jeudi 8 décembre 2011

A morning with Fyfe

(la night, on n'y revient pas, c'est fait et et j'espère que ça ne sera pas à refaire *soupir*. Mais qu'est ce que je fous dans cette galèèèèreuh ??)(une pensée pour une certaine madrilène qui doit bien ricaner, là)

Quelque part entre 5, 6 et 7 heures, le Crampon se réveille, plus ou moins calmement, plus ou moins paniqué à l'idée de ne pas savoir si son père est encore là. Car oui, le Crampon ne vit que pour son Pôpa, l'ingrat. Non pas que le dit Pôpa ne le mérite pas, loin s'en faut (pour tout dire, il est certainement meilleur père que je ne suis mère). Mais merde, je l'ai porté 9 mois dans la nausée et les remontées acides, expulsé en douceur par un endroit que je refuse toujours de trouver approprié (en termes de taille voyez vous), allaité pendant 5 mois jour, et, SURTOUT, nuit. Alors bon, même si je lui consacre moins de temps que son père, j'estime ne pas mériter toute la déception matinale de cet enfant quand il constate que passé 7 heures, il n'y a que moi.
Bon, pour être honnête, une demi-moi.
Une moi profondément endormie.

Le Crampon est briefé : si maman n'est pas levée, ça veut dire qu'il est trop tôt, donc tu te rendors, ou alors tu allumes ta lumière et tu joues calmement et en silence.
(d'aucuns verrons peut être dans cette technique éducationnelle un élément d'explication au fait que le Crampon préfère son pôpa. Soit. Mais avant 7h, le meilleur de moi-même et de mes capacités consiste à fermer la bouche pour ne pas baver sur mon oreiller).

Le Crampon, chantonnant de bonne humeur, ou hurlant à la mort à la recherche de son père -ça dépend des jours- entreprend donc de démarrer sa journée "calmement et en silence", conformément aux consignes, mais oui bien sûr.
Il commence par déménager sa commode à roulettes depuis la chambre jusqu'au milieu du salon.
Puis il traîne une ou deux chaises de cuisine pour organiser une course.
Il allume la chaîne hi-fi. De préférence sur une radio qui passe du Gilbert Montagné.
Il prend son épée (=un pile de légos) et entreprend une croisade domestique. Il s'agit manifestement de pourfendre le pauvre chat.
Ou de jeter l'épée au sol pour faire exploser des légos partout dans la maison. Yeaaaaah.

Arrive le moment où le Crampon décide qu'il suffit. Il déboule alors dans la chambre, ouvre les volets électriques, et saute sur le lit pour un câlin (qui consiste principalement à prendre de l'élan pour se jeter de toute sa hauteur sur moi. Aïe).
Ok, ok, levons nous, donc.

Tu veux un bib', Crampon ?
Ouiiiiii ! Un bibauchocolat !

En mode automatique, lait, bib, micro-onde, 2 cuillères de cacao, quand retentit un NOOOOOOOON !!!
Sursaut de terreur, qu'est ce qui se passe, Crampon ?
VEUX PAS CETTE CUILLERE !!
Gniii ?
PAS CETTE CUILLERE, VEUX LA ROUGE !
Non mais c'est trop tard, Crampon, j'ai mis le chocolat dedans déjà !
NON NON NON !
Le Crampon se saisit du bib et entreprend de répandre son contenu par terre, en signe de protestation, puis de me le jeter à la figure.

Okéééé...
C'est le moment de faire appel à toute sa réserve de patience, sa zenitude, sa capacité à respirer par le ventre et à lutter contre la hulkisation.

S'en suivent alors 15 minutes d'âpres négociations à l'issue aussi incertaine que la sortie de crise européenne (sauf que chez nous le dialogue est franco-français plutôt que franco-allemand).

Et puis, tout s'enchaîne :
Pour s'habiller, le Crampon réclame "5 minutes maman, je joue" toutes les 5 minutes environ ;
Il veut rester en chaussons et refuse de mettre ses chaussures ;
Il enlève son manteau dès que j'ai le dos tourné ;
Il veut marcher, puis monter dans la poussette, puis pousser la poussette, puis nettoyer le caniveau, puis faire coucou aux camions, puis frotter sa sucette sur les vitrines, puis rentrer à la maison.

Qu'on ne vienne pas s'étonner que je sois soulagée de sortir de la crèche pour aller me reposer au bureau.
(Crise des 2 ans, crise des 3 ans, ça s'arrête quand au juste ??)

lundi 28 novembre 2011

Et c'est reparti pour un tour !

Il y a un moment dans ta vie de parent où tu te dis que non, jamais au grand jamais tu ne seras capable de revivre ça un jour.
Tu es convaincue que ton crampon insomniaque et RGO t'a vaccinée à vie, et que d'ailleurs tu ne te remettras jamais complètement du traumatisme de ces XX (CENSURE) premiers mois.

Il y a un moment où tu te dis que moui, peut être, plus tard, pourquoi pas. Mais bon, là faut gérer le terrible two, et franchement, se remettre aux nuits blanches du début alors que numéro1 sonne le clairon sur les coups de 5 ou 6h du mat, pfff comment te dire... No way.

Et puis il y a un moment où la vie se fait plus douce. Certes, tu as l'impression que la fatigue est un état permanent qui ne t'a pas quittée depuis des siècles, mais bon, le Crampon est devenu plus autonome, tu as appris à relativiser (dormir c'est surfait), et puis tu continues à te battre inlassablement pour rogner des créneaux de liberté. Tu le sens bien, que tu n'es pas seulement une mère, tu es aussi une fââââmme, une amante, une jeune cadre dynamique : tu as envie de voyages en amoureux, de sorties entre amies, tu as de l'ambition à nouveau...
Quand tu y réfléchis, tu te dis que si tu traînes trop, tu ne trouveras plus le courage de renoncer à cette facilité là.
Dès lors, insidieusement, le piège se referme.

Les bébés que tu croises te semblent à nouveau mignons, émouvants. Tu ne vois plus les cernes des parents derrière la poussette, les traces de régurgitation sur leurs vêtements, leur air hagard.

Tu es foutue.

Le temps de réaliser que tu aurais peut-être dû aller relire ton blog d'il y a presque 3 ans, et pof, trop tard, tu es déjà boutonneuse, nauséeuse, cernée, insomniaque, et émotionnellement... euh... hystérique.
Le premier que je chope en train de dire que la deuxième grossesse n'a rien à voir avec la première, je lui fais bouffer mon biac*tol. LA MEME. Lire pour prendre de mes nouvelles, donc.

Ah non, pardon, GROSSE différence : la taille de mon ventre. J'ai l'air d'être enceinte de 6 mois. Coooool.
Merci la vie, merci l'amour.

Y a pas à dire, le premier trimestre, ça m'épanouit.

mardi 22 novembre 2011

Gagnant - gagnant

Il me semble qu'il y a quelques temps, probablement dans un moment d'égarement, j'ai évoqué ici mon nouveau boulot dans la même phrase que le mot "bisounours".
HAHAHA.
35 ans et toujours aussi naïve, ça serait mignon si ce n'était pas autant ridicule.

6 mois plus tard, je peux vous dire que si je suis chez les bisounours, c'est qu'ils ont fort mal tourné. Il faudrait penser à arrêter de leur donner du crack au petit dej', et à stopper tout de suite les manipulations génétiques à base d'ADN présidentiel.

Comme d'habitude, j'ai repéré quelques collègues intelligents, bosseurs, et sympa (qui me sauvent la vie et la motivation, est ce la peine de le préciser ?).
Et puis toute une galerie de portraits qui excite mes fibres les plus misanthropes.

C'est simple, à chaque nouvelle prise de poste, j'ai l'impression de redécouvrir la nature humaine sous ses pires travers.
Malhonnêteté intellectuelle, égoïsme, lâcheté, soumission, arrivisme, opportunisme, incompétence, paresse, bêtise....

Je vous rassure, je ne me vois pas comme l'inverse de tous ces qualificatifs.
(Bonjour, je suis Fyfe, je suis honnête, généreuse, courageuse, j'assume mes décisions, je suis désintéressée, compétente, travailleuse, et intelligente. Mes chevilles ? Non, jamais de bottes, ça ne rentre pas, désolée. Et oui, oui, elles me permettent de m'envoler par temps venteux, c'est très pratique)
Bien sûr que je suis à mes heures un peu de tout ça (enfin, surtout paresseuse)(et bête aussi, probablement, mais sans forcément m'en rendre compte).

Mais je reste sans voix devant la capacité de certains à cumuler l'ensemble de ces caractéristiques avec une constance dans l'intensité qui force le respect.

Ainsi, travailler me rend misanthrope. Et méchante. Et aigrie.
En fait, c'est simple : me faire travailler va contribuer, à terme, à creuser le trou de la sécu.

Aussi, en ces temps où chaque dépense compte, je suggère d'inclure dans le plan d'austérité national une mesure visant à me verser mon salaire contre mon engagement personnel à ne pas venir travailler.

C'est la meilleure chose à envisager si on considère les choses sous l'angle du développement durable. Il faut en effet penser long terme, global. Voir l'ensemble du tableau. The big picture, you know.

Voilà. Merci et bisous.

mardi 15 novembre 2011

Le droit à chouiner

Entendu dans le bus ce matin : « non mais elle me gonfle c'te nana, elle vit dans un super appart', son mec est pété de thunes, et elle trouve quand même le moyen d'être triste. Putain mais elle se rend pas compte qu'il y a plein de gens vraiment malheureux dans le monde »

C'est le moment où mes poils se sont hérissés, dans une manifestation de vigoureuse réprobation (et de froid aussi un peu, certes).

Passons sur le grand poncif du confort matériel qui ne fait pas le bonheur, et sur l'évidence que la dépression est une maladie qui se contrefout des arguments de bonheur objectifs, pour se concentrer sur une idée malheureusement fort répandue malgré sa désarmante stupidité, si vous le voulez bien :

ALORS DANS CE P*T*** DE MONDE DE MER**, TANT QU'IL Y AURA UN PÉQUIN PLUS DÉSAVANTAGÉ QUE SOI, ON NE POURRA PAS SE PLAINDRE, C'EST CA LA LOGIQUE ??

Mais oui bien sûr !!!

Cette nana que son chef vient d'accuser d'avoir ses règles, mais qu'elle ne vienne pas se plaindre, enfin ! Y a des femmes qui se font attaquer à l'acide pour des suspicions d'adultère ! Alors il faut raison garder et se concentrer sur les vrais combats voyons !

Et puis cet ouvrier du bâtiment, qui trouve qu'il a des conditions de travail difficiles et qui voudrait si possible partir en retraite avant de crever, il ne va pas non plus la ramener alors que dans certains pays, le concept même de retraite n'existe pas, si ?

