jeudi 23 octobre 2008

Le genre du coloc'

En ce moment, les merdouilles du quotidien s'abattent sur moi comme la police sur les peaux basanées.
Je viens consécutivement d'échapper à un diagnostic d'hépatite A ou de dengue, de me faire sermonner par mon chef sur le respect de la hiérarchie, d'autoriser le propriétaire de l'appartement à casser toute notre salle de bain pour réparer une fuite, de ne pas tuer le propriétaire qui n'a finalement pas trouvé d'alternative pour que nous gardions l'accès à une douche (appartement inoccupé, chambre d'hôtel,...), de ne pas égorger le plombier qui tente d'enfouir l'appartement sous la poussière et a des notions pour le moins étonnantes du nettoyage, basées sur une méconnaissance totale du concept d'aspirateur, et sur le récurage des toilettes avec l'éponge que nous utilisons pour faire la vaisselle.

Bref, j'en ai des excuses pour ne pas bloguer régulièrement, pas vrai ?

Mais quand même, j'ai lancé un grand jeu-concours de devinette du genre de l'alien, avec un formidable enjeu puisque celui/celle qui gagne aura le droit de m'accueillir chez lui/elle pour que je prenne une douche (merci aux non-parisiens de fournir le billet de train).

Nous avions donc 4 possibilités : masculin - féminin - dauphin ou extra terrestre asexué.

Un dauphin ça aurait été plaisant côté nuisances sonores je trouve. Évidemment il aurait fallu déménager un peu plus près de la mer. Ou de la Seine. Ou de la piscine municipale. Parce que vivre dans la baignoire de notre salle de bain qui fait au bas mot un mètre carré, ça me semble difficile à gérer quand même, à terme.
M'enfin, contre toute attente et en dépit des premiers clichés de l'alien, ce n'est pas un dauphin.

Un extra-terrestre asexué ? Ma foi, je reconnais que pour éviter de reproduire des schémas familiaux désagréables, ou éviter d'avoir à gérer des préoccupations sexuelles, c'eût été une solution innovante. Bien sûr, se faire surnommer E.T. et entendre toute son enfance "téléphone - maison" (les enfants peuvent être tellement cruels), ça ne laissait rien présager de bon pour l'adolescence, ni pour le budget psy à prévoir (non mais vous savez combien coûte de 10 ans de psychothérapie ?)...
Et encore, ça c'était si on avait eu l'option "gentil extra-terrestre". Parce qu'on aurait aussi bien pu tomber sur la version de Sigourney Weaver, et alors là, je vous dis pas le bazar dans la maison, les ravages de la bave acide sur le plancher, la caution qu'on ne récupérera jamais, etc etc. Et on sait ce que c'est de procréer, hein, c'est un peu la roulette russe, allez savoir sur quel genre de progéniture vous aller tomber.
Mais figurez vous que malgré ce que laissaient entrevoir les seconds clichés de l'alien, malgré cette manière un peu cavalière de squatter un ventre puis de tenter de le déchirer en le rouant de coups, l'alien n'est pas vraiment un alien.

Restaient donc deux possibilités : fille ou garçon.
Je sais, moi aussi, cette banalité m'afflige, mais que voulez vous, les enfants sont si conformistes jusqu'à leurs 18 ans (à moins que ce soit jusqu'à leurs 25 ans ?)(ah, on me dit que pour certains c'est toute la vie).

Croyez moi qu'avec Mr PetiteGraine, on a dû y réfléchir aux avantages et aux inconvénients d'une fille ou d'un garçon, vu le nombre de questions qu'on nous a posées sur nos préférences.
A la base moi je voulais un dauphin, alors bon, j'ai dû me creuser les méninges.

Une fille, c'est bien, parce qu'on peut lui mettre des robes cro-cro mignones, ce qui permet de jouer à la poupée sans avoir l'air de frôler la sénilité regressante.
Et puis une fille, je connais, tu vois, parce qu'il n'y a que ça dans ma famille (à part mon père of course)(car oui, je sais qu'il faut des gamètes masculines pour faire un bébé).
C'est rassurant du coup. Je sais déjà à quel âge il faudra gérer la rositude, la paillettitude, la sentimentalitude, la conconitude, et puis évidemment, la période bénie de l'adolescence, pendant laquelle le seul fait de se trouver dans la même pièce que sa mère devient crispant. (J'ai pas dit que c'était parfait, j'ai dit que je connaissais. Nuance)

Un garçon, c'est bien, c'est un peu l'aventure pour moi.
Je sais à peu près gérer le garçon à partir de 20 ans, mais avant, ben c'est mystère et boule de gomme. D'après ce que je vois autour de moi, on passe d'une passion dévorante pour les petites voitures (ça, c'est gérable), à une passion dévorante pour son petit zizi (qui paraît il n'est pas si petit que ça au tout début, d'ailleurs). Là, je ne gère pas du tout en revanche.
Mon expérience personnelle des garçons, certes plutôt basée sur les méthodes destinées à les amener dans mon lit, m'a toutefois permis d'entrevoir les énormes enjeux de la relation mère-fils.
Finalement, l'avantage d'un garçon, c'est donc surtout d'avoir le pouvoir d'en faire un éternel bébé amoureux de sa mère toute sa vie et qui ne regardera jamais jamais jamais les autres filles. Ça me semble bien, ça, tient.

