsieur...., (frt frt)(<- bruit des pages qui se tournent dans un agenda), euh... à monsieur notre directeur général, quoi."

Notez que je n'oublie jamais le prénom du Crampon.

Crampon, one poïnt.

vendredi 24 avril 2009

Et si je me pourrissais la journée en allant chez le coiffeur ?

Le soleil brille, le Crampon a trouvé une nounou, avant-hier soir je suis sortie entre copines pour la première fois depuis.... ouh la, tout ça, et cette nuit le Crampon a dormi de 21h à 7h45.

Il y a des matins comme ça, je danserais bien pieds nus dans l'herbe en chantant mon bonheur avec des fleurs dans les cheveux (heureusement, il n'y a pas d'herbe à proximité de chez moi).

Sur cette joyeuse lancée, j'ai profité des quelques heures du Crampon chez la nounou pendant la période d'adaptation pour filer chez le coiffeur.

Le cœur pimpant à l'idée de ma nouvelle tête à l'image de ma nouvelle vie, je confiais ma chevelure au bogoss du salon du coin, qui a la délicatesse d'avoir l'habitude de me draguouiller, alors même que je ne laisse jamais de pourboire.

J'étais donc occupée à justifier ma non-coupe en arguant de ma grossesse, puis la naissance, tout ça tout ça, envie de changer, blablabla...

Le jeune homme, lui, était occupé à me regarder attentivement, avec un air pensif.

"Il a quel âge votre bébé ?"

"Euuuh trois mois ! Pourquoi ? Ça se mesure à la profondeur de mes cernes ?"

"Bon, alors, comme vous venez d'avoir un bébé, vous avez pris du poids, et les coupes courtes, ça accentue les rondeurs du visage, donc je vous recommande de garder de la longueur."

"..."

"Qu'est ce que vous en pensez ?"

Que t'es vraiment un sale petit con et que du haut de tes 25 ans, tu ne sais pas de quoi tu parles vu que des kilos de ma grossesse, il m'en reste un petit peu, certes, mais concentrés dans les seins vu que pour le reste, je ne suis pas peu fière de rentrer dans mes fringues d'avant. Maintenant si t'essayes de me dire que j'étais grosse AVANT, et que ma tête ressemble à un ballon de foot, je le SAIS, mais d'une manière générale, j'ai tendance à avoir envie d'éviscérer ceux qui me le font remarquer, alors mon petit père, mes rondeurs et moi, on te MERDE.

Mais en vrai j'ai répondu "ok".

Je suis sûre que les coiffeurs ont le pire karma de la création et qu'ils se réincarneront tous en bonsaï.