jeudi 30 juin 2011

Pénurie alimentaire sur Lyon

Les temps sont durs dans la capitale des Gaules.
Il semblerait en effet que les rayons des supermarchés soient aussi vides que les discours gouvernementaux, et que la ville soit en proie à une famine sans précédent.
On rapporte que les rues résonnent des pleurs des enfants affamés, et que des scènes de violence se déroulent quotidiennement à l'occasion des arrivages de pain noir et d'eau.

On compte sur l'intervention de Bernard Kouchner pour la mise en place rapide d'un pont aérien qui permettra à la banque alimentaire d'approvisionner la ville avec des denrées de première nécessité.

Ça vous semble bizarre ?
Peut être, mais c'est en tout cas l'information qui a manifestement été donnée à mes parents et mes beaux-parents.
Ces derniers viennent en effet d'entreprendre la traversée en diagonale de l'hexagone pour passer quelques jours chez nous.
A leur arrivée, nous avons pu confirmer que leur légendaire générosité n'était pas imméritée, puisque leur voiture débordait de toute part de légumes, fruits, viande, poissons, fromages, mais également plats
cuisinés frais et surgelés, riz, pâtes, café, etc.
De quoi organiser une distribution dans notre arrondissement et subvenir aux besoins de ses 75 000 habitants pour tout l'été.

Ma famille, qui n'est pas en reste côté générosité, a également fortement contribué à la survie de la population lyonnaise en apportant sa propre production potagère et de quoi approvisionner les épiceries du quartier.

Comment ?
Vous dites ?
Pas de pénurie à Lyon ?
Ah bon ?
Mais alors, ces 6 salades énormes, par exemple... vraiment ? et euh... tout le reste ?

Pour votre séjour de 5 jours chez nous ?
Mais euh... quelqu'un a le ver solitaire ? Une dizaine de vers solitaires, peut être ?
Ou alors, vous avez invité les gens du quartier ?
Ah c'est juste pour nous 5 !
En même temps vous serez 3 en comptant le Crampon la plupart du temps, hein.
Ah oui, bien sûr, il y aura un grand repas pour lequel nous serons 7, avec mes parents, certes, certes. Mais je crois qu'ils ont aussi amenés quelques trucs justement. Oui, les 3 caisses, là.

Non mais c'est pas grave, les producteurs lyonnais ne le prennent pas mal, Carrouf Market, non plus, et nos égos de cuisiniers sont assez peu susceptibles finalement.
On va juste acheter une pièce supplémentaire pour le stockage, une dizaine de frigo et autant de congélateurs, et puis ça sera très bien, hein.

Oui, bien sûr, entre nous on ne se gêne pas, on fait ça "à la bonne franquette". Et avec 15 kg de tomates.
Voilà voilà.

Sur ce, c'est pas tout ça, mais moi je vais vous laisser, j'ai un long week-end en célibataire à Paris qui m'attend. Oui ça tombe mal, je sais, vraiment c'est dommage, pfiouuu si j'avais su.

Non, ouh la la  ma valise est déjà bien pleine, je vais vous laisser ces 8 kg de haricots verts, je pense que j'en trouverai à Paris, oui. 
Même en vinaigrette, si, si, on en trouve, je vous assure.

Allez, bisous et bon appétit bien sûr.

mercredi 29 juin 2011

Super-fyfe

Je me suis longtemps demandée s'il y avait en moi quelque chose de spécial.
Par "spécial", j'entends quelque chose qui fasse de moi une personne unique. (oui j'ai eu l'adolescence difficile, métaphysique et... longue)

Qui a envie d'être la fille moyenne : moyennement  intelligente, moyennement jolie, moyennement riche, moyennement compétente au boulot, moyennement gentille, moyennement moyenne ?
Ben ouais, moi non plus.

Aujourd'hui, mon coeur dégouline de joie et d'auto-satisfaction.

Je me suis découvert subitement pas moins de deux super pouvoirs.

Je sais, je sais, j'entends vos cris et hurlements de jalousie.

Malheureusement, je dois avouer que je ne sais pas me téléporter, voyager dans l'espace-temps, ni mettre fin aux guerres et aux famines, ni même faire taire Claude Guéant.