Ok, va pour le garçon.

Bravo Marie ! Je prends ma serviette, mon gel douche, et j'arriiiiiiive !

mercredi 15 octobre 2008

L'expédition au Milieu (2)

Alors au Milieu, j'ai donc travaillé.

Cette partie-là du séjour peut se résumer à "au secours".

En gros : personne n'a relevé que j'étais enceinte (ils pensent que je fais de l'aérophagie depuis une quinzaine d'années ou quoi ??), ou alors ils ont choisi d'ignorer cette information.

Du coup, ils ont insisté autant que d'habitude pour me faire gober des verres d'alcool de riz culs sec, et après de looooongues minutes de négociation, j'ai fini par céder, sous le regard consterné de mes collègues français.

Nan, je vous rassure, je ne suis pas devenue dingue. Cet alcool, il te fait flamber le gosier et les neurones avec (c'est un package), donc évidemment que je n'allais pas risquer de contaminer l'alien avec ce machin tout juste bon à allumer un barbecue.

J'ai suivi des conseils avisés : j'ai juste fait semblant.

Et tout recraché dans ma serviette.

Puis, quand elle fut pleine (et ma manche de chemise aussi, par la même occasion), j'ai recraché les verres suivants dans mon petit bol de soupe.

Oui c'est absolument dégoûtant.
Mais je n'ai pas trouvé mieux.
J'expédie là bas le premier qui ose me dire qu'on n'est jamais obligé et qu'on peut toujours dire
non. (c'est ce que mes collègues m'ont dit avant d'être confronté à l'insistance de nos hôtes et de finir par boire épicétou).

Voilà voilà.

Pour parfaire ce magnifique tableau de seskytude à base de bas de contention et d'alcool recraché, il faut également que je vous parle de mes gracieuses aptitudes à l'exercice physique depuis que j'héberge l'alien.

L'idée, c'est que pendant la partie du séjour au Milieu qui n'était pas consacrée au travail (une journée), on allait faire de la bonne vieille visite touristique. Et profiter du magnifique soleil pour marcher sur la grande muraille.
Oui, oui, je suis au courant que la grossesse fatigue, que ma capacité pulmonaire est drastiquement réduite, que le surpoids rend mes déplacements difficiles, que la muraille est connue pour être une succession d'escaliers vertigineux...

Mais que voulez vous, c'est l'aventurière en moi qui a encore parlé.
Et puis aussi, dans le guide, ils disaient qu'un funiculaire amenait les flemmasses et les femmes enceintes en haut.
La réalité se cache parfois dans la subtilité.
Or, il fallait lire : "presque en haut".
Nuance.
Grande nuance.

Il m'a fallu 10 bonnes minutes pour faire les 10 premiers mètres de la marche d'approche après le trajet en funiculaire. J'ai cru que j'allais décéder du coeur et des poumons avant d'avoir pu poser un pied sur cette satanée muraille.
J'ai fait tellement de peine à mes collègues que je les soupçonne d'avoir imaginé un instant payer une douzaine de chinoises pour me porter sur le reste de la marche.

Finalement, quand on a enfin posé un pied sur la muraille, j'ai regardé le point culminant (soit disant à une demi heure de marche)(comptez huit heures pour moi), les escaliers en mauvais état, les aplombs vertigineux, et j'ai eu un rire nerveux.
Mes collègues ont fait semblant d'être aussi crevées que moi, et nous avons décidé que c'était un peu idiot de vouloir à tout prix monter sur la muraille, alors qu'on pouvait tout aussi bien descendre.

C'est donc par rebellion et non pas en raison de mon incapacité physique notoire que nous avons descendu la muraille, et que j'ai sauvé ce qui me restait d'égo.

Durant ces humiliants épisodes, j'ai constamment parlé intérieurement à mon alien.
Pour le rassurer (mais si, c'est trèèèès bon la peau de patte de canard, voyons), le ramener à la raison (je t'en prie arrête de me piétiner la vessie ça fait trois fois que je dois aller aux toilettes pendant la même réunion), et le menacer (je te préviens que t'as intérêt d'être un agneau à l'adolescence, pasque t'as pas fini d'en entendre parler des deux fois où ta mère t'aura emmené au pays du Milieu au péril de sa vie, et ça va te coûter trèèèèèès cher, crois moi).