Ce djeun's qui ne trouve pas de boulot malgré son bac + 5, s'il était vraiment courageux, il prendrait un job sous-payé pour assurer sa survie ! C'est vrai quoi, y a des mômes de 6 ans qui font 15 bornes à pieds et sans chaussures tous les jours pour aller à l'école ! Et le djeun's il a pas le courage d'aller bosser chez Macdal ? Il préfère ce plaindre que bouhouhou y a du chômage c'est tout pourri ?

Pis mon Crampon de presque 3 ans, je vais lui expliquer, tiens, que ouaip, il s'est rétamé la tronche sur le bitume, mais va peut être pas falloir réclamer du câlin, vu qu'à son âge, en Chine, il bosserait 50 heures par semaines à fabriquer de la basket pour 5 dollars par mois, câlins non compris.

Mais ouais ! C'est trop génial cette technique ! Comme ça tout le monde il ferme sa bouche ! Tu prends des coups, mais avec le sourire steuplaît, espèce d'ingrat !


Non mais sans déconner !??
Spa possible de raisonner comme ça, si ?

Je revendique mon droit à chouiner, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, parce que je m'en sors pas à concilier boulot et élevage d'un seul môme (alors que d'autres bossent plus et ont 4 enfants, je SAIS), mais aussi parce que j'ai foiré ma pose de vernis hier soir et que ça me met d'une humeur de dogue.
Il n'y a rien d'indécent à ça.

Ce qui serait indécent, ce serait d'être dans l'incapacité de RELATIVISER. De considérer par exemple que ma manucure ratée est du même niveau de gravité que la faim dans le monde ou l'existence de JFCopé.
Mais ce n'est pas le cas.
Et c'est pour ça que je ne me jetterai pas par la fenêtre à cause de mon vernis déjà écaillé. (Mais qu'en revanche je veux bien discuter avec JFCopé de l'éventuelle opportunité de son propre jetage par la fenêtre)

Bon, voilà, c'était ma chouinerie du jour. Me reste plus qu'à racheter un top vu que cette hulkisation à été fatale à ma chemise.

mardi 25 octobre 2011

Les Corleone à la crèche

Parmi les multiples trucs qu'on ne te dit pas quand tu envisages de te reproduire, il y en a un particulièrement pénible et lié à ta santé.
Physique, je veux dire. (oui, bon certes, mentale, aussi, ça ne fait aucun doute, mais ce n'est pas le sujet du jour).

Tout le monde sait bien qu'un enfant avant 3 ans doit se constituer son système immunitaire en enchaînant joyeusement les maladies diverses et variées. Et de ce côté-là, je dois bien avouer que le Crampon nous gâte : à part un abonnement aux bronchiolites sa première année, et une malheureuse gastro, je le soupçonne d'avoir chopé le reste sans le laisser paraître (vaillant Crampon, il ne va pas se laisser abattre par quelques microbes alors qu'il y a un appartement à démonter et que sa maman n'a crié avec sa voix aïgue que DIX fois depuis ce matin).

Mais ce qu'on ne m'avait pas dit; c'est que nous aussi, les parents, deviendrions des proies faciles pour les infections et virus en tout genre.

Je sais que d'une certaine manière, ce n'était pas très dur à deviner...
Vous prenez des parents fatigués de manière pathologique (c'est le propre du parent jusqu'aux 12 ans de l'enfant, parole de médecin), avec un système immunitaire sans doute resté sous la couette ce matin, et vous mélangez étroitement avec un enfant qui évolue en collectivité.

Nota Bene : la collectivité (crèche ou école, même combat) évoque peut être pour certains un groupe d'enfants qui font la ronde, apprennent de jolies chansons, font des dessins, etc etc. Oh que c'est mignon.
Je vous arrête tout de suite, la collectivité, ce n'est pas mignon. Plus qu'un lieu d'échanges sociaux entre des enfants, c'est un haut lieu de trafic de microbes et virus. La plaque tournante des barons du miasme. Un lieu sans foi ni loi ou la pitié, la compassion, et l'empathie n'ont pas lieu d'être. Tu sors d'une angine ? Ben chope moi cette laryngite tiens. Et enchaîne avec cette gastro, HAHA.

Alors, comme je l'ai dit, le Crampon est vaillant (comprendre par là, que c'est sans doute le Parrain de la mafia virologique, mais je préfère ne rien savoir).
Ceci dit, cela ne l'empêche pas de ramener dans notre foyer criant aimant des tonnes de saloperies, qui attaquent les adultes affaiblis par l'éducation du Parrain.

Avant d'avoir une descendance, M. PetiteGraine et moi n'étions JAMAIS malades. Pas un seul jour d'arrêt maladie à notre actif en 8 et 11 ans de boulot respectivement. M. PetiteGraine n'avait pas de médecin référent, et sa carte vitale n'avait jamais servi.
Voilà voilà.
La grossesse a été pour moi une phase transitionnelle. Tous ces médecins, ces paperasses de la sécu, ... J'ai découvert progressivement un nouveau monde.
Et depuis, je suis - horreur, malheur - comme tout le monde. Ne le prenez pas mal, hein, mais ça me plaisait bien à moi de ne pas connaître le sens du mot migraine ou de ne jamais avoir rendu tripes et boyaux grâce à une gastro.
Malheureusement, c'est bien fini.

M. PetiteGraine se remet à peine de 15 jours de méga-crève-qui-te-met-sur-les-genoux-chérie-désolée-tu-vas-devoir-tout-gérer-toute-seule (oui, 15 jours, c'est dingue. Je hais ce virus). Et forcément, alors qu'il reprend du poil de la bête, mon système immunitaire entame une grève, et me voilà à la place de celle qui ère dans la maison en gémissant.

Le Crampon, lui, se porte comme un charme. Au point qu'on l'aurait presque préféré un peu abattu par une légère fièvre, voyez vous.
(Je le dis en chuchotant, Don Vito Corleone n'est pas très loin, et je ne voudrais pas doubler ma peine avec un genre de gastro)

Bon, je vous laisse, je vais essayer de gérer ma quinte de toux de tuberculeuse.
Et faites des enfants, hein.

lundi 10 octobre 2011

Le retour de la vengeance de la blogueuse

Le problème quand on s'absente trop longtemps du blog, c'est qu'on a laissé périmer 50 idées de billets, et qu'on ne sait plus trop par où recommencer. Du coup, on attend encore un peu, et hop, en moins de temps qu'il n'en faut à un JFCoppé ou une NMorano pour me donner envie de leur coller le nez dans les couches du Crampon, c'est la spirale infernale et pif paf, ça fait un presque mois.

Plutôt que de laisser passer un autre mois qui flirterait peut être bien avec une année, voilà un billet sans queue ni tête, digest de quelques trucs qui me sont passés par la tête et qui auraient du faire l'objet de billets si je n'étais pas aussi occupée par des activités aussi nombreuses qu'impondérables du genre travailler, faire des chatouilles au Crampon, ou passer mes soirées à regarder V (série nouvelle version) avec Mr PetiteGraine tout en nous remémorant comment Diana elle faisait quand même super peur.


La Babygym.
Gros, gros échec.
On a bien fait d'attendre une semaine de plus avant de signer (et payer) pour l'année.
La dernière séance a mobilisé pas moins de trois adultes pour canaliser le Crampon : une des animatrices, ma soeur, venue en spectatrice immortaliser les prouesses de son filleul (elle n'a pas été déçue), et moi même.
En une demi-heure, pas moins de trois adultes, donc, se sont épuisés à :
  • tenter de convaincre le Crampon que non, non, on ne pouvait pas courir comme un dingue et se jeter sur tous les praticables mous (cela revient peu ou prou à jeter une blogueuse beauté dans un Séphora lors d'une journée "tout est gratuit", et lui interdire de toucher ou d'emmener quoi que ce soit. Évaluez le challenge).
  • inciter le Crampon à participer aux échauffements en se ridiculisant copieusement (et je fais le serpent, et je fais la girafe, et je fais la marche de l'éléphant... Tu fais pareil, Crampon ? NOOOOOON. Mais il s'est bien marré à nous regarder assis à l'écart)
  • lui proposer 500 fois de sauter sur le trampoline quand c'était son tour, sans aucun succès. Mais devoir le rattraper au milieu du trampoline dès que le groupe est passé à une autre activité.
Est arrivé le moment où la cheffe des animatrices (âgée de 17 ans et demi selon mes estimations) m'a expliqué avec un regard contrit que les parents ne pouvaient pas rester dans ce groupe-là, donc Madame, il faut penser à couper le cordon maintenant et aller vous poster sur le balcon pour laisser les pros travailler.

L'espace d'une nanoseconde, j'ai pensé lui répondre que les parents pouvaient rester avec le groupe des petits, celui qui correspond à l'âge du Crampon, et que clairement ce zozio-là leur serait ingérable si je m'éloignais.
Heureusement, une étincelle de raison m'a ramené à plus de pragmatisme. Ah tu le veux mon gamin ? MAIS PRENDS LE, FAIS TOI PLAISIR ! Moi de toutes façons j'étais prête à le balancer par dessus les barres asymétriques, alors...


J'ai donc quitté le praticable sans me retourner. Arrivée dans la mezzanine, j'ai pu constater que le Crampon n'avait pas encore remarqué mon départ, fort occupé à faire boing boing (sic) sur les trampolines où les ados s'entraînaient à faire des quadruple salto boucle piquée triple lutz. Sans les mains. Ou un truc du genre, bien infaisable, avec des réceptions euh... aléatoires. Pas franchement adaptées à la cohabitation avec un zébulon de presque 3 ans.

J'ai ensuite bien pu me régaler à observer ces demoiselles tenter de ramener dans le groupe mon Crampon hurlant à la mort, et se débattant comme si sa vie en dépendait.
Ça a duré... oh bien 2 minutes et demi je dirais. Et puis elles me l'ont ramené, un peu piteuses, et on est partis la tête haute, mon psychopathe de fils, ma sœur ébahie et peut être un poil traumatisée, et moi.

Fin de l'épisode Babygym. Crampon 1 - Fédération Française de Gym 0.


Le record absolu de grasse mat'

Ironie du sort, quelques jours plus tard, nous étions invités par une journée très ensoleillée (si, si, souvenez vous, y a une semaine on avait TROP chaud) à fêter un anniversaire familial dans une maison
à la campagne, avec un TRAMPOLINE dans le jardin.
Le Crampon s'était réveillé avant 6h (joie), a zappé la sieste, et passé l'après midi à faire boing boing en alternance avec "jouer à la bagarre" avec son cousin. Il était hilare, et tellement rouge et transpirant que la famille prenait les paris sur le moment où il s'écroulerait raide endormi.A 22h30, il était allongé sur le canapé et regardait des dessins animés avec ses cousins, sans donner aucun signe de fatigue.
Ce n'est que dans la voiture, sur la route du retour, qu'il a rendu les armes.
Jusqu'à 11h10 le lendemain matin.
JUSQU'A 11h10.
On parle d'un môme qui s'est réveillé à 9h30 après un nouvel an où il avait fait l'andouille et refusé de se coucher jusqu'à 5h du mat' (je le revois courir gaiement sur le trottoir alors que nous attendions notre taxis, complètement défaits, et nous interroger anxieusement sur la possibilité que cet enfant soit un alien).
Bref, je veux un trampoline.
Il paraît que sur mon balcon, au deuxième étage, ça craint.
Je ne veux rien savoir, le trampoline est mon ami, mon sauveur, je le veux.
Trampoline 1 - Crampon 0 (la revanche de la fédé de gym ??)