Oui, au moment de la distribution des super-pouvoirs cool, j'étais manifestement absente.

Néanmoins, c'est avec une grande fierté que je vous présente, tadaaaaam  :

  1. mon super-pouvoir d'anéantissement de climatiseur de bureau. 
  2. mon super-pouvoir de Carlos Ghosn. Ou de Bernard Tapie, j'hésite encore sur sa dénomination.

Mais qu'est ce que c'est que ces super-pouvoirs pourris, vous demandez vous en roulant les yeux en arrière.

Et bien ce sont en effet des super-pouvoir tout pourris, vous réponds-je.


Petites précisions concernant mon premier super-pouvoir :  11 ans de boulot, 3 boîtes différentes, et 7 étés (dont 3 à épisode caniculaire) avec une clim en panne. Alors, qui dit mieux ?

En ce qui concerne le second, c'est très simple, il s'agit de ma capacité à générer la fusion- acquisition - absorption des boîtes qui m'emploient.
Et je dois dire que je m'améliore avec le temps :
  • ma première boîte a commencé par un léger changement de statut, pour finir dans une tonitruante fusion juste après mon départ
  • la seconde a enchaîne une fusion et une absorption, avec au passage un changement de statut plutôt osé (public -> privé)
  • mon troisième poste est au delà de mes espérances : à peine arrivée depuis 2 mois, on m'annonce déjà la fusion du siècle, avec risque de suppression pure et simple.

Ha-ha. On fait moins les malins, hein ?

Bon, assez blablaté, business is business, le temps c'est de l'argent, y'a des clim qui tournent et qui assassinent la planète pendant qu'on cause, et je vous parle même pas des acteurs du CAC40 qui ont des OPA sous le coude.

Alors, qui veut me payer, et combien, pour que je mette mes super-pouvoirs à sa disposition ?

mardi 28 juin 2011

Lyofyfisée

Le réveil sonne, des grognements s'échappent du lit.
La nuit a été courte, la faute à l'écrasante chaleur de la ville ces trois derniers jours.

L'ordre de soulever le bras et d'abattre la main sur le réveil est donné au cerveau.
Petit souci : le bras a fusionné avec les draps pendant la nuit.

Ouverture d'un demi-oeil pour vérifier la température donnée par le réveil : 28°C dedans, 25°C dehors.
Viiiiiiiite ouvrir la fenêtre.

Enfin, quand je dis "vite", c'est une façon de parler parce qu'à dire vrai, le corps a oublié la notion même de vitesse depuis qu'il a sombré dans son coma d'hyperthermie.

Prendre son thé et sa clope sur le balcon, et profiter de la relative fraîcheur du matin.

Réveiller le Crampon, le décoller des draps humides, écarter les mèches de cheveux collées à son visage.

Hésiter longuement entre métro et vélo.
Qu'est ce qui est pire : subir sa propre transpiration ou celle des autres ?

Va pour le vélo.

Avoir l'illusion que la petite brise générée par la vitesse est suffisante pour se garder au frais.
Une fois arrivée, réaliser que toute la transpiration a décidé de sortir d'un coup, pendant la tournée de bises des collègues.
Échanges de fluides. Miam.

Lancer la clim' souffreteuse à fond avec une pensée émue pour la planète un peu plus assassinée.
Réaliser que présentement, on se fout royalement de la planète.
Se positionner sous le flux d'air presque frais. Ou pas du tout.
Clim en panne.
Laisser un message d'urgence au service technique.

Prendre un café.
Regretter amèrement. La chaleur est maintenant à l'intérieur.

Avoir les jambes qui fondent au contact de l'unité centrale de l'ordinateur.
Sentir ses chevilles gonfler.
Hésiter entre les surélever et exposer sa culotte à toute l'équipe, ou laisser la mutation jambes -> piles de pont débuter.

Aller se rafraîchir aux toilettes, et constater que le maquillage du matin est recouvert d'une pellicule luisante.
Penser à vérifier plus tard sur internet si les vlogueuses ont inventé un maquillage "effet gras" et espérer que le greasy style est plutôt before the tendance.

Sortir déjeuner. Marcher longuement, à un bon rythme pour chercher le vent de la vitesse.
Se faire doubler par les mémés.
Se lyophiliser.