Spéciale dédicace à ClaireMM, je crois que j'arrive à être une mère indigne avant d'être mère :)

mardi 14 octobre 2008

L'expédition au Milieu (1)

Me voilà reviendue de chez les gens du Milieu tout là bas là bas.
(la première fois au Milieu c'était )
(la deuxième fois )
(la troisième pas racontée)
(la quatrième c'est maintenant)

Que les mauvaises langues se taisent tout de suite, être enceinte n'est pas (tout à fait) être handicapée, et je n'ai pas participé au jeux paralympiques du tout, je travaillais.

Mais Paris - capitale du Milieu - trou paumé du milieu du Milieu, ça reste une sacrée expédition à mener quand on se ballade avec un colloc' alien dans le bidon, j'vous jure.

D'abord il faut commencer par rassurer tous les collègues qui ouvrent grand les yeux : "tu vas prendre l'avion ???"

Et répéter mille fois : je suis suivie médicalement tu sais, et il n'y a aucune contre-indication avion / grossesse. (à part qu'il faut porter des bas de contention)

Le truc entre parenthèse, c'est en option dans la réponse, selon le degré d'intimité que j'entretiens avec l'interlocuteur. Je précise, parce qu'on pourrait croire que j'essaye d'infliger des visions d'horreur à des presque inconnus alors que pas du tout.
Non, je me contente de faire faire des cauchemars anti-glamour aux proches, avec mes histoires de bas qui te contentionnent la jambe et qui s'arrêtent en haut de la cuisse.

Vous ne voyez pas ?

Ben c'est simple pourtant : en bas t'es contentionnée, et juste au dessus, et ben t'as tout le gras de ta jambe qui essaye de se faire la malle.
Effet rôti bien ficelé assuré.
Même au dessous d'un pantalon, ça se voit, c'est vraiment, mmmmh, so sesky.
(cligne de l'oeil et passe toi la langue sur les lèvres comme si il restait du nutella dessus)
(voilà, vous êtes bons pour une bonne semaine de cauchemars)
(pas la peine de vous plaindre, ce cauchemar c'est MA VIE alors vous ne trouverez aucune sollicitude ici).

Là, vous vous dites, au moins, la fille, elle fait pitié. Les gens de l'aéroport, ils vont la surclasser. Surtout qu'on est venus au comptoir dans les derniers, que l'avion était super plein avec des gens sur la liste d'attente et tout et tout, que je suis une bonne cliente avec tout plein de miles sur sa carte, que le billet avait coûté bonbon à ma boîte (genre pas un billet acheté 10 mois à l'avance en promo et tout et tout), et qu'en plus je masterise le regard de chien battu qui accompagne la caresse sur mon gros bidon.

Mais en fait non.

Tellement horrible, la vision de mon rôti de cuisse, qu'au contraire, on m'a laissé chez les pauvres. Alors que les deux collègues même pas enceintes qui ont enregistré en même temps que moi, elles, elles ont été surclassées.
Note pour plus tard : faut vraiment que j'arrête ce truc de clignement de l'oeil je crois, ça m'a l'air contre productif.

La première collègue, elle a été surclassée dès le comptoir d'enregistrement. Elle a essayé de me céder sa place (une gentlewoman comme on n'en fait plus, j'vous jure), mais j'ai vigoureusement refusé. Qu'elle profite, voyons, je suis enceinte, pas malade, la classe éco ne nous tuera pas, deuxième collègue et moi, voyons.

C'est au moment de monter dans l'avion que deuxième collègue a été surclassée.
Là j'avoue, je me suis senti un peu seule.
Ils ont un truc contre les femmes enceintes chez Air*France ou quoi ?
Evidemment, je ne pouvais pas accepter que collègue numéro deux me cède sa place alors que j'avais tellement insisté pour ne pas prendre celle de collègue numéro un.
En même temps, ça me foutait tellement les boules d'être la seule couillone que je savais plus trop quoi dire.

On a trouvé un arrangement, on on a fait moitié - moitié.
Moitié chez les pauvres et moitié chez les gens du business.

Finalement c'était une mauvaise idée. Juste de quoi te donner le goût de dormir vraiment allongé, de jouer avec le fauteuil massant, et de manger des trucs trop bons.
Et après, déprimer pour tes 10 prochains vols parce que le retour en classe éco, il est duuuuuuur.

