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mercredi 23 mai 2012

Philo du mercredi

Ah oui, dernier post le 17 février. Quand même. Pfiouuuuu, le temps file, hein ?

Y a eu comme une faille dans l'espace-temps on dirait.
Je suis toujours dans un état baleinesque très avancé, livraison du colis par la fabrique de bébé prévue pour... ben quand il veut, hein.

En attendant, j'avais envie de partager ici une de ces grandes révélations que m'a offerte la vie très récemment.
Parce que oui, la femme enceinte philosophe à ses heures perdues (ou, plus prosaïquement, après avoir sué sang et eau à enfiler ses bas de contention, et avant ses premières brûlures d’œsophage du matin).

La pensée qui m'a heurté de plein fouet concerne la parentalité (maternitude, paternisme, comme vous choisez).

Loin de moi l'idée de scinder le monde en deux catégories, l'une bénéficiant de la sagesse de l'expérience de cette parentalité, et l'autre, prudente naïve et ignorante, qui n'aurait pas été touchée par la sagesse qui touche bien sûr tout être humain au moment exact où son périnée se fait déchiqueter (ou celui de sa conjointe).
Cependant, force est de constater qu'une fois que l'enfant paraît, les choses changent.
(doux euphémisme pour évoquer le 38tonnes que tu te prends dans la face à coup de nuits blanches, terrible two, terrible three, et pour autant que j'en sache, terrible-tous-les-âges-jusqu'à-l'adolescence).

Mais jetons un voile pudique sur ce bonheur quotidien, que dis-je, ce nirvana, que représente la parentalité (je tiens à ce que les enfants des autres cotisent pour ma retraite sous les cocotiers, merci d'avance).
Parmi les révélations qui apparaissent aux parents telle la vierge à Bernadette Scoubidou Soubirous, figure en bonne place l'apprentissage accéléré de la doctrine du fatalisme ascendant stoïcisme.
Ce que la sagesse populaire a traduit par "avant, j'avais des principes, maintenant j'ai des enfants".

Ajoutez une pincée de renoncement.

Une sérieuse dose de capacité à supporter le ridicule, qui, certes, ne tue pas, mais fait quand même du mal à ta street credibilité.

Une élévation vers le spirituel, un éloignement des basses choses matérielles telles que l'apparence, le regard des autres, le snobisme de telle ou telle marque de vêtements.

On dit souvent que rien ne peut te préparer à une nouvelle vie avec enfant.
Et c'est vrai.
Est ce que vous croyez vraiment qu'il y a 3 ans et demi, j'aurais pu imaginer que mon fils porterait ça ?  Je veux dire, en plein jour, pleine lumière, pour toute une journée de crèche, et sans même que je ne lui demande de marcher 10 mètres devant ?

Oui, ce sont des fausses crocs à l'effigie de Flash Mac Queen. 1/ Ça existe 2/ Ça se vend 3/ Ça s'achète 4/ Ça se porte.




 
Je sais.
Mais il ne faut pas jeter la pierre à ceux qui négocient au quotidien avec les terroristes les enfants.

Voilà.
Les enfants, c'est la philosophie. Ou l'art du compromis.

mardi 22 novembre 2011

Gagnant - gagnant

Il me semble qu'il y a quelques temps, probablement dans un moment d'égarement, j'ai évoqué ici mon nouveau boulot dans la même phrase que le mot "bisounours".
HAHAHA.
35 ans et toujours aussi naïve, ça serait mignon si ce n'était pas autant ridicule.

6 mois plus tard, je peux vous dire que si je suis chez les bisounours, c'est qu'ils ont fort mal tourné. Il faudrait penser à arrêter de leur donner du crack au petit dej', et à stopper tout de suite les manipulations génétiques à base d'ADN présidentiel.

Comme d'habitude, j'ai repéré quelques collègues intelligents, bosseurs, et sympa (qui me sauvent la vie et la motivation, est ce la peine de le préciser ?).
Et puis toute une galerie de portraits qui excite mes fibres les plus misanthropes.

C'est simple, à chaque nouvelle prise de poste, j'ai l'impression de redécouvrir la nature humaine sous ses pires travers.
Malhonnêteté intellectuelle, égoïsme, lâcheté, soumission, arrivisme, opportunisme, incompétence, paresse, bêtise....

Je vous rassure, je ne me vois pas comme l'inverse de tous ces qualificatifs.
(Bonjour, je suis Fyfe, je suis honnête, généreuse, courageuse, j'assume mes décisions, je suis désintéressée, compétente, travailleuse, et intelligente. Mes chevilles ? Non, jamais de bottes, ça ne rentre pas, désolée. Et oui, oui, elles me permettent de m'envoler par temps venteux, c'est très pratique)
Bien sûr que je suis à mes heures un peu de tout ça (enfin, surtout paresseuse)(et bête aussi, probablement, mais sans forcément m'en rendre compte).

Mais je reste sans voix devant la capacité de certains à cumuler l'ensemble de ces caractéristiques avec une constance dans l'intensité qui force le respect.

Ainsi, travailler me rend misanthrope. Et méchante. Et aigrie.
En fait, c'est simple : me faire travailler va contribuer, à terme, à creuser le trou de la sécu.

Aussi, en ces temps où chaque dépense compte, je suggère d'inclure dans le plan d'austérité national une mesure visant à me verser mon salaire contre mon engagement personnel à ne pas venir travailler.

C'est la meilleure chose à envisager si on considère les choses sous l'angle du développement durable. Il faut en effet penser long terme, global. Voir l'ensemble du tableau. The big picture, you know.

Voilà. Merci et bisous.

mardi 15 novembre 2011

Le droit à chouiner

Entendu dans le bus ce matin : « non mais elle me gonfle c'te nana, elle vit dans un super appart', son mec est pété de thunes, et elle trouve quand même le moyen d'être triste. Putain mais elle se rend pas compte qu'il y a plein de gens vraiment malheureux dans le monde »

C'est le moment où mes poils se sont hérissés, dans une manifestation de vigoureuse réprobation (et de froid aussi un peu, certes).

Passons sur le grand poncif du confort matériel qui ne fait pas le bonheur, et sur l'évidence que la dépression est une maladie qui se contrefout des arguments de bonheur objectifs, pour se concentrer sur une idée malheureusement fort répandue malgré sa désarmante stupidité, si vous le voulez bien :

ALORS DANS CE P*T*** DE MONDE DE MER**, TANT QU'IL Y AURA UN PÉQUIN PLUS DÉSAVANTAGÉ QUE SOI, ON NE POURRA PAS SE PLAINDRE, C'EST CA LA LOGIQUE ??

Mais oui bien sûr !!!

Cette nana que son chef vient d'accuser d'avoir ses règles, mais qu'elle ne vienne pas se plaindre, enfin ! Y a des femmes qui se font attaquer à l'acide pour des suspicions d'adultère ! Alors il faut raison garder et se concentrer sur les vrais combats voyons !

Et puis cet ouvrier du bâtiment, qui trouve qu'il a des conditions de travail difficiles et qui voudrait si possible partir en retraite avant de crever, il ne va pas non plus la ramener alors que dans certains pays, le concept même de retraite n'existe pas, si ?

Ce djeun's qui ne trouve pas de boulot malgré son bac + 5, s'il était vraiment courageux, il prendrait un job sous-payé pour assurer sa survie ! C'est vrai quoi, y a des mômes de 6 ans qui font 15 bornes à pieds et sans chaussures tous les jours pour aller à l'école ! Et le djeun's il a pas le courage d'aller bosser chez Macdal ? Il préfère ce plaindre que bouhouhou y a du chômage c'est tout pourri ?

Pis mon Crampon de presque 3 ans, je vais lui expliquer, tiens, que ouaip, il s'est rétamé la tronche sur le bitume, mais va peut être pas falloir réclamer du câlin, vu qu'à son âge, en Chine, il bosserait 50 heures par semaines à fabriquer de la basket pour 5 dollars par mois, câlins non compris.

Mais ouais ! C'est trop génial cette technique ! Comme ça tout le monde il ferme sa bouche ! Tu prends des coups, mais avec le sourire steuplaît, espèce d'ingrat !


Non mais sans déconner !??
Spa possible de raisonner comme ça, si ?

Je revendique mon droit à chouiner, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, parce que je m'en sors pas à concilier boulot et élevage d'un seul môme (alors que d'autres bossent plus et ont 4 enfants, je SAIS), mais aussi parce que j'ai foiré ma pose de vernis hier soir et que ça me met d'une humeur de dogue.
Il n'y a rien d'indécent à ça.

