Il y a des jours comme ça, où la vie n'est pas qu'une fosse à purin, un enchaînement de réveils difficiles, une liste de tâches ménagères, un long tunnel sombre dont on ne perçoit qu'à peine la lumière, tout là-bas au bout.
Pourtant, ce matin, je ne me souviens pas avoir éteint mon réveil.
Pourtant, ce matin, j'ai eu comme une intraveineuse de chierie quand le Crampon m'a réveillé avec son adorable " 'egad' maman, j'ai appôté des livres", à l'heure où je suis sensée le déposer à la crèche.
Pourtant, ce matin, je lui en ai presque voulu de son réveil tardif, lui qui est d'habitude mon meilleur back-up de réveil.
Pourtant, ce matin, je m'en suis voulue de devoir le brusquer pour essayer de rattraper un peu du temps perdu.
Pourtant, ce matin, comme chaque matin, il a beaucoup pleuré quand je l'ai laissé à la crèche.
Pourtant, ce matin, comme chaque matin, je suis partie vite et sans me retourner, avec la désagréable sensation qu'il gardait dans ses petites mains crispées un morceau de mon cœur déchiqueté.
Pourtant, ce matin, j'ai pédalé, je me suis perdue dans cette ville que je ne connais pas encore assez.
Pourtant, ce matin, j'ai tourné pendant 20 minutes pour trouver une place libre dans les stations Vélov' autour du bureau.
Pourtant, ce matin, j'ai donc fait une arrivée triomphale au bureau, le ventre vide, pas maquillée, et transpirante, avec un retard que la décence m'empêche de préciser.
Alors ce n'était pas gagné de me convaincre que cette vie n'était pas juste une abominable chierie ponctuée d'événements tous plus moisis les uns que les autres, et que nos pauvres vies ne se résumaient pas à surnager dans cette piscine de merde.
Mais dans l'ascenseur, on m'a demandé quand j'avais commencé mon stage.
Mon cerveau plein de bouse a réussi à calculer : les seuls stagiaires accueillis ici ont 24-25 ans max.
10 ans de gagnés, ce matin.
En plus, je vais acheter un mini-aspirateur à la pause dej'. (une obsession qui me vient de Ioudgine)
♥
mardi 7 juin 2011
vendredi 3 juin 2011
Alors, on remet ça ?
Au risque de mettre en péril la pérennité de l'humanité, et surtout, l'assise financière de ma retraite sous les cocotiers (avant mes 87 ans, si possible, merci), le Crampon est toujours fils unique.
J'avoue que je n'aime pas trop l'idée.
J'ai de trop bons souvenirs d'enfance avec ma sœur pour ne pas souhaiter autant de bonheur à mon fils.
Bon, ok, on s'est castagné plus souvent qu'à notre tour, cette petite peste avait érigé au niveau olympique la mauvaise foi et la perfidité (ne nie pas dans les comm', sinon je raconte comment tu m'accusais de t'avoir tapée si je refusais de jouer avec toi), pendant qu'en retour, j'exerçais sur elle quelques chantages peu glorieux.
Certes.
Mais je me souviens aussi de nos jeux idiots, de notre complicité dans les conneries, de nos confidences d'adolescentes, de notre union sacrée anti-parentale, de notre colocation d'étudiantes, de nos squattages et hébergements d'urgence respectifs, et de ce lien indescriptible et indestructible qui nous unit depuis toujours.
J'aimerais vraiment que le Crampon ait cette chance.
Ce qui implique aussi de lui permettre de se liguer contre nous avec son frère ou sa soeur, je sais.
Je suis un peu folle, mais je me dis que tant que les enfants ne sont pas en supériorité numérique dans la cellule familiale, ça se gère (ensuite, c'est courage, fuyons)(selon mes estimations personnelles).
Mais pourquoi donc ne faisons nous pas un autre enfant, alors ?
Ben, la réponse est sur ce blog, je ne vous fais pas de dessin.
J'ai une théorie toute personnelle concernant les couples qui font des enfants très rapprochés.
Leur premier n'était pas assez chiant. Ou il dormait trop. Un truc dans ce goût-là.
Pour nous autres, parents de pénibles aussi adorables qu'épuisants, ce n'est tout simplement pas envisageable.
Parce qu'on se projette en imaginant que le second sera du même genre que le premier.
Pour certains c'est rassurant, donc ils se lancent la fleur au fusil. Pour d'autres c'est... euh... une vision apocalyptique.
Là où on est très cons, c'est que maintenant que le Crampon retrouve ENFIN ses marques (comprendre : il dort et il ne hurle pas NON à tout bout de champ), on se dit qu'on aurait dû faire 4 enfants d'affilée, pour rentabiliser nos 2 ans et demi de nuits blanches.
Parce que là, on est quand même très moyennement motivés par la perspective de remettre ça. 5 ou 6 ans de nuits blanches, ça ne me semble tout simplement pas humainement tolérable.
Alors deux options :
1. la fabrique de bébés se sort les doigts (pardon, mais je crois que je leur en veux encore un peu) et met en place un vrai SAV digne de ce nom et nous livre un truc qui FONCTIONNE
2. rien.
Ouaip.
PS : ce billet laisse peut être la place au doute, alors je précise : je ne suis pas enceinte, je n'essaye même pas de l'être. C'est peut être éventuellement dans l'air du temps, c'est tout. Je vous rappelle que les idées doivent cheminer assez longuement dans mon petit cerveau pour être digérées.
J'avoue que je n'aime pas trop l'idée.
J'ai de trop bons souvenirs d'enfance avec ma sœur pour ne pas souhaiter autant de bonheur à mon fils.
Bon, ok, on s'est castagné plus souvent qu'à notre tour, cette petite peste avait érigé au niveau olympique la mauvaise foi et la perfidité (ne nie pas dans les comm', sinon je raconte comment tu m'accusais de t'avoir tapée si je refusais de jouer avec toi), pendant qu'en retour, j'exerçais sur elle quelques chantages peu glorieux.
Certes.
Mais je me souviens aussi de nos jeux idiots, de notre complicité dans les conneries, de nos confidences d'adolescentes, de notre union sacrée anti-parentale, de notre colocation d'étudiantes, de nos squattages et hébergements d'urgence respectifs, et de ce lien indescriptible et indestructible qui nous unit depuis toujours.
J'aimerais vraiment que le Crampon ait cette chance.
Ce qui implique aussi de lui permettre de se liguer contre nous avec son frère ou sa soeur, je sais.
