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jeudi 10 octobre 2013

La femme, ce petit être fragile

Drame à l'école cette semaine. Le Crampon s'est mangé un coin de banc, entaillant assez profondément son si joli front. 
M. PetiteGraine l'a emmené aux urgences, et deux points de suture plus tard, le Crampon a tout oublié.

En revanche, à l'école, l'équipe reste assez traumatisée. La faute sans doute à l'ambiance "bal de fin d'année de Carrie" (on m'a montré précisément l'étendue de la marre de sang dans le couloir).
Du coup, tous les matins, j'écoute un nouveau récit de l'événement par telle ou telle personne (et je me retiens à la fin de ponctuer mes hochements de tête par un "la séance est terminée, ça fera 60euros, en liquide, merci").
Ce matin, c'était le tour de la maîtresse de vider son sac.
Je la sentais embarrassée sans bien comprendre pourquoi. Puis tout s'est éclairé, elle était gênée que ce soit le papa qui ait été appelé plutôt que moi. La "faute" au fichier qui ne précise pas quel numéro de téléphone dans la liste est celui de la mère. 
Hum. (Bruit de grincement de dents de Fyfe qui se retient fort fort de se lancer dans une beaucoup trop longue tirade féministe compte tenu du retard déjà accumulé ce matin).

Là, le coup de grâce : "non mais finalement c'était mieux que ce soit le papa, parce que nous, les mamans, nous sommes toujours un peu plus.... (*mime un évanouissement*) dans ces cas là, haha !".

C'est vrai. Après tout, tout le monde sait bien que TOUTES les "mamans" (c'est une nouvelle race) agissent et réagissent de la même manière. 
En l'occurrence, comme des petites choses fragiles qui s'évanouissent à la vue du sang. Alors que les papas sont si forts. Probable qu'ils aiment moins leurs enfants et que ça ne leur fait rien du tout de voir leur enfant souffrir.
Et puis ce n'est pas comme si l'équipe de l'école qui a géré (parfaitement) l'événement avec point de compression, et intervention adéquate au moment de l'hypoglycémie du Crampon était 100% féminine. 
Ou comme si la plupart des femmes qui composent la dite race des "mamans" n'avait pas accouché. Genre le truc le plus fort en émotion et en douleur que la plupart des gens ne connaîtront jamais.
Ah ben si en fait.

Soupir.

Finalement, je n'étais même pas fâchée. Juste triste, que les femmes soient aussi facilement leurs propres ennemies.


mardi 18 juin 2013

Honte du jour, bonjour !

Devant l'école, un monsieur aux cheveux blancs et avec un pansement sur un œil accompagne une petite fille.

Crampon, bien fort - Maman le monsieur il ne voit pas très bien parce qu'il est très vieux !

Fyfe en détresse - Non mon chéri, il n'est pas vieux, il s'est juste fait soigner son œil ! Et pourquoi tu parles aussi fort d'abord...

Crampon, beaucoup, beaucoup trop fort - Mais je t'assure maman, il est très très vieux, il sera bientôt mort !

Fyfe - .... (Non rien, je ne suis plus là, ou alors sous ce petit caillou)

Bienvenue dans la fabuleuse période dite "de la honte" où dès que ton enfant ouvre la bouche, tu trembles. 

vendredi 24 mai 2013

Le prix de l'indignité

Le crampon (4 ans 1/2), offrant son cadeau - "Maman je t'aime de tout mon cœur, je t'aime de mille fleurs"

Fyfe, retenant sa larmichette - "Ooooooh mon chéri, merci !"

Le Crampon, pensif - "Mais, maman, c'est pas vraiment mille fleurs !"

Fyfe, sentant qu'elle ferait mieux de se taire : "Ah bon ? Mais alors tu m'aimes de combien de fleurs ?"

Mr Petitegraine, en mode Sauvons les meubles : "Tu l'aimes de 10 000 fleurs, c'est ça ?"

Le Crampon, perplexe : "Et ben je t'aime de... [compte sur ses doigts]... 5 fleurs !"

Woké.

Bonne fête des mères à toutes celles qui ont enfanté dans la douleur, fait le deuil de leurs grasses matinées et de leurs nuits complètes, sacrifié leurs vacances pour le budget pamp*ers, nourri et torché inlassablement et avec amour leur ingrate progéniture.

5 fleurs sur 1 000.
J'en tire les conclusions qui s'imposent et me retire de la maternité.

vendredi 2 novembre 2012

Les Brangelinas du pauvre

Je me faisais une joie de ces 4 jours à Rome en famille. J'étais fière d'avoir pu payer les vols de tout le monde avec mes Miles Air Fr*nce gagnés à la sueur de mon front (bon, à mes voyages pro surtout), fière aussi d'avoir dégoté un appartement pas cher et bien placé, et heureuse (= hystérique d'excitation) à l'idée de cette escapade après les mois de couvade-cachalot et ceux de tête-à-tête avec le bébé pot de colle.

Bien sûr, nous avons pensé à faire ce voyage en amoureux, mais je trouvais que SuperGlue était encore trop petit pour passer quelques jours loin de ses parents, et je confesse espérer transmettre à mes enfants le virus voyageur. Après tout, le Crampon est en âge d'apprécier toutes les découvertes, et puis la SuperGlue, comme son nom l'indique, serait ravi de passer ses journées en porte bébé, et ce premier périple ferait honneur à son (vrai) prénom de grand voyageur.
Bref, j'avais des images plein la tête, nous imaginant tels des Brangelina parcourant les musées et profitant de la dolce vita avec leur smala. En plein trip "I have a dream", donc.

Comme d'habitude quand je pars dans un délire "l'ami Ricoré", la réalité m'a rattrapée pour me mettre une bonne claque dans la gueule, et Martin Luther King a dû ramasser ses dents.

  • Je nous imaginais déambuler dans les rues piétonnes le nez au vent,  profitant de la dolce vita. -> pousser un enfant de 4ans dans une poussette chargée de sacs et sur les pavés, ça évoque plutôt le powerplate. Quand les muscles des bras brûlent, tu files la poussette au deuxième parent, et tu endosses le porte-bébé et son contenant de 8 fuc.ing kilos, et tu complètes ton entraînement de GI avec le travail du dos et des épaules. Bien sûr, tu ne regardes pas trop ce qu'il y a autour, trop occupé à gérer ta respiration, mais bon, tu es musclé au moins.
  • Je pensais que le Crampon apprécierait cette immersion dans la culture italienne : une autre langue, des sites et musées magnifiques... -> le Crampon a daigné s'intéresser au Colisée 5 min, et seulement parce qu'on lui a expliqué qu'avant il accueillait des bagarres avec des lions. Il n'a pas levé la tête dans la chapelle Sixtine, trop occupé à "réparer" les roues de sa poussette.
  • La gastronomie italienne... Tout un poème ! En plus, pâtes et pizza, ça ressemble au paradis des enfants a priori ! -> le Crampon a passé son temps à réclamer des crêpes et des frites. No comment.
Je vous passe les épisodes à l'aéroport et dans l'avion, saint Graal du caprice et de la grosse colère.
Je ne sais pas comment les Brangelina gèrent les passages au contrôle de sécurité, mais en ce qui nous concerne, la réponse est : MAL.

Bref, le prochaine voyage, je le fais comme au bon vieux temps : seule.
Non, j'exagère. Le crampon a appris à dire Grazie et rien que pour cette mignonerie ça valait le coup. Et les Romains sont adorables avec les enfants : on ne compte plus les coups de main pour porter la poussette dans les escaliers, les remarques gentilles sur nos enfants, ni les cadeaux donnés par les commerçants.
Disons sobrement que je ne suis pas mécontente d'avoir visité Rome sans enfant il y a quelques années.
Dire que bientôt je pleurerai parce que mes enfants ne voudront plus partir en vacances avec moi....

mercredi 23 mai 2012

Philo du mercredi

Ah oui, dernier post le 17 février. Quand même. Pfiouuuuu, le temps file, hein ?

Y a eu comme une faille dans l'espace-temps on dirait.
Je suis toujours dans un état baleinesque très avancé, livraison du colis par la fabrique de bébé prévue pour... ben quand il veut, hein.

En attendant, j'avais envie de partager ici une de ces grandes révélations que m'a offerte la vie très récemment.
Parce que oui, la femme enceinte philosophe à ses heures perdues (ou, plus prosaïquement, après avoir sué sang et eau à enfiler ses bas de contention, et avant ses premières brûlures d’œsophage du matin).

La pensée qui m'a heurté de plein fouet concerne la parentalité (maternitude, paternisme, comme vous choisez).

Loin de moi l'idée de scinder le monde en deux catégories, l'une bénéficiant de la sagesse de l'expérience de cette parentalité, et l'autre, prudente naïve et ignorante, qui n'aurait pas été touchée par la sagesse qui touche bien sûr tout être humain au moment exact où son périnée se fait déchiqueter (ou celui de sa conjointe).
Cependant, force est de constater qu'une fois que l'enfant paraît, les choses changent.
(doux euphémisme pour évoquer le 38tonnes que tu te prends dans la face à coup de nuits blanches, terrible two, terrible three, et pour autant que j'en sache, terrible-tous-les-âges-jusqu'à-l'adolescence).