Bon ben, on a atteint mon maximum de concentration pour la journée, donc la suite du périple au Milieu demain si vous le voulez bien.
(si, si, je vous assure, il faut revenir sur le bloug)
(même qu'après mon périple au Milieu, je pourrais vous raconter mes dernières histoires d'alien)
(et qu'en attendant, vous pouvez d'ores et déjà prendre les paris sur le genre de l'alien : masculin - féminin - dauphin ou extra terrestre assexué)
(moi je sais)
(depuis au moins tout ça de semaines)
(hin hin hin)

vendredi 26 septembre 2008

Je suis presque pas mourute

La preuve, je ris encore :




(Quand on se rend compte à 100 mètres de son immeuble que le truc bizarre qu'on sent sur ses fesses à l'intérieur du pantalon c'est la culotte de la veille et qu'on la sort de sa cachette avec un air dégouté en plein milieu de la rue, c'est le signe qu'on est très fatigué, non ? Oui, je me disais aussi... Allez, je vais dormir, moi)

jeudi 11 septembre 2008

Ironic Fiction

J'ai commencé à travailler à l'usine à 16 ans.
On fabriquait des chaudières industrielles.
Entre nous, pour ce qu'on me demandait je peux vous dire que ça aurait aussi bien pu être des jouets en plastique.
Les collègues, la pause café, le train train, quoi.
Un jour, je crois que c'était en 1997, j'ai entendu Chirac dire à la télévision que l'amiante serait interdit, vu qu'on savait depuis des dizaines d'année que c'était dangereux pour la santé.
Ça m'a fait drôle, parce que de l'amiante, il y en a plein à l'usine.
On en a parlé un peu ensemble, avec les gars de l'équipe, et puis on a continué à bosser parce que le boulot n'attendait pas, ni le chèque en fin de mois, évidemment.
Les cancers et les décès ont commencé pas longtemps après. On avait beau se plaindre et demander des explications, les patrons ils s'en foutaient un peu.
On nous a même fait casser un vieux four bourré d'amiante à la masse, sans protection.
Faut dire que quand l'inspectrice du travail était passée, la direction avait affirmé qu'il n'y avait plus d'amiante, alors...
Ça a duré longtemps parce que je me souviens que c'est en 2002 que le désamiantage du site a été fait.
40 tonnes de poussières amiantées ont été déblayées.
Putain, 40 tonnes.
Là, ça m'a fait bizarre quand même. On s'est rendu compte qu'on devait tous avoir les poumons pleins de cette saloperie-là, et que les cancers, c'était que le début.
Ça fout les boules, mais la vérité, c'est que les patrons, ils n'en ont rien eu à foutre de nous.
Le procès, ils l'ont bien mérité.
On a réclamé 10 000 euros de préjudice moral. Ça rend pas la santé mais c'est mieux que rien.
Quand je vois que des collègues malades ont eu droit à 1 500 euros à Nantes, je me dis que j'ai de la chance.
En même temps il y en a qui ont touché 200 000. Avec l'option cancer. Alors je sais pas trop. Si 10 000 euros, c'est le prix de ma vie, c'est clair que ça fait pas lourd.



J'ai joué. Beaucoup.
Triché. Souvent.
Gagné. Enormément.
Et perdu. Tout.
Mais je ne suis pas du genre à me laisser abattre. Dans la vie on est un winner ou pas. Et crois moi, le mec qui va m'enterrer, il n'est pas né. Pourtant, ça n'a pas été tous les jours faciles.
La vie de golden boy, le fric, c'est peut être pas chic, mais on s'en fout, j'étais bien habitué. Des potes, t'en manques pas quand t'es pété de thunes. Et puis les journaux people, ils ne se lassent pas de raconter ta success story sous tous les angles.
Le jour où tu te fais piquer la main dans le sac, putain, là, tu les comptes sur la main, tes amis. On te file en pâture aux médias, et tu payes cher. Tu oublies le yatch, tu oublies les nanas, tu oublies la tournée des grands ducs.
Y en a qui vont me le payer, crois moi, la vengeance est un plat qui se mange froid.
Parce que j'ai trouvé la faille dans leur système.
Eux non plus ils n'ont pas été très clean avec moi.
Et moi tu vois, quand je trouve une faille, je m'engouffre.
Et voilà.
Ca a pris du temps, mais je les ai fait cracher.
Ils m'ont remboursé le manque a gagner. 240 millions d'euros.
Et puis le préjudice moral aussi. 45 millions d'euros.
C'est le prix de ma blessure. De mon honneur déchu.



Alors elle est où l'ironie de ma fiction tellement fictionnelle ? Ben l'ironie, c'est que le genre de type qui se ramasse 45 millions, c'est le même genre de type qui décide que d'autres n'ont qu'à crever de l'amiante parce que cette putain d'usine, elle va bien tourner encore 5 ans avant qu'on désamiante.

Vous je ne sais pas, mais moi à l'idée de vivre dans un monde où l'orgueil des riches vaut mille fois plus cher que la vie ou la mort des pauvres ça me donne des envies sévères de révolution.