Je suis un peu folle, mais je me dis que tant que les enfants ne sont pas en supériorité numérique dans la cellule familiale, ça se gère (ensuite, c'est courage, fuyons)(selon mes estimations personnelles).
Mais pourquoi donc ne faisons nous pas un autre enfant, alors ?
Ben, la réponse est sur ce blog, je ne vous fais pas de dessin.
J'ai une théorie toute personnelle concernant les couples qui font des enfants très rapprochés.
Leur premier n'était pas assez chiant. Ou il dormait trop. Un truc dans ce goût-là.
Pour nous autres, parents de pénibles aussi adorables qu'épuisants, ce n'est tout simplement pas envisageable.
Parce qu'on se projette en imaginant que le second sera du même genre que le premier.
Pour certains c'est rassurant, donc ils se lancent la fleur au fusil. Pour d'autres c'est... euh... une vision apocalyptique.
Là où on est très cons, c'est que maintenant que le Crampon retrouve ENFIN ses marques (comprendre : il dort et il ne hurle pas NON à tout bout de champ), on se dit qu'on aurait dû faire 4 enfants d'affilée, pour rentabiliser nos 2 ans et demi de nuits blanches.
Parce que là, on est quand même très moyennement motivés par la perspective de remettre ça. 5 ou 6 ans de nuits blanches, ça ne me semble tout simplement pas humainement tolérable.
Alors deux options :
1. la fabrique de bébés se sort les doigts (pardon, mais je crois que je leur en veux encore un peu) et met en place un vrai SAV digne de ce nom et nous livre un truc qui FONCTIONNE
2. rien.
Ouaip.
PS : ce billet laisse peut être la place au doute, alors je précise : je ne suis pas enceinte, je n'essaye même pas de l'être. C'est peut être éventuellement dans l'air du temps, c'est tout. Je vous rappelle que les idées doivent cheminer assez longuement dans mon petit cerveau pour être digérées.
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Misères du quotidien
jeudi 2 juin 2011
Un indice s'affiche en bas de votre écran.
Je viens de recevoir un sms m'indiquant que j'avais dépassé le quota de données téléchargées depuis mon téléphone ce mois-ci, en conséquence de quoi mon accès se verrait restreint jusqu'au mois suivant.
Je ne comprends pas.
Je veux dire, je pensais que ce genre de choses n'arrivait qu'aux accro du téléphone, passant leur temps à vérifier leur messagerie, prendre des nouvelles sur Facebook, dire des bêtises sur Twitter, regarder des vidéos de chatons sur youtube, ou que sais je encore.
Le genre qui emmènent leur téléphone aux toilettes pour continuer à écouter leur podcast, ou ceux qui twittent ou pokent en loucedé pendant les réunions.
Des fous limite dangereux, qui collent leur gamin devant des Tracteur Tom sur youtube pour avoir la paix pendant les deux heures de TGV.
...
Oh wait.
Bon, ok, le mois prochain, j'entame une désintox.
(oui, c'est court, mais rappelez vous que ce n'est pas la taille qui compte, bande d'obsédé(e)s)
Je ne comprends pas.
Je veux dire, je pensais que ce genre de choses n'arrivait qu'aux accro du téléphone, passant leur temps à vérifier leur messagerie, prendre des nouvelles sur Facebook, dire des bêtises sur Twitter, regarder des vidéos de chatons sur youtube, ou que sais je encore.
Le genre qui emmènent leur téléphone aux toilettes pour continuer à écouter leur podcast, ou ceux qui twittent ou pokent en loucedé pendant les réunions.
Des fous limite dangereux, qui collent leur gamin devant des Tracteur Tom sur youtube pour avoir la paix pendant les deux heures de TGV.
...
Oh wait.
Bon, ok, le mois prochain, j'entame une désintox.
(oui, c'est court, mais rappelez vous que ce n'est pas la taille qui compte, bande d'obsédé(e)s)
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Misères du quotidien
mercredi 1 juin 2011
Le concombre masqué
Vous y croyez, que cette sale histoire de légumes tueurs tombe pile poil au moment où j'ai le frigo plein des restes du repas familial (oui car finalement, j'ai cuisiné, si, si), avec notamment un reste de 2 litres de gaspacho maison ? (pour les handicapés culinaires comme moi, les principaux ingrédients du gaspacho sont le CONCOMBRE et la TOMATE).
Alors que normalement, le frigo et les placards remplis avec amour et dévouement par Mr PG selon ses propres goûts (partagés avec le Crampon), ne proposent que le quinté gagnant : riz-pâtes-patates-viande-desserts au chocolat ?
Je cuisine une fois par an, je mange des légumes à peu près aussi souvent, et pof, les 5 fruits et légumes par jour passent du statut d'obligation morale sous peine de mort lente et douloureuse par cancer du gras, au statut de danger pour l'humanité.
Coïncidence ?
Je ne le crois pas.
Dont acte.
Adios Fyfe en cuisine, adios légumes, maintenant ON MANGE DES FRITES !
Alors que normalement, le frigo et les placards remplis avec amour et dévouement par Mr PG selon ses propres goûts (partagés avec le Crampon), ne proposent que le quinté gagnant : riz-pâtes-patates-viande-desserts au chocolat ?
Je cuisine une fois par an, je mange des légumes à peu près aussi souvent, et pof, les 5 fruits et légumes par jour passent du statut d'obligation morale sous peine de mort lente et douloureuse par cancer du gras, au statut de danger pour l'humanité.
Coïncidence ?
Je ne le crois pas.
Dont acte.
Adios Fyfe en cuisine, adios légumes, maintenant ON MANGE DES FRITES !
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Misères du quotidien
lundi 30 mai 2011
Oooops I did it again
Si c'est pas pitié d'avoir autant d'idées de posts et de passer des week ends sympatoches loin de l'ordi...
Bon, ben, bisous hein.
Bon, ben, bisous hein.
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La vie est belle (des fois)
mardi 24 mai 2011
Plaisir d'offrir, joie de recevoir
Pour remercier ma famille de leurs épuisantes contributions à l'emménagement à Lyon (peinture et travaux, babysitting du Crampon, etc.), nous avons donc décidé de les inviter pour un déjeuner chic à la maison, dimanche.
Certes, on est loin d'une rétribution juste, mais leur offrir un tour du monde - remerciement plus adapté à la hauteur de leur implication - n'est pas franchement dans nos moyens.