Ce qui serait indécent, ce serait d'être dans l'incapacité de RELATIVISER. De considérer par exemple que ma manucure ratée est du même niveau de gravité que la faim dans le monde ou l'existence de JFCopé.
Mais ce n'est pas le cas.
Et c'est pour ça que je ne me jetterai pas par la fenêtre à cause de mon vernis déjà écaillé. (Mais qu'en revanche je veux bien discuter avec JFCopé de l'éventuelle opportunité de son propre jetage par la fenêtre)

Bon, voilà, c'était ma chouinerie du jour. Me reste plus qu'à racheter un top vu que cette hulkisation à été fatale à ma chemise.

lundi 5 septembre 2011

Blues de rentrée

Ce matin, en emmenant le Crampon à l'échafaud, pardon, à la crèche (c'est toujours joie et bonheur le matin par ici), un peu plus tôt que d'habitude, j'ai croisé pas moins de 6 écoles.
C'est-à-dire 6 groupes de parents accompagnant leurs petits et moins petits enfants pour leur rentrée scolaire et attendant l'ouverture de l'école.

J'ai vu des enfant tous fiers avec leur cartable tout neuf, fonçant sur leur vélo loin devant leurs parents.
J'ai vu des enfant inquiets, serrant la main d'un papa ou d'une maman tentant tant bien que mal de se montrer rassurant et de cacher leur propre inquiétude.
Et j'ai vu des enfants qui, déjà, sur le trottoir, agrippaient de toutes leurs forces et cachaient leur visage dans le cou de papa/maman.

J'ai regardé mon Crampon-le-bien-nommé, l'enfant qui a mis 3 mois à accepter d'aller dans sa nouvelle crèche sans hurler à la mort, celui-là même qui a fini par lâcher prise et apprécier ses journées en collectivités, fin juillet.
FIN JUILLET.

Avant la fermeture de la crèche pour un mois, donc.
Avant la réouverture en septembre, avec du nouveau personnel, et un groupe d'enfant entièrement renouvelé, donc.

Je me suis bercée d'illusions pendant toutes les vacances, je voulais croire au déclic providentiel, aux matins ricorée qui m'attendaient.
Le Crampon m'encourageait dans mon optimisme, réclamant la crèche et les copains.

Son enthousiasme s'est malheureusement effondré au moment où il a réalisé que j'allais le laisser là et partir travailler.

Depuis, on remet ça.

Chaque matin, réveil en fanfare à 6h. Il veut profiter de temps de qualité avec sa môman.
(temps de qualité = maman tellement fatiguée qu'elle n'arrive pas à lire des tweets sur son téléphone ni des blogs sur son ordi et qui du coup comate devant les dessins animés avec lui)

Chaque matin, je tente fermeté, douceur, discussion, négociation, et corruption (le gâteau au chocolat est mon ami. Toujours avoir du stock à la maison. TOUJOURS, je ne plaisante pas, c'est une question de vie ou de mort) pour parvenir à l'habiller, mettre ses chaussures, monter dans la poussette.

Chaque jour, je respire par le ventre, lutte contre la crise de nerf, et regarde frénétiquement l'heure (sachez que rien ne me rend plus folle que me lever avec 1 heure d'avance, et d'être 30 minutes en retard au boulot).

Chaque jour, je meurs un peu du dedans de mon cœur en le laissant à la crèche hurlant, sanglotant, et implorant.

Chaque jour, j'essaye de me convaincre que ça va passer. Bientôt. Avec un peu de chance, avant que je ne me transforme en furie et ne le jette dans sa poussette puis à la crèche en pyjama et sans chaussures.
Ou avant que je ne fasse demi-tour pour le récupérer et l'emmener très très loin d'ici en le serrant fort contre mon cœur.
 

Alors oui, ce matin, quand je l'ai regardé, mon Crampon, j'ai eu un gros gros coup de blues.
Parce que, l'année prochaine, la rentrée des classes, comment vous dire...

Je vais peut être entrer dans un monastère tibétain pour m'y préparer. Un petit stage de 6 mois devrait suffire.
Comment ?
Ah oui, mince.
Jamais le Crampon n'arrivera à se décramponner pendant 6 mois.
Bon, ben je suis foutue.

mercredi 29 juin 2011

Super-fyfe

Je me suis longtemps demandée s'il y avait en moi quelque chose de spécial.
Par "spécial", j'entends quelque chose qui fasse de moi une personne unique. (oui j'ai eu l'adolescence difficile, métaphysique et... longue)

Qui a envie d'être la fille moyenne : moyennement  intelligente, moyennement jolie, moyennement riche, moyennement compétente au boulot, moyennement gentille, moyennement moyenne ?
Ben ouais, moi non plus.

Aujourd'hui, mon coeur dégouline de joie et d'auto-satisfaction.

Je me suis découvert subitement pas moins de deux super pouvoirs.

Je sais, je sais, j'entends vos cris et hurlements de jalousie.

Malheureusement, je dois avouer que je ne sais pas me téléporter, voyager dans l'espace-temps, ni mettre fin aux guerres et aux famines, ni même faire taire Claude Guéant.

Oui, au moment de la distribution des super-pouvoirs cool, j'étais manifestement absente.

Néanmoins, c'est avec une grande fierté que je vous présente, tadaaaaam  :

  1. mon super-pouvoir d'anéantissement de climatiseur de bureau. 
  2. mon super-pouvoir de Carlos Ghosn. Ou de Bernard Tapie, j'hésite encore sur sa dénomination.

Mais qu'est ce que c'est que ces super-pouvoirs pourris, vous demandez vous en roulant les yeux en arrière.

Et bien ce sont en effet des super-pouvoir tout pourris, vous réponds-je.


Petites précisions concernant mon premier super-pouvoir :  11 ans de boulot, 3 boîtes différentes, et 7 étés (dont 3 à épisode caniculaire) avec une clim en panne. Alors, qui dit mieux ?

En ce qui concerne le second, c'est très simple, il s'agit de ma capacité à générer la fusion- acquisition - absorption des boîtes qui m'emploient.
Et je dois dire que je m'améliore avec le temps :
  • ma première boîte a commencé par un léger changement de statut, pour finir dans une tonitruante fusion juste après mon départ
  • la seconde a enchaîne une fusion et une absorption, avec au passage un changement de statut plutôt osé (public -> privé)
  • mon troisième poste est au delà de mes espérances : à peine arrivée depuis 2 mois, on m'annonce déjà la fusion du siècle, avec risque de suppression pure et simple.

Ha-ha. On fait moins les malins, hein ?

Bon, assez blablaté, business is business, le temps c'est de l'argent, y'a des clim qui tournent et qui assassinent la planète pendant qu'on cause, et je vous parle même pas des acteurs du CAC40 qui ont des OPA sous le coude.

Alors, qui veut me payer, et combien, pour que je mette mes super-pouvoirs à sa disposition ?

mardi 17 mai 2011

La marmote est insomniaque

Une fois tous les siècles environ, je perds le sommeil.

En règle générale, je suis pourtant de la famille de la marmotte.
Du genre à être capable d'ignorer les hurlements de mon fils la nuit (tout en poussant du coude Mr PetiteGraine pour que lui se lève)(non mais sinon il n'entend pas), à être prête à vendre ma mère pour 1 heure de sommeil de plus la semaine, ou tout simplement à aller me recoucher 2 heures après m'être levée quand le Crampon fait son matinal le week-end.

La couette est ma meilleure amie, mon lit un amant de longue date,  et m'en tenir éloignée trop longtemps s'apparente à de la torture.

Sauf une fois tous les siècles, donc.

Quand le niveau de stress est en alerte rouge, quand mon cerveau ne parvient plus à estimer la liste des choses à faire, c'est le gros bug.

C'est le drame de mon profil particulier (traduction : de psychopathe), mélangeant joyeusement  "control freak", une impatience pathologique, et une fâcheuse tendance au perfectionnisme.

Le résultat est détonnant et pourrait se résumer un rejet farouche des périodes transitoires.
Je hais les aéroports, les halls de gare, et l'attente qui précède un grand événement. Je veux tout et tout de suite, dès que la décision est prise.
Je voudrais déjà être arrivée à l'autre bout du monde avant de quitter mon appartement, je voudrais être déjà en train de faire cet exposé devant 200 personnes, plutôt qu'attendre mon tour, et surtout, surtout, je voudrais en avoir fini avec ce déménagement avant d'avoir fait le premier carton.

Or, la vie est mal faite, je n'ai pas cette fabuleuse aptitude à remuer le bout de mon nez (ni un mari stupide, ni une mère acariâtre, tout n'est pas si noir) pour obtenir instantanément ce que je veux.