Mais jetons un voile pudique sur ce bonheur quotidien, que dis-je, ce nirvana, que représente la parentalité (je tiens à ce que les enfants des autres cotisent pour ma retraite sous les cocotiers, merci d'avance).
Parmi les révélations qui apparaissent aux parents telle la vierge à Bernadette Scoubidou Soubirous, figure en bonne place l'apprentissage accéléré de la doctrine du fatalisme ascendant stoïcisme.
Ce que la sagesse populaire a traduit par "avant, j'avais des principes, maintenant j'ai des enfants".

Ajoutez une pincée de renoncement.

Une sérieuse dose de capacité à supporter le ridicule, qui, certes, ne tue pas, mais fait quand même du mal à ta street credibilité.

Une élévation vers le spirituel, un éloignement des basses choses matérielles telles que l'apparence, le regard des autres, le snobisme de telle ou telle marque de vêtements.

On dit souvent que rien ne peut te préparer à une nouvelle vie avec enfant.
Et c'est vrai.
Est ce que vous croyez vraiment qu'il y a 3 ans et demi, j'aurais pu imaginer que mon fils porterait ça ?  Je veux dire, en plein jour, pleine lumière, pour toute une journée de crèche, et sans même que je ne lui demande de marcher 10 mètres devant ?

Oui, ce sont des fausses crocs à l'effigie de Flash Mac Queen. 1/ Ça existe 2/ Ça se vend 3/ Ça s'achète 4/ Ça se porte.




 
Je sais.
Mais il ne faut pas jeter la pierre à ceux qui négocient au quotidien avec les terroristes les enfants.

Voilà.
Les enfants, c'est la philosophie. Ou l'art du compromis.

jeudi 8 décembre 2011

A morning with Fyfe

(la night, on n'y revient pas, c'est fait et et j'espère que ça ne sera pas à refaire *soupir*. Mais qu'est ce que je fous dans cette galèèèèreuh ??)(une pensée pour une certaine madrilène qui doit bien ricaner, là)

Quelque part entre 5, 6 et 7 heures, le Crampon se réveille, plus ou moins calmement, plus ou moins paniqué à l'idée de ne pas savoir si son père est encore là. Car oui, le Crampon ne vit que pour son Pôpa, l'ingrat. Non pas que le dit Pôpa ne le mérite pas, loin s'en faut (pour tout dire, il est certainement meilleur père que je ne suis mère). Mais merde, je l'ai porté 9 mois dans la nausée et les remontées acides, expulsé en douceur par un endroit que je refuse toujours de trouver approprié (en termes de taille voyez vous), allaité pendant 5 mois jour, et, SURTOUT, nuit. Alors bon, même si je lui consacre moins de temps que son père, j'estime ne pas mériter toute la déception matinale de cet enfant quand il constate que passé 7 heures, il n'y a que moi.
Bon, pour être honnête, une demi-moi.
Une moi profondément endormie.

Le Crampon est briefé : si maman n'est pas levée, ça veut dire qu'il est trop tôt, donc tu te rendors, ou alors tu allumes ta lumière et tu joues calmement et en silence.
(d'aucuns verrons peut être dans cette technique éducationnelle un élément d'explication au fait que le Crampon préfère son pôpa. Soit. Mais avant 7h, le meilleur de moi-même et de mes capacités consiste à fermer la bouche pour ne pas baver sur mon oreiller).

Le Crampon, chantonnant de bonne humeur, ou hurlant à la mort à la recherche de son père -ça dépend des jours- entreprend donc de démarrer sa journée "calmement et en silence", conformément aux consignes, mais oui bien sûr.
Il commence par déménager sa commode à roulettes depuis la chambre jusqu'au milieu du salon.
Puis il traîne une ou deux chaises de cuisine pour organiser une course.
Il allume la chaîne hi-fi. De préférence sur une radio qui passe du Gilbert Montagné.
Il prend son épée (=un pile de légos) et entreprend une croisade domestique. Il s'agit manifestement de pourfendre le pauvre chat.
Ou de jeter l'épée au sol pour faire exploser des légos partout dans la maison. Yeaaaaah.

Arrive le moment où le Crampon décide qu'il suffit. Il déboule alors dans la chambre, ouvre les volets électriques, et saute sur le lit pour un câlin (qui consiste principalement à prendre de l'élan pour se jeter de toute sa hauteur sur moi. Aïe).
Ok, ok, levons nous, donc.

Tu veux un bib', Crampon ?
Ouiiiiii ! Un bibauchocolat !

En mode automatique, lait, bib, micro-onde, 2 cuillères de cacao, quand retentit un NOOOOOOOON !!!
Sursaut de terreur, qu'est ce qui se passe, Crampon ?
VEUX PAS CETTE CUILLERE !!
Gniii ?
PAS CETTE CUILLERE, VEUX LA ROUGE !
Non mais c'est trop tard, Crampon, j'ai mis le chocolat dedans déjà !
NON NON NON !
Le Crampon se saisit du bib et entreprend de répandre son contenu par terre, en signe de protestation, puis de me le jeter à la figure.

Okéééé...
C'est le moment de faire appel à toute sa réserve de patience, sa zenitude, sa capacité à respirer par le ventre et à lutter contre la hulkisation.

S'en suivent alors 15 minutes d'âpres négociations à l'issue aussi incertaine que la sortie de crise européenne (sauf que chez nous le dialogue est franco-français plutôt que franco-allemand).

Et puis, tout s'enchaîne :
Pour s'habiller, le Crampon réclame "5 minutes maman, je joue" toutes les 5 minutes environ ;
Il veut rester en chaussons et refuse de mettre ses chaussures ;
Il enlève son manteau dès que j'ai le dos tourné ;
Il veut marcher, puis monter dans la poussette, puis pousser la poussette, puis nettoyer le caniveau, puis faire coucou aux camions, puis frotter sa sucette sur les vitrines, puis rentrer à la maison.

Qu'on ne vienne pas s'étonner que je sois soulagée de sortir de la crèche pour aller me reposer au bureau.
(Crise des 2 ans, crise des 3 ans, ça s'arrête quand au juste ??)

mardi 25 octobre 2011

Les Corleone à la crèche

Parmi les multiples trucs qu'on ne te dit pas quand tu envisages de te reproduire, il y en a un particulièrement pénible et lié à ta santé.
Physique, je veux dire. (oui, bon certes, mentale, aussi, ça ne fait aucun doute, mais ce n'est pas le sujet du jour).

Tout le monde sait bien qu'un enfant avant 3 ans doit se constituer son système immunitaire en enchaînant joyeusement les maladies diverses et variées. Et de ce côté-là, je dois bien avouer que le Crampon nous gâte : à part un abonnement aux bronchiolites sa première année, et une malheureuse gastro, je le soupçonne d'avoir chopé le reste sans le laisser paraître (vaillant Crampon, il ne va pas se laisser abattre par quelques microbes alors qu'il y a un appartement à démonter et que sa maman n'a crié avec sa voix aïgue que DIX fois depuis ce matin).

Mais ce qu'on ne m'avait pas dit; c'est que nous aussi, les parents, deviendrions des proies faciles pour les infections et virus en tout genre.

Je sais que d'une certaine manière, ce n'était pas très dur à deviner...
Vous prenez des parents fatigués de manière pathologique (c'est le propre du parent jusqu'aux 12 ans de l'enfant, parole de médecin), avec un système immunitaire sans doute resté sous la couette ce matin, et vous mélangez étroitement avec un enfant qui évolue en collectivité.

Nota Bene : la collectivité (crèche ou école, même combat) évoque peut être pour certains un groupe d'enfants qui font la ronde, apprennent de jolies chansons, font des dessins, etc etc. Oh que c'est mignon.
Je vous arrête tout de suite, la collectivité, ce n'est pas mignon. Plus qu'un lieu d'échanges sociaux entre des enfants, c'est un haut lieu de trafic de microbes et virus. La plaque tournante des barons du miasme. Un lieu sans foi ni loi ou la pitié, la compassion, et l'empathie n'ont pas lieu d'être. Tu sors d'une angine ? Ben chope moi cette laryngite tiens. Et enchaîne avec cette gastro, HAHA.

Alors, comme je l'ai dit, le Crampon est vaillant (comprendre par là, que c'est sans doute le Parrain de la mafia virologique, mais je préfère ne rien savoir).
Ceci dit, cela ne l'empêche pas de ramener dans notre foyer criant aimant des tonnes de saloperies, qui attaquent les adultes affaiblis par l'éducation du Parrain.

Avant d'avoir une descendance, M. PetiteGraine et moi n'étions JAMAIS malades. Pas un seul jour d'arrêt maladie à notre actif en 8 et 11 ans de boulot respectivement. M. PetiteGraine n'avait pas de médecin référent, et sa carte vitale n'avait jamais servi.
Voilà voilà.
La grossesse a été pour moi une phase transitionnelle. Tous ces médecins, ces paperasses de la sécu, ... J'ai découvert progressivement un nouveau monde.
Et depuis, je suis - horreur, malheur - comme tout le monde. Ne le prenez pas mal, hein, mais ça me plaisait bien à moi de ne pas connaître le sens du mot migraine ou de ne jamais avoir rendu tripes et boyaux grâce à une gastro.
Malheureusement, c'est bien fini.