Ne dit-on pas que c'est l'intention qui compte ?
Le temps consacré à choisir le menu et le confectionner de mes blanches mains (gauches) ne sera-t-il pas aussi gratifiant qu'un cadeau finalement pompeux et facile ?
Non.
Ok, on est d'accord, mais n'empêche, c'est un repas ou rien.
Lundi, donc, je suis amour, je sors notre collection de bouquins de cuisine, et j'interroge le grand internet mondial à la recherche de recettes sophistiquées, compliquées, et raffinées. A la hauteur de ma reconnaissance, donc.
Mardi, je suis amour toujours, je dresse la liste des ingrédients à acheter.
Non mais c'est quoi du tamarin ? Ou est ce que je vais trouver de la pâte de crevettes ? Ok, ok, donc on oublie le PrixFran du coin, et on envisage un plan d'attaque à base de tournée des épiceries asiatiques, du marché, et du plus grand supermarché possible (celui accessible en voiture uniquement). Bon. C'est pas comme si j'avais quelque chose d'autre de prévu samedi.
Mercredi, je suis amour mais perplexe. Ma famille m'aime, n'est ce pas ? Pourquoi voudrait elle que je renonce à ma grasse matinée du samedi, et à ce rendez-vous en terrasse avec une copine ?
Nouveau plan d'attaque. Le menu sera sophistiqué, mais à base d'ingrédients du PrixFran. La créativité, que dis-je, l'art, naît de la contrainte après tout.
Jeudi, je suis amour mais inquiète. Est ce que je vais avoir le temps de cuisiner tout ça dimanche matin? Je veux dire, sans me lever à 5h. Non parce que si c'est pour somnoler à table au milieu du repas, quel intérêt je vous le demande ?
Un déjeuner réussi, c'est surtout un déjeuner convivial, d'échanges et de plaisir.
Je revois à la baisse mes ambitions culinaires. Le menu sera simple, mais fait maison, et avec amour, bien sûr.
Vendredi, je suis amour mais fatiguée. Franchement, je ne me vois pas prendre plaisir au déjeuner si je n'ai pas eu ma grasse matinée. Les nuits sont courtes par ici (cf. billets précédents).
Nouveau menu, avec le maximum de préparation la veille, et plat vite fait le dimanche. Non parce qu'il y a un sacré ménage à prévoir aussi, il ne faudrait pas l'oublier. Pour sûr, ma famille préfère manger simple dans un appartement propre, plutôt que bling-bling en marchant sur des coquillettes écrasées.
On se rattrapera sur l'alcool. Beaucoup d'alcool à l'apéritif, et tout le monde trouvera le repas succulent. (ou ne s'en souviendra plus le lendemain).
Samedi, je suis amour mais lucide. Je ne sais pas cuisiner. Je ne cuisine d'ailleurs quasiment jamais. Même pas des œufs au plat. Je fais bien un gâteau une fois par siècle, mais reconnaissons qu'il est souvent raté. Au choix : brûlé ou incomplet. Tout le monde n'a pas la capacité à rester suffisamment concentré pour se souvenir que les proportions de la recettes avaient été doublées au début.
Triste constat, mais en même temps, c'est bien mes parents qui m'ont fait comme je suis, ils doivent bien l'assumer un jour ou l'autre.
Le menu sera donc alcoolisé, raffiné, sophistiqué, et fraîchement décongelé du jour.
(ceci est une ode à CardPi l'ami des handicapés de la cuisine).
(message personnel à ma soeurette : tout ceci n'est que fiction bien sûr. J'ai déjà commencé les marinades. Bisous)
Certes, on est loin d'une rétribution juste, mais leur offrir un tour du monde - remerciement plus adapté à la hauteur de leur implication - n'est pas franchement dans nos moyens.
Ne dit-on pas que c'est l'intention qui compte ?
Le temps consacré à choisir le menu et le confectionner de mes blanches mains (gauches) ne sera-t-il pas aussi gratifiant qu'un cadeau finalement pompeux et facile ?
Non.
Ok, on est d'accord, mais n'empêche, c'est un repas ou rien.
Lundi, donc, je suis amour, je sors notre collection de bouquins de cuisine, et j'interroge le grand internet mondial à la recherche de recettes sophistiquées, compliquées, et raffinées. A la hauteur de ma reconnaissance, donc.
Mardi, je suis amour toujours, je dresse la liste des ingrédients à acheter.
Non mais c'est quoi du tamarin ? Ou est ce que je vais trouver de la pâte de crevettes ? Ok, ok, donc on oublie le PrixFran du coin, et on envisage un plan d'attaque à base de tournée des épiceries asiatiques, du marché, et du plus grand supermarché possible (celui accessible en voiture uniquement). Bon. C'est pas comme si j'avais quelque chose d'autre de prévu samedi.
Mercredi, je suis amour mais perplexe. Ma famille m'aime, n'est ce pas ? Pourquoi voudrait elle que je renonce à ma grasse matinée du samedi, et à ce rendez-vous en terrasse avec une copine ?
Nouveau plan d'attaque. Le menu sera sophistiqué, mais à base d'ingrédients du PrixFran. La créativité, que dis-je, l'art, naît de la contrainte après tout.
Jeudi, je suis amour mais inquiète. Est ce que je vais avoir le temps de cuisiner tout ça dimanche matin? Je veux dire, sans me lever à 5h. Non parce que si c'est pour somnoler à table au milieu du repas, quel intérêt je vous le demande ?
Un déjeuner réussi, c'est surtout un déjeuner convivial, d'échanges et de plaisir.
Je revois à la baisse mes ambitions culinaires. Le menu sera simple, mais fait maison, et avec amour, bien sûr.
Vendredi, je suis amour mais fatiguée. Franchement, je ne me vois pas prendre plaisir au déjeuner si je n'ai pas eu ma grasse matinée. Les nuits sont courtes par ici (cf. billets précédents).
Nouveau menu, avec le maximum de préparation la veille, et plat vite fait le dimanche. Non parce qu'il y a un sacré ménage à prévoir aussi, il ne faudrait pas l'oublier. Pour sûr, ma famille préfère manger simple dans un appartement propre, plutôt que bling-bling en marchant sur des coquillettes écrasées.
On se rattrapera sur l'alcool. Beaucoup d'alcool à l'apéritif, et tout le monde trouvera le repas succulent. (ou ne s'en souviendra plus le lendemain).