Conclusion : cartons non déballés, pas de rideaux, pas de plafonniers, balcon à aménager, chasse d'eau qui fuit, multitude de petites choses de cet ordre à réparer, etc etc, représentent ma torture quotidienne depuis maintenant 15 jours.

Il y a des personnes (Mr PetiteGraine en est) qui savent apprécier le moment présent, les petits progrès quotidiens, le plaisir du bricolage, de la tâche en cours.

Je l'envie sincèrement.

Moi je ne rêve que de fuite dans le bush Australien, au Guatemala, ou à Saint Pierre et Miquelon.

Au point ou j'en suis, je prends même la lobotomie si elle me permet de reposer mon cerveau malade.


Je vous laisse imaginer le résultat combiné de la fatigue due à mes insomnies, et de mon mal être dans cette période transitoire de mes fesses.


En fait je pense que Mr PetiteGraine n'est pas loin de souhaiter tout autant que moi que je disparaisse à l'autre bout du monde (voire, que je me fasse lobotomiser...).

Dans un mois ça ira mieux.

A moins que je me lance dans une nouvelle aventure, qui génèrera tout autant de transitions.

Je me fatigue d'avance.

C'est possible de partir au Guatemala sans mon cerveau ?

lundi 16 mai 2011

La politique, c'est simple finalement

Président, ça va mal, les sondages sont catastrophiques, le FN est en position de force, même le PS s'en sort mieux que nous, il faut rapidement remonter la pente si on veut garder une chance pour 2012.

Que donne le plan A ?

Le plan A n'est pas très concluant, Président, les sympathisants du FN n'adhèrent pas, ce qui est un comble quand on pense qu'on y est allé plus fort qu'eux. En revanche on perd du terrain au centre, et certains de notre propre camp commencent à grogner.

 Ok, ok, et le plan B ?

Le plan B, Président, il portera peut être ses fruits dans quelques mois, quand Carla fera la Une de Match avec des photos glamour de son ventre arrondi. Et puis ce sera très efficace pour couvrir le terrain quand les temps de parole seront décomptés, mais pour l'instant, ça ricane quand même un peu.

QUI ricane ?

Twitter, la blogosphère, les gens, Président. C'était une stratégie risquée, vous le saviez. Et puis, certains pourraient voir d'un mauvais œil l'instrumentation d'un bébé à des fins politiques... On vous avait déjà reproché d'avoir mis en scène le petit Louis dans votre spot de campagne la dernière fois, alors...

Les gens sont des mauvais coucheurs. On leur donne tout, on leur offre du rêve, une descendance royale, et voilà comment ils nous remercient. Bon, c'est quoi déjà le plan C ?

Le plan C, Président, c'est d'acheter les électeurs.

... Quand vous dites "acheter", vous pensez à ce que je pense ?

Non, Président, ça c'est le plan J. Le plan C se déroulerait en 2 étapes.
D'abord on fait mine de supprimer le bouclier fiscal, ce qui plaira aux pauvres, mais la suppression n'interviendra que dans 1 an, et dès maintenant, on propose des mesures pour baisser les impôts sur les hauts revenus, comme ça, pendant un an, les riches s'en mettront plein les poches. Ils ne pourront que vous en être très reconnaissants.
Et puis parallèlement, on distribue de l'argent aux gens, sous la forme d'une prime.

... Malin. Mais... Avec quel argent ? Sauf erreur, on n'en n'a plus depuis que je me suis payé mon avion en or massif ?
Oui, c'est le point de détail qui pose un peu problème. On pensait faire payer les entreprises.

Vous voulez dire que nous, les partisans du système libéral, de l'auto-régulation du marché, on forcerait les entreprises à payer des primes ? On peut faire ça ?

Techniquement... non. Mais on peut le faire croire.

Vous êtes génial.

Je sais.
J'ai fait l'ENA quand même.

jeudi 12 mai 2011

Recette : Comment démanteler un service public ?

1. Rappeler à la population durement touchée par le chômage et la crise que les fonctionnaires sont des privilégiés (congés, garantie de l'emploi, système de retraite spécifique)

2. Négliger d'évoquer les inconvénients du statut (salaires, reconnaissance quasiment inexistante, promotion à l'ancienneté plutôt qu'à la compétence ou l'investissement personnel)

3. Évacuer l'idée que les fonctionnaires sont des personnes comme les autres, a priori compétentes puisque passés par des concours ou des écoles assez sélectifs.

4. Bien insister sur la notion de planqués. En aucun cas les fonctionnaires ne peuvent avoir fait le choix du service public, ils ont fait le choix de la GLANDE. Ils sont différents (nez crochus, mangent leurs enfants, etc.)

5. Mettre en place une réforme de diminution massive du nombre de fonctionnaires

6. Bannir les indicateurs suivants pour l'application de la réforme : intérêt du service rendu, gestion des ressources humaines en adéquation avec la charge de travail, rationalisation du fonctionnement.

7. Appliquer aveuglément les règles de non-remplacement des fonctionnaires partant en retraite, quelle que soit la charge de travail et l'effectif en place. Souhaiter bon courage aux services composés principalement de soixantenaires.

8. Mettre en place une réforme organisationnelle lourde.

9. Refondre les organigrammes selon un modèle physico-mathématique basé sur les fractales, l'armée mexicaine, et la multiplication des petits pains

10. Ne surtout pas clarifier les missions des différentes cellules, services, bureaux, départements

11. Observer les cases de l'organigramme se livrer à des guerres de territoire sans merci. Ne surtout pas arbitrer.

12. Externaliser les missions régaliennes par petits bouts, vers des structures satellites à la gestion RH et financière plus souple (sous-traitants, établissements publics, groupements d'intérêts publics, groupements d'intérêt privés)

13. Couper les budgets des services de l'Etat et des structures satellites

14. Regarder le bateau Etat couler et apprécier la capacité de réaction des satellites (recrutement massif de stagiaires, de CDD sous-payés, commercialisation des services rendus)

15. Consulter les usagers des services publics pour leur demander s'ils sont satisfaits du service rendu par les fonctionnaires démotivés et en sous-effectifs, ou par les stagiaires des satellites

16. Constater dans un consensus général que le service public ne fonctionne pas malgré toutes les réformes engagées.

17. En conclure que la seule issue est la privatisation ?

vendredi 29 avril 2011

Campagne 2012

Et sinon, y a un plan prévu pour fuir le pays dès le début de la campagne présidentielle ?

Je veux dire, un truc bien organisé, par le Ministère de la Santé par exemple, je ne sais pas, entre deux caisses de brumisateurs dans les maisons de retraite avant l'été (plan Canicule), et la commande de 2 milliards de vaccins contre la peste bubonique (plan Sauvetage des labos) ?

Il ne faudrait pas sous-estimer le risque, là, il s'agit bien d'un problème de santé publique quand même.

Je ne crois en effet pas être la seule à garder un goût amer de la précédente présidentielle (et des autres qui ont suivi).

Sincèrement, entre le matraquage médiatique, la bérézina annoncée des uns et des autres, la montée de Celle-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom-parce-que-putain-les-chocottes-quoi, les attaques personnelles, les annonces gouvernementales opportunistes et populistes, la chasse à la voix d'extrême droite des ministres, et maintenant, cerise sur le gâteau, la rumeur d'un bébé présidentiel, non, sincèrement, ça ne va pas être possible.

Je ne suis pas prête psychologiquement.

J'ai des symptômes de gastro qui me viennent à la simple idée de voir ces mauvais journalistes s'extasier sur la forme de la femme enceinte, servir la soupe aux uns et s'acharner contre les autres.

Si je reste, c'est l'ulcère assuré, et jusqu'à preuve du contraire, le plan de sauvetage de la sécu consiste principalement à dérembourser. Or, je viens de me coller un emprunt sur le dos, non non, tout ceci n'est pas raisonnable.

Je suis volontaire pour l'exil temporaire (grotte, pays estranger, planète mars,...).
Tout mais pas ça, pitié.

Alors, bordel, quelqu'un a un plan ou va t'on tous mourir de dégoût?

mercredi 3 mars 2010

Ca déménage

Je profite d'une accalmie au bureau (doux euphémisme pour dire que j'en fous pas une rame cette semaine car tous les chefs sont en vacances et le travail potentiel s'accumule sur leurs boîtes aux lettres, ce qui promet un lâcher d'urgences imminent m'enfin pour l'instant c'est Waterloo morne plaine), pour ramener ce blog à la vie (disons que c'est un spasme).