Le fatalisme ambiant des pauvres destinés à rester pauvres toute leur vie (ou à gagner la star academy), résolus à regarder de loin ces riches de plus en plus riches et de plus en plus protégés, ça me donne envie de foutre le feu, tout simplement.

'tain je vais accoucher d'un pyromane à cause de ces conneries.


Evidemment toute ressemblance avec des faits réels ou ayant existés ne serait que fortuite et blablabla. Mais mate un peu ici quand même. Et . Et viens révolutionner avec moi un peu.

vendredi 29 août 2008

I've got the power



(mais pas la même coupe de cheveux que le monsieur)(ouf)

En ce 5ème mois de cohabitation avec l'alien, je me sens mieux que bien. En réalité, je me sens toute puissante. Divine, si vous préférez.
(qui a dit "comme d'habitude" ? Personne ? Bande de jaloux)

Grâce soit rendue à mes hormones, qui m'ont propulsé un peu au delà du 7ème ciel, et me permettent chaque jour de garder un moral indestructible malgré mes chutes de tension, digestion difficile, fatigue chronique, migraines récurrentes, etc etc.

Grâce soit également rendue à M. PetiteGraine, dont le dévouement n'a d'égal que la culpabilité vis-à-vis de mon si piteux état physique.

Soyons clairs, le futur papa est une proie facile.

Il est là, tente de participer comme il peut à ces grands chamboulements hormonaux et physiques sans bien les comprendre. Impuissant à soulager sa douce, à suivre ses sautes d'humeur, il semble parfois un peu dépassé par les événements.

Malgré tout, il se sent toujours un peu responsable de tout ça.
Nous ne sommes pas en train de faire de la politique, alors de responsable à coupable, il n'y a qu'un pas.

Voilà posées les bases de la tyrannie qui peut vite s'imposer au futur papa.

Pas par moi bien sûr. Je ne suis qu'amour et douceur.

Ainsi, la grossesse devient mon amie. Qui l'eut cru ? (Pas moi en tout cas).
Mais tout bien réfléchi, je trouve ça assez pratique d'être bien trop fatiguée pour participer au ménage, au rangement, aux courses au supermarché, et à la cuisine.

C'est pas de ma faute, c'est le bébé qui veut pas. Siiiiiiii j't'assure, il fait rien qu'à bouger jusqu'à m'envoyer 18 fois d'affilée aux toilettes, comprimer mon estomac, et tirer sur mes ligaments.

En revanche, le bébé n'a absolument rien contre le fait que je sorte voir des amis jusqu'à des heures indues ou que je parte en voyage.

Ce bébé est déjà intelligent. Il sait bien qui va le nourrir et qui il doit se mettre dans la poche en priorité.

vendredi 22 août 2008

Une fessée pour Harry

Harry Roselmack est mon plaisir des yeux à moi.
Je suis prête à presque tout entendre venant d'une si jolie bouche et de si jolis yeux, et d'un si joli sourire, et d'un si joli... breeeeef.

Mais quand même, Harry, je dois te dire, mardi, pendant le journal de 20h, tu m'as énormément déçue.

Non, pas à cause de ce sujet déjà mille fois traité, après tout, un bon vieux marronnier, je n'ai rien contre, quand il s'agit de sombrer dans une torpeur amoureuse en te regardant.
En l'occurrence, il s'agissait d'un reportage sur l'évolution du prix des achats de rentrée.
Passionnant n'est ce pas ? Tais toi et bave, va.

Concentre toi, Fyfe, concentre toi.

Ce reportage nous apprenait donc que le prix du "panier moyen de la rentrée" avait baissé de quelques euros par rapport à l'année passée, grâce aux efforts consentis par les enseignes de supermarché et les petits commerçants, papeteries, etc, etc.

Alléluia, gloire à $arko, le pouvoir d'achat augmente, alors, me demandais - je en mon for intérieur à moi que j'ai.

Que nenni ! Dans un impromptu accès d'honnêteté journalistique, Harry et sa si jolie bouche (oh Harry, ta bouche, ta bouche....) précise alors que les associations de consommateurs (ou de parents d'élève, je ne sais plus), estiment en revanche que les coûts de transport et de cantine pour les élèves subissent une augmentation de 50%.
Ah.

Et c'est là que Harry dérape (pourquoi Harry, pourquoi toi ?) : "On ne peut pas gagner sur tous les tableaux".

Et voilà comment notre idylle s'est violemment terminée.

Pour commencer, Harry, c'est quoi ce verbe : "gagner", mmh ?

A qui essayes tu de faire croire que les parents ont gagné quelque chose avec cette baisse de quelques euros ? Ils ont juste un peu moins dépensé, pas gagné.
Ben oui, c'est con mais la nuance est de taille.