Samedi, je suis amour mais lucide. Je ne sais pas cuisiner. Je ne cuisine d'ailleurs quasiment jamais. Même pas des œufs au plat. Je fais bien un gâteau une fois par siècle, mais reconnaissons qu'il est souvent raté. Au choix : brûlé ou incomplet. Tout le monde n'a pas la capacité à rester suffisamment concentré pour se souvenir que les proportions de la recettes avaient été doublées au début.
Triste constat, mais en même temps, c'est bien mes parents qui m'ont fait comme je suis, ils doivent bien l'assumer un jour ou l'autre.
Le menu sera donc alcoolisé, raffiné, sophistiqué, et fraîchement décongelé du jour.
(ceci est une ode à CardPi l'ami des handicapés de la cuisine).
(message personnel à ma soeurette : tout ceci n'est que fiction bien sûr. J'ai déjà commencé les marinades. Bisous)
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lundi 23 mai 2011
Oups
Alors hier, j'ai eu le choix entre croupir chez moi par une chaleur étouffante, et passer ma journée à rédiger les billets de la semaine en soupirant, ou allez squatter une maison à la campagne en faisant la naïade dans la piscine.
Je suis au regret de vous informer que les bonnes résolutions bloguesques sont bien peu de choses face à l'envie de barboter.
Du coup, cette semaine, le blog sera sans doute mis à jour de manière... épisodique. (comprendre : il est probable que rien ne bouge)
Du bisou, avec toutes mes confuses.
Je suis au regret de vous informer que les bonnes résolutions bloguesques sont bien peu de choses face à l'envie de barboter.
Du coup, cette semaine, le blog sera sans doute mis à jour de manière... épisodique. (comprendre : il est probable que rien ne bouge)
Du bisou, avec toutes mes confuses.
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Misères du quotidien
vendredi 20 mai 2011
A night with Fyfe – 2 ans plus tard (3)
Nous avions donc laissé le Crampon dans son lit, en pyjama, dents vaguement brossées, et histoire lue. Et une Fyfe déjà épuisée par les efforts déployés pour en arriver là.
Allumage de veilleuse, lancement de la musique spéciale dodo en sourdine, bisous, et tentative de sortie de chambre de Fyfe (qui ne tente rien n'a rien).
Le Crampon est debout sur son lit et hurle « MAMAAAAAN » avec l'air outré de l'enfant qui se fait abandonner sur le bord de l'autoroute un samedi de chassé -croisé estival.
Fyfe revient, explique au Crampon que tout va bien, papa-et-maman-sont-là-ils-veillent-sur-toi-blablabla.
Le Crampon a l'air aussi convaincu que sa mère devant un discours de $arkozy.
Bon bon bon.
Fyfe s'allonge sur le sol au pied du lit du Crampon.
Il s’apaise, et semble chercher le sommeil.
Au bout de 5 minutes, le Crampon ne bouge plus.
Fyfe tente une sortie, mais doit s'immobiliser à mi-parcours car le Crampon est à nouveau debout sur son lit, tremblant de rage (sa propre mère a OSE SORTIR REPRENDRE LE COURS DE SA VIE).
Cette haute trahison rend le Crampon méfiant. Il accepte de se recoucher mais relève la tête toutes les 2 minutes pour vérifier que son indigne mère n'a pas bougé du parquet.
Discrètement, Fyfe a dégainé son téléphone. En conditions de survie l'être humain sait en effet développer d'étonnantes stratégies d'adaptation (à base de Twitter et Facebook).
30 minutes plus tard, Fyfe pense que l'affaire est gagnée. Et surtout, elle est super à jour sur les réseaux sociaux, commence à se faire royalement ch..., son dos lui fait mal et put*£$ de b$£§ de m$£*d, le premier épisode de Dr House doit déjà être fini.
Elle entame un roulé-boulé sur le tapis en direction de la sortie, en alternance avec une technique de déplacement en rampant qu'elle a vu dans un reportage sur les commandos.
Sa concentration est au maximum, il s'agit d'éviter légos, voitures, et divers objets de nature bruyante ou contondante.
Une pensée sur l'opportunité d'inclure le coucher du Crampon aux stages commandos l'effleure, Fyfe se promet d'y repenser plus tard, une fois la zone libre atteinte.
Il est 22h, Fyfe a passé avec succès la ligne de démarcation. Après une cigarette bien méritée sur le balcon, elle s'affale dans le canapé.
Dr House propose un diagnostic, mais Fyfe ne sait pas si c'est le début ou la fin de l'épisode, donc impossible de savoir si c'est sa première erreur, sa seconde, ou si c'est le bon.
Alors qu'elle se tourne vers M. PG pour lui demander un résumé, Fyfe voit que le doudou du Crampon dépasse de la porte du salon.
Gnééé ?
Le doudou bouge.
Haussage du sourcil droit. (Je ne sais toujours pas hausser le gauche de manière isolée).
Fyfe en appelle aux forces supérieures de la maternitude, à l'amour (supposé) inconditionnel d'une mère pour son enfant, et aux techniques les plus pointues de respiration par le ventre pour ne pas hurler à la mort en découvrant que le Crampon s'est installé sur le parquet, dans le couloir, pour continuer sa nuit plus près de ses parents.
« Crampon qu'est ce que tu fais là ? Retourne au lit immédiatement ! »
Le Crampon sanglote : « Non pas dodo, pas dodoooooooooo, siteuplaît mamaaaaaaaan »
Comme quoi le Crampon sait être poli quand il veut.
Cette pensée ne suffit pas à réjouir Fyfe, qui raccompagne le Crampon dans son lit.
Cette fois, Fyfe s'endort sur le parquet avant le Crampon.
C'est une douleur aigüe dans le dos qui la réveille. (Fyfe s'est toujours refusé à installer un matelas aux pieds du lit du Crampon. Question de symbole. Mais à ce moment précis, Fyfe emmerde les symboles et se trouve bien conne avec ses principes).
Fyfe a perdu la notion de l'heure, mais le Crampon a l'air de dormir. Elle en profite pour sortir, et rejoindre M. PG déjà couché, en pensant que décidément, ses soirées sont formidables, sa vie est formidable, et ses compétences de mère sont formidables. Mais Fyfe est trop fatiguée pour s'apitoyer sur son sort, elle s'endort dans les 5 secondes.
Un cri déchire la nuit.
Fyfe trouve que la nuit a été bien courte. Elle essaye d'ouvrir suffisamment les yeux pour vérifier l'heure.