Il est bien triste, je vous l'accorde, de constater que la seule marge de manœuvre dont je dispose au niveau temporellistique - agendesque, se situe au bureau.

Et dire que je fais ça avec l'argent de vos impôts, je vous jure, y'a plus qu'à voter pour la famille Lepen pour mettre de l'ordre chez ces feignasses de fonctionnaires... (on peut aussi aller moins loin sur la droite pour emmerder les fonctionnaires, mais pfff, non j'ai pas le cœur à vous le recommander).

Bref. Tout ça pour dire qu'on n'est pas dans le caca (là c'est une figure de style, parce qu'en réalité, le Crampon se traîne une diarrhée fabuleuse depuis deux bonnes semaines. Un vestige de la gastro. Je recommande le doublé couches qui débordent - caca à décoller du body et du pantalon avant mise en machine + vomi partout tapis-canapé-pantalon des parents, ça te forge une résistance olfactive de folie, après tu peux manger des choux de Bruxelles sans sourciller tellement t'as pris l'habitude de ne pas respirer par le nez).

Je disais donc que l'horizon ne s'éclaircit pas beaucoup, car figurez vous que dans le siouper projet de fusion que j'ai dans mon travail et qui illumine mes jours et mes nuits, il y a aussi un siouper projet de déménagement. Ooooolé !

Alors comme ces messieurs du gouvernement ont décidé que les fonctionnaires prenaient trop de place d'une manière générale (mais pourquoiiiiiii ils existent ???), ils ont choisi de traiter le problème par un angle euh... pratico-pratique.

"Un fonctionnaire, ça doit tenir dans 12 m²"

Bon.

Personne n'arrive à savoir si on parle de la surface du bureau, ou de la surface moyenne par fonctionnaire dans un bâtiment, incluant les salles de réunion, toilettes, couloirs etc. Déjà, ça, c'est marrant.

Non parce que si mon bureau actuel il faisait 12m², franchement, j'organiserais des soirées new wave dedans hein (ouais, ça me tente bien de réhabiliter le new wave tiens, ça nous changera du disco).

Dans la société de champions qui est la mienne, on a décidé que 12 m² par personne, ça voulait dire open space pour le commun des mortels (40% de la boîte), et bureau avec terrasse panoramique pour les chefs (ouaip, ça fait 60% de la boîte. On a eu comme un raté au moment du jeu de l'organigramme qui devait réduire le nombre de chefs. Le côté positif, c'est qu'au rythme où vont les choses, on se dit qu'avec encore un petit effort, on sera bientôt tous chefs, et là, ça va être la super fête un peu, même si on ne sais pas encore qui va bosser dans cette histoire, puisqu'il est bien connu qu'un chef ça doit déléguer).

Vous imaginez la joie qui s'est emparée des gens-pas-(encore)-chefs. Sachant que dans nos boulots, on travaille souvent en équipe, donc on se parle souvent et on échange beaucoup. (un truc dingue quand on bosse, je sais)

Sachant aussi qu'en raison des terrasses panoramiques sans doute, on n'aura pas de salles de réunion. Mais c'est pas grave car on travaillera avec un centre d'affaire à qui on louera des salles quand on en aura besoin.
(l'histoire ne dit pas qui va louer les salle puisqu'on sera tous chefs)
(ni si l'affaire sera bien rentable si on doit réserver - payer - se rendre à la salle de réunion chaque fois qu'on doit discuter d'un sujet de première importance du type : est ce que Roland mange trop de frites à la cantine ?)

Non, vraiment, on va bien rire.

Enfin, quand je dis "on", je ne parle pas vraiment de moi, hein. Non parce que moi je vais surtout pleurer.

Petit rappel de la situation actuelle : je vais travailler à pieds. En 10 minutes.

Or, il est question de changer radicalement d'implantation. Je vais peut être devoir prendre le métro, et me lever plus tôt. Je ne sais pas si je vais y survivre.

Bon, pour l'instant, je ne cède pas aux crises d'angoisse car on n'a pas encore trouvé de nouveaux bureaux (faut dire que 150 terrasses panoramiques et une localisation à 5 minutes de l'appart' de la nana qui cherche, c'est pas simple comme cahier des charges) alors que le déménagement est annoncé pour septembre.

Du coup, je n'arrive pas à me décider pour ma prémonition : est ce qu'on va nous annoncer le 15 août qu'on a 5 jours pour faire nos cartons, ou est ce qu'en 2014 on cherchera encore ?

Vraiment, j'hésite.

mercredi 13 janvier 2010

Blog revival

(bon on fait comme comme si ça faisait pas 2 mois que j'avais rien écrit ici, ok, parce que sinon ça me stresse, je ne sais pas comment commencer, et du coup j'écris rien, et en moins de temps qu'il ne faut pour écrire cette saleté de parenthèse, hop, j'ai déjà un mois de plus de retard. Bref)

Au boulot, c'est la super teuf en ce moment. On fusionne, comme je l'avais déjà dit ici.

Fusionner, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un jeu super marrant, je vous le recommande.

Pour jouer il faut prendre deux boîtes, si possible qui n'ont rien à voir, éventuellement de taille très différentes, et de préférence avec des gens qui se connaissent depuis longtemps mais qui se méprisent cordialement.

Voilà.

Ensuite, ben on fait une seule boîte, dans laquelle on jette un peu en vrac tous les gens qui étaient dans les deux précédentes. On secoue un peu.
Si besoin, on organise quelques événements corporate (bowling, pots, karting, toute activité bienvenue, mais c'est mieux de choisir un truc qui fera bien chier tout le monde, et si possible genre 2 jours loin de la maison pour que les employés ne puissent pas aller se reposer dans leurs familles respectives le soir)(ah oui, et évitez le paint ball aussi, un accident est si vite arrivé, et les armes réelles ressemblent tellement aux pistolets à peinture, pfiou, mince, on a perdu le RH dis donc. Ah oui, 157 balles dans la tête, quand même, hein).

Ensuite, c'est le grand jeu dit "de l'organigramme".

C'est mathématique, parmi les gens, y a plein de chefs, mais dans l'organigramme, y a achte moin de cases pour les chefs.
Ça, c'est une phase du jeu intéressante, dans laquelle la créativité la plus folle est bienvenue : on peut faire la roue comme un paon, lécher des chaussures ou des fesses c'est au choix, et surtout, dire beaucoup de mal des autres pour montrer qu'on est soi même le meilleur. Et même si on est pas le meilleur, il est de bon ton de dire beaucoup de mal des autres, soit parce qu'ils font la roue sans aucune classe, soit parce qu'ils ne méritent vraiment pas d'être arrivés premier à la course de kart.
Bref, on finit toujours par trouver une bonne raison de haïr son prochain, pas d'inquiétude de ce côté-là.

Pour corser un peu l'intrigue, si vous trouvez que les insultes ne fusent pas suffisamment dans les couloirs, il est également possible de faire diriger les opérations par une personne raciste qui doit manager des employés moldaves. Cela marche aussi avec une ultra-libérale qui doit encadrer des fonctionnaires.

A ce stade, la distribution d'arrêts maladie a dû commencer, ce qui permettra d'engager la phase finale du jeu, dite du "nettoyage".

Voilà voilà.

Sur ce, moi je me prépare à un petit événement corporate avec tirage au sort des équipes, qu'avec ma chance à tous les coups je vais tomber sur cette connasse de Jocelyne et ce débile de Jean Paul.
Corporate de mes fesses, ouais.

(Et bonne année chez vous aussi, hein !)

vendredi 6 novembre 2009

Jeune Famille rech. appartement

Cela fait déjà 4 ans que M. PetiteGraine et moi faisons l'offrande mensuelle de nos augustes personnes à un appartement parisien, en échange d'un modique loyer représentant environ un smic (sauf que notre loyer, lui, il augmente drôlement plus vite que le smic dis donc).

Voilà un montant qui, je vous prie de le croire, fait très mal aux augustes popotins de nos augustes personnes.

N'allons pas non plus faire pleurer dans les chaumières (les chaumièreuses ont déjà bien trop à faire à pleurer sur les difficultés inhérentes à la filiation présidentielle, rendez vous compte, de la discrimination contre ceux qui n'ont pas la chance d'être bien nés du côté des pauvres, et ce, dans le pays même de l'égalité (liberté fraternité royauté tout ça tout ça) si c'est pas malheureux ma brave dame), n'allons pas faire pleurer dans les chaumières, disais je donc, il n'y a bien que les riches qui puissent se plaindre de payer les choses trop chères, les pauvres, eux, aimeraient bien se les payer, les choses trop chères.