"On ne peut pas gagner sur tous les tableaux".
Dit comme ça, on comprend que le consommateur a donc gagné sur les achats de rentrée, mais pas sur les transports ni la cantine.
Au mieux, on peut imaginer que pour les transports et la cantine, on ne gagnera rien.
Au pire, on se dit qu'on va perdre de l'argent sur les transports et la cantine, mais bon, comme on a gagné sur les achats de rentrée, ben ça va s'équilibrer.

Mais Harry, est ce bien raisonnable ?
Je ne connais pas les montants exacts, mais ça m'étonnerait que quelques euros gagnés en septembre compensent 50% d'augmentation des dépenses des transports d'élève et de la cantine pendant trois trimestres...

Comment te dire, Harry ? Ça me fout la gerbe les idées qui sont cachées derrière cette phrase anodine.
C'est vrai quoi, qui sont ces pénibles qui passent leur temps à se plaindre de leur pouvoir d'achat alors qu'ils ont économisé quelques euros sur leurs achats de rentrée, mmh ? Ils ne voudraient pas EN PLUS économiser sur les autres frais, si ??

Je caricature ? Peut être, peut être.

Allez, Harry, dis moi : ta langue a fourché ? (ta langue, Harry,.... non rien, je vais me reprendre)

Ce que tu voulais dire c'était plutôt : "Il reste du chemin à faire pour l'augmentation du pouvoir d'achat des parents d'élèves", c'est ça ?

Allez, ne recommence plus, fais moi des d'excuses, un bisou mouillé, demande moi en mariage, et je te pardonne.

mardi 19 août 2008

Condensé

Il y aurait tant à dire de ces trois premiers mois de cohabitation intérieure entre l'alien et moi.

Même si la tentation est grande de raconter ici tout le sel cette nouvelle aventure (si, si, c'est une vraie aventure, et d'ailleurs je me sens comme Sigourney Weaver quand elle découvre les mignons noeufs des moins mignons aliens), je sais que je dois fuir comme la peste mes tendances naturelles à l'exhaustivité (c'est mon côté psychopathe inquiétante, cette manie de ne rien vouloir oublier, de tout écrire).

Donc non, vous ne saurez pas tout et je ne dirai pas tout.
Parce qu'il me faudrait trop de temps (je n'envisage pas de pouvoir finir de TOUT raconter avant 2018), parce que ça serait inutile et chiant comme la mort, parce que je dois lutter contre mes manies psychotiques.

Voilà.

Alors voici un condensé de ce fameux "premier trimestre".

J'ai déjà évoqué les joies des hormones en folie à l'occasion de l'arrêt de la pilule.

Comme le faisaient si justement remarquer Ma'cha et Ophise dans les commentaires, le coup des hormones, comment dire, mouhahahahahahaha.
En fait, si on en entend peu parler, c'est tout simplement parce que le boulersement hormonal lié à l'arrêt de pilule, ce fameux état de furie de l'amour et du seske, est à peu près du niveau de l'importance du dernier cassage d'ongle de Miss France, si on le compare au cyclone + tsunami + tremblement de terre engendré par la grossesse.

Avec la grossesse, la notion d'alien qui prend possession de ton corps prend tout son sens.

Pendant ces trois mois, donc, il y a eu quelqu'un - ou quelque chose, allez savoir avec les aliens - qui a pris plaisir :

- à tenter de me lyophiliser. J'ai pleuré pour tout je pense. Les réveils difficiles, les victoires sportives, les défaites sportives, la fatigue, le chat qui ne veut pas monter sur mes genoux, le chat qui veut tout le temps monter sur mes genoux, Frédéric François, mon incroyable susceptibilité, la faim dans le monde et les guerres qui sont vraiment mais alors vraiment pas bien quand même meeeeeerde, etc etc etc...

- à tenter de me faire faire des abdos de force en me refilant des fou rire intempestifs au sujet de tout. Les réveils difficiles, les victoires sportives, les défaites sportives,la fatigue, le chat qui ne veut pas monter sur mes genoux, le chat qui veut... bref z'avez compris.

- à faire de moi une esclave de l'amour (on ne revient pas sur le sujet, je pense à m'inscrire aux seske-addict anonymes, tout-va-bien)

- à faire de moi une esclave de mon oreiller : j'ai dû exploser quelques records olympiques de dodo le plus long

- mais surtout, surtout, à provoquer ce dawa incroyable dans mon système digestif, me permettant tout à la fois de stocker plusieurs semaines de caca (on a frôlé l'explosion je pense) (mioum, ne me remerciez pas pour ces détails), d'expérimenter ce concept de "remontées acides" jusqu'ici inconnu de moi (et ça manquait teeeeeellement à ma culture), et bien sûr, de profiter de cet état nauséeux permanent. Non, j'exagère. En fait la sensation de mal de mer s'arrêtait parfois. Quand je dormais par exemple. Et quand je mangeais aussi (ben ouais, ça laisse bien 14 heures par jour d'état beuuuuuurk).