Ah.
Il est minuit.
Ceci explique cela.
Fyfe SAIT que pour que le Crampon se rendorme vite, il faut aller le rassurer vite, avant qu'il ne se réveille complètement et réclame de jouer avec la pâte à modeler.
En même temps, M. PG le sait aussi, alors qu'il se démerde, chacun son tour.
Fyfe referme les yeux, non sans avoir donné un grand coup de coude à M. PG pour l'aider à se réveiller.
5 minutes plus tard, le Crampon ne crie plus. Fyfe s'étonne de ne pas avoir entendu M. PG se lever.
Normal, il est toujours là.
Il n'échappe pas au cerveau engourdi de Fyfe que c'est une équation impossible.
En tendant l'oreille, elle en a la confirmation. Le Crampon est manifestement occupé à jouer à jeter des légos par terre.
Très bien. Excellente idée. Tant qu'il reste dans sa chambre et se tait, c'est une activité qui convient parfaitement aux principes éducationnels de Fyfe.
Malheureusement, le Crampon se fatigue vite de son entraînement olympique au lancer de jouets.
Fyfe tend à nouveau l'oreille :
Petit pas – petit pas – petit pas
Bruissement de couette
« TU VIENS MAMAN ON VA JOUER »
Le Crampon est assis sur la tête de Fyfe.
Fyfe a perdu 5 dixièmes d'acuité auditive.
M. PG grogne et se retourne.
Fyfe se demande combien elle prendrait de prison pour une éviscération de conjoint. Tout dépend de la probabilité que le jury ait des enfants dormeurs ou pas, c'est clair.
Fyfe essaye d'arrêter d'imaginer les tortures qu'elle voudrait infliger à M. PG (tranquillement occupé à ronfloter) et essaye de se rendormir en ignorant le Crampon (tranquillement occupé à escalader ses parents et à raconter sa vie), non sans avoir violemment relevé son genou sur le côté, en espérant frapper au passage une partie – si possible sensible – de l'anatomie de M. PG.
Quand Fyfe rouvre les yeux, il est 4h.
M. PG est debout, et semble embarrassé.
Il semblerait qu'en se levant pour aller aux toilettes, il ait buté sur un Crampon endormi sur le parquet, au pied du lit parental.
Deux options s'offrent à lui.
Assumer être un père indigne, contourner le Crampon, et revenir se coucher discretos Carlos, ou tenter un transfert de Crampon dans son lit, au risque de réveiller la bête.
Alors qu'il tourne un regard interrogatif vers Fyfe, le regard qui lui parvient en retour l'incite sans équivoque à garder sa question pour lui et à gérer tout seul the situation. (à comprendre dans le sens utilisé par Jack Bauer quand il appelle le président pour lui dire « we have a situation here », un peu avant le lancement d'une WWIII, quoi).
M. PG est étonné de constater qu'après 7 ans d'amour, leur complicité est telle qu'un seul regard leur suffit pour se comprendre. C'est beau l'amour.
Bien sûr, le fait que le message à comprendre consiste peu ou prou en une menace de mort vient un peu atténuer ce sentiment nuitamment romantique.
Audacieux, M. PG choisit de ramener délicatement le Crampon dans son lit.
Dans le noir.
Cela fonctionne bien, jusqu'à ce qu'il l'assomme contre un encadrement de porte.
Grave erreur de jugement. C'était soit trop fort, soit pas assez. Là, le Crampon est réveillé à point pour repartir pour un tour.
Pour Fyfe, le reste de la nuit est rythmé par les entrées de M. PG dans la chambre, suivies de peu par les cris du Crampon, et le départ précipité de M. PG.
Quand les réveils sonnent, le matin, l'ambiance n'est pas franchement à la Ricorée dans le camp des parents.
Côté Crampon en revanche, c'est un festival de mignonerie.
A croire qu'il aurait quelque chose à se faire pardonner.
Allumage de veilleuse, lancement de la musique spéciale dodo en sourdine, bisous, et tentative de sortie de chambre de Fyfe (qui ne tente rien n'a rien).
Le Crampon est debout sur son lit et hurle « MAMAAAAAN » avec l'air outré de l'enfant qui se fait abandonner sur le bord de l'autoroute un samedi de chassé -croisé estival.
Fyfe revient, explique au Crampon que tout va bien, papa-et-maman-sont-là-ils-veillent-sur-toi-blablabla.
Le Crampon a l'air aussi convaincu que sa mère devant un discours de $arkozy.
Bon bon bon.
Fyfe s'allonge sur le sol au pied du lit du Crampon.
Il s’apaise, et semble chercher le sommeil.
Au bout de 5 minutes, le Crampon ne bouge plus.
Fyfe tente une sortie, mais doit s'immobiliser à mi-parcours car le Crampon est à nouveau debout sur son lit, tremblant de rage (sa propre mère a OSE SORTIR REPRENDRE LE COURS DE SA VIE).
Cette haute trahison rend le Crampon méfiant. Il accepte de se recoucher mais relève la tête toutes les 2 minutes pour vérifier que son indigne mère n'a pas bougé du parquet.
Discrètement, Fyfe a dégainé son téléphone. En conditions de survie l'être humain sait en effet développer d'étonnantes stratégies d'adaptation (à base de Twitter et Facebook).
30 minutes plus tard, Fyfe pense que l'affaire est gagnée. Et surtout, elle est super à jour sur les réseaux sociaux, commence à se faire royalement ch..., son dos lui fait mal et put*£$ de b$£§ de m$£*d, le premier épisode de Dr House doit déjà être fini.
Elle entame un roulé-boulé sur le tapis en direction de la sortie, en alternance avec une technique de déplacement en rampant qu'elle a vu dans un reportage sur les commandos.
Sa concentration est au maximum, il s'agit d'éviter légos, voitures, et divers objets de nature bruyante ou contondante.
Une pensée sur l'opportunité d'inclure le coucher du Crampon aux stages commandos l'effleure, Fyfe se promet d'y repenser plus tard, une fois la zone libre atteinte.
Il est 22h, Fyfe a passé avec succès la ligne de démarcation. Après une cigarette bien méritée sur le balcon, elle s'affale dans le canapé.
Dr House propose un diagnostic, mais Fyfe ne sait pas si c'est le début ou la fin de l'épisode, donc impossible de savoir si c'est sa première erreur, sa seconde, ou si c'est le bon.