Bref.
Je disais quoi ?
Pour en arriver où ?
Ah oui c'est ce que tout le monde aimerait bien savoir. Et bien moi aussi, tient. Je m'étais pourtant promis que j'arrêterais le crack à la pause dej, ça me flingue les neurones.

Breeeef.
A ce stade tout le monde aura compris que c'est pas drôle tous les jours d'être dans ma tête, et que parfois, j'ai de bonnes raisons de délaisser mon blog.
(je vous laisse méditer une petite minute sur toutes les inepties dans queue ni tête que je vous ai épargnées ces dernières semaines.

Ayé ?

Voilà. De rien, donc.)

L'appartement, donc.

Qui, à ce prix-là, n'a même pas le bon goût d'être un 150 m² dans le quartier du Marais avec terrasse panoramique et vue sur la Tour Effeil (mais si, ça existe).

Déjà, soyons honnête, rien que ça, c'est un peu l'arnaque.

Mais passons, M. PetiteGraine et moi sommes de nature clémente : 66 m² dans un quartier sympathique, ça va.

Ce qui passe un peu moins bien, ce sont :
- les 6 dégâts des eaux (moitié en tant que fuiteurs et moitié en tant que fuités, pas de jaloux),
- les 2 interventions de notre assurance pour repeindre des murs et/ou des plafonds (opération aussi appelée "cache-misère", ou "recouvrons les cloques et peut être ne s'apercevront ils pas qu'on n'a pas réparé la fuite" et aussi "mon propriétaire nous prend pour des cons"),
- et les 5 interventions de plombiers, toutes plus amusantes les unes que les autres.

Ces derniers méritent qu'on s'y attarde un peu.
Si,si.

Alors il y a celui qui non non non ne voit pas de fuite, ça doit venir d'infiltrations extérieures. NB : le voisin du dessous est en mesure de prendre une douche dans sa cuisine et ça lui coûte pas un rond en consommation d'eau car ça vient de chez nous. Ou plutôt des infiltrations. Mais oui bien sûr. Et l'eau qui gicle du tuyau sous notre évier, c'est exprès pour arroser la poubelle ?

Il y a aussi celui qui bosse dans l'immeuble et à qui on demande de vérifier que notre intervention d'urgence (changement de joint), qui jette un oeil, dit que c'est bon, (reprend son oeil), retourne chez les voisins, et nous fait parvenir une facture de 120 €.

Il y a tous ceux qui sont intervenus à la demande du proprio promis juré craché, et ont tout réparé promis juré craché (non mais on n'est pas maniaques mais quand même ça serait sympa de ne pas cracher sur le carrelage de la salle de bain merci), sauf que personne ne les a vus, et qu'une fois tout repeint, tout recloque dis donc.

Et puis surtout, surtout, il y a celui qui a cassé notre baignoire, nous a coupé l'eau toute la journée et l'accès à la salle de bain pendant une semaine complète alors que j'étais enceinte de 7 mois. Celui là, il est au panthéon des gros connards de plombiers pour qui l'enfer est trop beau, non non non monsieur, pour vous on a plutôt prévu une réincarnation en bonsaï.
Celui là, aussi surnommé, "oups, j'ai aussi cassé vos toilettes ce vendredi soir, allez à lundi, hein", n'avait sans doute pas été prévenu qu'on ne rigole pas avec la vessie d'une femme enceinte. (ni qu'on ne cache pas ses mégots sous la baignoire, ni qu'on ne fume pas chez les gens, et encore moins sous le nez d'une femme enceinte, qu'on ne laisse pas le plastique poussiéreux en place le soir si ça empêche le passage, et qu'on en vole pas la balayette des gens. Etc etc)

Tout ça en 4 ans, donc.

Ajoutez à ça, une épisode court (1 an et demi) mais intense, avec un voisin du dessous caractériel à tendance jeanne d'arquesque dont je n'ai jamais vu le visage ou entendu la voix, mais qui nous a bombardé de courriers recommandés avec accusé de réception pour nous menacer de moults procès et autres sanctions si nous continuions à faire le ménage après 21h (non il y a erreur monsieur, nous ne faisons jamais le ménage et nous pouvons le prouver) et à marcher avec des talons toute la journée (chéri je t'ai déjà dit d'arrêter de faire venir ta maîtresse en talons aiguilles la journée quand je ne suis pas là), etc etc.
Celui là aussi m'est avis qu'il a une belle carrière de réincarnation devant lui. Je lui prédis une prochaine vie de magazine quelconque arrivé inexplicablement dans les mains de mon Crampon (je vous ai dit que le Crampon était papivore ?).

Bon.

Avouez qu'on a quelque légitimité à avoir les dents qui grincent à l'évocation de notre propriétaire (qui n'est autre que la très charitable église catholique, rappelons le, également surnommée "aime ton prochain, mais laisse le se démerder avec sa chaudière qui ne marche plus").

Ce qui est bien avec les appartements, c'est que quand tu penses avoir touché le fond, tu découvres qu'il est toujours possible de faire pire.

Je vous le donne en mille, suite au décret d'application de je ne sais quelle loi qui implique de payer à plein temps la gardienne et blablabla, blablabla, le loyer est augmenté de 150 € par mois et ce à partir de dans 15 jours, tiens.

Euuuuh.

Encore sonnés par la nouvelle, nous n'avons pas vu venir l'estocade.

Hier matin, alors que l'agence administrant notre immeuble organisait un grand audit de plomberie (annoncé depuis 2 ans), j'ai donc reçu le super méga grand chef des plombiers de toute la terre (80 ans et demi environ), accompagné d'un des types de l'agence.

Je me suis fait grand plaisir en leur listant de manière exhaustive et détaillée tous les problèmes passés et présents, leur montrant tous les joins menaçants, les cloques de peinture en formation, etc etc.

Ça a duré une grosse demi heure, même que j'en avais mal à la gorge et presque plus de salive à la fin.

Quand, haletant presque, je me suis enfin arrêtée de parler, et me tournant vers le grand manitou de la plomberie avec un air interrogatif, je m'attendais à tout : à ce qu'il se pende avec le conduit de son sonotone, essaye de se trancher la jugulaire avec une clé de 10, ou demande expressément à l'agence de faire raser l'immeuble.

Au lieu de ça, il a dit :"Aaaah la condensation, c'est sûr, c'est un problème, quand il fait chaud à l'intérieur, et froid dehors".

Je suis restée coite un moment, et puis voyant que le grand sage en avait manifestement terminé, j'ai tenté un : " Mais euh, et quand ça goutte sur nous ? Y compris l'été ? Y compris dans le salon ? "

Sur ce, il m'a ré-expliqué le mécanisme de la condensation (je devais avoir l'air un peu perplexe)(ou con).

Le gars de l'agence a ajouté un truc du style : "Il faut aérer un peu plus longtemps après vos douches le matin !".

Et voilà.

J'évalue à une bonne demi-journée le temps nécessaire à dieu-le-père des plombiers pour finir l'audit de l'immeuble et en déduire qu'il faudrait peut être démonter toutes les fenêtres pour que l'air circule mieux. Ou alors ne rien faire c'est bien aussi, puisque tout va bien.

vendredi 11 septembre 2009

Fais tourner

Vu chez Caro.
L'intégralité de la séquence, qui laisse peu de place au doute, n'en déplaise aux professionnels gouvernementaux de l'invocation de cabale.

Merci de ne pas vomir sur mon blog j'ai pas envie de nettoyer.




jeudi 10 septembre 2009

Dream Vs Reality

Nous en étions donc à mes vacances avec l'ami Ricoré.

En pratique, ça a donné quoi ?
(âmes sensibles - ou enceintes s'abstenir)
(pour ces dernières c'est trop tard de toutes façons le MAL est fait)
(désolée)
(nooooon ne pleurez pas, rhââââ saleté d'hormones)

Semaine 1 - Où le doute s'installe

L'arrivée se fait en fanfare dans les terres fyfiennes. Il fait chaud, très chaud.
Mais la piscine est bonne. Très bonne.
Les grands-parents gagatent.
Tout se passe comme prévu, donc.
Ou presque.
Le changement de lieu et de lit, c'est toujours un peu compliqué à gérer pour un bébé hyper curieux qui refuse de fermer ses yeux alors qu'il y a teeeeellement de choses nouvelles à voir.
Il devient un peu difficile d'endormir le Crampon. De plus en plus difficile.
Disons qu'il est difficile de dîner entre deux salves de pleurs.
Bon.
Et puis le Crampon se réveille tôt. De plus en plus tôt. 5h. Rude pour des vacances. Même pour des grands parents gâteux. (ah j'avais prévenue que je déléguais, hein)

A ce moment là, j'aurais dû faire une croix sur mon fantasme avec l'autre couillon de ricoré.
Mais je n'ai rien vu.
Peut être parce que moi je faisais des grasses matinées chaque matin pendant que mes parents, les yeux bouffis de fatigue, essayaient désespérément de rendormir un Crampon hilare et bien décidé à jouer à attraper tout ce qui est à portée de main (cheveux - couteau - yeux - oreille).
Ahem.
Non je ne suis pas une fille (et une mère) indigne, ça leur fait plaisir.
Double ahem.