Pianoter sur son téléphone et se brûler les mains.
Le ranger très vite de peur qu'il fonde.

Se maudire de ne pas avoir un élastique, une pince, ou un trombone pour relever ses cheveux qui commencent à coller à la nuque.
Chercher une paire de ciseaux.

Sentir que toute cette agitation a fait migrer la surchauffe au cerveau.
Avoir la désagréable impression que bientôt Hannibal Lecter pourra le déguster sans passer par la case poêle à frire.

Avoir la sensation que ses vêtements sont en fourrure d'ours polaire.

Sentir l'élastique de sa culotte fondre.
Récupérer des morceaux de caoutchouc collés sur ses fesses.
Avoir un léger souci de tentative d'évasion de culotte.

Laisser un 158ème message au service technique avec menace de mort douloureuse.

Atteindre péniblement la fin de la journée de boulot.

Rentrer chez soi et espérer bêtement que les volets auront préservé un peu de fraîcheur.

Se débarasser de toutes ses fringues en laine de yack et se jeter dans la douche.

Rester nue.

Somnoler sur le canapé.
Essayer de retirer ses vêtements.
S'apercevoir qu'on n'en n'a déjà plus.
Googler les techniques de scalp total et l'efficacité de la performance thermique.

Sortir des glaçons et les faire fondre sur soi.
Ignorer le regard salace de son conjoint.
Repérer sa main qui s'approche grâce à l'augmentation locale de 2°C qui en résulte.
Ne pas avoir la force d'exprimer le fond de sa pensée, mais lancer un regard éloquent, qui suppose que la condition nécessaire et non suffisante d'un imminent échange de fluide à caractère sexuel est qu'il se soit préalablement intégralement surgelé.

Laisser un dernier message de menace au service technique du bureau, et essayer de dormir.






Je crois que je supporte mal la chaleur.

Edit :
Température à 16h30 dans mon bureau hier : 32 °C
Température extérieure hier : 35°C
Température à 23h30 dans ma chambre hier soir : 30°C
Je sais, tout le monde s'en fout. Mais quand même.

vendredi 24 juin 2011

Je ne sais pas si c'est drôle mais en tout cas ça me fait du bien

Il ne faut pas chercher bien loin pour comprendre pourquoi je suis autant sur la défensive (pour ne pas dire carrément agressive) avec ma mère.
Elle est TROP.
Trop tout. (envahissante, intrusive, collante, culpabilisante, etc etc).

Enfin, quand je dis qu'il ne faut pas chercher trop loin, il m'aura fallu quand même des dizaines d'années pour le comprendre, et tenter de me déculpabiliser. Un peu.
Pas facile en effet de reprocher à sa mère son trop plein d'amour.

J'aimerais avoir une autre manière de réagir pour maintenir la distance de sécurité entre elle et moi, mais ce n'est pas le cas. Et j'ai la flemme d'entamer 20 ans de psychanalyse pour résoudre ce problème, donc tant pis, ma mère et moi avons ce mode de communication si particulier qui consiste à se crier dessus.

Elle serait un sujet de blog en soi, mais je préfère en général ne pas m'étendre sur le sujet, ça me provoque des hausses de tension difficile à gérer.
Exceptionnellement, donc, un petit exemple à haut pouvoir crispant.

Lundi. Téléphone.
"ma chérie, tes tantes vont arriver à la maison, on va passer vous voir cette semaine pour qu'elles voient le Crampon et pour leur montrer votre appartement."

Jeudi 17h. Téléphone
"ah oui j'ai oublié de te dire, on passe demain en fait. Oui oui, j'allais t'appeler mais j'ai pas eu le temps, mais c'est pas grave puisque tu m'appelles toi !"