M. PetiteGraine se remet à peine de 15 jours de méga-crève-qui-te-met-sur-les-genoux-chérie-désolée-tu-vas-devoir-tout-gérer-toute-seule (oui, 15 jours, c'est dingue. Je hais ce virus). Et forcément, alors qu'il reprend du poil de la bête, mon système immunitaire entame une grève, et me voilà à la place de celle qui ère dans la maison en gémissant.

Le Crampon, lui, se porte comme un charme. Au point qu'on l'aurait presque préféré un peu abattu par une légère fièvre, voyez vous.
(Je le dis en chuchotant, Don Vito Corleone n'est pas très loin, et je ne voudrais pas doubler ma peine avec un genre de gastro)

Bon, je vous laisse, je vais essayer de gérer ma quinte de toux de tuberculeuse.
Et faites des enfants, hein.

lundi 10 octobre 2011

Le retour de la vengeance de la blogueuse

Le problème quand on s'absente trop longtemps du blog, c'est qu'on a laissé périmer 50 idées de billets, et qu'on ne sait plus trop par où recommencer. Du coup, on attend encore un peu, et hop, en moins de temps qu'il n'en faut à un JFCoppé ou une NMorano pour me donner envie de leur coller le nez dans les couches du Crampon, c'est la spirale infernale et pif paf, ça fait un presque mois.

Plutôt que de laisser passer un autre mois qui flirterait peut être bien avec une année, voilà un billet sans queue ni tête, digest de quelques trucs qui me sont passés par la tête et qui auraient du faire l'objet de billets si je n'étais pas aussi occupée par des activités aussi nombreuses qu'impondérables du genre travailler, faire des chatouilles au Crampon, ou passer mes soirées à regarder V (série nouvelle version) avec Mr PetiteGraine tout en nous remémorant comment Diana elle faisait quand même super peur.


La Babygym.
Gros, gros échec.
On a bien fait d'attendre une semaine de plus avant de signer (et payer) pour l'année.
La dernière séance a mobilisé pas moins de trois adultes pour canaliser le Crampon : une des animatrices, ma soeur, venue en spectatrice immortaliser les prouesses de son filleul (elle n'a pas été déçue), et moi même.
En une demi-heure, pas moins de trois adultes, donc, se sont épuisés à :
  • tenter de convaincre le Crampon que non, non, on ne pouvait pas courir comme un dingue et se jeter sur tous les praticables mous (cela revient peu ou prou à jeter une blogueuse beauté dans un Séphora lors d'une journée "tout est gratuit", et lui interdire de toucher ou d'emmener quoi que ce soit. Évaluez le challenge).
  • inciter le Crampon à participer aux échauffements en se ridiculisant copieusement (et je fais le serpent, et je fais la girafe, et je fais la marche de l'éléphant... Tu fais pareil, Crampon ? NOOOOOON. Mais il s'est bien marré à nous regarder assis à l'écart)
  • lui proposer 500 fois de sauter sur le trampoline quand c'était son tour, sans aucun succès. Mais devoir le rattraper au milieu du trampoline dès que le groupe est passé à une autre activité.
Est arrivé le moment où la cheffe des animatrices (âgée de 17 ans et demi selon mes estimations) m'a expliqué avec un regard contrit que les parents ne pouvaient pas rester dans ce groupe-là, donc Madame, il faut penser à couper le cordon maintenant et aller vous poster sur le balcon pour laisser les pros travailler.

L'espace d'une nanoseconde, j'ai pensé lui répondre que les parents pouvaient rester avec le groupe des petits, celui qui correspond à l'âge du Crampon, et que clairement ce zozio-là leur serait ingérable si je m'éloignais.
Heureusement, une étincelle de raison m'a ramené à plus de pragmatisme. Ah tu le veux mon gamin ? MAIS PRENDS LE, FAIS TOI PLAISIR ! Moi de toutes façons j'étais prête à le balancer par dessus les barres asymétriques, alors...


J'ai donc quitté le praticable sans me retourner. Arrivée dans la mezzanine, j'ai pu constater que le Crampon n'avait pas encore remarqué mon départ, fort occupé à faire boing boing (sic) sur les trampolines où les ados s'entraînaient à faire des quadruple salto boucle piquée triple lutz. Sans les mains. Ou un truc du genre, bien infaisable, avec des réceptions euh... aléatoires. Pas franchement adaptées à la cohabitation avec un zébulon de presque 3 ans.

J'ai ensuite bien pu me régaler à observer ces demoiselles tenter de ramener dans le groupe mon Crampon hurlant à la mort, et se débattant comme si sa vie en dépendait.
Ça a duré... oh bien 2 minutes et demi je dirais. Et puis elles me l'ont ramené, un peu piteuses, et on est partis la tête haute, mon psychopathe de fils, ma sœur ébahie et peut être un poil traumatisée, et moi.

Fin de l'épisode Babygym. Crampon 1 - Fédération Française de Gym 0.


Le record absolu de grasse mat'

Ironie du sort, quelques jours plus tard, nous étions invités par une journée très ensoleillée (si, si, souvenez vous, y a une semaine on avait TROP chaud) à fêter un anniversaire familial dans une maison
à la campagne, avec un TRAMPOLINE dans le jardin.
Le Crampon s'était réveillé avant 6h (joie), a zappé la sieste, et passé l'après midi à faire boing boing en alternance avec "jouer à la bagarre" avec son cousin. Il était hilare, et tellement rouge et transpirant que la famille prenait les paris sur le moment où il s'écroulerait raide endormi.A 22h30, il était allongé sur le canapé et regardait des dessins animés avec ses cousins, sans donner aucun signe de fatigue.
Ce n'est que dans la voiture, sur la route du retour, qu'il a rendu les armes.
Jusqu'à 11h10 le lendemain matin.
JUSQU'A 11h10.
On parle d'un môme qui s'est réveillé à 9h30 après un nouvel an où il avait fait l'andouille et refusé de se coucher jusqu'à 5h du mat' (je le revois courir gaiement sur le trottoir alors que nous attendions notre taxis, complètement défaits, et nous interroger anxieusement sur la possibilité que cet enfant soit un alien).
Bref, je veux un trampoline.
Il paraît que sur mon balcon, au deuxième étage, ça craint.
Je ne veux rien savoir, le trampoline est mon ami, mon sauveur, je le veux.
Trampoline 1 - Crampon 0 (la revanche de la fédé de gym ??)


De la météo et des Visiteurs
(si, si, y a un lien)

Je tiens à dire que je vis en double pull + polaire depuis ce week-end, chez moi (le chauffage collectif sa mère n'a pas démarré), et au bureau (le chauffage collectif sa mère n'a pas démarré non plus), et que je le vis plutôt MAL (doux euphémisme pour dire que je passe mon temps à chouiner, grelotter, et réclamer des thés brûlants).
Aussi, quand je croise des gens en chemisettes ou en t-shirt dans la rue, ou dans les couloirs du boulot, une seule pensée me vient à l'esprit : ce sont des V. Des lézards quoi. Pas d'autre explication possible.
(si tu as moins de 30 ans, gougueul est ton ami).
Bref, j'ai froid ET j'ai peur.


Vieillesse ennemie

Je vais avoir 35 ans très tout bientôt.
Je ne sais pas trop ce que j'aurais pu écrire là-dessus. Ça dépend de l'humeur du jour, du sens du vent, et de la conjonction astrale.
Une liste mièvre de toutes les choses chouettes de ma vie (je suis scandaleusement chouchoutée par le bonheur).
Ou bien une ode à la dépression de celle qui bascule plus-près-des-40-que-des-30.

Sur ce, j'essaye de revenir vite.
Du bisou

mercredi 14 septembre 2011

Hygiène de vie

En cette rentrée, je me suis inscrite à la Babygym.
Dans le groupe des 3-4 ans.

Oui je sais, cela paraît étrange au premier abord, mais tout va s'éclairer rassurez-vous.

Le dossier d'inscription est au nom du Crampon, mais ne vous méprenez pas : c'est un piège.

Le concept de la Babygym, c'est donc de payer des gens en justaucorps en velours et aux mains talquées, pour qu'ils vous laissent passer une heure dans un gymnase avec votre ou vos enfants.

Il y a beaucoup de choses que je pourrais apprécier de faire à 10h30 un samedi matin ensoleillé. La première qui me vient à l'esprit consisterait à finir doucettement ma nuit dans la chaleur de ma couette, mais je n'exclus aucune option à base de bain moussant, bon roman, ou apéro en terrasse avec un peu d'avance.

Bizarrement, macérer une heure dans un gymnase à 35°C en compagnie d'une légion de mycoses et d'odeurs de transpiration et de vieille chaussette n'en faisait pas partie.
 
Ne me demandez pas ce que je faisais donc là, je n'en sais rien, et je n'ai pas mieux su y répondre quand je me suis retrouvée au milieu d'une soixantaine d'enfants entre 1 an et 6 ans, et le double de parents.

Pour bien visualiser l'ambiance, il faut imaginer simultanément 60 sources de cris aigus (enfants excités), 120 sources de cris plus graves (parents énervés), et bien évaluer l'aptitude parentale à la patience quand il fait 35 degrés.

Voilà.
Envie de fuir ? Oui, je sais, c'est nor-mal.

Mais vous êtes piégé. Les enfants ont d'ores et déjà endossé leur rôle de coach sportif, ils ne vous laisseront pas repartir avant de vous avoir fait dépenser votre dernière calorie.