- L'alimentation est un sujet en soi. Depuis 31 ans que je me connais, je m'étais habituée à quelques rituels rassurants, du type avoir faim 3 fois par jours environ, être rassasiée après avoir fini mon dessert, ou faire un peu de place pour une deuxième part de gâteau au chocolat trop trop bon. Et je dois avouer qu'il n'est pas aisé de faire table rase de ce genre d'habitude. La cohabitation avec l'alien implique en effet une certaine écoute de ses sensations. Par exemple : "beeeeeeeeeeeu, j'me sens maaaaaaal" "ptêtre que j'ai faim en fait ?" "ok, bon, je vais tenter un peu de chocolat" "ah oui, tient, ça va mieux après un demi-carré" "rhâââââââ j'aurais jamais dû finir la deuxième moitié du carré de chocolat, j'ai troooooop mangé, j'me sens maaaaaaal". Déstabilisant, hein ? Pensez bien que jamais une malheureuse tablette de chocolat ne m'avait résisté jusqu'ici. Ça fait un choc, j'vous jure.

Pemettez moi de passer vite sur le ventre qui grossit, pas suffisamment pour être reconnaissable comme un ventre de femme enceinte, nooooooooon, mais juste assez pour être clairement identifié comme purement graisseux. C'est un traumatisme qui n'est pas encore tout à fait guéri.

Pathétique, oui, c'est le mot qui m'est souvent venu à l'esprit.
Et puis d'autres moins polis aussi. Ou plus désespérés :
"Chériiiiiiiiiiiiii, appelle un exorciste, j'en peux plus de l'alien"

Voire, je ne chercherai pas à le nier, légèrement énervés :
"P$*&@ de B@/ù£$ de M*$^`#, là, si je crie "sortez moi de là je suis une célébrité" le jeu il est sensé s'ARRETER, naméo !"

Je précise que oui, j'ai invoqué régulièrement par la pensée les milliards de femmes qui sont passées par là avant moi, et que non, ça ne m'a pas aidée.
J'ai beau savoir que certaines ont fait une pause de 10minutes dans leur vie pour déposer le bébé au milieu d'un champ, que d'autres ne connaissent même pas la définition d'une remontée acide ou d'une échographie, le malheur des autres, s'il me révolte, n'a jamais soulagé le mien.

Alors j'accepte d'être considérée comme la femme la plus douillette du monde et je vous merde.
(ah oui, je vous ai déjà parlé des hormones et de ma susceptibilité je crois).
(le dalai lama devrait prendre quelques cours de zenitude avec mon chéri à moi que j'ai).

Voilà.

Et pour couronner le tout, ces trois mois là sont l'occasion de réaliser qu'on est perçue comme une alcoolique notoire, puisque malgré tous les efforts déployés pour garder cette grossesse secrète, toutes vos amies vous grillent au premier cocktail sans alcool commandé.
Pas la peine d'essayer de les détromper ou de leur mentir, leurs regards en disent long : vous êtes Sue Ellen et vous avez commandé une menthe à l'eau, pas la peine de la leur raconter.
Je ne parle pas que de vous, les blogueuses qui allez vous dénoncer dans les commentaires - n'est ce pas ? - mais je parle de vous AUSSI, surtout que vous, vous m'avez grillées alors que le test de grossesse était encore frais, 'spèces d'espionnes ;-)

Bref.
3 mois qui ne seront certainement pas les meilleurs de ma vie.

Aucun sentiment de "maternité" à l'horizon, juste une furieuse envie de sortir de cet état tellement beurk, et une question lancinante : "mais comment est il possible que les gens fassent parfois un deuxième ?"
(et bien sûr, l'énoooorme sentiment de culpabilité pour oser avoir ce genre de pensée alors que, je vis la plus belle chose du monde (je cite))(citation qui appelait généralement une réponse très fort dans ma tête du type : "Ta gueule")(ahum).

Un élément de réponse pour expliquer ce phénomène étonnant qui amène certaines à recommencer : le quatrième mois.
Disons d'une manière générale, la suite de l'aventure entre Sigourney et son alien, les règles de cohabitation qui se mettent en place, et toutes ces nouveautés curieuses et excitantes qui font oublier ce qui est déjà passé.

Bon ben, à suivre comme on dit...

jeudi 14 août 2008

Seske machine

Bon bon bon.
Ça s'est à peine vue que j'ai disparu du blog un moment, mmh ?
C'pas de ma faute, j'avais vacances. Du cerveau et du reste.