De la météo et des Visiteurs
(si, si, y a un lien)

Je tiens à dire que je vis en double pull + polaire depuis ce week-end, chez moi (le chauffage collectif sa mère n'a pas démarré), et au bureau (le chauffage collectif sa mère n'a pas démarré non plus), et que je le vis plutôt MAL (doux euphémisme pour dire que je passe mon temps à chouiner, grelotter, et réclamer des thés brûlants).
Aussi, quand je croise des gens en chemisettes ou en t-shirt dans la rue, ou dans les couloirs du boulot, une seule pensée me vient à l'esprit : ce sont des V. Des lézards quoi. Pas d'autre explication possible.
(si tu as moins de 30 ans, gougueul est ton ami).
Bref, j'ai froid ET j'ai peur.


Vieillesse ennemie

Je vais avoir 35 ans très tout bientôt.
Je ne sais pas trop ce que j'aurais pu écrire là-dessus. Ça dépend de l'humeur du jour, du sens du vent, et de la conjonction astrale.
Une liste mièvre de toutes les choses chouettes de ma vie (je suis scandaleusement chouchoutée par le bonheur).
Ou bien une ode à la dépression de celle qui bascule plus-près-des-40-que-des-30.

Sur ce, j'essaye de revenir vite.
Du bisou

mercredi 14 septembre 2011

Hygiène de vie

En cette rentrée, je me suis inscrite à la Babygym.
Dans le groupe des 3-4 ans.

Oui je sais, cela paraît étrange au premier abord, mais tout va s'éclairer rassurez-vous.

Le dossier d'inscription est au nom du Crampon, mais ne vous méprenez pas : c'est un piège.

Le concept de la Babygym, c'est donc de payer des gens en justaucorps en velours et aux mains talquées, pour qu'ils vous laissent passer une heure dans un gymnase avec votre ou vos enfants.

Il y a beaucoup de choses que je pourrais apprécier de faire à 10h30 un samedi matin ensoleillé. La première qui me vient à l'esprit consisterait à finir doucettement ma nuit dans la chaleur de ma couette, mais je n'exclus aucune option à base de bain moussant, bon roman, ou apéro en terrasse avec un peu d'avance.

Bizarrement, macérer une heure dans un gymnase à 35°C en compagnie d'une légion de mycoses et d'odeurs de transpiration et de vieille chaussette n'en faisait pas partie.
 
Ne me demandez pas ce que je faisais donc là, je n'en sais rien, et je n'ai pas mieux su y répondre quand je me suis retrouvée au milieu d'une soixantaine d'enfants entre 1 an et 6 ans, et le double de parents.

Pour bien visualiser l'ambiance, il faut imaginer simultanément 60 sources de cris aigus (enfants excités), 120 sources de cris plus graves (parents énervés), et bien évaluer l'aptitude parentale à la patience quand il fait 35 degrés.

Voilà.
Envie de fuir ? Oui, je sais, c'est nor-mal.

Mais vous êtes piégé. Les enfants ont d'ores et déjà endossé leur rôle de coach sportif, ils ne vous laisseront pas repartir avant de vous avoir fait dépenser votre dernière calorie.

Ensuite, les gens en justaucorps font des groupes de niveau. Le niveau de résistance sportive des parents est évalué sur la base de l'âge de leur progéniture, étant entendu que plus l'enfant est jeune, plus le parent est endurant (question de survie).

Par chance, le groupe des parents les plus entraînés (enfants de 1an 1/2 à 2 ans 1/2) était complet, et nous avons donc rejoint le groupe juste au-dessous, avec la conviction que nous n'allions faire qu'une bouchée des parents des enfants de 4 ans (petits joueurs, je parie que leurs mômes dorment jusqu'à 9h le week-end).

Les gens en justaucorps hurlent ensuite quelques consignes (lancer le ballon, sauter sur le trampoline, courir, faire le parcours, etc.).

Personne n'a rien entendu, mais ce n'est pas grave, les enfants sont désormais les coachs personnels de leurs parents, et n'en font qu'à leur tête.

Pour notre part, le Crampon a décidé de tout miser sur l'entraînement cardio pour cette première séance : beaucoup de courses derrière lui sur les coussins mous, sur les trampolines, sous les barres asymétriques où s'entraînaient des grands, etc.
Redoutable efficacité, bravo le Crampon.

Ensuite, nous avons couplé travail cardio et motricité des membres supérieurs. Il s'agissait de rattraper ou aller chercher le ballon que lançait le Crampon pour vite vite lui rapporter et lui permettre de recommencer.

Nous avons également rampé par terre, marché à quatre pattes, accroupis, et dans un éventail de positions que la morale m'empêche de nommer.

Au delà de l'entraînement physique, je pense que les enfants avaient décidé de rappeler à leurs parents les notions simples d'humilité dans le sport.
Dans cette épreuve, tous les parents concentraient leur attention sur leur enfant (afin d'éviter de croiser le regard des autres adultes, ce qui est bien compréhensible), et tous suppliaient leur coach personnel de les imiter. Mais la plupart des enfants n'ont pas fait preuve de faiblesse, et ont laissé leurs parents seuls face à leur destin. C'est important le mental, dans le sport.

En fin de séance, nous avons eu droit à un entraînement assez extrême à la résistance acoustique ainsi qu'à la self-défense (à base de hurlements de Crampon et de tentative d'immobilisation du Crampon -il fallait parer les coups, pas évident ce truc-là, à retravailler).

Quand les enfants ont jugé bon de rejoindre le vestiaire, le soupir de soulagement des parents épuisés a résonné dans le gymnase.

Et puis voilà, une bonne douche pour toute la famille, et le week end pouvait reprendre son cours, avec la satisfaction d'avoir fait du bon boulot (manger - bouger, tout ça tout ça).

J'ai eu grand plaisir à constater qu'il y avait des coachs bien plus cruels (pour ne pas dire sadiques) que le Crampon.
C'est une révélation.
Et une satisfaction personnelle que j'ai un peu de honte à avouer.

Dans la catégorie joie et bonheur de la Babygym, le Crampon, bien fatigué par ses efforts d'entraîneur, a filé à la sieste sans négocier et s'est endormi en moins de temps qu'il ne faut pour dire "courbature".  Pour 3 heures. Miraculeux.

Moins miraculeux : même constat, même sanction dans le camp des parents.


La vie appartient peut être à ceux qui font du sport tôt, mais on oublie trop souvent de citer son corollaire : l'après-midi appartient à ceux qui font la grasse matinée.

mercredi 7 septembre 2011

Diplomatie internationale, paix dans le monde, tout ça tout ça

Hier soir, le Crampon, bien fatigué de sa journée (et de sa courte nuit - no comment-), était légèrement nerveux.
Traduction : il courrait partout comme un damné, ponctuant ses sauts de cabri par des petits cris d'une voix sensiblement trop aigüe pour être honnête, et chouinait de manière aléatoire, oscillant entre le regard de Bambi à qui on aurait piqué son déjeuner et celui d'Hannibal Lecter, euh... à qui on aurait piqué son déjeuner aussi.

Tout allait bien, donc.


A un moment, une sympathique odeur d'égouts a envahi la pièce.

Je sais, c'est ignoble, mais sachez qu'être parents permet de développer une résistance hors norme à une éventuelle attaque terroriste odorifique. Il faut positiver.

La couche était pleine, donc.


Petite aparté : le Crampon, qui a 2 ans et demi passés, n'est toujours pas propre. Enfin, on le lave, hein. A peu près en tout cas. Mais il n'a pas appris à aller sur le pot.

Nous essayons régulièrement de lui proposer de faire "comme les grands", mais son refus est catégorique, et le milieu scientifique et éducatif est unanime : ça se fera tout seul quand il le voudra et sera prêt. 
Bien sûr, ma mère et ma belle-mère en savent beaucoup plus que le milieu scientifique et éducatif (elles ont élevé 4 enfants à elle deux, tout de même), et croient bon de 
1. me harceler avec des "de notre temps", des "il ne pourra pas aller à l'école !" (dans un an, hein) et des "quand même à son âge..." et 2. de déculotter le Crampon ou le coller sur un pot dès que j'ai le dos tourné (le Crampon est un bon fils à sa maman. Il se venge en pissant sur le beau tapis, le canapé, ou tout autre objet de valeur).
Bref, le Crampon n'est pas prêt à apprendre la propreté, et pour autant que je le connaisse, s'il décidait d'attendre ses 18 ans, il n'y aurait pas moyen de le faire changer d'avis et on n'aurait plus qu'à acheter des actions Pamp*ers.

La couche était donc du genre bien chargée (amis de la poésie, pardon et adieu).

Mais le Crampon n'avait pas franchement envie d'interrompre son entraînement pour les championnats du monde de dépense d'énergie sous acide (comment ça, ça n'existe pas ? Mais alors pourquoi diable ferait-il ça ??).

La traditionnelle négociation qui s'en est suivie a abouti à un compromis tri-partite consistant à quitter la couche dans la salle de bain, et enchaîner avec le bain (je suis mûre pour un poste à l'ONU).


Pantalon, chaussettes, T-shirt : enlevés.

Couche immonde : enlevée.
Fesses et leur moulage de caca mou bien collé : à nettoyer.

Armée de mes lingettes destructrices de planète (le liniment sur les matières solides, je peux pas. Ça fait un gloubli-boulga qui m'est intolérable)(sinon je suis très Nicolas Hulot - friendly, hein, ne me dénoncez pas), j'entreprenais donc, assise par terre, de nettoyer les fesses les plus mignonnes de la planète (même si momentanément, ça ne se voyait pas trop à cause du... bon vous avez compris), sur une cible mouvante (le Crampon continuait imperturbablement son entraînement pour les JO du saut de cabri).


C'est à ce moment précis que mon enfant chéri, cet être aussi imprévisible qu'adorable, a décidé de se jeter sur mes genoux pour un câlin.


Je me suis immobilisée dans une vaine tentative de stopper l'implacable écoulement de l'espace-temps. Une lingette dégoûtante dans la main, une paire de fesses d'adorable et néanmoins tout ce qu'il y a de plus merdeuse sur ma cuisse.

M. PetiteGraine a explosé de rire.
L'accord tri-partite a été immédiatement enterré et j'ai expédié la fin de ma mission avant de courir me changer - désinfecter - asperger de déodorant.

Je ne pense pas que c'est le genre de risque encouru par les négociateurs de l'ONU.