Alors qu'elle se tourne vers M. PG pour lui demander un résumé, Fyfe voit que le doudou du Crampon dépasse de la porte du salon.
Gnééé ?
Le doudou bouge.
Haussage du sourcil droit. (Je ne sais toujours pas hausser le gauche de manière isolée).
Fyfe en appelle aux forces supérieures de la maternitude, à l'amour (supposé) inconditionnel d'une mère pour son enfant, et aux techniques les plus pointues de respiration par le ventre pour ne pas hurler à la mort en découvrant que le Crampon s'est installé sur le parquet, dans le couloir, pour continuer sa nuit plus près de ses parents.
« Crampon qu'est ce que tu fais là ? Retourne au lit immédiatement ! »
Le Crampon sanglote : « Non pas dodo, pas dodoooooooooo, siteuplaît mamaaaaaaaan »
Comme quoi le Crampon sait être poli quand il veut.
Cette pensée ne suffit pas à réjouir Fyfe, qui raccompagne le Crampon dans son lit.
Cette fois, Fyfe s'endort sur le parquet avant le Crampon.
C'est une douleur aigüe dans le dos qui la réveille. (Fyfe s'est toujours refusé à installer un matelas aux pieds du lit du Crampon. Question de symbole. Mais à ce moment précis, Fyfe emmerde les symboles et se trouve bien conne avec ses principes).
Fyfe a perdu la notion de l'heure, mais le Crampon a l'air de dormir. Elle en profite pour sortir, et rejoindre M. PG déjà couché, en pensant que décidément, ses soirées sont formidables, sa vie est formidable, et ses compétences de mère sont formidables. Mais Fyfe est trop fatiguée pour s'apitoyer sur son sort, elle s'endort dans les 5 secondes.
Un cri déchire la nuit.
Fyfe trouve que la nuit a été bien courte. Elle essaye d'ouvrir suffisamment les yeux pour vérifier l'heure.
Ah.
Il est minuit.
Ceci explique cela.
Fyfe SAIT que pour que le Crampon se rendorme vite, il faut aller le rassurer vite, avant qu'il ne se réveille complètement et réclame de jouer avec la pâte à modeler.
En même temps, M. PG le sait aussi, alors qu'il se démerde, chacun son tour.
Fyfe referme les yeux, non sans avoir donné un grand coup de coude à M. PG pour l'aider à se réveiller.
5 minutes plus tard, le Crampon ne crie plus. Fyfe s'étonne de ne pas avoir entendu M. PG se lever.
Normal, il est toujours là.
Il n'échappe pas au cerveau engourdi de Fyfe que c'est une équation impossible.
En tendant l'oreille, elle en a la confirmation. Le Crampon est manifestement occupé à jouer à jeter des légos par terre.
Très bien. Excellente idée. Tant qu'il reste dans sa chambre et se tait, c'est une activité qui convient parfaitement aux principes éducationnels de Fyfe.
Malheureusement, le Crampon se fatigue vite de son entraînement olympique au lancer de jouets.
Fyfe tend à nouveau l'oreille :
Petit pas – petit pas – petit pas
Bruissement de couette
« TU VIENS MAMAN ON VA JOUER »
Le Crampon est assis sur la tête de Fyfe.
Fyfe a perdu 5 dixièmes d'acuité auditive.
M. PG grogne et se retourne.
Fyfe se demande combien elle prendrait de prison pour une éviscération de conjoint. Tout dépend de la probabilité que le jury ait des enfants dormeurs ou pas, c'est clair.
Fyfe essaye d'arrêter d'imaginer les tortures qu'elle voudrait infliger à M. PG (tranquillement occupé à ronfloter) et essaye de se rendormir en ignorant le Crampon (tranquillement occupé à escalader ses parents et à raconter sa vie), non sans avoir violemment relevé son genou sur le côté, en espérant frapper au passage une partie – si possible sensible – de l'anatomie de M. PG.
Quand Fyfe rouvre les yeux, il est 4h.
M. PG est debout, et semble embarrassé.
Il semblerait qu'en se levant pour aller aux toilettes, il ait buté sur un Crampon endormi sur le parquet, au pied du lit parental.
Deux options s'offrent à lui.
Assumer être un père indigne, contourner le Crampon, et revenir se coucher discretos Carlos, ou tenter un transfert de Crampon dans son lit, au risque de réveiller la bête.
Alors qu'il tourne un regard interrogatif vers Fyfe, le regard qui lui parvient en retour l'incite sans équivoque à garder sa question pour lui et à gérer tout seul the situation. (à comprendre dans le sens utilisé par Jack Bauer quand il appelle le président pour lui dire « we have a situation here », un peu avant le lancement d'une WWIII, quoi).
M. PG est étonné de constater qu'après 7 ans d'amour, leur complicité est telle qu'un seul regard leur suffit pour se comprendre. C'est beau l'amour.
Bien sûr, le fait que le message à comprendre consiste peu ou prou en une menace de mort vient un peu atténuer ce sentiment nuitamment romantique.
Audacieux, M. PG choisit de ramener délicatement le Crampon dans son lit.
Dans le noir.
Cela fonctionne bien, jusqu'à ce qu'il l'assomme contre un encadrement de porte.
Grave erreur de jugement. C'était soit trop fort, soit pas assez. Là, le Crampon est réveillé à point pour repartir pour un tour.
Pour Fyfe, le reste de la nuit est rythmé par les entrées de M. PG dans la chambre, suivies de peu par les cris du Crampon, et le départ précipité de M. PG.
Quand les réveils sonnent, le matin, l'ambiance n'est pas franchement à la Ricorée dans le camp des parents.
Côté Crampon en revanche, c'est un festival de mignonerie.
A croire qu'il aurait quelque chose à se faire pardonner.
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Crampon
jeudi 19 mai 2011
A night with Fyfe – 2 ans plus tard (2)
Billet toujours autant garanti 100% sans seske, toujours autant merci le Crampon.
Pour les besoins de ce billet, la soirée commence donc à 20h, après le repas familial.
Fyfe et Mr Petite Graine décrochent les morceaux de haricots verts coincés dans leurs cheveux (le Crampon a un très léger rejet alimentaire de tout ce qui n'est pas une patate, une pâte, du riz, ou du pain, et une manière de le manifester assez expressive), et nettoient le riz collé sur le carrelage sous la chaise du Crampon, dans les interstices du réhausseur, dans les verres, dans la carafe, etc.