Semaine 2 - Où il n'y a plus l'ombre d'un doute (aka Les vacances de l'enfer)

La semaine 2 se déroule dans le cadre idyllique du Lubéron, dans un centre de vacances offrant pour principal (pour ne pas dire unique) avantage une halte garderie acceptant aussi les tout-petits (une intuition, sans doute).
La découverte de notre "mas familial" (traduction : un studio avec un lit parapluie et sans coin cuisine) pour lequel nous avons hypothéqué l'appartement que nous ne possédons pas est un peu moins idyllique.
Au moment de la réservation, j'avais cru comprendre (disons que le site web m'avait bien aidé à m'illusionner) que nous aurions une pièce à part pour le Crampon. Ou au moins un coin. Ou un rideau ?
Non mais, il faut qu'on m'explique.
C'est un centre de vacances FAMILIALES.
D'ailleurs il n'y a QUE des familles avec des enfants en bas âge ici.
Alors QUI est l'architecte sadique qui a pensé que vacances pouvaient rimer avec "je partage ma chambre avec mon petit de 7 mois" ????

Petit rappel des faits :
Le Crampon n'a jamais vraiment eu de facilité avec le sommeil (doux euphémisme).
Il était déjà bien perturbé en semaine 1.
En semaine 2, il a tout simplement refusé de dormir dans son lit. Ni la nuit, ni le jour.
Bon.
Il a aussi refusé de rester ne serait-ce qu'une minute éveillé dans son lit.
Ha ha. Drôle, n'est ce pas ?
Nos voisins aussi, ont dû trouver ça très drôle, d'entendre le Crampon pleurer de fatigue le jour, et hurler de terreur la nuit.
Quelque chose me dit qu'une pétition a dû circuler au restaurant pour notre renvoi immédiat.

Ajoutez à cela une semaine de canicule (dans un appartement avec pour seule ouverture une porte-fenêtre obligatoirement fermée le soir par des volets pour éviter l'effet "regardez nous nous sommes une famille exhibitionniste"), et une poussée dentaire douloureuse.

Vous avez donc tous les ingrédients d'une semaine explosive, avec, en vrac, au programme :
- un bébé transpirant et refusant de boire autre chose que du lait (c'est possible d'être boulimique à 7 mois ?)
- un bébé ayant épuisé toutes les options médicales et para-médicales pour calmer son mal de dents
- des ballades en poussette sur les coups de 3 heures du matin
- des transferts ratés dans le lit
- des dodos le cou cassé dans la poussette canne
- quelques dodos dans le lit parental
- et des soirées fantastiques passées à essayer d'endormir un bébé surexcité, dans l'obscurité et le silence. Dans un studio donc. A partir de 21 heures. Monacales, les vacances.

A un moment on a beaucoup, beaucoup eu envie de crier "Sortez moi de là je suis une célébrité". Sauf qu'on n'est pas des célébrités et que ce n'était pas un jeu cruel, mais bien la réalité de nos vacances.

Pour éviter le suicide collectif, il y avait heureusement la garderie (eux avaient de super poussettes dans lesquelles le Crampon dormait)(paraît il)(mais à ce stade on se foutait bien de la véracité de l'affirmation de la jeune allemande stagiaire de 13 ans et demi à qui nous avons confié le Crampon)("jeté" serait plus juste que "confié", en fait).
Et puis la piscine, moment de fraîcheur très apprécié.
Et bien sûr, un grand classique : la voiture.
Il faut nous imaginer en train de chercher dans notre guide touristique les sites les plus lointains à aller visiter pour permettre au Crampon de dormir plus longtemps...

Bref.
Au bout d'un temps infini, cette semaine s'est enfin terminée.

Semaine 3 - Où l'on comprend qu'en fait, on a envie de revenir à Paris et au bureau

La semaine 3 se passe chez mes beaux-parents.
Avec un bébé au moins aussi épuisé que nous.
Un endroit légèrement plus familier (traduction : le Crampon ne met QUE 3 ou 4 heures à s'endormir).
Et beaucoup moins chaud (merci la Normandie).
Mais des poussées dentaires qui empêchent d'aligner plus de 4 heures de sommeil (le temps de l'effet d'une dose de doliprane).
S.O.S parents en détresse.

Semaine 4 - Où les parents réalisent qu'ils ont le pire karma de la Création

Le retour tant attendu à Paris.
LE lit retrouvé.
Au moment où l'on s'apprête à pousser un grand ouf de soulagement, le Crampon décide qu'il va lui falloir une bonne semaine pour reprendre ses habitudes.
Et qu'en attendant on garde le rythme des réveils en fanfare à toute heure et des dents douloureuses.
Et pour la peine, vous me mettrez en plus une petite bronchite avec kiné respiratoire, s'il vous plaît merci.

Voilàààààààà. Et NON, on ne REVIENT PAS en dernière semaine.

Maintenant qui ose dire que c'est bizarre d'avoir envie de retourner me reposer au boulot en refilant le Crampon à sa nounou, mmmh ?

Dream 0 - Reality 1

Je ne suis pas sûre d'avoir à nouveau envie de partir en vacances un jour.
Salaud de ricoré.

NB : Croyez le ou pas, depuis qu'on a repris le boulot, le Crampon est si adorable et mignon qu'on se reprend à regretter le temps où on pouvait passer toute la journée avec lui. Non mais frappez nous, hein.

mercredi 9 septembre 2009

I had a dream

Au commencement, était un rêve, donc. (et un post aussi)
Enfin, un rêve, n'exagérons rien. Une idée de ce que seraient ces premières vacances en famille. Une idée optimiste, parce que bon, on est plutôt heureux d'être les parents du plus mignon Crampon du monde.

En plus, avant la naissance du Crampon, déjà, on aimait bien être en vacances, M. PetiteGraine et moi. Si, si, je vous jure.

Aussi, après des mois de course effrénée entre le bureau, la nounou, les courses et autres joies du quotidien, on envisageait la perspective de ce break estival de 4 semaines avec un enthousiasme non feint.
Traduction : on se faisait pipi dessus de plaisir et on se roulait dedans en comptant les minutes nous séparant de la quille.

Aaaaaah, que les vacances seraient belles...

Attention, cher lecteur, je ne suis pas née de la dernière bronchiolite.
Je le sais bien, que rien n'est plus pareil, que l'espace temps a été intégralement avancé de 3 heures (comptez un réveil à 9 heures pour une exceptionnelle grasse matinée, et un coucher vers 1 heure du matin pour une soirée folle dont vous mettrez 2 semaines à vous remettre), que l'improvisation et la liberté qui caractérisaient mes habituelles vacances sont désormais ponctuées de repas à heures fixes, de siestes, de couches à changer et tu penseras bien à prendre le doudou la tût le bavoir les lingettes le bib d'eau la purée la compote le bib de lait au cas où quelques couches et un change complet tu comprends une fuite est si vite arrivée.
Qu'est ce que je disais ? Ah oui, et pour ce qui est de voyager léger, ben, voir plus haut.

Bref, tout ça je le sais.

Mais je sais aussi qu'après un réveil très matinal, le Crampon se rendort parfois dans notre lit, nous permettant d'allonger un peu la nuit (oui, à plus de 1768 heures de sommeil en retard, je fais fi des principes, je suis comme ça moi, rebelle avant tout).

Je sais aussi que la partie imposée des vacances chez les parents zet beaux parents prend une toute autre tournure depuis la naissance du Crampon.
Pour être claire et peut être un peu abrupte : les parents et beaux-parents nous lâchent la grappe pour se consacrer quasiment exclusivement à leur petit-fils, que l'on peut d'ailleurs leur refiler le matin pour dormir plus tard, le soir pour sortir en amoureux, la journée pour aller se ballader. Le tout sans aucun scrupule puisque ça leur fait plaisir.