Ensuite, les gens en justaucorps font des groupes de niveau. Le niveau de résistance sportive des parents est évalué sur la base de l'âge de leur progéniture, étant entendu que plus l'enfant est jeune, plus le parent est endurant (question de survie).

Par chance, le groupe des parents les plus entraînés (enfants de 1an 1/2 à 2 ans 1/2) était complet, et nous avons donc rejoint le groupe juste au-dessous, avec la conviction que nous n'allions faire qu'une bouchée des parents des enfants de 4 ans (petits joueurs, je parie que leurs mômes dorment jusqu'à 9h le week-end).

Les gens en justaucorps hurlent ensuite quelques consignes (lancer le ballon, sauter sur le trampoline, courir, faire le parcours, etc.).

Personne n'a rien entendu, mais ce n'est pas grave, les enfants sont désormais les coachs personnels de leurs parents, et n'en font qu'à leur tête.

Pour notre part, le Crampon a décidé de tout miser sur l'entraînement cardio pour cette première séance : beaucoup de courses derrière lui sur les coussins mous, sur les trampolines, sous les barres asymétriques où s'entraînaient des grands, etc.
Redoutable efficacité, bravo le Crampon.

Ensuite, nous avons couplé travail cardio et motricité des membres supérieurs. Il s'agissait de rattraper ou aller chercher le ballon que lançait le Crampon pour vite vite lui rapporter et lui permettre de recommencer.

Nous avons également rampé par terre, marché à quatre pattes, accroupis, et dans un éventail de positions que la morale m'empêche de nommer.

Au delà de l'entraînement physique, je pense que les enfants avaient décidé de rappeler à leurs parents les notions simples d'humilité dans le sport.
Dans cette épreuve, tous les parents concentraient leur attention sur leur enfant (afin d'éviter de croiser le regard des autres adultes, ce qui est bien compréhensible), et tous suppliaient leur coach personnel de les imiter. Mais la plupart des enfants n'ont pas fait preuve de faiblesse, et ont laissé leurs parents seuls face à leur destin. C'est important le mental, dans le sport.

En fin de séance, nous avons eu droit à un entraînement assez extrême à la résistance acoustique ainsi qu'à la self-défense (à base de hurlements de Crampon et de tentative d'immobilisation du Crampon -il fallait parer les coups, pas évident ce truc-là, à retravailler).

Quand les enfants ont jugé bon de rejoindre le vestiaire, le soupir de soulagement des parents épuisés a résonné dans le gymnase.

Et puis voilà, une bonne douche pour toute la famille, et le week end pouvait reprendre son cours, avec la satisfaction d'avoir fait du bon boulot (manger - bouger, tout ça tout ça).

J'ai eu grand plaisir à constater qu'il y avait des coachs bien plus cruels (pour ne pas dire sadiques) que le Crampon.
C'est une révélation.
Et une satisfaction personnelle que j'ai un peu de honte à avouer.

Dans la catégorie joie et bonheur de la Babygym, le Crampon, bien fatigué par ses efforts d'entraîneur, a filé à la sieste sans négocier et s'est endormi en moins de temps qu'il ne faut pour dire "courbature".  Pour 3 heures. Miraculeux.

Moins miraculeux : même constat, même sanction dans le camp des parents.


La vie appartient peut être à ceux qui font du sport tôt, mais on oublie trop souvent de citer son corollaire : l'après-midi appartient à ceux qui font la grasse matinée.

mercredi 7 septembre 2011

Diplomatie internationale, paix dans le monde, tout ça tout ça

Hier soir, le Crampon, bien fatigué de sa journée (et de sa courte nuit - no comment-), était légèrement nerveux.
Traduction : il courrait partout comme un damné, ponctuant ses sauts de cabri par des petits cris d'une voix sensiblement trop aigüe pour être honnête, et chouinait de manière aléatoire, oscillant entre le regard de Bambi à qui on aurait piqué son déjeuner et celui d'Hannibal Lecter, euh... à qui on aurait piqué son déjeuner aussi.

Tout allait bien, donc.


A un moment, une sympathique odeur d'égouts a envahi la pièce.

Je sais, c'est ignoble, mais sachez qu'être parents permet de développer une résistance hors norme à une éventuelle attaque terroriste odorifique. Il faut positiver.

La couche était pleine, donc.


Petite aparté : le Crampon, qui a 2 ans et demi passés, n'est toujours pas propre. Enfin, on le lave, hein. A peu près en tout cas. Mais il n'a pas appris à aller sur le pot.

Nous essayons régulièrement de lui proposer de faire "comme les grands", mais son refus est catégorique, et le milieu scientifique et éducatif est unanime : ça se fera tout seul quand il le voudra et sera prêt. 
Bien sûr, ma mère et ma belle-mère en savent beaucoup plus que le milieu scientifique et éducatif (elles ont élevé 4 enfants à elle deux, tout de même), et croient bon de 
1. me harceler avec des "de notre temps", des "il ne pourra pas aller à l'école !" (dans un an, hein) et des "quand même à son âge..." et 2. de déculotter le Crampon ou le coller sur un pot dès que j'ai le dos tourné (le Crampon est un bon fils à sa maman. Il se venge en pissant sur le beau tapis, le canapé, ou tout autre objet de valeur).
Bref, le Crampon n'est pas prêt à apprendre la propreté, et pour autant que je le connaisse, s'il décidait d'attendre ses 18 ans, il n'y aurait pas moyen de le faire changer d'avis et on n'aurait plus qu'à acheter des actions Pamp*ers.

La couche était donc du genre bien chargée (amis de la poésie, pardon et adieu).

Mais le Crampon n'avait pas franchement envie d'interrompre son entraînement pour les championnats du monde de dépense d'énergie sous acide (comment ça, ça n'existe pas ? Mais alors pourquoi diable ferait-il ça ??).

La traditionnelle négociation qui s'en est suivie a abouti à un compromis tri-partite consistant à quitter la couche dans la salle de bain, et enchaîner avec le bain (je suis mûre pour un poste à l'ONU).


Pantalon, chaussettes, T-shirt : enlevés.

Couche immonde : enlevée.
Fesses et leur moulage de caca mou bien collé : à nettoyer.

Armée de mes lingettes destructrices de planète (le liniment sur les matières solides, je peux pas. Ça fait un gloubli-boulga qui m'est intolérable)(sinon je suis très Nicolas Hulot - friendly, hein, ne me dénoncez pas), j'entreprenais donc, assise par terre, de nettoyer les fesses les plus mignonnes de la planète (même si momentanément, ça ne se voyait pas trop à cause du... bon vous avez compris), sur une cible mouvante (le Crampon continuait imperturbablement son entraînement pour les JO du saut de cabri).


C'est à ce moment précis que mon enfant chéri, cet être aussi imprévisible qu'adorable, a décidé de se jeter sur mes genoux pour un câlin.


Je me suis immobilisée dans une vaine tentative de stopper l'implacable écoulement de l'espace-temps. Une lingette dégoûtante dans la main, une paire de fesses d'adorable et néanmoins tout ce qu'il y a de plus merdeuse sur ma cuisse.

M. PetiteGraine a explosé de rire.
L'accord tri-partite a été immédiatement enterré et j'ai expédié la fin de ma mission avant de courir me changer - désinfecter - asperger de déodorant.

Je ne pense pas que c'est le genre de risque encouru par les négociateurs de l'ONU.

Pourtant, une menace de cet ordre qui planerait sur les négociations en Syrie ou à Jérusalem, ça vous changerait la face du monde, j'en suis sûre.

lundi 5 septembre 2011

Blues de rentrée

Ce matin, en emmenant le Crampon à l'échafaud, pardon, à la crèche (c'est toujours joie et bonheur le matin par ici), un peu plus tôt que d'habitude, j'ai croisé pas moins de 6 écoles.
C'est-à-dire 6 groupes de parents accompagnant leurs petits et moins petits enfants pour leur rentrée scolaire et attendant l'ouverture de l'école.

J'ai vu des enfant tous fiers avec leur cartable tout neuf, fonçant sur leur vélo loin devant leurs parents.
J'ai vu des enfant inquiets, serrant la main d'un papa ou d'une maman tentant tant bien que mal de se montrer rassurant et de cacher leur propre inquiétude.
Et j'ai vu des enfants qui, déjà, sur le trottoir, agrippaient de toutes leurs forces et cachaient leur visage dans le cou de papa/maman.

J'ai regardé mon Crampon-le-bien-nommé, l'enfant qui a mis 3 mois à accepter d'aller dans sa nouvelle crèche sans hurler à la mort, celui-là même qui a fini par lâcher prise et apprécier ses journées en collectivités, fin juillet.
FIN JUILLET.

Avant la fermeture de la crèche pour un mois, donc.
Avant la réouverture en septembre, avec du nouveau personnel, et un groupe d'enfant entièrement renouvelé, donc.

Je me suis bercée d'illusions pendant toutes les vacances, je voulais croire au déclic providentiel, aux matins ricorée qui m'attendaient.
Le Crampon m'encourageait dans mon optimisme, réclamant la crèche et les copains.

Son enthousiasme s'est malheureusement effondré au moment où il a réalisé que j'allais le laisser là et partir travailler.

Depuis, on remet ça.