C'est un moment stratégique. Fyfe et Mr PG se jaugent du regard. Une guerre des nerfs se déroule sous le regard innocent du Crampon.
Mr PG est vicieux, il annonce qu'il va finir de ranger tout seul. Fyfe sait reconnaître sa défaite, c'est donc à elle que revient le plaisir de préparer le Crampon au coucher.
Elle ignore la sueur froide qui perle dans son dos, et prononce la phrase fatidique :
La réponse ne tarde pas : le Crampon file en courant, en hurlant sans discontinuer « Non pas pyjama, non, veux pas, veux pas, nooooooooooooon ». Pour bien visualiser, il faut s'imaginer qu'on vient de lui proposer de manger de la mort-aux-rats par les trous de nez.
Oui, le Crampon est intelligent, il a compris que pyjama = dodo. La joie du coucher commence donc de plus en plus tôt pour le plaisir de tout l'immeuble.
Commence un rituel de course – poursuite, d'essuyage de baffes (« Crampon, on ne tape pas ! Réponse : baffe »), et de gesticulations dignes d'un asticot haltérophile.
Une bonne demi-heure plus tard, le Crampon a été mis au coin, câliné, rassuré (peu importe l'ordre) mais il n'est toujours pas vraiment disposé mettre son pyjama.
Avec une pensée désolée pour tous les principes d'éducation en vigueur, Fyfe sort donc son argument secret. « Crampon, vient mettre le pyjama, je te donnerai un gâteau ».
Le Crampon retrouve le sourire « Ouiiiiiii ! Gâteau ! Gâteau ! Moi je veux gâteau ! », et accourt en sautillant de joie vers la table à langer.
A ce stade, Fyfe emmerde déjà cordialement les bouquins de conseils en éducation, et soupire de soulagement.
Pendant que le Crampon boulotte sa madeleine avec enthousiasme, Fyfe le change.
Quelques miettes resteront coincées dans la couche ou dans le pyjama, mais franchement, on s'en fout.
Au moment de le reposer par terre, la deuxième phrase à potentiel atomique est prononcée :
Sauf que le coup du gâteau paraît un peu moins pertinent tout d'un coup.
Fyfe se croit maline. Elle tente de faire diversion en faisant voler Buzz l'Eclair jusqu'à la salle de bain.
Le Crampon suit en riant.
Fyfe fait mine de brosser les dents de Buzz. Le Crampon se bidonne.
Le Crampon essaye de brosser les dents de Buzz.
Chute vertigineuse et brutale de la fierté Fyfienne.
Le Crampon refuse de laisser Fyfe reprendre la brosse à dent.
30 minutes plus tard, les dents du Crampon ont frôlé par deux fois la brosse.
Fyfe abandonne, et note pour plus tard de commencer à constituer la cagnotte « dentiste » du Crampon.
Je vous la refais pas, hein, vous avez compris le principe de la réaction du Crampon, mort-aux-rats, pince à épiler, tout ça tout ça.
Fyfe s'enferme avec le Crampon dans sa chambre. Elle attend patiemment que le Crampon accepte de monter dans son lit pour commencer à lui lire une histoire de son choix, en ponctuant son attente de paroles douces et de menaces.
Le Crampon fait mine de céder. Mais sa sournoiserie n'a pas de limite.
Chaque livre proposé par Fyfe est rejeté par le Crampon. « Non, je veux un autre ! ».
L'étagère qui fait office de bibliothèque du Crampon est vide.
Fyfe n'est qu'amour et patience, mais menace tout de même de zapper l'histoire (et de se casser au Guatemala).
Le Crampon choisit alors le premier livre qui lui avait été proposé. Fyfe ne relève même pas l'affront et s'empresse de lire, avec le ton s'il vous plaît, et sans sauter des phrases sous peine de se voir engueuler par le Crampon (qui connaît tout ses bouquins par coeur)(élever une graine de génie n'est pas une sinécure).
A suivre
Pour les besoins de ce billet, la soirée commence donc à 20h, après le repas familial.
Fyfe et Mr Petite Graine décrochent les morceaux de haricots verts coincés dans leurs cheveux (le Crampon a un très léger rejet alimentaire de tout ce qui n'est pas une patate, une pâte, du riz, ou du pain, et une manière de le manifester assez expressive), et nettoient le riz collé sur le carrelage sous la chaise du Crampon, dans les interstices du réhausseur, dans les verres, dans la carafe, etc.
C'est un moment stratégique. Fyfe et Mr PG se jaugent du regard. Une guerre des nerfs se déroule sous le regard innocent du Crampon.
Mr PG est vicieux, il annonce qu'il va finir de ranger tout seul. Fyfe sait reconnaître sa défaite, c'est donc à elle que revient le plaisir de préparer le Crampon au coucher.
Elle ignore la sueur froide qui perle dans son dos, et prononce la phrase fatidique :
« Tu viens, Crampon, on va mettre le pyjama ? »
La réponse ne tarde pas : le Crampon file en courant, en hurlant sans discontinuer « Non pas pyjama, non, veux pas, veux pas, nooooooooooooon ». Pour bien visualiser, il faut s'imaginer qu'on vient de lui proposer de manger de la mort-aux-rats par les trous de nez.
Oui, le Crampon est intelligent, il a compris que pyjama = dodo. La joie du coucher commence donc de plus en plus tôt pour le plaisir de tout l'immeuble.
Commence un rituel de course – poursuite, d'essuyage de baffes (« Crampon, on ne tape pas ! Réponse : baffe »), et de gesticulations dignes d'un asticot haltérophile.
Une bonne demi-heure plus tard, le Crampon a été mis au coin, câliné, rassuré (peu importe l'ordre) mais il n'est toujours pas vraiment disposé mettre son pyjama.
Avec une pensée désolée pour tous les principes d'éducation en vigueur, Fyfe sort donc son argument secret. « Crampon, vient mettre le pyjama, je te donnerai un gâteau ».
Le Crampon retrouve le sourire « Ouiiiiiii ! Gâteau ! Gâteau ! Moi je veux gâteau ! », et accourt en sautillant de joie vers la table à langer.
A ce stade, Fyfe emmerde déjà cordialement les bouquins de conseils en éducation, et soupire de soulagement.
Pendant que le Crampon boulotte sa madeleine avec enthousiasme, Fyfe le change.
Quelques miettes resteront coincées dans la couche ou dans le pyjama, mais franchement, on s'en fout.