Décryptage fyfien (pas dénué de mauvaise foi, à mettre sur le compte d'un lourd passif) :
  1. OK donc elle ne demande pas si elle peut venir, elle annonce qu'elle va le faire.  Crispation niveau 1
  2. Elle ne propose pas qu'on se voit, pour le plaisir de se voir, ou autre chose conviviale du même ordre, non, non, non, elle propose de montrer son patrimoine pour épater ses soeurs. Crispation niveau 2
  3. Mais c'est NOTRE appartement. Crispation niveau 3
  4. Et NOTRE fils. Crispation niveau 4
  5. Je savais qu'emménager à 40 km de chez eux allait générer ce genre de trucs. Genre elle s'invite quand elle veut. Heureusement qu'on n'a pas assez de doubles de clefs, sinon on finirait par les trouver chez nous en rentrant du boulot. Crispation niveau 5
  6. Ça c'est parce qu'ils ont aidé aux travaux. Ils se sentent chez eux maintenant. Je savais qu'on n'aurait dû tout faire tout seuls. Crispation niveau 6
  7. Et puis ils ont gardé le Crampon pendant les travaux. Depuis, on se voit toutes les deux semaines et elle passe son temps à me dire que SON Crampon lui manque. SON Crampon, oui. Celui là même qu'elle ne voyait que tous les 2-3 mois quand on était à Paris. Je le savais qu'ils réclameraient toujours plus, je le savais que Lyon, c'était TROP près. Crispation niveau 7
  8. Et qu'est ce qu'elle n'a pas compris dans ma réponse initiale ? "Ok mais vous nous prévenez en avance", ce n'était pas si compliqué que ça, si ? Attention... Explosion.

S'en suit donc la réponse fyfienne :
"GRRRRRROAR"

"Ben pourquoi tu réagis comme ça ? Qu'est ce que ça change si on te prévient à l'avance ? Si ça pose problème on ne vient pas, hein ! "

"GRRRRROAR... Ménage...GRRRRROAR... Crèche à prévenir...... GRRRRROAR.... Autres projets..... GRRRRRROAR"

" Non mais si c'est un problème on ne vient pas, c'est tout" ( x 8)

"Maman je te dis pour la 8ème fois que c'est bon, mais que j'aurais aimé le savoir à l'avance. Toutes les semaines tu me harcèles dès le lundi pour savoir si on vient chez toi le week end parce que tu as des choses à préparer, alors que tu es à la retraite, mais tu ne peux pas comprendre que nous qui travaillons, ça nous arrange de pouvoir anticiper la visite touristique que tu proposes à la famille ?"

" Non mais si c'est un problème on ne vient pas, c'est tout"

"Si tu répètes cette phrase encore une fois, je vais te répondre que OUI c'est un problème et BASTA"

"...."

Bilan :

Elle a gagné :
  1. ils vont venir pour étaler "leur" réussite (appart', petit fils).
  2. on s'est tapé du ménage jusqu'à 23h pour que l'appart soit montrable
  3. elle va faire la gueule (parce que vraiment elle ne comprend pas où était le problème, et pourquoi sa fille est si méchante, ingrate, agressive, alors qu'elle même n'est qu'amour)
  4. je culpabilise

Bon, j'ai un peu gagné aussi, parce qu'elle n'est pas prête de se réinviter comme ça.
Faire la méchante, c'est le prix à payer pour l'empêcher d'emménager chez nous à plus ou moins long terme.

Franchement, si je n'étais pas traumatisée des déménagements pour les 20 prochaines années, j'envisagerais sérieusement de mettre quelques dizaines de milliers de kilomètres entre elle et moi, parce que les kilomètres me coûtent moins d'énergie que d'avoir à gérer "ça".

Me reste à répéter inlassablement à M. PetiteGraine que je compte sur lui pour me surveiller de près, et m'empêcher de m'inviter pareillement chez le Crampon plus tard.

jeudi 16 juin 2011

J'aurai 35 ans cette année et je le vis très bien

(Clic sur le graph pour le voir en grand)
(Oui il faut s'arracher les yeux pour lire, mais VOUS N'AVEZ QU'A PAS AVOIR DES YEUX DE VIEUX)
(Pardon)

mercredi 15 juin 2011

L'esprit de Gengis Khan s'est emparé de moi

Aller travailler en vélo fait partie de mes petits bonheurs quotidiens.

C'est une sensation de liberté pure que de choisir sa monture à la borne Vélov', .
Enfin, pas cette borne-là parce qu'elle est vide.
Ah ben ni celle-ci car les deux seuls vélos restants sont respectivement désossés et à plat.

Ok, un quart d'heure plus tard, je disais donc que choisir un vélo dans une borne Vélov', et chevaucher ce fidèle destrier était un moment de félicité chaque jour renouvelé.