Pourtant, une menace de cet ordre qui planerait sur les négociations en Syrie ou à Jérusalem, ça vous changerait la face du monde, j'en suis sûre.

lundi 5 septembre 2011

Blues de rentrée

Ce matin, en emmenant le Crampon à l'échafaud, pardon, à la crèche (c'est toujours joie et bonheur le matin par ici), un peu plus tôt que d'habitude, j'ai croisé pas moins de 6 écoles.
C'est-à-dire 6 groupes de parents accompagnant leurs petits et moins petits enfants pour leur rentrée scolaire et attendant l'ouverture de l'école.

J'ai vu des enfant tous fiers avec leur cartable tout neuf, fonçant sur leur vélo loin devant leurs parents.
J'ai vu des enfant inquiets, serrant la main d'un papa ou d'une maman tentant tant bien que mal de se montrer rassurant et de cacher leur propre inquiétude.
Et j'ai vu des enfants qui, déjà, sur le trottoir, agrippaient de toutes leurs forces et cachaient leur visage dans le cou de papa/maman.

J'ai regardé mon Crampon-le-bien-nommé, l'enfant qui a mis 3 mois à accepter d'aller dans sa nouvelle crèche sans hurler à la mort, celui-là même qui a fini par lâcher prise et apprécier ses journées en collectivités, fin juillet.
FIN JUILLET.

Avant la fermeture de la crèche pour un mois, donc.
Avant la réouverture en septembre, avec du nouveau personnel, et un groupe d'enfant entièrement renouvelé, donc.

Je me suis bercée d'illusions pendant toutes les vacances, je voulais croire au déclic providentiel, aux matins ricorée qui m'attendaient.
Le Crampon m'encourageait dans mon optimisme, réclamant la crèche et les copains.

Son enthousiasme s'est malheureusement effondré au moment où il a réalisé que j'allais le laisser là et partir travailler.

Depuis, on remet ça.

Chaque matin, réveil en fanfare à 6h. Il veut profiter de temps de qualité avec sa môman.
(temps de qualité = maman tellement fatiguée qu'elle n'arrive pas à lire des tweets sur son téléphone ni des blogs sur son ordi et qui du coup comate devant les dessins animés avec lui)

Chaque matin, je tente fermeté, douceur, discussion, négociation, et corruption (le gâteau au chocolat est mon ami. Toujours avoir du stock à la maison. TOUJOURS, je ne plaisante pas, c'est une question de vie ou de mort) pour parvenir à l'habiller, mettre ses chaussures, monter dans la poussette.

Chaque jour, je respire par le ventre, lutte contre la crise de nerf, et regarde frénétiquement l'heure (sachez que rien ne me rend plus folle que me lever avec 1 heure d'avance, et d'être 30 minutes en retard au boulot).

Chaque jour, je meurs un peu du dedans de mon cœur en le laissant à la crèche hurlant, sanglotant, et implorant.

Chaque jour, j'essaye de me convaincre que ça va passer. Bientôt. Avec un peu de chance, avant que je ne me transforme en furie et ne le jette dans sa poussette puis à la crèche en pyjama et sans chaussures.
Ou avant que je ne fasse demi-tour pour le récupérer et l'emmener très très loin d'ici en le serrant fort contre mon cœur.
 

Alors oui, ce matin, quand je l'ai regardé, mon Crampon, j'ai eu un gros gros coup de blues.
Parce que, l'année prochaine, la rentrée des classes, comment vous dire...

Je vais peut être entrer dans un monastère tibétain pour m'y préparer. Un petit stage de 6 mois devrait suffire.
Comment ?
Ah oui, mince.
Jamais le Crampon n'arrivera à se décramponner pendant 6 mois.
Bon, ben je suis foutue.

jeudi 1 septembre 2011

Le rendez vous

C'est une amie danseuse de ma sœur danseuse qui me l'a présenté.
Je ne me souviens plus exactement des termes qu'elle a utilisés pour me vanter ses mérites, mais son enthousiasme a suffit à me convaincre de le rencontrer, malgré ma timidité et ma méfiance quasi-maladive envers mes congénères du genre humain.

Et puis, c'est peut-être un peu bête, mais j'avoue avoir pensé que cet homme, s'il avait - par le passé - su satisfaire à un tel point une danseuse, donc par définition, une personne dont le corps est le principal outil de travail, cet homme, donc, serait forcément plein de promesses. (Si vous trouvez que cette phrase est incompréhensible, bienvenue au club. Veuillez adresser vos réclamations au responsable de mes neurones embrumés - aka l'alcool d'hier soir).

Et puis après tout, je ne cherchais pas une relation durable. Un rendez-vous, et basta. De toutes façons, je n'ai pas de place pour bien plus que ça dans ma vie déjà bien remplie.
Un investissement personnel limité + des attentes raisonnables = une prise de risque minimale. L'équation d'une consumériste que je n'aime pas vraiment être, mais que je sais reconnaître en moi.

On pourrait penser que cette attitude aurait l'avantage de me dispenser des traditionnelles angoisses qui précèdent ce genre d'exercice. On pourrait.
Mais je suis au regret de constater que pas du tout.

Depuis la préparation, avec le choix anxieux des sous-vêtements, les doutes et les envies de tout annuler, jusqu'à l'arrivée, beaucoup trop en avance (on ne se refait pas), avec les entrailles qui se nouent, la peur irradie partout.

J'essaye de me raisonner, de me souvenir qu'il n'y a pas d'enjeu, que je n'ai pas besoin de me faire aimer, que mon estime de moi ne dépend pas de son jugement, mais à 35 ans (pardon : 34 ans 3/4), je suis aussi cruche qu'à 14, manifestement.
Sans doute que l'idée d'exposer à un inconnu ce corps que je n'aime pas trop réveille en moi l'adolescente complexée.

Et puis, le voilà.
Il est effectivement jeune. Peut être un peu plus que moi ?
Du charme, sans aucun doute.
Et une voix....
Nous échangeons quelques phrases introductives, mais nous savons tous les deux pourquoi nous sommes là.
Il me guide, je me déshabille, m'allonge.
Je sens la chaleur de ses mains sur ma peau fraîche. Elles s'activent, et mon corps se détend, petit à petit.
Il est vraiment doué, je ne regrette pas d'avoir eu confiance.

Parfois il me prend dans ses bras, et me renverse sur la table un peu violemment, dans un mouvement qu'il semble parfaitement contrôler.
Puis ses mains recommencent à me presser.

Il m'inspire une confiance absolue.

Quand nous avons fini, je suis sous le charme, fatiguée, un peu flottante.
Il me dit qu'il aimerait me revoir, et ma réponse, un peu trop rapide, trahit mes sentiments. J'ai baissé la garde.
Je ne voulais pas m'engager ni m'impliquer, et voilà que je me projette dans le futur.

"Ça fait 60 euros".

Ah oui quand même.
La réalité se rappelle à moi de manière assez brutale.

Et si je le demande en mariage, il continuera à me faire payer la séance d'ostéopathie ?


NB : Une fois fini de rédigé ce billet, je suis prise d'un gros doute. La désagréable impression d'avoir déjà lu ça quelque part... Je me demande si je n'ai pas plagié quelqu'un... Si ça vous dit quelque chose, faites moi signe, j'aviserai en fonction de l'ampleur du désastre (copié-collé scandaleux ou inspiration lointaine... Je me méfie de ma mémoire, incapable de retenir le menu du repas précédent, mais tout à fait en mesure de s'approprier les mots des autres).  En attendant, je laisse, trop de temps passé dessus...









mercredi 31 août 2011

La saga de l'été (3/3)

APRÈS

C'est donc dans le hall de l'immeuble que j'ai récupéré le Crampon, hystérique de joie, hurlant d'incrédules MAMAN! C'EST MAMAN!, et s'agrippant à mon cou comme si sa vie en dépendait.
Grosse, grosse fonte dans ma poitrine. Et rien à voir avec la canicule, promis.

Le Crampon est extatique, Mr PetiteGraine est joie, je suis amour.
Il est 18h30 et nous sommes la famille Bisounours sous acide, c'est l'hystérie collective.

A 19h30, le Crampon a déballé son cadeau, il fait des petits sauts de bonheur. C'est une cuisinière, et nous la construisons ensemble, comme toute famille Bisounours qui se respecte.
Le Crampon découvre qu'elle fait du bruit quand il appuie sur le bouton de la plaque électrique. Il fait des tours sur lui-même.

Puis c'est l'heure du repas.
Mais le Crampon ne veut pas en entendre parler. Il CUISINE.
Nous avons déjà mangé 3 fois de la salade, 4 fois des carottes, et 2 fois des navets. En PELUCHE. Mais cuits avec amour par le Crampon dans son four.

Les pâtes du Crampon, les vraies, pas en peluche, ne parviendront pas à le convaincre de s'asseoir à table.
Soit.
On se doutait bien qu'il serait un petit peu trop excité pour suivre le planning habituel.
Tant pis, il est tellement mignon avec ses casseroles.

Le bain ? Euh non, pas trop non plus.
Bof, ça attendra demain.

Le dodo ? Ah ben c'est pas gagné non plus. Allez, tant pis, on joue encore un peu.

21h30, le Crampon baille entre deux petits cris de joie.

Il faut une bonne demi-heure pour le convaincre de se mettre en pyjama et de se brosser les dents.
Bon.

22h, il est couché.
Je sors de sa chambre, encore débordante d'amour. Quoi de plus attendrissant qu'un enfant qui s'endort ?

22h05, il est debout dans le salon. NON PAS DODO.
... Euuuh, si, dodo ?

Le Crampon n'est plus joie. Il est colère.
Ses jouets volent, il refuse de s'approcher du lit.

Il est l'heure de faire appel à toute notre patience de Bisounours pour négocier, argumenter, convaincre.

Il est 23h30 et le Crampon joue tranquillement dans le salon dans l'indifférence générale. C'est un gros échec pour la méthode d'éducation des Bisounours.

A minuit, les plus de 3 ans ont envie de dormir. Ils sont bien les seuls. Le moins de 3 ans, lui, se met dans une rage folle à la simple évocation de rejoindre sa chambre. Il l'exprime avec force hurlements, et appuie sa position à l'aide de projectiles variés (lunettes de son père, doudou, livre, téléphone).

A minuit et demie, l'esprit des Bisounours s'est exilé quelque part vers la Papouasie Nouvelle Guinée. Reste la fatigue, l'énervement, et l'impatience.
Je suis à deux doigts d'appeler les grands parents pour qu'ils reviennent le chercher.

Je ne sais pas exactement à quelle heure le Crampon a rendu les armes, je suis allée me coucher avant lui, laissant Mr PetiteGraine à ses responsabilités de père (ben quoi ?).