Chaque matin, réveil en fanfare à 6h. Il veut profiter de temps de qualité avec sa môman.
(temps de qualité = maman tellement fatiguée qu'elle n'arrive pas à lire des tweets sur son téléphone ni des blogs sur son ordi et qui du coup comate devant les dessins animés avec lui)

Chaque matin, je tente fermeté, douceur, discussion, négociation, et corruption (le gâteau au chocolat est mon ami. Toujours avoir du stock à la maison. TOUJOURS, je ne plaisante pas, c'est une question de vie ou de mort) pour parvenir à l'habiller, mettre ses chaussures, monter dans la poussette.

Chaque jour, je respire par le ventre, lutte contre la crise de nerf, et regarde frénétiquement l'heure (sachez que rien ne me rend plus folle que me lever avec 1 heure d'avance, et d'être 30 minutes en retard au boulot).

Chaque jour, je meurs un peu du dedans de mon cœur en le laissant à la crèche hurlant, sanglotant, et implorant.

Chaque jour, j'essaye de me convaincre que ça va passer. Bientôt. Avec un peu de chance, avant que je ne me transforme en furie et ne le jette dans sa poussette puis à la crèche en pyjama et sans chaussures.
Ou avant que je ne fasse demi-tour pour le récupérer et l'emmener très très loin d'ici en le serrant fort contre mon cœur.
 

Alors oui, ce matin, quand je l'ai regardé, mon Crampon, j'ai eu un gros gros coup de blues.
Parce que, l'année prochaine, la rentrée des classes, comment vous dire...

Je vais peut être entrer dans un monastère tibétain pour m'y préparer. Un petit stage de 6 mois devrait suffire.
Comment ?
Ah oui, mince.
Jamais le Crampon n'arrivera à se décramponner pendant 6 mois.
Bon, ben je suis foutue.

mercredi 31 août 2011

La saga de l'été (3/3)

APRÈS

C'est donc dans le hall de l'immeuble que j'ai récupéré le Crampon, hystérique de joie, hurlant d'incrédules MAMAN! C'EST MAMAN!, et s'agrippant à mon cou comme si sa vie en dépendait.
Grosse, grosse fonte dans ma poitrine. Et rien à voir avec la canicule, promis.

Le Crampon est extatique, Mr PetiteGraine est joie, je suis amour.
Il est 18h30 et nous sommes la famille Bisounours sous acide, c'est l'hystérie collective.

A 19h30, le Crampon a déballé son cadeau, il fait des petits sauts de bonheur. C'est une cuisinière, et nous la construisons ensemble, comme toute famille Bisounours qui se respecte.
Le Crampon découvre qu'elle fait du bruit quand il appuie sur le bouton de la plaque électrique. Il fait des tours sur lui-même.

Puis c'est l'heure du repas.
Mais le Crampon ne veut pas en entendre parler. Il CUISINE.
Nous avons déjà mangé 3 fois de la salade, 4 fois des carottes, et 2 fois des navets. En PELUCHE. Mais cuits avec amour par le Crampon dans son four.

Les pâtes du Crampon, les vraies, pas en peluche, ne parviendront pas à le convaincre de s'asseoir à table.
Soit.
On se doutait bien qu'il serait un petit peu trop excité pour suivre le planning habituel.
Tant pis, il est tellement mignon avec ses casseroles.

Le bain ? Euh non, pas trop non plus.
Bof, ça attendra demain.

Le dodo ? Ah ben c'est pas gagné non plus. Allez, tant pis, on joue encore un peu.

21h30, le Crampon baille entre deux petits cris de joie.

Il faut une bonne demi-heure pour le convaincre de se mettre en pyjama et de se brosser les dents.
Bon.

22h, il est couché.
Je sors de sa chambre, encore débordante d'amour. Quoi de plus attendrissant qu'un enfant qui s'endort ?

22h05, il est debout dans le salon. NON PAS DODO.
... Euuuh, si, dodo ?

Le Crampon n'est plus joie. Il est colère.
Ses jouets volent, il refuse de s'approcher du lit.

Il est l'heure de faire appel à toute notre patience de Bisounours pour négocier, argumenter, convaincre.

Il est 23h30 et le Crampon joue tranquillement dans le salon dans l'indifférence générale. C'est un gros échec pour la méthode d'éducation des Bisounours.

A minuit, les plus de 3 ans ont envie de dormir. Ils sont bien les seuls. Le moins de 3 ans, lui, se met dans une rage folle à la simple évocation de rejoindre sa chambre. Il l'exprime avec force hurlements, et appuie sa position à l'aide de projectiles variés (lunettes de son père, doudou, livre, téléphone).

A minuit et demie, l'esprit des Bisounours s'est exilé quelque part vers la Papouasie Nouvelle Guinée. Reste la fatigue, l'énervement, et l'impatience.
Je suis à deux doigts d'appeler les grands parents pour qu'ils reviennent le chercher.

Je ne sais pas exactement à quelle heure le Crampon a rendu les armes, je suis allée me coucher avant lui, laissant Mr PetiteGraine à ses responsabilités de père (ben quoi ?).




En fait, les enfants, ils te ramènent très vite à la réalité. Les fantasmes d'idéal de vie de couple, ou d'idéal de vie de famille, c'est bon pour Hollywood. La réalité est bien plus trash. Mais je mentirais si je disais qu'elle ne me plaît pas malgré tout, ma vie réelle.
Vous pouvez essuyez votre écran de cette dégoulinade mielleuse qui me sert de conclusion, et retourner à votre vie réelle.

mardi 30 août 2011

La saga de l'été (2/3)

PENDANT

Par un miracle restant à ce jour inexpliqué par la science, j'ai évité le séjour en psychiatrie d'urgence avant la séparation.
Le cœur un peu lourd mais des projets plein la tête, nous avons repris la route de la maison, sans le Crampon.

Première constatation, 800 bornes en voiture sans enfant, ça ne ressemble pas du tout du tout à 800 bornes en voiture avec enfant. Surpriiiiiise ! (bonne, est ce la peine de le préciser ?)(avez vous déjà tenté l'expérience de 800km avec un deux-ans-et-demi du genre remuant et impatient ? C'est un bon aperçu de l'enfer mais je préfère ne pas en parler, le traumatisme est encore trop frais).

Ensuite, j'ai donc testé pour vous le week-end sans enfant.
Pas beaucoup d'amélioration sur le front schizophrénique, je le crains.

Il y a bien sûr la joie de la grasse matinée.
Sauf quand il fait 39°C dehors, 31°C dans la chambre, bien sûr.
Bon, tant pis, on va se lever tôt puisque le lit sent le chacal et que le contact des draps devient insupportable. Comme ça, la journée sera plus longue, et on pourra encore plus en profiter !

HAHA.

Il fait toujours 39°C. Hors de question de sortir se balader ou manger en terrasse, l'extérieur est HOSTILE.
Pas grave, on peut comater comme des grosses loques en surchauffe devant des séries, c'est chouette aussi.
Et puis, tu l'entends ce silence dans la maison ? Pas de cris, pas de bruit de roulettes de trottinette sur le parquet, pas de vols planés de petites voitures ou de légos, non, juste le silence...
Ça fait bizarre, hein ?
Mon dieu que j'ai envie de l'entendre rire. On l'appelle ?

Tiens, il fait faim. Et si on se nourrissait de vache qui rit, de yaourts, de glaces, et de gâteaux ? Oh que c'est bon de ne pas avoir à préparer à heure fixe des repas à peu près équilibrés qu'on a une chance sur deux de se faire envoyer à la gueule par un enfant qui ne rêve que de pâtes.

A ton avis, il mange bien là-bas ? On l'appelle ?

Un peu de surf sur internet sans enfant, c'est l'assurance de ne pas se faire interrompre par une requête urgente et incontournable pour un Tchoupi sur Youtube. Satisfaction ultime.
Tiens regarde cette photo, il est mignon, hein ? Oh la la, regarde là comme il était petit ! C'est fou comme il a changé vite, hein ? Tu crois qu'on va le trouver grandi à son retour ?
Et si on l'appelait ?

Arrive un moment étrange, où toutes les pièces de l'appartement ont été seskuellement baptisées (il était temps, l'emménagement date de 4 mois maintenant), où l'idée de regarder un épisode de série supplémentaire donne la migraine, où Twitter et Netvibes ne proposent plus de mises à jour malgré l'insistance de mes rafraîchissements, et où, imbibée de junk food et d'alcool, je suis littéralement frappée par la question qui tue :
Mais qu'est ce qu'on faisait AVANT ? Je me souviens d'avoir eu une vie trépidante avant de me lancer dans la folle aventure de la procréation. Depuis, j'ai eu de nombreuses pensées émues pour cette vie d'avant, pour cette liberté un peu perdue. Alors pourquoi tout me semble aussi vide maintenant ?

Bon bon, pas d'affolement, il reste 5 jours sur un rythme boulot, là, on va VRAIMENT apprécier d'être un peu moins speed, c'est sûr.
En attendant, on l'appelle ?

C'est donc avec un quasi-soupir de soulagement que nous avons repris du chemin du bureau.
5 jours sans avoir à lever, négocier, habiller, déposer à la crèche, sans course, sans stress, et sans retard. Alléluia.
5 jours d'apéro-cocktails, de resto, de sorties et de films. Alléluia bis.

Et puis les grands-parents qui, timidement, nous disent que le Crampon trouve le temps long. Qu'il nous réclame. Qu'il veut rentrer à la maison.
GLOUPS. Séisme dans mon ventre.