Au moment de le reposer par terre, la deuxième phrase à potentiel atomique est prononcée :
« Crampon, tu viens te laver les dents ? »Même réponse que précédemment (à visualiser en imaginant que l'on vient de lui annoncer l'imminent arrachage de ses ongles à la pince à épiler).
Sauf que le coup du gâteau paraît un peu moins pertinent tout d'un coup.
Fyfe se croit maline. Elle tente de faire diversion en faisant voler Buzz l'Eclair jusqu'à la salle de bain.
Le Crampon suit en riant.
Fyfe fait mine de brosser les dents de Buzz. Le Crampon se bidonne.
« Et toi Crampon, tu te brosses les dents aussi ? »Le Crampon tend les mains vers la brosse à dents. Fyfe manque de se faire pipi dessus de fierté et se félicite de sa créativité qui n'a d'égale que son machiavélisme.
Le Crampon essaye de brosser les dents de Buzz.
Chute vertigineuse et brutale de la fierté Fyfienne.
Le Crampon refuse de laisser Fyfe reprendre la brosse à dent.
30 minutes plus tard, les dents du Crampon ont frôlé par deux fois la brosse.
Fyfe abandonne, et note pour plus tard de commencer à constituer la cagnotte « dentiste » du Crampon.
« Bon, Crampon, on va lire l'histoire ? »
Je vous la refais pas, hein, vous avez compris le principe de la réaction du Crampon, mort-aux-rats, pince à épiler, tout ça tout ça.
Fyfe s'enferme avec le Crampon dans sa chambre. Elle attend patiemment que le Crampon accepte de monter dans son lit pour commencer à lui lire une histoire de son choix, en ponctuant son attente de paroles douces et de menaces.
Le Crampon fait mine de céder. Mais sa sournoiserie n'a pas de limite.
Chaque livre proposé par Fyfe est rejeté par le Crampon. « Non, je veux un autre ! ».
L'étagère qui fait office de bibliothèque du Crampon est vide.
Fyfe n'est qu'amour et patience, mais menace tout de même de zapper l'histoire (
Le Crampon choisit alors le premier livre qui lui avait été proposé. Fyfe ne relève même pas l'affront et s'empresse de lire, avec le ton s'il vous plaît, et sans sauter des phrases sous peine de se voir engueuler par le Crampon (qui connaît tout ses bouquins par coeur)(élever une graine de génie n'est pas une sinécure).
A suivre
Libellés :
Crampon
mercredi 18 mai 2011
A night with Fyfe – 2 ans plus tard (1)
Billet toujours autant garanti 100% sans seske, toujours merci le Crampon.
(suite de ça et ça)
Quand, pris d'une folie douce, on se lance dans la grande aventure de la procréation (y a des retraites à payer, je vous rappelle), on est plus ou moins préparé psychologiquement à passer quelques mois un peu sportifs à base de nuits blanches, angoisses, et questionnements.
Ok, plutôt moins que plus en ce qui me concerne, puisque j'avais une confiance aveugle en la fabrique de bébé, société d'arnaqueurs s'il en est (que fait 60 millions de consommateurs je vous le demande).
En tout cas, jamais, jamais, on ne m'avait dit que deux ans plus tard, l'enfant peu enclin au sommeil (la fameuse erreur dans le modèle livré) serait toujours aussi peu enclin au sommeil.
Concrètement, cela signifie que quand tout va bien (conditions atmosphériques et climatiques idéales, paix dans le monde et dans le foyer, chocolat et gâteaux illimités, parents, Barbapapa, et Toy Story disponibles à toute heure), le Crampon dort.
Enfin, il s'endort seul, vers 21h, et se lève seul, vers 6-7h (aïe).
Quand tout va un peu moins bien (fin du stock de madeleines, parents rétifs à obéir ou en overdose de Dora, sens du vent défavorable), le Crampon dort un peu moins bien.
Il faut alors accompagner son endormissement (couché sur le parquet, au pied de son lit, dans le noir, pour le plus grand bonheur de l'ostéo familial), qui peut durer jusqu'à 1 heure.
(= tu oublies pouvoir mater Dr House en live, ou avoir un quelconque semblant de soirée dédié à une égoïste détente bien méritée).
Quand les conditions deviennent extrêmes (changement de ville, de crèche, de maison, vacances chez les grand parents ou avec la tata-marraine), le Crampon s'adapte. Il nous fait du GRAND Crampon.
Petit exemple dans les posts à venir (sinon c'est trop long).
(ça s'annonce comme une saga en 72 épisodes, je préfère prévenir...)
(suite de ça et ça)
Quand, pris d'une folie douce, on se lance dans la grande aventure de la procréation (y a des retraites à payer, je vous rappelle), on est plus ou moins préparé psychologiquement à passer quelques mois un peu sportifs à base de nuits blanches, angoisses, et questionnements.
Ok, plutôt moins que plus en ce qui me concerne, puisque j'avais une confiance aveugle en la fabrique de bébé, société d'arnaqueurs s'il en est (que fait 60 millions de consommateurs je vous le demande).
En tout cas, jamais, jamais, on ne m'avait dit que deux ans plus tard, l'enfant peu enclin au sommeil (la fameuse erreur dans le modèle livré) serait toujours aussi peu enclin au sommeil.
Concrètement, cela signifie que quand tout va bien (conditions atmosphériques et climatiques idéales, paix dans le monde et dans le foyer, chocolat et gâteaux illimités, parents, Barbapapa, et Toy Story disponibles à toute heure), le Crampon dort.
Enfin, il s'endort seul, vers 21h, et se lève seul, vers 6-7h (aïe).
Quand tout va un peu moins bien (fin du stock de madeleines, parents rétifs à obéir ou en overdose de Dora, sens du vent défavorable), le Crampon dort un peu moins bien.
Il faut alors accompagner son endormissement (couché sur le parquet, au pied de son lit, dans le noir, pour le plus grand bonheur de l'ostéo familial), qui peut durer jusqu'à 1 heure.
(= tu oublies pouvoir mater Dr House en live, ou avoir un quelconque semblant de soirée dédié à une égoïste détente bien méritée).
Quand les conditions deviennent extrêmes (changement de ville, de crèche, de maison, vacances chez les grand parents ou avec la tata-marraine), le Crampon s'adapte. Il nous fait du GRAND Crampon.
Petit exemple dans les posts à venir (sinon c'est trop long).
(ça s'annonce comme une saga en 72 épisodes, je préfère prévenir...)
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