Enfin, quand je dis "fidèle".
Non mais la selle qui descend toute seule, et qui tourne sur elle même, c'est un peu conceptuel, mais c'est bon pour les abdo latéraux, non ?

Quoi qu'il en soit, une fois lancée, la brise matinale sur ma peau se transforme en grand vent quand j'accentue les coups de pédales, et je me sens comme un cheval sauvage dans le delta camarguais (sauf que je ne
secoue pas ma crinière pour chasser les mouches).

Les détours ne me font pas peur, je privilégie les pistes cyclables pour éviter une mort (très) prématurée. J'assure ainsi ma sécurité, et profite avec enthousiasme du spectacle de la ville qui se réveille, des monuments baignés de la lumière matinale, du réveil de mon corps.

P***** mais c'est qui ce C******* ?
Ah pardon.  Un automobiliste vient d'ouvrir sa portière devant moi sans avoir préalablement vérifié que la voie était libre.
MAIS OUI TU N'AS QU'A TOURNER A DROITE EN ME COUPANT LA ROUTE ET MOI JE N'AI QU'A PILER POUR T'EVITER, PAS VRAI ? 
ET TON RETRO, C'EST POUR FAIRE JOLI ?

Où en étais-je ?

Ah oui. Je respecte les feux, parce que je ne suis pas pressée et parce qu'à ce moment particulier, je me sens citoyenne du monde, pleinement consciente de mes droits et mes devoirs envers la cité, envers mon prochain.

MAIS VA CH***, PROCHAIN DE MES DEUX !
Oups. Un piéton a traversé devant moi, non sans avoir bien vérifié avant qu'aucune voiture n'arrivait. Il faudrait que quelqu'un m'explique comment ils arrivent à fixer intensément la route pendant 2 minutes,
sans JAMAIS voir les vélos arriver.

Bon. Tant pis pour les cons en voiture, et les cons à pieds.
Entre cyclistes, on fait partie d'une communauté solidaire, unie par des liens invisibles. Que voulez vous, le plaisir de se déplacer à vélo, c'est comme un secret que l'on partage entre nous.
Parfois je me retiens de faire des clins d'oeil à mes compagnons de route, histoire de leur signifier ma complicité.

Enfin, sauf celui-là, P*****  NON MAIS QUEL DEBILE !
La rue à contresens, carrément !
Ah ben bravo, tu as gagné 50 mètres de trajet, deux secondes de temps de parcours, et en contrepartie tu as à peine mis en danger / retardé / dérangé 50 autres usagers de la route !  Non vraiment, BRAVO.

Finalement, le vélo n'est peut être pas le meilleur moyen d'entretenir l'amour de son prochain, certes.
A ce stade, ce n'est plus Crin-Blanc qui m'inspire, mais Gengis Khan chevauchant dans la steppe mongole, assoiffé de guerres et de sang, certes.
Mais je suis libre comme l'air, grisée par la vitesse et le vent, et presque arrivée.

Enfin, "presque".
La borne Vélov' est pleine.
La voisine aussi.
La suivante itou.
Et là je commence à être un peu paumée.
Et en retard.

Je suis à deux doigts d'abandonner mon vélo ici, à côté d'autres compagnons d'infortune, sans doute eux aussi lâchés par des usagers désespérés, loin de leur borne.
Mais oh, tiens, une place !
Il me suffira alors de marcher un bon quart d'heure pour rejoindre mon travail.

Bilan :
- 15 minutes pour trouver un vélo
- 15 minutes de pédalage en harmonie avec la nature urbaine (=haine, violence, et individualisme)
- 20 minutes pour poser le vélo et rejoindre le bureau

Je ne sais plus trop quel intérêt je trouve à mes trajets en vélo, mais je sais que je le referai ce soir, et demain, et le jour d'après.

mercredi 8 juin 2011

De l'effet de la nuit trop courte sur la journée de travail

Le réveil sonne.
Trop tôt, ta gueule, snooze. (je ne suis pas très polie au réveil, pardon)

Le réveil re-sonne.
Mais je viens de l'éteindre ?? Snooze encore.