Pour finir, ces dernières heures d'attente, les plus longues. Il est dans une voiture, à quelques dizaines de kilomètres, et le temps, ce salaud, s'étire. L'appartement est parfaitement rangé, il faut bien s'occuper pour éviter de tourner en rond. Son cadeau, immense, l'attend dans sa chambre. Ça lui plaira, tu crois ? A tout les coups il va bouder au début, pour bien nous faire sentir qu'on est des parents terribles et qu'on ne doit plus jamais lui faire ce coup-là.
Non mais ils sont où là ? Il y a des embouteillages ou quoi ?
Allez, encore 5 minutes à tenir avant mon shoot d'odeur de mon bébé, avant d'avoir ses petits bras agrippés à mon cou. 
Putain je ne vais pas tenir.
Bon, je vais les attendre en bas.

lundi 29 août 2011

La saga de l'été (1/3)

AVANT

Cet été, le Crampon a été confié aux bons soins de ses grands-parents pour une semaine, pendant que nous reprenions péniblement le chemin du bureau.
Mon état d'esprit à la perspective de cette séparation de 7 jours, 7 nuits, 7 siestes, 800km,  14 repas, 40 câlins, 254 colères, 12 bisous et  142 crises de hurlements est difficile à définir.
Un genre d'ambiance bipolaire dans mon cerveau.

D'un côté (mon côté mère indigne), une grosse envie de sautiller partout à la perspective d'une semaine en amoureux, des folles soirées cocktails - ciné - resto - bar, du seske à toute heure et en tout lieu de la maison (les parents d'enfants rechignant à faire la sieste, mettant des plombes à aller se coucher le soir, et opérationnels pour retourner la maison dès 7h le matin me comprennent), des réveils en douceur, des matins sans course-poursuite autour de la table à langer, de la LIBERTE, tout simplement.

De l'autre côté (mon côté mère poule), mon désarroi face aux sanglots du Crampon à l'évocation de cette séparation, mon désespoir devant sa panique d'être abandonné, ma panique à l'idée seule de la souffrance de mon enfant, mon bébé, la chair de ma chair, le sang de mon sang, la 8ème-merveille-du-monde-que-c'est-moi-qui-l'ai-fait,-si,-si,  ma culpabilité et la déchirure de mon petit cœur de mère-midinette.

Et entre ces deux points de vue, une alternance toutes les 3 minutes et demi environ.
Et rapidement, une envie de hurler pour que cesse cette schizophrénie très légèrement fatigante (finalement, chéri, et si on passait cette semaine sans enfant en hôpital psy ? Non ? Tu es bien sûr ? Bon ok alors aurais tu l'amabilité de m'assommer pour que j'arrête de penser ? Merci mon cœur, bisous).

Faites des enfants, qu'ils disaient, c'est la NATURE, c'est le CYCLE de la VIE, c'est SAIN, c'est ÉQUILIBRANT, c'est ce que font les gens NORMAUX.
La vérité, croyez moi, c'est qu'une fois qu'ils sont nés, l'hôpital psy n'est jamais bien loin.

mercredi 6 juillet 2011

L'intégration du Crampon dans sa nouvelle crèche se fait un peu dans la douleur, comme je l'ai déjà évoqué ici.

Le Crampon avait en effet quelques habitudes dans son environnement parisien, qui consistaient plus ou moins à tyranniser équitablement les autres enfants et le personnel de la crèche.
Oui, le Crampon a une fâcheuse tendance à ne faire que ce qu'il veut.
Malgré notre grande motivation à essayer de lui inculquer quelques principes du genre respect de l'autorité parentale, force est de constater que... bof.
90% du temps, le Crampon continue à ne faire que ce qu'il veut.
Cela ne veut pas dire qu'on le laisse jongler avec les couteaux de cuisine, bien sûr.
En revanche, s'il a décidé que ce soir; il ne mangerait pas à table, il faut juste oublier l'idée de le faire changer d'avis car son endurance dans l'entêtement est remarquable (et peut s'étendre sur de longues semaines, si, si).

Pour les parents dépités, restent donc deux choix : accepter qu'il mange ailleurs (sur son vélo, sur le canapé, sur le dos du chat, etc... Cet enfant a de l'imagination), ou refuser, avec la certitude que le Crampon ne mangera donc pas. (or, enfant insuffisamment nourri le soir = enfant affamé à 5h du matin, mais c'est un autre problème).

Mr PetiteGraine varions les plaisirs, entre laxisme et autorité, selon notre courage (et notre manque de sommeil).

Bien sûr; nous poussons régulièrement de longs soupirs et levons tout aussi régulièrement les yeux au ciel, mais ma foi, nous n'avons pas vraiment de comparaison possible avec d'autres enfants, et TOUS les parents se plaignent de la crise d'opposition de leurs enfants.

Ce sont donc les regards extérieurs qui nous permettent d'évaluer un peu plus objectivement la situation.

Echantillon de petits indices tendant à prouver que notre fils est très légèrement au dessus de la moyenne de la chianterie (doux euphémisme pour ne pas dire qu'il y a des jours où on s'inquiète d'avoir à faire à un futur psychopathe) :
  • son ass' mat' qui répète sans discontinuer : "il est vraiment mignon, maiis il est têtu, hein. Je veux dire, il est adorable, mais c'est incroyable comme il est buté. Mais charmant. Mais vraiment incroyablement entêté"

  • le personnel de la crèche parisienne qui a tout bonnement arrêté d'essayer de le faire descendre de son vélo pour venir s'asseoir à table pour le goûter. Tant pis, il ne goûtera pas.

  • le même personnel de la crèche, qui, quand le Crampon hausse le ton façon "NOOOOOOOOON tu touches pas ma couche", ou tout simplement, commence à froncer les sourcils, stoppe net les négociations et s'excuse presque d'avoir voulu le changer "Nooooon Crampon ne t'énerve pas, ne t'énerve pas c'est pas grave, on  ne va pas changer la couche" . Je sais, ça étonne, mais franchement, elles ont raison... Le forcer reviendrait à le braquer définitivement et à s'assurer une année d'enfer à l'approche de la table à langer. Oui, oui, une année. Il est résistant comme ça le Crampon. 6 mois de refus de bain et de crises hystériques à la maison à la simple évocation de la baignoire, je sais de quoi je parle.

  • le personnel de la nouvelle crèche, nous demandant, un peu inquiet : "mais euh... c'est à cause des perturbations du déménagement qu'il est autant dans l'opposition, ou ça a toujours été comme ça ?" (un conseil : ne pas répondre la vérité sous peine d'éviction définitive)

Voilà voilà.
Donc le Crampon est incroyablement têtu. Et il a donc une sérieuse propension à être en position de dominant parmi ses congénères.
Je ne vous dit pas sa surprise de découvrir que dans la nouvelle crèche, les enfants (tous plus grands que lui) ne se pliaient pas naturellement à ses quatre volontés.
C'est un petit groupe très soudé, qui fait donc bloc contre lui quand il exagère.
Ouaip. Les enfants en groupe réussissent ce que les adultes et les parents ne réussissent pas.
Ils sont plus fort que nous, oubliez les patrons du CAC40, ce sont eux qui dirigent le monde.

Conclusion, tous les matins, le Crampon pleure pour ne pas aller à la crèche "Noooon maman, veux paaaas les autres enfants !"

Mr PetiteGraine et moi avons donc mise en place une grande stratégie d'intégration du Crampon à base d'évocation régulière du plaisir du partage avec les copains, et comment elle s'appelle cette petite fille avec qui tu faisais la course, et oooooh comme il est gentil ce petit garçon de te prêter son jouet, et sinon, avec qui tu as joué aujourd'hui, etc etc.

Bon.
Pour l'instant, résultats pour le moins mitigés.

Question : "Crampon, elle s'appelle comment la petite fille avec qui tu fais du vélo ?"
Regard du Crampon vers la petite fille.
Réponse pleine de conviction : "A vélo".

Moui d'accord. La mode des prénoms originaux fait des ravages chez les jeunes générations.

1 semaine plus tard :

Question : "Crampon, comment il s'appelle ce copain sur son trotteur ?"
Réponse du Crampon, fier comme Artaban : " Il s'appelle "Il roule" "

Voilà voilà.
C'est pas gagné l'intégration.


PS : à ceux qui seraient tentés de me donner une leçon de morale sur ma responsabilité de parent de lui apprendre le respect de l'autorité, je pète les genoux, non sans leur avoir préalablement expédié le Crampon une semaine en pension, pour leur apprendre ce que c'est qu'élever l'enfant le plus entêté du monde (et croyez moi, la douleur des genoux ne sera pas le plus difficile à supporter dans cette punition).

PPS : Mais il est mignon, hein. Très. Mais têtu.  Et adorable. Et chiant aussi.

vendredi 20 mai 2011

A night with Fyfe – 2 ans plus tard (3)

Nous avions donc laissé le Crampon dans son lit, en pyjama, dents vaguement brossées, et histoire lue. Et une Fyfe déjà épuisée par les efforts déployés pour en arriver là.

Allumage de veilleuse, lancement de la musique spéciale dodo en sourdine, bisous, et tentative de sortie de chambre de Fyfe (qui ne tente rien n'a rien).

Le Crampon est debout sur son lit et hurle « MAMAAAAAN » avec l'air outré de l'enfant qui se fait abandonner sur le bord de l'autoroute un samedi de chassé -croisé estival.