Quand à la semaine de vacances à 3, elle nous permettra de prendre le temps de vivre et d'apprécier notre bonheur familial. (et le matin l'ami ricoré nous apportera des croissants)

Voilà la théorie.
Dans la pratique, le Crampon fait des cocotes en papier avec la théorie.
Il s'en sert pour se nettoyer le body après un débordement de couche, de la théorie.
Il la prend, il la mastique, et il la régurgite la théorie.
Il la..
Bon, vous avez compris l'idée je pense.

La suite demain. (non mais quel indécent suspens !)

lundi 3 août 2009

Atelier découpage - collage

Quand les enfants sont désoeuvrés, ce qui arrive souvent en période de grandes vacances, les parents leur filent un papier, un crayon, et une paire de ciseaux, et font appel à leur sens créatif.
C'est pas nouveau, mes parents faisaient déjà ça avec moi quand j'étais petite.

Au gouvernement, c'est le secrétariat d'état aux collectivités locales qui a dû se plaindre (Nicolaaaaas, je m'ennuiiiiiiiiiiie, on fait un jeu ? Alleeeeeez, steuplaîîîîîîit), et à qui on a refilé l'atelier découpage -collage.

Bien sûr, à leur âge, on leur confie un peu plus de responsabilités que la simple redécoration de la cuisine familiale, c'est donc le découpage de la carte électorale pour les législatives de 2012 qui leur a été confié.

Si, si.

Va voir : et .
(allez, va lire, n'essaye pas de me faire croire que t'as pas le temps, on est le 3 août)

En toute objectivité, bien sûr.
Il faudrait être un peu pervers pour imaginer un seul instant que cet innocent loisir d'été puisse porter à conséquence, n'est ce pas ?

D'ailleurs, puisque moi aussi je m'ennuie (ou plutôt, parce que je n'ai pas très envie de travailler et que si je réponds pas à mes mails spa grave tout le monde croira que c'est parce que je suis en vacances), moi aussi j'ai eu envie de faire du découpage - collage.

Plutôt qu'à des parcelles électorales incompréhensibles, je me suis attaquées aux frontières de la France.
Je sais.
Non mais en même temps, on est ambitieux ou pas, hein ?

J'ai donc une proposition à vous soumettre, élaborée selon des critères toutafé objectifs, absolument secrets, et néanmoins validés par moi-même.

L'enjeu est de taille, j'espère ne pas avoir fait de trop grosse boulette, le cas échéant, je suis prête à négocier un département ou une région à la marge.

Attttttttttention mesdames zet messieurs, sous vos yeux ébahis, voici la nouvelle France !

Tadaaaaaaaam :





Bon, alors je sens quelques désappointements decidelà parmis mes 2 lecteurs et demi qui ne sont pas en vacances.
Permettez moi de vous dire avant toute chose que j'ai moi-même sacrifié mes racines familiales, ainsi que celles de Mr PetiteGraine.

Et oui, la méditerrannée va nous manquer.

En même temps, n'est ce pas le comble du chic et de l'exotisme de dire : "Cette année, on part à l'étranger, on va en Provence" ?

Bon, j'ai gardé Paris, mais c'est parce que sinon je me retrouvais chez les étrangers, et bon, ben là, je me serais sentie un peu dépressive tendance jetage par la fenêtre vous voyez.
Et j'ai fait quelques exceptions pour conserver une certaine fluidité de circulation sur le littoral atlantique (non parce que malgré les apparences, je me préoccupe beaucoup du bien-être de mes nouveaux concitoyens, hein).
Et puis les dom-tom aussi. Parce que j'aime bien les îles et que j'en connais aucune, alors voilà.


Alors, en-toute-objectivité-bien-sûr, ça vous plaît ?
(j'offre sur simple demande la citoyenneté d'honneur, la double nationalité, ou la création d'enclave française. Elle est pas belle la vie ?)

jeudi 16 juillet 2009

De retour (quelqu'un aurait un bescherelle ?)

Je suis bien contente d'être de retour à Paris et sur les blogs.
Il faut dire que c'était loin d'être gagné.
J'ai tout de même risqué ma vie à maintes reprises, et ne dois mon retour saine et sauve qu'à ma vaillance naturelle.

Tout a commencé avant de partir, quand j'ai amené le Crampon chez la nounou, non sans lui avoir bien expliqué que maman-devait-s'absenter-huit-jours-mais-non-non-non-maman-ne-l'abandonnait-pas.
Je dois confesser ici que si l'idée m'effleurât que ces huit jours de boulot au pays du Milieu allassent me permettre de me reposer en cette période si sympathique de bronchiolite du Crampon, je faisassâs bien moinsse la maline au moment de confier à la nounou le Crampon et sa respiration sifflante avant de filer prendre l'avion.
Il faut dire que le regard suppliant de mon fils me laissait présager le pire : nuits blanches et pleurs sans fin, appelant sa mère sans relâche avec l'énergie du désespoir.
Je me promettus alors de béatifier M. PetiteGraine dès mon retour pour avoir enduré tout ça tout seul, et survivis avec bravoure à l'arrachage de mon coeur sur le pas de la porte de la nounou.
(nb : en fait, il s'est avéré que le Crampon n'a jamais aussi bien dormi qu'en mon absence, et n'a signifié en aucune manière qu'il avait remarqué un quelconque changement dans sa vie en mon absence)(6 mois, et déjà ingrat)
.

Il n'est pas aisé de continuer à vivre avec un coeur déchiqueté, mais je me dirigis vaillement vers l'aéroport.
C'est dans l'avion qui m'emmenait à Pékin que je devais mener les deux prochains combats contre la mort.
Tout d'abord, il fallut en effet survivre aux nombreuses, trèèèèèèès nombreuses turbulences durant le vol, ne pas égorger la passagère en pleine crise de panique ("on va tous mourriiiiiiiiiir"), et profiter de cet excellent exercice de remusculation des fessiers qui consiste à serrer les fesses pendant 10 heures de vol.

L'atterrissage terminé, les autorités du Milieu sont entrées dans l'avion pour vérifier qu'aucun des passagers n'était fiévreux. Des espèces de cosmonautes sont donc passés dans les rangs afin de pointer un genre de pistolet sur le front de tous les passagers.
L'air menaçant des cosmonautes, l'ambiance radioactive qui planait, tout portait à inciter l'avion entier à retenir son souffle, et je priais pour ne pas avoir à tousser ou éternuer, et pour que ma température soit de moins 12 environ, histoire d'avoir un peu de marge.

Deux rangs derrière moi, alors que je me félicitais d'avoir réussi le test de la température haut la main, les choses ont commencé à s'agiter. Un, deux, trois, quatre cosmonautes autour d'une fille qui n'avait manifestement pas eu la présence d'esprit de gober deux dol*iprane avant d'arriver.

Une demi-heure plus tard, personne n'avait bougé, et les cosmonautes s'agitaient encore. A ce moment là, je commençais sérieusement à imaginer mon prochain mois en quarantaine dans un hôpital chinois et étudiais les options de fuite (mais je suis malheureusement trop grosse pour passer par un hublot).
Finalement, après une heure de tergiversations, c'est munie d'un pass prioritaire pour se rendre à n'importe quel hôpital du Milieu si un des symptômes du H1N1 se manifestait, que je sortais de l'avion (bien décidée à éviter tout hôpital de ma province rurale, est ce la peine de le préciser ?).

Après avoir survécu à une ablation du coeur, un crash d'avion, et le H1N1, c'est au climat pékinois que je m'attaquais.
39°C, et la sensation étrange que mes fringues sont une papillote à l'intérieur de laquelle mon corps cuit à l'étouffée, doucement mais sûrement.

Mais la cuisson en papillote n'eut pas ma peau, et je reprenais sans peur et sans reproche un avion pour les terres rurales qui m'accueilleraient toute la semaine.
32°C, 800% d'humidité (estimation personnelle).
Pas de cuisson en papillote ici, mais une étonnante sensation d'être dans la salle chaude du hammam et de respirer de l'eau.
Etre dehors 10 heures par jour avec ce climat permet de bien amusantes distractions que je vous recommande chaleureusement (et humidement), comme regarder le ruisseau de transpiration qui coule sur ses bras, admirer la trace de sel laissée sur le pantalon par la transpiration du jour, dresser la liste exhaustive de toutes les parties du corps qui suent vraisemblablement pour la première fois (les paupières, le crâne, le nombril), se laver et constater que la sueur remplace progressivement l'eau de la douche permettant ainsi de ne jamais être sec.
ô joie.

Mais là encore, je survécus à la lyophilisation.