Le réveil re-re-sonne.
Ça y est put*** je suis à la bourre

[...] (je vous passe le nourrissage -habillage - déposage du Crampon et le nourrissage - lavage - habillage de moi même)

Sortie du métro.
Je suis tellement fatiguée que je ne reconnais pas le quai. Elle est où ma sortie "numéros pairs" ?
Pas grave, je vais prendre cet escalier-là, une fois dehors je me débrouillerai.

Ok.
Je suis donc descendue une station trop tôt.

Bon.
Je vais marcher, ça va me réveiller. (blague)

Arrivée au bureau.
Je sors mon abonnement de métro pour pointer. Oups.
Je sors ma carte de fidélité de la boutique à sandwichs pour pointer. Oups
Je sors mes clopes pour pointer. Oups
J'étale mon sac à main sur le sol. Des collègues m'enjambent élégamment.
Ok, tant pis, je pointerai un autre jour.

Je me dirige à l'odeur vers la cafetière, remplis ma tasse, et redescends aussi sec pour accompagner mon café d'une cigarette.
Je sens que la journée sera longue, il faut que je me préserve.

Je dis bonsoir au directeur que je croise dans l'ascenseur.

Je remonte allumer mon ordinateur.
Mais je ne trouve pas le bouton pour la mise en route de mon cerveau.
Mes paupières pèsent une demi-tonne chacune.
Je me muscle le front et l'arcade à les tenir ouvertes.
Oh mon dieu, je vais me choper des rides à cause de ces conneries ??? C'est peut être plus raisonnable de fermer un peu les yeux, non ?
Non ?
Bon, ok.

Mon chef me parle fort. Trop fort. Peut être parce qu'avec mon front tout plissé pour soutenir mes paupières, j'ai l'air mal-comprenante ?

Tiens. Je crois que je n'ai rien écouté de ce qu'il a dit depuis 5 minutes.
Il sort en me lançant un vague "bon ben à tout de suite !".

Hum. J'ai combien de temps pour trouver ce que je dois aller faire et où ?
Non, parce que Jack Bauer il a 24h à chaque fois, hein. Alors faudrait pas trop espérer de moi des 5 prochaines minutes.

Oh putaing.
La réunion du personnel.

Je file, et j'oublie mon téléphone. Grooooooosse erreur. Je viens de perdre mon seul instrument de survie pour ces 3 prochaines heures.

Je m'assois loin, au fond, si possible derrière un poteau.
Je me tiens bien droite, et commence à réciter mentalement  un mantra : "ne dors pas, ne dors pas, ne dors pas"

Discours d'introduction.
Je crois que ça parle de.... boulot ?

Présentation de.... je ne sais pas trop quoi.... un truc en rapport avec.... le boulot ?

Mes yeux piquent - piquent.
Je sors aussi discrètement que possible (=en renversant ma chaise), me rends aux toilettes, résiste à l'envie d'aller dormir assise sur les toilettes, et asperge mon visage d'eau fraîche. Si, si, ça marche dans les films.

Ok. J'ai donc des traînées de mascara et de fond de teint qui se dessinent sur mes joues.
Hollywood de merde.

Je retourne m'asseoir aussi discrètement que possible (=en me prenant les pieds dans le câble du vidéo-projecteur).

J'essaye de me convaincre que des micro-siestes oculaires vont me permettre de récupérer un peu d'énergie (façon Vendée Globe).

Oups.

Quand j'ouvre les yeux, le directeur me regarde, et un silence de plomb règne dans la salle.

Est ce que je dois dire quelque chose ?
Est ce qu'on m'a interrogée ?

J'évalue la probabilité de tomber juste en prononçant une phrase au hasard. Quelque chose comme "Je pense que les politiques publiques actuelles s'inscrivent tout à fait dans cette démarche". Ca ne mange pas de pain, si ?

Ok, les probabilités jouent contre moi. Je me tais et prends un air concentré. Ah ben tiens, on en revient au front plissé dites donc.

Des questions émergent dans la salle.
Ouf.
C'était juste le début de la partie "Echanges- Débats" de la réunion.

Fin de la réunion.

Pause déjeuner.
Je décline l'invitation "cantine". Beaucoup trop sombre, et beaucoup trop copieux. Dangereux pour le maintien de mon intégrité physique (s'endormir en portant un plateau est risqué).

Ballade, sandwich. Je marche en mode automatique.