En fait, les enfants, ils te ramènent très vite à la réalité. Les fantasmes d'idéal de vie de couple, ou d'idéal de vie de famille, c'est bon pour Hollywood. La réalité est bien plus trash. Mais je mentirais si je disais qu'elle ne me plaît pas malgré tout, ma vie réelle.
Vous pouvez essuyez votre écran de cette dégoulinade mielleuse qui me sert de conclusion, et retourner à votre vie réelle.

mardi 30 août 2011

La saga de l'été (2/3)

PENDANT

Par un miracle restant à ce jour inexpliqué par la science, j'ai évité le séjour en psychiatrie d'urgence avant la séparation.
Le cœur un peu lourd mais des projets plein la tête, nous avons repris la route de la maison, sans le Crampon.

Première constatation, 800 bornes en voiture sans enfant, ça ne ressemble pas du tout du tout à 800 bornes en voiture avec enfant. Surpriiiiiise ! (bonne, est ce la peine de le préciser ?)(avez vous déjà tenté l'expérience de 800km avec un deux-ans-et-demi du genre remuant et impatient ? C'est un bon aperçu de l'enfer mais je préfère ne pas en parler, le traumatisme est encore trop frais).

Ensuite, j'ai donc testé pour vous le week-end sans enfant.
Pas beaucoup d'amélioration sur le front schizophrénique, je le crains.

Il y a bien sûr la joie de la grasse matinée.
Sauf quand il fait 39°C dehors, 31°C dans la chambre, bien sûr.
Bon, tant pis, on va se lever tôt puisque le lit sent le chacal et que le contact des draps devient insupportable. Comme ça, la journée sera plus longue, et on pourra encore plus en profiter !

HAHA.

Il fait toujours 39°C. Hors de question de sortir se balader ou manger en terrasse, l'extérieur est HOSTILE.
Pas grave, on peut comater comme des grosses loques en surchauffe devant des séries, c'est chouette aussi.
Et puis, tu l'entends ce silence dans la maison ? Pas de cris, pas de bruit de roulettes de trottinette sur le parquet, pas de vols planés de petites voitures ou de légos, non, juste le silence...
Ça fait bizarre, hein ?
Mon dieu que j'ai envie de l'entendre rire. On l'appelle ?

Tiens, il fait faim. Et si on se nourrissait de vache qui rit, de yaourts, de glaces, et de gâteaux ? Oh que c'est bon de ne pas avoir à préparer à heure fixe des repas à peu près équilibrés qu'on a une chance sur deux de se faire envoyer à la gueule par un enfant qui ne rêve que de pâtes.

A ton avis, il mange bien là-bas ? On l'appelle ?

Un peu de surf sur internet sans enfant, c'est l'assurance de ne pas se faire interrompre par une requête urgente et incontournable pour un Tchoupi sur Youtube. Satisfaction ultime.
Tiens regarde cette photo, il est mignon, hein ? Oh la la, regarde là comme il était petit ! C'est fou comme il a changé vite, hein ? Tu crois qu'on va le trouver grandi à son retour ?
Et si on l'appelait ?

Arrive un moment étrange, où toutes les pièces de l'appartement ont été seskuellement baptisées (il était temps, l'emménagement date de 4 mois maintenant), où l'idée de regarder un épisode de série supplémentaire donne la migraine, où Twitter et Netvibes ne proposent plus de mises à jour malgré l'insistance de mes rafraîchissements, et où, imbibée de junk food et d'alcool, je suis littéralement frappée par la question qui tue :
Mais qu'est ce qu'on faisait AVANT ? Je me souviens d'avoir eu une vie trépidante avant de me lancer dans la folle aventure de la procréation. Depuis, j'ai eu de nombreuses pensées émues pour cette vie d'avant, pour cette liberté un peu perdue. Alors pourquoi tout me semble aussi vide maintenant ?

Bon bon, pas d'affolement, il reste 5 jours sur un rythme boulot, là, on va VRAIMENT apprécier d'être un peu moins speed, c'est sûr.
En attendant, on l'appelle ?

C'est donc avec un quasi-soupir de soulagement que nous avons repris du chemin du bureau.
5 jours sans avoir à lever, négocier, habiller, déposer à la crèche, sans course, sans stress, et sans retard. Alléluia.
5 jours d'apéro-cocktails, de resto, de sorties et de films. Alléluia bis.

Et puis les grands-parents qui, timidement, nous disent que le Crampon trouve le temps long. Qu'il nous réclame. Qu'il veut rentrer à la maison.
GLOUPS. Séisme dans mon ventre.

Pour finir, ces dernières heures d'attente, les plus longues. Il est dans une voiture, à quelques dizaines de kilomètres, et le temps, ce salaud, s'étire. L'appartement est parfaitement rangé, il faut bien s'occuper pour éviter de tourner en rond. Son cadeau, immense, l'attend dans sa chambre. Ça lui plaira, tu crois ? A tout les coups il va bouder au début, pour bien nous faire sentir qu'on est des parents terribles et qu'on ne doit plus jamais lui faire ce coup-là.
Non mais ils sont où là ? Il y a des embouteillages ou quoi ?
Allez, encore 5 minutes à tenir avant mon shoot d'odeur de mon bébé, avant d'avoir ses petits bras agrippés à mon cou. 
Putain je ne vais pas tenir.
Bon, je vais les attendre en bas.

lundi 29 août 2011

La saga de l'été (1/3)

AVANT

Cet été, le Crampon a été confié aux bons soins de ses grands-parents pour une semaine, pendant que nous reprenions péniblement le chemin du bureau.
Mon état d'esprit à la perspective de cette séparation de 7 jours, 7 nuits, 7 siestes, 800km,  14 repas, 40 câlins, 254 colères, 12 bisous et  142 crises de hurlements est difficile à définir.
Un genre d'ambiance bipolaire dans mon cerveau.

D'un côté (mon côté mère indigne), une grosse envie de sautiller partout à la perspective d'une semaine en amoureux, des folles soirées cocktails - ciné - resto - bar, du seske à toute heure et en tout lieu de la maison (les parents d'enfants rechignant à faire la sieste, mettant des plombes à aller se coucher le soir, et opérationnels pour retourner la maison dès 7h le matin me comprennent), des réveils en douceur, des matins sans course-poursuite autour de la table à langer, de la LIBERTE, tout simplement.

De l'autre côté (mon côté mère poule), mon désarroi face aux sanglots du Crampon à l'évocation de cette séparation, mon désespoir devant sa panique d'être abandonné, ma panique à l'idée seule de la souffrance de mon enfant, mon bébé, la chair de ma chair, le sang de mon sang, la 8ème-merveille-du-monde-que-c'est-moi-qui-l'ai-fait,-si,-si,  ma culpabilité et la déchirure de mon petit cœur de mère-midinette.

Et entre ces deux points de vue, une alternance toutes les 3 minutes et demi environ.
Et rapidement, une envie de hurler pour que cesse cette schizophrénie très légèrement fatigante (finalement, chéri, et si on passait cette semaine sans enfant en hôpital psy ? Non ? Tu es bien sûr ? Bon ok alors aurais tu l'amabilité de m'assommer pour que j'arrête de penser ? Merci mon cœur, bisous).

Faites des enfants, qu'ils disaient, c'est la NATURE, c'est le CYCLE de la VIE, c'est SAIN, c'est ÉQUILIBRANT, c'est ce que font les gens NORMAUX.
La vérité, croyez moi, c'est qu'une fois qu'ils sont nés, l'hôpital psy n'est jamais bien loin.

vendredi 8 juillet 2011

Il y a un moment où il est grand temps de répondre à ses mails en retard


(clic pour voir en grand)

Chère Marie,


Je suis confuse, mais je dois vous avouer que je ne me souviens pas vraiment de vous.

Nous sommes nous croisées dans une soirée ? Très très tard ? Voire très très tôt ?
Avais-je l'air dans mon état normal ?
Pardon, c'est une question idiote, si nous ne nous étions pas rencontrées avant, comment sauriez vous si je me comportais différemment de d'habitude, haha !

Alors, pour vous aider, je peux vous préciser que dans mon état normal, je parle à un niveau sonore tout à fait acceptable, c'est-à-dire sans que mes interlocuteurs ne se sentent obligés de reculer ou de se boucher les oreilles. 
Je ris volontiers, mais sans forcément offrir un panorama sur l'intégralité de mon système digestif. 
Je porte un soutien gorge. 
Avec des fringues par-dessus. 
La plupart du temps, je tiens debout sans avoir besoin de m'appuyer sur un meuble, ou un bras des environs. 
Et je me rends certes assez régulièrement aux toilettes, mais pas suffisamment fréquemment pour avoir des difficultés à finir une phrase sans faire une pause-pipi.

Voilà quelques éléments de réponse.

Si ces indices vous permettent de déterminer que je n'étais malheureusement pas dans mon état normal, je vous prie de bien vouloir m'excuser de souffrir d'une fâcheuse amnésie ponctuelle.

Mais je vois que vous avez un blog ? Girl Diary ? Je ne crois pas vous avoir déjà lue, et je m'en excuse. Quelle est votre thématique de prédilection ? Les poneys? Les licornes ?

Votre pseudo, Bella011, quoique plein de promesse, ne m'évoque rien non plus.
Avons nous fait un échange de Following Friday sur Twitter ? Ai-je ReTweeté un de vos bons mots ?

Vraiment, je suis confuse de ma si mauvaise mémoire, c'en est assez embarrassant.


En tout cas, je vous remercie beaucoup de me conseiller ce site sur Face de bouc.

Il est vrai que je suis férue de découvertes 2.0 et que, telle une chasseuse de talents, je me tiens volontiers à l'affût des nouveautés du grand internet mondial.

J'avoue que je peux être assez coquine à mes heures, je me souviens notamment de la fois où j'avais caché les lunettes de mon cousin Gaston et qu'il les avait cherché toute la journée, haha !...

Mais j'y pense, j'espère que je ne vous ai pas déjà raconté cette croustillante anecdote !
Je peux être tellement bavarde quand je suis... enfin, quand je ne suis pas dans mon état normal.

L'évocation de votre sympathique soirée d'hier (il est vrai que les nuits sont assez chaudes en cette période caniculaire) me laisse penser que nous avons dû nous découvrir un certain nombre d'atomes crochus ! D'ordinaire, je ne me livre pas très facilement aux confidences, mais manifestement, nous avons partagé quelques petits secrets intimes, héhé !

En revanche, je m'inquiète un peu de votre allusion à votre préférence aux "vrais hommes".

Je suis il est vrai une personne assez chaleureuse, mais ne nous sommes nous pas déjà rencontrées ? Je suis un peu perdue.

Par ailleurs, et croyez bien que c'est une confession assez embarrassante à vous faire à ce stade de nos échanges, mais j'ai comme l'impression qu'il y a comme une méprise sur mon genre. 
Je suis en effet une femme disons de sexe féminin, et je m'excuse par avance de ce que j'aurais pu dire ou faire lors de notre rencontre qui vous aurait laissé penser le contraire.