Fyfe revient, explique au Crampon que tout va bien, papa-et-maman-sont-là-ils-veillent-sur-toi-blablabla.
Le Crampon a l'air aussi convaincu que sa mère devant un discours de $arkozy.
Bon bon bon.

Fyfe s'allonge sur le sol au pied du lit du Crampon.
Il s’apaise, et semble chercher le sommeil.

Au bout de 5 minutes, le Crampon ne bouge plus.
Fyfe tente une sortie, mais doit s'immobiliser à mi-parcours car le Crampon est à nouveau debout sur son lit, tremblant de rage (sa propre mère a OSE SORTIR REPRENDRE LE COURS DE SA VIE).

Cette haute trahison rend le Crampon méfiant. Il accepte de se recoucher mais relève la tête toutes les 2 minutes pour vérifier que son indigne mère n'a pas bougé du parquet.

Discrètement, Fyfe a dégainé son téléphone. En conditions de survie l'être humain sait en effet développer d'étonnantes stratégies d'adaptation (à base de Twitter et Facebook).

30 minutes plus tard, Fyfe pense que l'affaire est gagnée. Et surtout, elle est super  à jour sur les réseaux sociaux, commence à se faire royalement ch..., son dos lui fait mal et put*£$ de b$£§ de m$£*d, le premier épisode de Dr House doit déjà être fini.

Elle entame un roulé-boulé sur le tapis en direction de la sortie, en alternance avec une technique de déplacement en rampant qu'elle a vu dans un reportage sur les commandos.

Sa concentration est au maximum, il s'agit d'éviter légos, voitures, et divers objets de nature bruyante ou contondante.
Une pensée sur l'opportunité d'inclure le coucher du Crampon aux stages commandos l'effleure, Fyfe se promet d'y repenser plus tard, une fois la zone libre atteinte.

Il est 22h, Fyfe a passé avec succès la ligne de démarcation. Après une cigarette bien méritée sur le balcon, elle s'affale dans le canapé.

Dr House propose un diagnostic, mais Fyfe ne sait pas si c'est le début ou la fin de l'épisode, donc impossible de savoir si c'est sa première erreur, sa seconde, ou si c'est le bon.

Alors qu'elle se tourne vers M. PG pour lui demander un résumé, Fyfe voit que le doudou du Crampon dépasse de la porte du salon.

Gnééé ?

Le doudou bouge.

Haussage du sourcil droit. (Je ne sais toujours pas hausser le gauche de manière isolée).

Fyfe en appelle aux forces supérieures de la maternitude, à l'amour (supposé) inconditionnel d'une mère pour son enfant, et aux techniques les plus pointues de respiration par le ventre pour ne pas hurler à la mort en découvrant que le Crampon s'est installé sur le parquet, dans le couloir, pour continuer sa nuit plus près de ses parents.

« Crampon qu'est ce que tu fais là ? Retourne au lit immédiatement ! »

Le Crampon sanglote : « Non pas dodo, pas dodoooooooooo, siteuplaît mamaaaaaaaan »

Comme quoi le Crampon sait être poli quand il veut.
Cette pensée ne suffit pas à réjouir Fyfe, qui raccompagne le Crampon dans son lit.

Cette fois, Fyfe s'endort sur le parquet avant le Crampon.
C'est une douleur aigüe dans le dos qui la réveille. (Fyfe s'est toujours refusé à installer un matelas aux pieds du lit du Crampon. Question de symbole. Mais à ce moment précis, Fyfe emmerde les symboles et se trouve bien conne avec ses principes).

Fyfe a perdu la notion de l'heure, mais le Crampon a l'air de dormir. Elle en profite pour sortir, et rejoindre M. PG déjà couché, en pensant que décidément, ses soirées sont formidables, sa vie est formidable, et ses compétences de mère sont formidables. Mais Fyfe est trop fatiguée pour s'apitoyer sur son sort, elle s'endort dans les 5 secondes.

Un cri déchire la nuit.
Fyfe trouve que la nuit a été bien courte. Elle essaye d'ouvrir suffisamment les yeux pour vérifier l'heure.
Ah.
Il est minuit.
Ceci explique cela.

Fyfe SAIT que pour que le Crampon se rendorme vite, il faut aller le rassurer vite, avant qu'il ne se réveille complètement et réclame de jouer avec la pâte à modeler.

En même temps, M. PG le sait aussi, alors qu'il se démerde, chacun son tour.

Fyfe referme les yeux, non sans avoir donné un grand coup de coude à M. PG pour l'aider à se réveiller.

5 minutes plus tard, le Crampon ne crie plus. Fyfe s'étonne de ne pas avoir entendu M. PG se lever.
Normal, il est toujours là.

Il n'échappe pas au cerveau engourdi de Fyfe que c'est une équation impossible.
En tendant l'oreille, elle en a la confirmation. Le Crampon est manifestement occupé à jouer à jeter des légos par terre.

Très bien. Excellente idée. Tant qu'il reste dans sa chambre et se tait, c'est une activité qui convient parfaitement aux principes éducationnels de Fyfe.

Malheureusement, le Crampon se fatigue vite de son entraînement olympique au lancer de jouets.

Fyfe tend à nouveau l'oreille :
Petit pas – petit pas – petit pas
Bruissement de couette
« TU VIENS MAMAN ON VA JOUER »

Le Crampon est assis sur la tête de Fyfe.
Fyfe a perdu 5 dixièmes d'acuité auditive.
M. PG grogne et se retourne.
Fyfe se demande combien elle prendrait de prison pour une éviscération de conjoint. Tout dépend de la probabilité que le jury ait des enfants dormeurs ou pas, c'est clair.

Fyfe essaye d'arrêter d'imaginer les tortures qu'elle voudrait infliger à M. PG (tranquillement occupé à ronfloter) et essaye de se rendormir en ignorant le Crampon (tranquillement occupé à escalader ses parents et à raconter sa vie), non sans avoir violemment relevé son genou sur le côté, en espérant frapper au passage une partie – si possible sensible – de l'anatomie de M. PG.

Quand Fyfe rouvre les yeux, il est 4h.
M. PG est debout, et semble embarrassé.
Il semblerait qu'en se levant pour aller aux toilettes, il ait buté sur un Crampon endormi sur le parquet, au pied du lit parental.

Deux options s'offrent à lui.
Assumer être un père indigne, contourner le Crampon, et revenir se coucher discretos Carlos, ou tenter un transfert de Crampon dans son lit, au risque de réveiller la bête.
Alors qu'il tourne un regard interrogatif vers Fyfe, le regard qui lui parvient en retour l'incite sans équivoque à garder sa question pour lui et à gérer tout seul the situation. (à comprendre dans le sens utilisé par Jack Bauer quand il appelle le président pour lui dire « we have a situation here », un peu avant le lancement d'une WWIII, quoi).

M. PG est étonné de constater qu'après 7 ans d'amour, leur complicité est telle qu'un seul regard leur suffit pour se comprendre. C'est beau l'amour.
Bien sûr, le fait que le message à comprendre consiste peu ou prou en une menace de mort vient un peu atténuer ce sentiment nuitamment romantique.

Audacieux, M. PG choisit de ramener délicatement le Crampon dans son lit.
Dans le noir.
Cela fonctionne bien, jusqu'à ce qu'il l'assomme contre un encadrement de porte.
Grave erreur de jugement. C'était soit trop fort, soit pas assez. Là, le Crampon est réveillé à point pour repartir pour un tour.

Pour Fyfe, le reste de la nuit est rythmé par les entrées de M. PG dans la chambre, suivies de peu par les cris du Crampon, et le départ précipité de M. PG.

Quand les réveils sonnent, le matin, l'ambiance n'est pas franchement à la Ricorée dans le camp des parents.
Côté Crampon en revanche, c'est un festival de mignonerie.
A croire qu'il aurait quelque chose à se faire pardonner.

jeudi 19 mai 2011

A night with Fyfe – 2 ans plus tard (2)

Billet toujours autant garanti 100% sans seske, toujours autant merci le Crampon.

Pour les besoins de ce billet, la soirée commence donc à 20h, après le repas familial.

Fyfe et Mr Petite Graine décrochent les morceaux de haricots verts coincés dans leurs cheveux (le Crampon a un très léger rejet alimentaire de tout ce qui n'est pas une patate, une pâte, du riz, ou du pain, et une manière de le manifester assez expressive), et nettoient le riz collé sur le carrelage sous la chaise du Crampon, dans les interstices du réhausseur, dans les verres, dans la carafe, etc.

C'est un moment stratégique. Fyfe et Mr PG se jaugent du regard. Une guerre des nerfs se déroule sous le regard innocent du Crampon.

Mr PG est vicieux, il annonce qu'il va finir de ranger tout seul. Fyfe sait reconnaître sa défaite, c'est donc à elle que revient le plaisir de préparer le Crampon au coucher.

Elle ignore la sueur froide qui perle dans son dos, et prononce la phrase fatidique :
« Tu viens, Crampon, on va mettre le pyjama ? »

La réponse ne tarde pas : le Crampon file en courant, en hurlant sans discontinuer « Non pas pyjama, non, veux pas, veux pas, nooooooooooooon ». Pour bien visualiser, il faut s'imaginer qu'on vient de lui proposer de manger de la mort-aux-rats par les trous de nez.