J'eus plus de mal à m'adapter au rythme du Milieu, déjà testé auparavant, mais tout à fait intéressant à cumuler avec 6 mois de sommeil approximatif (merci le Crampon). En effet, il est de bon ton dans cette belle contrée du milieu du Milieu, de travailler dehors de 8 heures à 19 heures, puis de travailler à analyser le travail du dehors jusqu'à 23h30, puis de commencer une réunion de négociation avec les gens du Milieu qui nous payent, puis de refaire une session de travail jusqu'à 2h30 du matin environ.
Il faut reconnaître que c'est un rythme qui laisse tout le loisir d'être jetlagé la nuit.

Le retour se fit sans H1N1, sans crash, mais avec deux heures de retard sur chaque vol.
Et même à ça, j'ai survécu.

De retour à la maison, j'ai subitement arrêté de survivre, pour m'effondrer à 20h30, avant le Crampon.

Je pense me remettre d'ici septembre 2010.
Je vous tiens au courant.


PS : Sauras tu retrouver combien de temps différents se cachent dans ce post ? (les conjugaisons inventées comptent pour un)(désolée, je sais pas pourquoi, aujourd'hui ça ne voulait pas parler français dans mon cerveau)(et demain je n'aurai pas le temps donc c'était ça ou rien)

PPS : le design du blog me sort pas les yeux. Ca va changer je vous préviens.

vendredi 15 mai 2009

Le jeu du vendredi

Elisabeth Guigou s'est exprimée dans la presse au sujet de Rachida Dati. Morceaux choisis :
"J'avais beaucoup de sympathie et d'estime pour elle, c'est fini"
"C'est quelqu'un qui, malheureusement, a gâché toutes ses chances, qui étaient grandes au départ. Par désinvolture, par autoritarisme mal placé, par incompétence aussi"
"Elle n'a pas assez travaillé. Elle n'est plus à son ministère, ou quasiment plus"

Les pro-Dati (si, si ça doit bien exister) parleront d'attaque politicienne, les autres ne prendront même pas la peine de soulever un sourcil. C'est la politique, quoi.

Là où ça devient drôle, c'est que Rachida Dati a choisi de répondre par communiqué de presse officiel sur le site du ministère, en deux fois :

"L’arrogance d’Elisabeth Guigou est révélatrice de l’attitude hautaine de certains socialistes vis-à-vis des souffrances de nos concitoyens dans leur vie quotidienne.
Je renvoie les Français au bilan d’Elisabeth Guigou en tant que Garde des Sceaux : un taux record de délinquance +17%; des taux records de suicide en détention (125 suicides en 1999), et de mineurs incarcérés (975 en juillet 1999 contre 698 en avril 2009), un taux inacceptable de détention provisoire (40% des personnes en prison en 1998 contre 26% aujourd’hui), le taux record de fermetures de places de prison sans nouvelles ouvertures (497 places fermées contre près de 9 000 places créées entre mai 2007 et 2009).
Je laisse le soin aux Français de juger de la grandeur d’Elisabeth Guigou en tant que ministre de la justice." (source ici)

Puis, un peu plus tard :
"
Compte tenu de l’intelligence de Mme Guigou, celle-ci devrait déroger au principe archaïque selon lequel tout prédécesseur mésestime ses successeurs." (source ici)

Je ne sais pas comment vous dire à quel point ça me rend hystérique de rigolitude.

Comme c'est vendredi, et que franchement, qui a envie de bosser un vendredi, hein, je vous propose un petit jeu de rachidattitude, et vous offre ici et aujourd'hui une tribune toutafé officielle pour régler vos comptes. Mais en deux fois, hein, sinon ça ne marche pas.

Je commence :

"Mon voisin du dessous est un salaud qui écoute de la musique de merde hyper fort le week end. Alors franchement, ses remarques à la con concernant nos bruits de pas, c'est rien que de la méchanceté. Je laisse le soin à la gardienne de l'immeuble de juger qui est le plus sympa de nous deux."

"Et en plus il est moche".


Tain, c'est vrai que ça fait du bien !
Je continue, tiens.

"Mon chef est un connard demeuré disposant d'un QI d'huître. Ses capacités à créer de toute pièce des dossiers merdeux n'ont d'égales que ses dispositions naturelles à la branlette intellectuelle. La postérité jugera qui de nous deux usurpe son salaire."

"Et il fait même pas son boulot, alors, hein, merde."


Ouh la la, mais elle a raison Rachida, ça fait du bien, hein !
Non franchement, ne vous privez pas, c'est le moment de vider votre sac.
Je sens qu'on va passer un super week end après tout ça !

vendredi 24 avril 2009

Et si je me pourrissais la journée en allant chez le coiffeur ?

Le soleil brille, le Crampon a trouvé une nounou, avant-hier soir je suis sortie entre copines pour la première fois depuis.... ouh la, tout ça, et cette nuit le Crampon a dormi de 21h à 7h45.

Il y a des matins comme ça, je danserais bien pieds nus dans l'herbe en chantant mon bonheur avec des fleurs dans les cheveux (heureusement, il n'y a pas d'herbe à proximité de chez moi).

Sur cette joyeuse lancée, j'ai profité des quelques heures du Crampon chez la nounou pendant la période d'adaptation pour filer chez le coiffeur.

Le cœur pimpant à l'idée de ma nouvelle tête à l'image de ma nouvelle vie, je confiais ma chevelure au bogoss du salon du coin, qui a la délicatesse d'avoir l'habitude de me draguouiller, alors même que je ne laisse jamais de pourboire.

J'étais donc occupée à justifier ma non-coupe en arguant de ma grossesse, puis la naissance, tout ça tout ça, envie de changer, blablabla...

Le jeune homme, lui, était occupé à me regarder attentivement, avec un air pensif.

"Il a quel âge votre bébé ?"

"Euuuh trois mois ! Pourquoi ? Ça se mesure à la profondeur de mes cernes ?"

"Bon, alors, comme vous venez d'avoir un bébé, vous avez pris du poids, et les coupes courtes, ça accentue les rondeurs du visage, donc je vous recommande de garder de la longueur."

"..."

"Qu'est ce que vous en pensez ?"

Que t'es vraiment un sale petit con et que du haut de tes 25 ans, tu ne sais pas de quoi tu parles vu que des kilos de ma grossesse, il m'en reste un petit peu, certes, mais concentrés dans les seins vu que pour le reste, je ne suis pas peu fière de rentrer dans mes fringues d'avant. Maintenant si t'essayes de me dire que j'étais grosse AVANT, et que ma tête ressemble à un ballon de foot, je le SAIS, mais d'une manière générale, j'ai tendance à avoir envie d'éviscérer ceux qui me le font remarquer, alors mon petit père, mes rondeurs et moi, on te MERDE.

Mais en vrai j'ai répondu "ok".

Je suis sûre que les coiffeurs ont le pire karma de la création et qu'ils se réincarneront tous en bonsaï.

mercredi 25 mars 2009

Y a des jours comme ça

Alors que j'essaye tant bien que mal d'élargir mes centres d'intérêt un peu plus loin que la recherche de nounou, le harcèlement de directrice de crèche, et l'analyse colorifique des couches du Crampon, je tiens à me plaindre publiquement :

1/ Le pape. Pffffff. Non mais pffffff, quoi.
(je sais, c'est fou la force de l'argumentation, hein ?)

2/ D'après Laurence Parisot, c'est très très mal de faire grève. D'ailleurs la CGT est un peu responsable de la crise.
Bouuuuuuh, les grévistes, bouuuuuuuh.
PFFFFFFF.
(notez la pertinence de mon analyse, là)
(non mais ça date aussi, hein, alors c'est un peu tard pour en faire 20 lignes, non ?)

3/ Les "Y a bon Awards", qui récompensent les personnalités ayant le plus contribué à la banalisation du racisme.
Consternant.
PFFFFFFFRRRRÂÂÂÂÂ.
(Ayé, je vire au vert. Le Crampon me regarde bizarrement)

4/
Ce cher Jean-Marie Lepen en remet une couche sur le détail de l'histoire, et va vraisemblablement présider une prochaine session du parlement européen.
RÔÔÔAAAAAAR.
(Ça y est, j'ai pété le chemisier, et je suis Hulk)
(Hulk qui allaite tout en tapotant sur un clavier, certes, mais Hulk, quand même)
(le Crampon a l'air de s'en foutre finalement, tant qu'il a de quoi bouffer, hein...)

Franchement, ça donne envie de retourner se préoccuper du jaune du caca de mon fils qui tire un peu sur le vert en ce moment, tu trouves pas, dis ?
Faites des bébés, ça repose.
Si, si.