Mais mieux vaut en rire, n'est ce pas ? HAHA ! Je regrette vraiment n'avoir aucun souvenir de cette soirée, manifestement fort passionnante et avec d'épiques rebondissements ! HAHA !

Si je puis me permettre une dernière question, est ce une nouvelle mode chez les jeunes (je suppose que vous n'écrivez pas un Girl Diary à 45 ans, si ? )(sans parler des "bisouuuuuus tout doux", très mignons chez les moins de 14 ans) d'éluder la dernière partie des mots ? Je fais référence à votre, "à très vit' ! " qui ma foi ne lasse pas de m'intriguer !

Pardon encore de ma curiosité, mais comprenez que j'aime me tenir informée des nouvelles tendances, pour entretenir ma jeunesse d'esprit et travailler mon personal branding sur la toile.

Sur ce, j'aurai grand plaisir à vous revoir mais ce message touche à sa fin. J'ai en effet encore un certain nombre d'e-mail en souffrance attendant une réponse de ma part (connaissez vous M. VoyageSNCF ? Cet homme là ne cesse de me harceler de messages, je m'interroge beaucoup sur le ton à adopter dans ma réponse)(fort heureusement, j'ai aussi des réponses plus sympathiques à rédiger, à une pauvre veuve de millionaire ivoirien, ou à un vendeur d'obscur système d'élargissement masculin).


Allez, sans rancun' !

Bien cordialem'

Fyfe

mercredi 6 juillet 2011

L'intégration du Crampon dans sa nouvelle crèche se fait un peu dans la douleur, comme je l'ai déjà évoqué ici.

Le Crampon avait en effet quelques habitudes dans son environnement parisien, qui consistaient plus ou moins à tyranniser équitablement les autres enfants et le personnel de la crèche.
Oui, le Crampon a une fâcheuse tendance à ne faire que ce qu'il veut.
Malgré notre grande motivation à essayer de lui inculquer quelques principes du genre respect de l'autorité parentale, force est de constater que... bof.
90% du temps, le Crampon continue à ne faire que ce qu'il veut.
Cela ne veut pas dire qu'on le laisse jongler avec les couteaux de cuisine, bien sûr.
En revanche, s'il a décidé que ce soir; il ne mangerait pas à table, il faut juste oublier l'idée de le faire changer d'avis car son endurance dans l'entêtement est remarquable (et peut s'étendre sur de longues semaines, si, si).

Pour les parents dépités, restent donc deux choix : accepter qu'il mange ailleurs (sur son vélo, sur le canapé, sur le dos du chat, etc... Cet enfant a de l'imagination), ou refuser, avec la certitude que le Crampon ne mangera donc pas. (or, enfant insuffisamment nourri le soir = enfant affamé à 5h du matin, mais c'est un autre problème).

Mr PetiteGraine varions les plaisirs, entre laxisme et autorité, selon notre courage (et notre manque de sommeil).

Bien sûr; nous poussons régulièrement de longs soupirs et levons tout aussi régulièrement les yeux au ciel, mais ma foi, nous n'avons pas vraiment de comparaison possible avec d'autres enfants, et TOUS les parents se plaignent de la crise d'opposition de leurs enfants.

Ce sont donc les regards extérieurs qui nous permettent d'évaluer un peu plus objectivement la situation.

Echantillon de petits indices tendant à prouver que notre fils est très légèrement au dessus de la moyenne de la chianterie (doux euphémisme pour ne pas dire qu'il y a des jours où on s'inquiète d'avoir à faire à un futur psychopathe) :
  • son ass' mat' qui répète sans discontinuer : "il est vraiment mignon, maiis il est têtu, hein. Je veux dire, il est adorable, mais c'est incroyable comme il est buté. Mais charmant. Mais vraiment incroyablement entêté"

  • le personnel de la crèche parisienne qui a tout bonnement arrêté d'essayer de le faire descendre de son vélo pour venir s'asseoir à table pour le goûter. Tant pis, il ne goûtera pas.

  • le même personnel de la crèche, qui, quand le Crampon hausse le ton façon "NOOOOOOOOON tu touches pas ma couche", ou tout simplement, commence à froncer les sourcils, stoppe net les négociations et s'excuse presque d'avoir voulu le changer "Nooooon Crampon ne t'énerve pas, ne t'énerve pas c'est pas grave, on  ne va pas changer la couche" . Je sais, ça étonne, mais franchement, elles ont raison... Le forcer reviendrait à le braquer définitivement et à s'assurer une année d'enfer à l'approche de la table à langer. Oui, oui, une année. Il est résistant comme ça le Crampon. 6 mois de refus de bain et de crises hystériques à la maison à la simple évocation de la baignoire, je sais de quoi je parle.

  • le personnel de la nouvelle crèche, nous demandant, un peu inquiet : "mais euh... c'est à cause des perturbations du déménagement qu'il est autant dans l'opposition, ou ça a toujours été comme ça ?" (un conseil : ne pas répondre la vérité sous peine d'éviction définitive)

Voilà voilà.
Donc le Crampon est incroyablement têtu. Et il a donc une sérieuse propension à être en position de dominant parmi ses congénères.
Je ne vous dit pas sa surprise de découvrir que dans la nouvelle crèche, les enfants (tous plus grands que lui) ne se pliaient pas naturellement à ses quatre volontés.
C'est un petit groupe très soudé, qui fait donc bloc contre lui quand il exagère.
Ouaip. Les enfants en groupe réussissent ce que les adultes et les parents ne réussissent pas.
Ils sont plus fort que nous, oubliez les patrons du CAC40, ce sont eux qui dirigent le monde.

Conclusion, tous les matins, le Crampon pleure pour ne pas aller à la crèche "Noooon maman, veux paaaas les autres enfants !"

Mr PetiteGraine et moi avons donc mise en place une grande stratégie d'intégration du Crampon à base d'évocation régulière du plaisir du partage avec les copains, et comment elle s'appelle cette petite fille avec qui tu faisais la course, et oooooh comme il est gentil ce petit garçon de te prêter son jouet, et sinon, avec qui tu as joué aujourd'hui, etc etc.

Bon.
Pour l'instant, résultats pour le moins mitigés.

Question : "Crampon, elle s'appelle comment la petite fille avec qui tu fais du vélo ?"
Regard du Crampon vers la petite fille.
Réponse pleine de conviction : "A vélo".

Moui d'accord. La mode des prénoms originaux fait des ravages chez les jeunes générations.

1 semaine plus tard :

Question : "Crampon, comment il s'appelle ce copain sur son trotteur ?"
Réponse du Crampon, fier comme Artaban : " Il s'appelle "Il roule" "

Voilà voilà.
C'est pas gagné l'intégration.


PS : à ceux qui seraient tentés de me donner une leçon de morale sur ma responsabilité de parent de lui apprendre le respect de l'autorité, je pète les genoux, non sans leur avoir préalablement expédié le Crampon une semaine en pension, pour leur apprendre ce que c'est qu'élever l'enfant le plus entêté du monde (et croyez moi, la douleur des genoux ne sera pas le plus difficile à supporter dans cette punition).

PPS : Mais il est mignon, hein. Très. Mais têtu.  Et adorable. Et chiant aussi.

jeudi 30 juin 2011

Pénurie alimentaire sur Lyon

Les temps sont durs dans la capitale des Gaules.
Il semblerait en effet que les rayons des supermarchés soient aussi vides que les discours gouvernementaux, et que la ville soit en proie à une famine sans précédent.
On rapporte que les rues résonnent des pleurs des enfants affamés, et que des scènes de violence se déroulent quotidiennement à l'occasion des arrivages de pain noir et d'eau.

On compte sur l'intervention de Bernard Kouchner pour la mise en place rapide d'un pont aérien qui permettra à la banque alimentaire d'approvisionner la ville avec des denrées de première nécessité.

Ça vous semble bizarre ?
Peut être, mais c'est en tout cas l'information qui a manifestement été donnée à mes parents et mes beaux-parents.
Ces derniers viennent en effet d'entreprendre la traversée en diagonale de l'hexagone pour passer quelques jours chez nous.
A leur arrivée, nous avons pu confirmer que leur légendaire générosité n'était pas imméritée, puisque leur voiture débordait de toute part de légumes, fruits, viande, poissons, fromages, mais également plats
cuisinés frais et surgelés, riz, pâtes, café, etc.
De quoi organiser une distribution dans notre arrondissement et subvenir aux besoins de ses 75 000 habitants pour tout l'été.

Ma famille, qui n'est pas en reste côté générosité, a également fortement contribué à la survie de la population lyonnaise en apportant sa propre production potagère et de quoi approvisionner les épiceries du quartier.

Comment ?
Vous dites ?
Pas de pénurie à Lyon ?
Ah bon ?
Mais alors, ces 6 salades énormes, par exemple... vraiment ? et euh... tout le reste ?

Pour votre séjour de 5 jours chez nous ?
Mais euh... quelqu'un a le ver solitaire ? Une dizaine de vers solitaires, peut être ?
Ou alors, vous avez invité les gens du quartier ?
Ah c'est juste pour nous 5 !
En même temps vous serez 3 en comptant le Crampon la plupart du temps, hein.
Ah oui, bien sûr, il y aura un grand repas pour lequel nous serons 7, avec mes parents, certes, certes. Mais je crois qu'ils ont aussi amenés quelques trucs justement. Oui, les 3 caisses, là.

Non mais c'est pas grave, les producteurs lyonnais ne le prennent pas mal, Carrouf Market, non plus, et nos égos de cuisiniers sont assez peu susceptibles finalement.
On va juste acheter une pièce supplémentaire pour le stockage, une dizaine de frigo et autant de congélateurs, et puis ça sera très bien, hein.

Oui, bien sûr, entre nous on ne se gêne pas, on fait ça "à la bonne franquette". Et avec 15 kg de tomates.
Voilà voilà.

Sur ce, c'est pas tout ça, mais moi je vais vous laisser, j'ai un long week-end en célibataire à Paris qui m'attend. Oui ça tombe mal, je sais, vraiment c'est dommage, pfiouuu si j'avais su.

Non, ouh la la  ma valise est déjà bien pleine, je vais vous laisser ces 8 kg de haricots verts, je pense que j'en trouverai à Paris, oui. 
Même en vinaigrette, si, si, on en trouve, je vous assure.

Allez, bisous et bon appétit bien sûr.

mercredi 29 juin 2011

Super-fyfe

Je me suis longtemps demandée s'il y avait en moi quelque chose de spécial.
Par "spécial", j'entends quelque chose qui fasse de moi une personne unique. (oui j'ai eu l'adolescence difficile, métaphysique et... longue)

Qui a envie d'être la fille moyenne : moyennement  intelligente, moyennement jolie, moyennement riche, moyennement compétente au boulot, moyennement gentille, moyennement moyenne ?
Ben ouais, moi non plus.

Aujourd'hui, mon coeur dégouline de joie et d'auto-satisfaction.