Oui, le Crampon est intelligent, il a compris que pyjama = dodo. La joie du coucher commence donc de plus en plus tôt pour le plaisir de tout l'immeuble.

Commence un rituel de course – poursuite, d'essuyage de baffes (« Crampon, on ne tape pas ! Réponse : baffe »), et de gesticulations dignes d'un asticot haltérophile.

Une bonne demi-heure plus tard, le Crampon a été mis au coin, câliné, rassuré (peu importe l'ordre) mais il n'est toujours pas vraiment disposé mettre son pyjama.

Avec une pensée désolée pour tous les principes d'éducation en vigueur, Fyfe sort donc son argument secret. « Crampon, vient mettre le pyjama, je te donnerai un gâteau ».

Le Crampon retrouve le sourire  « Ouiiiiiii ! Gâteau ! Gâteau ! Moi je veux gâteau ! », et accourt en sautillant de joie vers la table à langer.

A ce stade, Fyfe emmerde déjà cordialement les bouquins de conseils en éducation, et soupire de soulagement.

Pendant que le Crampon boulotte sa madeleine avec enthousiasme, Fyfe le change.
Quelques miettes resteront coincées dans la couche ou dans le pyjama, mais franchement, on s'en fout.

Au moment de le reposer par terre, la deuxième phrase à potentiel atomique est prononcée :
 « Crampon, tu viens te laver les dents ? »
Même réponse que précédemment (à visualiser en imaginant que l'on vient de lui annoncer l'imminent arrachage de ses ongles à la pince à épiler).

Sauf que le coup du gâteau paraît un peu moins pertinent tout d'un coup.

Fyfe se croit maline. Elle tente de faire diversion en faisant voler Buzz l'Eclair jusqu'à la salle de bain.
Le Crampon suit en riant.
Fyfe fait mine de brosser les dents de Buzz. Le Crampon se bidonne.
« Et toi Crampon, tu te brosses les dents aussi ? »
Le Crampon tend les mains vers la brosse à dents. Fyfe manque de se faire pipi dessus de fierté et se félicite de sa créativité qui n'a d'égale que son machiavélisme.

Le Crampon essaye de brosser les dents de Buzz.

Chute vertigineuse et brutale de la fierté Fyfienne.

Le Crampon refuse de laisser Fyfe reprendre la brosse à dent.

30 minutes plus tard, les dents du Crampon ont frôlé par deux fois la brosse.

Fyfe abandonne, et note pour plus tard de commencer à constituer la cagnotte « dentiste » du Crampon.

« Bon, Crampon, on va lire l'histoire ? »

Je vous la refais pas, hein, vous avez compris le principe de la réaction du Crampon, mort-aux-rats, pince à épiler, tout ça tout ça. 

Fyfe s'enferme avec le Crampon dans sa chambre. Elle attend patiemment que le Crampon accepte de monter dans son lit pour commencer à lui lire une histoire de son choix, en ponctuant son attente de paroles douces et de menaces.

Le Crampon fait mine de céder. Mais sa sournoiserie n'a pas de limite.
Chaque livre proposé par Fyfe est rejeté par le Crampon. « Non, je veux un autre ! ».

L'étagère qui fait office de bibliothèque du Crampon est vide.
Fyfe n'est qu'amour et patience, mais menace tout de même de zapper l'histoire (et de se casser au Guatemala).

Le Crampon choisit alors le premier livre qui lui avait été proposé. Fyfe ne relève même pas l'affront et s'empresse de lire, avec le ton s'il vous plaît, et sans sauter des phrases sous peine de se voir engueuler par le Crampon (qui connaît tout ses bouquins par coeur)(élever une graine de génie n'est pas une sinécure).

A suivre

mercredi 18 mai 2011

A night with Fyfe – 2 ans plus tard (1)

Billet toujours autant garanti 100% sans seske, toujours merci le Crampon.
(suite de ça et ça)

Quand, pris d'une folie douce, on se lance dans la grande aventure de la procréation (y a des retraites à payer, je vous rappelle), on est plus ou moins préparé psychologiquement à passer quelques mois un peu sportifs à base de nuits blanches, angoisses, et questionnements.
Ok, plutôt moins que plus en ce qui me concerne, puisque j'avais une confiance aveugle en la fabrique de bébé, société d'arnaqueurs s'il en est (que fait 60 millions de consommateurs je vous le demande).

En tout cas, jamais, jamais, on ne m'avait dit que deux ans plus tard, l'enfant peu enclin au sommeil (la fameuse erreur dans le modèle livré) serait toujours aussi peu enclin au sommeil.

Concrètement, cela signifie que quand tout va bien (conditions atmosphériques et climatiques idéales, paix dans le monde et dans le foyer, chocolat et gâteaux illimités, parents, Barbapapa, et Toy Story disponibles à toute heure), le Crampon dort.
Enfin, il s'endort seul, vers 21h, et se lève seul, vers 6-7h (aïe).

Quand tout va un peu moins bien (fin du stock de madeleines, parents rétifs à obéir ou en overdose de Dora, sens du vent défavorable), le Crampon dort un peu moins bien.
Il faut alors accompagner son endormissement (couché sur le parquet, au pied de son lit, dans le noir, pour le plus grand bonheur de l'ostéo familial), qui peut durer jusqu'à 1 heure.
(= tu oublies pouvoir mater Dr House en live, ou avoir un quelconque semblant de soirée dédié à une égoïste détente bien méritée).

Quand les conditions deviennent extrêmes (changement de ville, de crèche, de maison, vacances chez les grand parents ou avec la tata-marraine),  le Crampon s'adapte. Il nous fait du GRAND Crampon.

Petit exemple dans les posts à venir (sinon c'est trop long).
(ça s'annonce comme une saga en 72 épisodes, je préfère prévenir...)

mardi 10 mai 2011

Crampon rules

Les enfants naissent pour empêcher de dormir leur parents, et leur mettre la honte.

Le Crampon est du genre difficile (doux euphémisme). Très mignon, mais très difficile.


Le Crampon ne fait que ce qu'il veut. Et si l'on ose contrarier sa Majesté, sa Majesté nous offre une scène de colère homérique nous laissant penser qu'une belle carrière hollywoodienne l'attend (ça tombe bien il y a la retraite de ses bienaimés parents à prévoir et j'aime le soleil et la mer turquoise des lointaines latitudes).

En ce moment, le Crampon ne veut pas :
- manger
- se faire changer la couche
- dormir
- prendre son bain
- sortir du bain
- sortir
- rentrer
- arrêter de taper
- arrêter de hurler

Oui, vivre avec le Crampon est un bonheur.

Je ne compte plus nos haussements de ton, nos sourcils froncés, ni ses punitions.

Jusqu'ici, je me rassurais en constatant que chez sa nounou parisienne, ses tentatives de résistance à l'autorité tournaient vite court, et qu'il était tout-à-fait capable de respecter des consignes, des règles, et les sourcils froncés d'un adulte (sauf les miens)(je suis peut être trop épilée ?)(ou pas assez ?).

Si, si, c'est rassurant. Pas pour mon égo, certes, mais au moins, j'ai la preuve qu'il n'y a pas de fatalité à le voir se faire virer des écoles, se droguer, et raquetter des mémés, et ma foi ça n'a pas de prix.

C'est donc toute confiante que j'abordais les premiers jours de crèche du Crampon.

Oui, il est odieux à la maison et nous fait payer chèrement les perturbations du déménagement, mais là-bas, il saura se tenir, voyons, il a été très bien élevé par une nounou très qualifiée à Paris. (ahum)


Jour 1 : je reste à la crèche 1 heure avec lui.
Okéééé, il essaye un peu de tabasser les autres enfants, tous les jouets sont "A MOAAAAAAA", la collectivité c'est pas gagné, mais c'est le premier jour, et surtout, c'est parce que je suis là...

Jour 2 : il reste à la crèche 1 heure seul.
Les équipes de la crèche sont unanimes, ça s'est très bien passé. On entend mon ouf de soulagement jusqu'à Tombouctou.

Jour 3 : il passe 2 heures à la crèche, repas inclus.
Je suis l'insouciance personnifiée. 
11h10, mon téléphone sonne.

Mierda
Le Crampon ne veut pas manger.
Ah oui ne vous inquiétez pas il saute souvent des repas, ce n'est pas un problème, hein.
Il fait une grosse colère.
Oui c'est à dire qu'il est assez perturbé en ce moment, avec le déménagement tout ça tout ça, et puis c'est l'âge n'est ce pas ?
N'est ce pas ?
C'est à dire qu'il hurle tellement fort depuis 10 minutes que les autres enfants se plaignent et lui demandent d'arrêter.
....
Sans succès.
....
Ce serait bien si quelqu'un pouvait venir le prendre, là.
Mais... on devait venir dans une demi heure ?
Avant ça serait bien quand même.
....
Maintenant, en fait.

Voilà voilà.
Mon fils de 2 ans et demi s'est fait sortir de la crèche par ses petits camarades.
Pour le retour du Crampon tapez 1, pour ne plus jamais le revoir et qu'il déménage très loin tapez 2.

lundi 9 mai 2011

Devinette

Qu'est ce qui court partout en criant : " C'est pas fini et pas d'eau làààààà !"






Réponse :
Le Crampon avec son Buzz l'Eclair à la main.



(Je sais, si c'était pour poster ça j'aurais pu rester sur twitter)