Pour un retour en douceur, voici le tag de l'été, grâce à ma copine Bykyss qui a sans doute voulu me rappeler que je n'étais pas qu'un ventre et un placenta, et que je devais aussi montrer la bombe seskuelle en moi (non, on ne rit pas, merci).

Si j'étais un slip
Je ne rentrerais jamais dans les fesses. JAMAIS. C'est le mal de rentrer dans les fesses, ça oblige d'élégantes jeunes filles à se contorsionner en tripotant des élastiques mal placés.

Si j'étais un sextoy
Ça voudrait dire que j'ai été très punie d'avoir été très très méchante dans ma vie précédente.

Si j'étais un fantasme
Mais enfin, je SUIS un fantasme. Pour beaucoup d'hommes. Et de femmes. Et d'aveugles.
Non mais.

Si je devais faire l'amour avec un animal
Je me dis souvent que l'homme de ma maison est un animal RRRRRRRRrrrrrr.

Si je devais te dire quelque chose à l'oreille pendant qu'on fait l'amour
Ben t'aurais plutôt pas intérêt à le répéter sur le oueb.

Si j'étais Clara Morgane mais avec mon cerveau actuel
Je réaliserais que mon soutien gorge est à l'extérieur de ma robe et non pas à l'intérieur comme il se doit, et je me sentirais un peu mal pour aller bosser.

Si j'étais une zone érogène
Mon estomac.

Si j'étais un détail absolument irrésistible
Le regard moqueur du chéri de ma maison.

Si j'avais une morale sexuelle
Jamais les lundis, jamais sur la table de la cuisine, jamais avec le facteur, jamais avant le mariage.
(oups je ne suis pas mariée)
(on dirait que depuis la 6ème question, j'ai récupéré le cerveau de Clara Morgane dans mon corps)(c't'arnaque)

Si je me réveillais demain sans pénis ni vagin
Je pourrais passer sur TF1.

Prend le tag qui n'en veut exprimer sur le ternet du monde sa seskualité.

dimanche 27 juillet 2008

Google est mon ami

Après cette nouvelle à haut pouvoir boulversifiant pour nos vies, le Chéri de la maison et moi avons eu deux réactions assez différentes.

Pour ma part, je me suis jetée sur internet et j'ai, je pense, fait le bonheur des analyseurs de mots clefs.
Croyez moi, grâce à mes "enceinte To do list", "grossesse 10 trucs à savoir", et, plus désespéré : "la grossesse pour les nuls" (et encore, je me suis retenue de taper "enceinte S.O.S"), y en a qui vont se marrer en regardant leurs statistiques....

Quant à M. PetiteGraine, il n'a pas eu besoin de parler, ni de bouger.
Son regard disait tout.
J'ai baissé les yeux, pour vérifier si j'avais une tâche sur mon t-shirt.
Pas de tâche, non.
Haaaaaaaaaan, mais, tu crois que.... déjà ? C'est vrai que depuis ce matin, ma poitrine me semblait.... différente (comprendre : hypersensible, prête à exploser).
Vérification devant le miroir.
Ok, on arrête tout de suite les grosses blagues, la déconnade, tout ça tout ça et ON ME REND MES SEINS IMMEDIATEMENT.
J'insiste, ces trucs énormes avec des aréoles de vache laitière ne m'appartiennent pas.
C'est possible qu'on m'ait transplanté les seins de Loana dans la nuit ? Non, hein?
Bon, alors elle est où la caméra cachée mmmh ?

Ok, ce sont donc mes nouveaux seins pour au moins... tout ça de temps.....
Bien.
Inspire, expire.
Retourne sur internet : "grossesse gros seins durée" - "grossesse gros seins ça continue à grossir ?"
(et voilà élucidé le mystère des gens qui tapent des questions entières dans google. Pardonnez leur ils sont désespérés)

"grossesse - et maintenant je fais quoi ?"

(et le pire c'est qu'il y a des réponses)(des tonnes de réponse)(y a des gens qui passent leur temps à faire des bébés et à le raconter sur le net)(qui a dit "comme toi maintenant" ??)

Bref, c'est comme ça qu'on peut apprendre quelques heures après avoir fait pipi positif qu'on est déjà en retard pour s'inscrire dans un endroit parisien qui voudra bien nous laisser accoucher (hôpital, maternité, pont, bordure de boulevard périphérique....).

Meuh non c'est pas anxiogène la grossesse....

(je vous rassure, maintenant je vais résumer, hein, je vais pas vous faire les 3 mois heure par heure)(et oui, je me rends bien compte que ça commence à ressembler à la saga de l'été version sans dolmen mais avec tour eiffel)(mais j'ai teeeeeeeellement de truc à dire)(avis aux blogeurs-blogueuses en mal d'inspiration : faites des bébés y a de la matière j'vous jure)