Je me suis découvert subitement pas moins de deux super pouvoirs.

Je sais, je sais, j'entends vos cris et hurlements de jalousie.

Malheureusement, je dois avouer que je ne sais pas me téléporter, voyager dans l'espace-temps, ni mettre fin aux guerres et aux famines, ni même faire taire Claude Guéant.

Oui, au moment de la distribution des super-pouvoirs cool, j'étais manifestement absente.

Néanmoins, c'est avec une grande fierté que je vous présente, tadaaaaam  :

  1. mon super-pouvoir d'anéantissement de climatiseur de bureau. 
  2. mon super-pouvoir de Carlos Ghosn. Ou de Bernard Tapie, j'hésite encore sur sa dénomination.

Mais qu'est ce que c'est que ces super-pouvoirs pourris, vous demandez vous en roulant les yeux en arrière.

Et bien ce sont en effet des super-pouvoir tout pourris, vous réponds-je.


Petites précisions concernant mon premier super-pouvoir :  11 ans de boulot, 3 boîtes différentes, et 7 étés (dont 3 à épisode caniculaire) avec une clim en panne. Alors, qui dit mieux ?

En ce qui concerne le second, c'est très simple, il s'agit de ma capacité à générer la fusion- acquisition - absorption des boîtes qui m'emploient.
Et je dois dire que je m'améliore avec le temps :
  • ma première boîte a commencé par un léger changement de statut, pour finir dans une tonitruante fusion juste après mon départ
  • la seconde a enchaîne une fusion et une absorption, avec au passage un changement de statut plutôt osé (public -> privé)
  • mon troisième poste est au delà de mes espérances : à peine arrivée depuis 2 mois, on m'annonce déjà la fusion du siècle, avec risque de suppression pure et simple.

Ha-ha. On fait moins les malins, hein ?

Bon, assez blablaté, business is business, le temps c'est de l'argent, y'a des clim qui tournent et qui assassinent la planète pendant qu'on cause, et je vous parle même pas des acteurs du CAC40 qui ont des OPA sous le coude.

Alors, qui veut me payer, et combien, pour que je mette mes super-pouvoirs à sa disposition ?

mardi 28 juin 2011

Lyofyfisée

Le réveil sonne, des grognements s'échappent du lit.
La nuit a été courte, la faute à l'écrasante chaleur de la ville ces trois derniers jours.

L'ordre de soulever le bras et d'abattre la main sur le réveil est donné au cerveau.
Petit souci : le bras a fusionné avec les draps pendant la nuit.

Ouverture d'un demi-oeil pour vérifier la température donnée par le réveil : 28°C dedans, 25°C dehors.
Viiiiiiiite ouvrir la fenêtre.

Enfin, quand je dis "vite", c'est une façon de parler parce qu'à dire vrai, le corps a oublié la notion même de vitesse depuis qu'il a sombré dans son coma d'hyperthermie.

Prendre son thé et sa clope sur le balcon, et profiter de la relative fraîcheur du matin.

Réveiller le Crampon, le décoller des draps humides, écarter les mèches de cheveux collées à son visage.

Hésiter longuement entre métro et vélo.
Qu'est ce qui est pire : subir sa propre transpiration ou celle des autres ?

Va pour le vélo.

Avoir l'illusion que la petite brise générée par la vitesse est suffisante pour se garder au frais.
Une fois arrivée, réaliser que toute la transpiration a décidé de sortir d'un coup, pendant la tournée de bises des collègues.
Échanges de fluides. Miam.

Lancer la clim' souffreteuse à fond avec une pensée émue pour la planète un peu plus assassinée.
Réaliser que présentement, on se fout royalement de la planète.
Se positionner sous le flux d'air presque frais. Ou pas du tout.
Clim en panne.
Laisser un message d'urgence au service technique.

Prendre un café.
Regretter amèrement. La chaleur est maintenant à l'intérieur.

Avoir les jambes qui fondent au contact de l'unité centrale de l'ordinateur.
Sentir ses chevilles gonfler.
Hésiter entre les surélever et exposer sa culotte à toute l'équipe, ou laisser la mutation jambes -> piles de pont débuter.

Aller se rafraîchir aux toilettes, et constater que le maquillage du matin est recouvert d'une pellicule luisante.
Penser à vérifier plus tard sur internet si les vlogueuses ont inventé un maquillage "effet gras" et espérer que le greasy style est plutôt before the tendance.

Sortir déjeuner. Marcher longuement, à un bon rythme pour chercher le vent de la vitesse.
Se faire doubler par les mémés.
Se lyophiliser.

Pianoter sur son téléphone et se brûler les mains.
Le ranger très vite de peur qu'il fonde.

Se maudire de ne pas avoir un élastique, une pince, ou un trombone pour relever ses cheveux qui commencent à coller à la nuque.
Chercher une paire de ciseaux.

Sentir que toute cette agitation a fait migrer la surchauffe au cerveau.
Avoir la désagréable impression que bientôt Hannibal Lecter pourra le déguster sans passer par la case poêle à frire.

Avoir la sensation que ses vêtements sont en fourrure d'ours polaire.

Sentir l'élastique de sa culotte fondre.
Récupérer des morceaux de caoutchouc collés sur ses fesses.
Avoir un léger souci de tentative d'évasion de culotte.

Laisser un 158ème message au service technique avec menace de mort douloureuse.

Atteindre péniblement la fin de la journée de boulot.

Rentrer chez soi et espérer bêtement que les volets auront préservé un peu de fraîcheur.

Se débarasser de toutes ses fringues en laine de yack et se jeter dans la douche.

Rester nue.

Somnoler sur le canapé.
Essayer de retirer ses vêtements.
S'apercevoir qu'on n'en n'a déjà plus.
Googler les techniques de scalp total et l'efficacité de la performance thermique.

Sortir des glaçons et les faire fondre sur soi.
Ignorer le regard salace de son conjoint.
Repérer sa main qui s'approche grâce à l'augmentation locale de 2°C qui en résulte.
Ne pas avoir la force d'exprimer le fond de sa pensée, mais lancer un regard éloquent, qui suppose que la condition nécessaire et non suffisante d'un imminent échange de fluide à caractère sexuel est qu'il se soit préalablement intégralement surgelé.

Laisser un dernier message de menace au service technique du bureau, et essayer de dormir.






Je crois que je supporte mal la chaleur.

Edit :
Température à 16h30 dans mon bureau hier : 32 °C
Température extérieure hier : 35°C
Température à 23h30 dans ma chambre hier soir : 30°C
Je sais, tout le monde s'en fout. Mais quand même.

vendredi 24 juin 2011

Je ne sais pas si c'est drôle mais en tout cas ça me fait du bien

Il ne faut pas chercher bien loin pour comprendre pourquoi je suis autant sur la défensive (pour ne pas dire carrément agressive) avec ma mère.
Elle est TROP.
Trop tout. (envahissante, intrusive, collante, culpabilisante, etc etc).

Enfin, quand je dis qu'il ne faut pas chercher trop loin, il m'aura fallu quand même des dizaines d'années pour le comprendre, et tenter de me déculpabiliser. Un peu.
Pas facile en effet de reprocher à sa mère son trop plein d'amour.

J'aimerais avoir une autre manière de réagir pour maintenir la distance de sécurité entre elle et moi, mais ce n'est pas le cas. Et j'ai la flemme d'entamer 20 ans de psychanalyse pour résoudre ce problème, donc tant pis, ma mère et moi avons ce mode de communication si particulier qui consiste à se crier dessus.

Elle serait un sujet de blog en soi, mais je préfère en général ne pas m'étendre sur le sujet, ça me provoque des hausses de tension difficile à gérer.
Exceptionnellement, donc, un petit exemple à haut pouvoir crispant.

Lundi. Téléphone.
"ma chérie, tes tantes vont arriver à la maison, on va passer vous voir cette semaine pour qu'elles voient le Crampon et pour leur montrer votre appartement."

Jeudi 17h. Téléphone
"ah oui j'ai oublié de te dire, on passe demain en fait. Oui oui, j'allais t'appeler mais j'ai pas eu le temps, mais c'est pas grave puisque tu m'appelles toi !"


Décryptage fyfien (pas dénué de mauvaise foi, à mettre sur le compte d'un lourd passif) :
  1. OK donc elle ne demande pas si elle peut venir, elle annonce qu'elle va le faire.  Crispation niveau 1
  2. Elle ne propose pas qu'on se voit, pour le plaisir de se voir, ou autre chose conviviale du même ordre, non, non, non, elle propose de montrer son patrimoine pour épater ses soeurs. Crispation niveau 2
  3. Mais c'est NOTRE appartement. Crispation niveau 3
  4. Et NOTRE fils. Crispation niveau 4
  5. Je savais qu'emménager à 40 km de chez eux allait générer ce genre de trucs. Genre elle s'invite quand elle veut. Heureusement qu'on n'a pas assez de doubles de clefs, sinon on finirait par les trouver chez nous en rentrant du boulot. Crispation niveau 5
  6. Ça c'est parce qu'ils ont aidé aux travaux. Ils se sentent chez eux maintenant. Je savais qu'on n'aurait dû tout faire tout seuls. Crispation niveau 6
  7. Et puis ils ont gardé le Crampon pendant les travaux. Depuis, on se voit toutes les deux semaines et elle passe son temps à me dire que SON Crampon lui manque. SON Crampon, oui. Celui là même qu'elle ne voyait que tous les 2-3 mois quand on était à Paris. Je le savais qu'ils réclameraient toujours plus, je le savais que Lyon, c'était TROP près. Crispation niveau 7
  8. Et qu'est ce qu'elle n'a pas compris dans ma réponse initiale ? "Ok mais vous nous prévenez en avance", ce n'était pas si compliqué que ça, si ? Attention... Explosion.

S'en suit donc la réponse fyfienne :
"GRRRRRROAR"

"Ben pourquoi tu réagis comme ça ? Qu'est ce que ça change si on te prévient à l'avance ? Si ça pose problème on ne vient pas, hein ! "

"GRRRRROAR... Ménage...GRRRRROAR... Crèche à prévenir...... GRRRRROAR.... Autres projets..... GRRRRRROAR"

" Non mais si c'est un problème on ne vient pas, c'est tout" ( x 8)

"Maman je te dis pour la 8ème fois que c'est bon, mais que j'aurais aimé le savoir à l'avance. Toutes les semaines tu me harcèles dès le lundi pour savoir si on vient chez toi le week end parce que tu as des choses à préparer, alors que tu es à la retraite, mais tu ne peux pas comprendre que nous qui travaillons, ça nous arrange de pouvoir anticiper la visite touristique que tu proposes à la famille ?"

" Non mais si c'est un problème on ne vient pas, c'est tout"

"Si tu répètes cette phrase encore une fois, je vais te répondre que OUI c'est un problème et BASTA"

"...."

