mercredi 27 septembre 2006

Négociation sur l'oreiller

Je suis amoureuse de ma couette. Sortir du lit avant 11h me demande des efforts inimaginables.
Heureusement, je suis aidée par le Mâle de la maison.

Il se lève plus tôt que moi. Mon cerveau a appris depuis bien longtemps à filtrer le son du réveil et je n'ai pas le souvenir de l'avoir un jour aperçu se lever.
Le Mâle de la maison va alors prendre sa douche.
Jusqu'ici, rien n'a perturbé mon paisible sommeil.
Il revient dans la chambre pour s'habiller. Lumière pleins feux et recherche bruyante de fringues.
Je grogne vaguement, sans être totalement consciente que je vais bientôt devoir me lever.

Là, l'Homme, avec le courage viril qui le caractérise, s'approche de la bête endormie et dépose amoureusement quelques baisers sur son visage. Il prend sa voix la plus douce pour m'annoncer "c'est l'heure...".
Je vous rapporte ses faits sans avoir aucune garantie sur leur fiabilité étant donné que je n'en ai AUCUN souvenir.

Il semblerait que l'Homme n'abandonne pas ce réveil en douceur avant d'avoir obtenu un signe de vie en retour.

Apparement, et là encore, il faut croire l'Homme sur parole, mon cerveau a développé une faculté très intéressante : le bluff en phase de sommeil.
Des mots sortent de ma bouche : "oui, chéri". "Il faut se lever maintenant". Ma tête aquiesce : "Hum-hum".
Arriverez vous à croire que je n'ai rien entendu de tout ça, et pire, que je n'ai jamais donné l'ordre à mes lèvres de remuer, ni à ma tête de hocher ?

Franchement, quand je pense à ma capacité inconsciente à la survie en milieu hostile (osez me dire que se lever le matin pour aller bosser n'est pas une situation hostile), j'entrevois le succès qui m'attend si un jour je décide de participer à Koh Lanta.

Le Mâle de la maison décide alors que j'ai l'air réveillée. Il part faire le petit déjeuner dans la cuisine.
Quand le thé est sucré et fume dans les tasses, il s'impatiente, et m'interpelle : " Chérie ????"

En général, à ce stade, je suis déjà en retard. Son cri me sort de ma létargie et je sursaute : "Quoi, il est déjà 8h05 ???".
Ce sursaut est de courte durée. D'une manière ou d'une autre, mon cerveau a décidé que 8h05, ce n'était pas si tard. Je me rendors immédiatement et sans scrupule.

L'Homme s'impatiente. " Chériiiiiiiiiiie !!!!"

J'ouvre un oeil. 8h15. Mmppff (ouais, je dis des trucs comme ça le matin au réveil).

J'en appelle à la force toute puissante du pouvoir du crâne ancestral (vous ne connaissez pas Musclor ?).

J'en appelle à Dieu, Allah and co, qui, s'ils existent, doivent me le prouver là maintenant tout de suite en m'aidant à m'extirper du lit (et on s'étonne que je sois athée).

J'en appelle à la force de l'Amour, à l'Homme qui s'impatiente devant le thé qui refroidit.

J'en appelle à mon Papa qui est le plus fort du monde et qui ne devrait pas laisser sa fifille en si mauvaise posture.

Je verse une larme.

Un bout de couette se soulève. Mon Dieu.

J'en appelle à la chaleur tropicale parce que bon sang, mon doigt de pied se gèle hors de la couette.

Par un miracle pas totalement élucidé à ce jour, je sors du lit et rejoins l'Homme à table.

Les yeux pas totalement ouverts, j'arrive quand même à lui lancer un regard noir. "Tu peux pas me réveiller gentiement avec des bisous plutôt qu'en me criant dessus depuis la cuisine ??".
(en fait, à cette heure-ci, j'articule moins bien que ça. Mais l'Homme est habitué, il me comprend)
Le Chéri est de bonne composition. Au lieu de me passer par la fenêtre, il rigole.

Mais pourquoi je raconte tout ça ??

Et bien figurez vous qu'hier soir, en allant se coucher, mon Hôm à moi m'a regardé droit dans les yeux avec un petit sourire en coin, et a prononcé cette phrase insensée : " Demain, c'est toi qui mets le réveil. J'ai une réunion à l'extérieur qui commence tard. C'est toi qui va te lever la première."
Un ange passe.
Je ne sais pas trop si c'est une blague.
Il continue : "En fait, je devrais me lever à "ton" heure". Donc ça serait bien qu'on échange. Toi, tu lèverais à "mon" heure."
Cette fois c'est sûr, c'est une blague, et je ris de bon coeur.
L'Homme rit aussi, mais j'entends des mots bizarres "pour une fois" ..... "par amour"...."te lever la première".

Dans un cas comme celui-là, je sais reprendre mon sérieux (question de survie encore une fois). J'ai négocié. A la minute près. Et j'ai presque pas honte.


Un jour, je devrai bien admettre que cet homme là mérite une médaille.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Ahhhh je me retrouve une fois de plus dans cette description...

Les premières matinées après notre emménagement "ensemble" cher et tendre a cru que j'étais morte pendant la nuit.... (enfin, ça c'est ce qu'il dit un peu partout!)

Anonyme a dit…

T'as bien fait de négocier, c'est ça qui lui plait (c'est vrai que je vous connais pas, mais bon, je vois à peu près sur quel genre presque parfait t'es tombée)

Anonyme a dit…

il est 6h58 et je suis morte de rire!!!ça Fyfe, tu vois, c'est toi qui l'as fait!

Anonyme a dit…

T'as de la chance, toi, tu as l'Homme comme garde-fou ! Chez moi, c'est moi qui me lève en premier, parce que s'il fallait compter sur Doudou... Et pourtant, je suis à peu près dans le même état que toi le matin ! C'est bizarre comme les facultés d'articulation mettent du temps à se régénérer, alors que les facultés sensorielles (FROIIIIID !) se mettent tout de suite en route... La vie est mal faite !

Fyfe a dit…

Mady, j'ai explosé de rire ! J'imagine bien la scène :-)

Chick, le mec-presque-parfait ne se plaint même pas de ma mauvaise foi. Tu as peut être raison, si ça se trouve, ça lui plaît (le mec-presque-parfait est donc bizarre !!!)

Winon, merci merci ;-)

Cely, oui, je crois que le mot est juste : le Chéri est un garde-fou (garde-folle en fait) ;-)