Je me perds en mode automatique, aussi.

Je rentre à l'aide du GPS du téléphone. Ouaip. Même pas honte. Ou si peu.

Passage rapide aux toilettes, une conne attend son tour, je peux oublier mon projet de sieste.

Installation devant l'écran et....
Rien.
Mais rien du tout de chez du tout.
Le vide intersidéral entre mes oreilles.

Je ne sais pas si j'ai atteint un genre de nirvana de méditation, ou si j'ai juste une soudaine et drastique chute de QI. En tout cas, c'est bien.

Je vais rester comme ça, tient.

Faudra juste penser à faire une pause café-clope à un moment, mais sinon, c'est très bien comme ça.

Finalement elle est passée très vite, cette journée.

mardi 7 juin 2011

Le bonheur, c'est simple comme un mensonge

Il y a des jours comme ça, où la vie n'est pas qu'une fosse à purin, un enchaînement de réveils difficiles, une liste de tâches ménagères, un long tunnel sombre dont on ne perçoit qu'à peine la lumière, tout là-bas au bout.

Pourtant, ce matin, je ne me souviens pas avoir éteint mon réveil.

Pourtant, ce matin, j'ai eu comme une intraveineuse de chierie quand le Crampon m'a réveillé avec son adorable " 'egad' maman, j'ai appôté des livres", à l'heure où je suis sensée le déposer à la crèche.

Pourtant, ce matin, je lui en ai presque voulu de son réveil tardif, lui qui est d'habitude mon meilleur back-up de réveil.

Pourtant, ce matin, je m'en suis voulue de devoir le brusquer pour essayer de rattraper un peu du temps perdu.

Pourtant, ce matin, comme chaque matin, il a beaucoup pleuré quand je l'ai laissé à la crèche.

Pourtant, ce matin, comme chaque matin, je suis partie vite et sans me retourner, avec la désagréable sensation qu'il gardait dans ses petites mains crispées un morceau de mon cœur déchiqueté.

Pourtant, ce matin, j'ai pédalé, je me suis perdue dans cette ville que je ne connais pas encore assez.

Pourtant, ce matin, j'ai tourné pendant 20 minutes pour trouver une place libre dans les stations Vélov' autour du bureau.

Pourtant, ce matin, j'ai donc fait une arrivée triomphale au bureau, le ventre vide, pas maquillée, et transpirante, avec un retard que la décence m'empêche de préciser.

Alors ce n'était pas gagné de me convaincre que cette vie n'était pas juste une abominable chierie ponctuée d'événements tous plus moisis les uns que les autres, et que nos pauvres vies ne se résumaient pas à surnager dans cette piscine de merde.

Mais dans l'ascenseur, on m'a demandé quand j'avais commencé mon stage.
Mon cerveau plein de bouse a réussi à calculer : les seuls stagiaires accueillis ici ont 24-25 ans max.

10 ans de gagnés, ce matin.

En plus, je vais acheter un mini-aspirateur à la pause dej'. (une obsession qui me vient de Ioudgine)

vendredi 3 juin 2011

Alors, on remet ça ?

Au risque de mettre en péril la pérennité de l'humanité, et surtout, l'assise financière de ma retraite sous les cocotiers (avant mes 87 ans, si possible, merci), le Crampon est toujours fils unique.

J'avoue que je n'aime pas trop l'idée.

J'ai de trop bons souvenirs d'enfance avec ma sœur pour ne pas souhaiter autant de bonheur à mon fils.

Bon, ok, on s'est castagné plus souvent qu'à notre tour, cette petite peste avait érigé au niveau olympique la mauvaise foi et la perfidité (ne nie pas dans les comm', sinon je raconte comment tu m'accusais de t'avoir tapée si je refusais de jouer avec toi), pendant qu'en retour, j'exerçais sur elle quelques chantages peu glorieux.
Certes.

Mais je me souviens aussi de nos jeux idiots, de notre complicité dans les conneries, de nos confidences d'adolescentes, de notre union sacrée anti-parentale,  de notre colocation d'étudiantes, de nos squattages et hébergements d'urgence respectifs, et de ce lien indescriptible et indestructible qui nous unit depuis toujours.