Bilan :

Elle a gagné :
  1. ils vont venir pour étaler "leur" réussite (appart', petit fils).
  2. on s'est tapé du ménage jusqu'à 23h pour que l'appart soit montrable
  3. elle va faire la gueule (parce que vraiment elle ne comprend pas où était le problème, et pourquoi sa fille est si méchante, ingrate, agressive, alors qu'elle même n'est qu'amour)
  4. je culpabilise

Bon, j'ai un peu gagné aussi, parce qu'elle n'est pas prête de se réinviter comme ça.
Faire la méchante, c'est le prix à payer pour l'empêcher d'emménager chez nous à plus ou moins long terme.

Franchement, si je n'étais pas traumatisée des déménagements pour les 20 prochaines années, j'envisagerais sérieusement de mettre quelques dizaines de milliers de kilomètres entre elle et moi, parce que les kilomètres me coûtent moins d'énergie que d'avoir à gérer "ça".

Me reste à répéter inlassablement à M. PetiteGraine que je compte sur lui pour me surveiller de près, et m'empêcher de m'inviter pareillement chez le Crampon plus tard.

jeudi 16 juin 2011

J'aurai 35 ans cette année et je le vis très bien

(Clic sur le graph pour le voir en grand)
(Oui il faut s'arracher les yeux pour lire, mais VOUS N'AVEZ QU'A PAS AVOIR DES YEUX DE VIEUX)
(Pardon)

mercredi 15 juin 2011

L'esprit de Gengis Khan s'est emparé de moi

Aller travailler en vélo fait partie de mes petits bonheurs quotidiens.

C'est une sensation de liberté pure que de choisir sa monture à la borne Vélov', .
Enfin, pas cette borne-là parce qu'elle est vide.
Ah ben ni celle-ci car les deux seuls vélos restants sont respectivement désossés et à plat.

Ok, un quart d'heure plus tard, je disais donc que choisir un vélo dans une borne Vélov', et chevaucher ce fidèle destrier était un moment de félicité chaque jour renouvelé.

Enfin, quand je dis "fidèle".
Non mais la selle qui descend toute seule, et qui tourne sur elle même, c'est un peu conceptuel, mais c'est bon pour les abdo latéraux, non ?

Quoi qu'il en soit, une fois lancée, la brise matinale sur ma peau se transforme en grand vent quand j'accentue les coups de pédales, et je me sens comme un cheval sauvage dans le delta camarguais (sauf que je ne
secoue pas ma crinière pour chasser les mouches).

Les détours ne me font pas peur, je privilégie les pistes cyclables pour éviter une mort (très) prématurée. J'assure ainsi ma sécurité, et profite avec enthousiasme du spectacle de la ville qui se réveille, des monuments baignés de la lumière matinale, du réveil de mon corps.

P***** mais c'est qui ce C******* ?
Ah pardon.  Un automobiliste vient d'ouvrir sa portière devant moi sans avoir préalablement vérifié que la voie était libre.
MAIS OUI TU N'AS QU'A TOURNER A DROITE EN ME COUPANT LA ROUTE ET MOI JE N'AI QU'A PILER POUR T'EVITER, PAS VRAI ? 
ET TON RETRO, C'EST POUR FAIRE JOLI ?

Où en étais-je ?

Ah oui. Je respecte les feux, parce que je ne suis pas pressée et parce qu'à ce moment particulier, je me sens citoyenne du monde, pleinement consciente de mes droits et mes devoirs envers la cité, envers mon prochain.

MAIS VA CH***, PROCHAIN DE MES DEUX !
Oups. Un piéton a traversé devant moi, non sans avoir bien vérifié avant qu'aucune voiture n'arrivait. Il faudrait que quelqu'un m'explique comment ils arrivent à fixer intensément la route pendant 2 minutes,
sans JAMAIS voir les vélos arriver.

Bon. Tant pis pour les cons en voiture, et les cons à pieds.
Entre cyclistes, on fait partie d'une communauté solidaire, unie par des liens invisibles. Que voulez vous, le plaisir de se déplacer à vélo, c'est comme un secret que l'on partage entre nous.
Parfois je me retiens de faire des clins d'oeil à mes compagnons de route, histoire de leur signifier ma complicité.

Enfin, sauf celui-là, P*****  NON MAIS QUEL DEBILE !
La rue à contresens, carrément !
Ah ben bravo, tu as gagné 50 mètres de trajet, deux secondes de temps de parcours, et en contrepartie tu as à peine mis en danger / retardé / dérangé 50 autres usagers de la route !  Non vraiment, BRAVO.

Finalement, le vélo n'est peut être pas le meilleur moyen d'entretenir l'amour de son prochain, certes.
A ce stade, ce n'est plus Crin-Blanc qui m'inspire, mais Gengis Khan chevauchant dans la steppe mongole, assoiffé de guerres et de sang, certes.
Mais je suis libre comme l'air, grisée par la vitesse et le vent, et presque arrivée.

Enfin, "presque".
La borne Vélov' est pleine.
La voisine aussi.
La suivante itou.
Et là je commence à être un peu paumée.
Et en retard.

Je suis à deux doigts d'abandonner mon vélo ici, à côté d'autres compagnons d'infortune, sans doute eux aussi lâchés par des usagers désespérés, loin de leur borne.
Mais oh, tiens, une place !
Il me suffira alors de marcher un bon quart d'heure pour rejoindre mon travail.

Bilan :
- 15 minutes pour trouver un vélo
- 15 minutes de pédalage en harmonie avec la nature urbaine (=haine, violence, et individualisme)
- 20 minutes pour poser le vélo et rejoindre le bureau

Je ne sais plus trop quel intérêt je trouve à mes trajets en vélo, mais je sais que je le referai ce soir, et demain, et le jour d'après.

mercredi 8 juin 2011

De l'effet de la nuit trop courte sur la journée de travail

Le réveil sonne.
Trop tôt, ta gueule, snooze. (je ne suis pas très polie au réveil, pardon)

Le réveil re-sonne.
Mais je viens de l'éteindre ?? Snooze encore.

Le réveil re-re-sonne.
Ça y est put*** je suis à la bourre

[...] (je vous passe le nourrissage -habillage - déposage du Crampon et le nourrissage - lavage - habillage de moi même)

Sortie du métro.
Je suis tellement fatiguée que je ne reconnais pas le quai. Elle est où ma sortie "numéros pairs" ?
Pas grave, je vais prendre cet escalier-là, une fois dehors je me débrouillerai.

Ok.
Je suis donc descendue une station trop tôt.

Bon.
Je vais marcher, ça va me réveiller. (blague)

Arrivée au bureau.
Je sors mon abonnement de métro pour pointer. Oups.
Je sors ma carte de fidélité de la boutique à sandwichs pour pointer. Oups
Je sors mes clopes pour pointer. Oups
J'étale mon sac à main sur le sol. Des collègues m'enjambent élégamment.
Ok, tant pis, je pointerai un autre jour.

Je me dirige à l'odeur vers la cafetière, remplis ma tasse, et redescends aussi sec pour accompagner mon café d'une cigarette.
Je sens que la journée sera longue, il faut que je me préserve.

Je dis bonsoir au directeur que je croise dans l'ascenseur.

Je remonte allumer mon ordinateur.
Mais je ne trouve pas le bouton pour la mise en route de mon cerveau.
Mes paupières pèsent une demi-tonne chacune.
Je me muscle le front et l'arcade à les tenir ouvertes.
Oh mon dieu, je vais me choper des rides à cause de ces conneries ??? C'est peut être plus raisonnable de fermer un peu les yeux, non ?
Non ?
Bon, ok.

Mon chef me parle fort. Trop fort. Peut être parce qu'avec mon front tout plissé pour soutenir mes paupières, j'ai l'air mal-comprenante ?

Tiens. Je crois que je n'ai rien écouté de ce qu'il a dit depuis 5 minutes.
Il sort en me lançant un vague "bon ben à tout de suite !".

Hum. J'ai combien de temps pour trouver ce que je dois aller faire et où ?
Non, parce que Jack Bauer il a 24h à chaque fois, hein. Alors faudrait pas trop espérer de moi des 5 prochaines minutes.

Oh putaing.
La réunion du personnel.

Je file, et j'oublie mon téléphone. Grooooooosse erreur. Je viens de perdre mon seul instrument de survie pour ces 3 prochaines heures.

Je m'assois loin, au fond, si possible derrière un poteau.
Je me tiens bien droite, et commence à réciter mentalement  un mantra : "ne dors pas, ne dors pas, ne dors pas"

Discours d'introduction.
Je crois que ça parle de.... boulot ?

Présentation de.... je ne sais pas trop quoi.... un truc en rapport avec.... le boulot ?

Mes yeux piquent - piquent.
Je sors aussi discrètement que possible (=en renversant ma chaise), me rends aux toilettes, résiste à l'envie d'aller dormir assise sur les toilettes, et asperge mon visage d'eau fraîche. Si, si, ça marche dans les films.

Ok. J'ai donc des traînées de mascara et de fond de teint qui se dessinent sur mes joues.
Hollywood de merde.

Je retourne m'asseoir aussi discrètement que possible (=en me prenant les pieds dans le câble du vidéo-projecteur).

J'essaye de me convaincre que des micro-siestes oculaires vont me permettre de récupérer un peu d'énergie (façon Vendée Globe).

Oups.

Quand j'ouvre les yeux, le directeur me regarde, et un silence de plomb règne dans la salle.

Est ce que je dois dire quelque chose ?
Est ce qu'on m'a interrogée ?

J'évalue la probabilité de tomber juste en prononçant une phrase au hasard. Quelque chose comme "Je pense que les politiques publiques actuelles s'inscrivent tout à fait dans cette démarche". Ca ne mange pas de pain, si ?

Ok, les probabilités jouent contre moi. Je me tais et prends un air concentré. Ah ben tiens, on en revient au front plissé dites donc.

Des questions émergent dans la salle.
Ouf.
C'était juste le début de la partie "Echanges- Débats" de la réunion.

Fin de la réunion.

Pause déjeuner.
Je décline l'invitation "cantine". Beaucoup trop sombre, et beaucoup trop copieux. Dangereux pour le maintien de mon intégrité physique (s'endormir en portant un plateau est risqué).

Ballade, sandwich. Je marche en mode automatique.

Je me perds en mode automatique, aussi.

Je rentre à l'aide du GPS du téléphone. Ouaip. Même pas honte. Ou si peu.

Passage rapide aux toilettes, une conne attend son tour, je peux oublier mon projet de sieste.

Installation devant l'écran et....
Rien.
Mais rien du tout de chez du tout.
Le vide intersidéral entre mes oreilles.

Je ne sais pas si j'ai atteint un genre de nirvana de méditation, ou si j'ai juste une soudaine et drastique chute de QI. En tout cas, c'est bien.

Je vais rester comme ça, tient.

Faudra juste penser à faire une pause café-clope à un moment, mais sinon, c'est très bien comme ça.

Finalement elle est passée très vite, cette journée.