J'aimerais vraiment que le Crampon ait cette chance.
Ce qui implique aussi de lui permettre de se liguer contre nous avec son frère ou sa soeur, je sais.
Je suis un peu folle, mais je me dis que tant que les enfants ne sont pas en supériorité numérique dans la cellule familiale, ça se gère (ensuite, c'est courage, fuyons)(selon mes estimations personnelles).

Mais pourquoi donc ne faisons nous pas un autre enfant, alors ?

Ben, la réponse est sur ce blog, je ne vous fais pas de dessin.

J'ai une théorie toute personnelle concernant les couples qui font des enfants très rapprochés.
Leur premier n'était pas assez chiant. Ou il dormait trop. Un truc dans ce goût-là.
Pour nous autres, parents de pénibles aussi adorables qu'épuisants, ce n'est tout simplement pas envisageable.

Parce qu'on se projette en imaginant que le second sera du même genre que le premier.
Pour certains c'est rassurant, donc ils se lancent la fleur au fusil. Pour d'autres c'est... euh... une vision apocalyptique.

Là où on est très cons, c'est que maintenant que le Crampon retrouve ENFIN ses marques (comprendre : il dort et il ne hurle pas NON à tout bout de champ), on se dit qu'on aurait dû faire 4 enfants d'affilée, pour rentabiliser nos 2 ans et demi de nuits blanches.

Parce que là, on est quand même très moyennement motivés par la perspective de remettre ça. 5 ou 6 ans de nuits blanches,  ça ne me semble tout simplement pas humainement tolérable.

Alors deux options :

1. la fabrique de bébés se sort les doigts (pardon, mais je crois que je leur en veux encore un peu) et met en place un vrai SAV digne de ce nom et nous livre un truc qui FONCTIONNE

2. rien.

Ouaip.




PS : ce billet laisse peut être la place au doute, alors je précise : je ne suis pas enceinte, je n'essaye même pas de l'être. C'est peut être éventuellement dans l'air du temps, c'est tout. Je vous rappelle que les idées doivent cheminer assez longuement dans mon petit cerveau pour être digérées.

jeudi 2 juin 2011

Un indice s'affiche en bas de votre écran.

Je viens de recevoir un sms m'indiquant que j'avais dépassé le quota de données téléchargées depuis mon téléphone ce mois-ci, en conséquence de quoi mon accès se verrait restreint jusqu'au mois suivant.

Je ne comprends pas.

Je veux dire, je pensais que ce genre de choses n'arrivait qu'aux accro du téléphone, passant leur temps à vérifier leur messagerie, prendre des nouvelles sur Facebook, dire des bêtises sur Twitter, regarder des vidéos de chatons sur youtube, ou que sais je encore.

Le genre qui emmènent leur téléphone aux toilettes pour continuer à écouter leur podcast, ou ceux qui twittent ou pokent en loucedé pendant les réunions.

Des fous limite dangereux, qui collent leur gamin devant des Tracteur Tom sur youtube pour avoir la paix pendant les deux heures de TGV.



...

Oh wait.







Bon, ok, le mois prochain, j'entame une désintox.


(oui, c'est court, mais rappelez vous que ce n'est pas la taille qui compte, bande d'obsédé(e)s)

mercredi 1 juin 2011

Le concombre masqué

Vous y croyez, que cette sale histoire de légumes tueurs tombe pile poil au moment où j'ai le frigo plein des restes du repas familial (oui car finalement, j'ai cuisiné, si, si), avec notamment un reste de 2 litres de gaspacho maison ? (pour les handicapés culinaires comme moi, les principaux ingrédients du gaspacho sont le CONCOMBRE et la TOMATE).

Alors que normalement, le frigo et les placards remplis avec amour et dévouement par Mr PG selon ses propres goûts (partagés avec le Crampon), ne proposent que le quinté gagnant : riz-pâtes-patates-viande-desserts au chocolat ?

Je cuisine une fois par an, je mange des légumes à peu près aussi souvent, et pof, les 5 fruits et légumes par jour passent du statut d'obligation morale sous peine de mort lente et douloureuse par cancer du gras, au statut de danger pour l'humanité.

Coïncidence ?
Je ne le crois pas.

Dont acte.
Adios Fyfe en cuisine, adios légumes, maintenant ON MANGE DES FRITES !