mercredi 4 octobre 2006

Champagne !

Dans la vie en général, et dans la mienne en particulier, il n'y a pas que le boulot, il y a aussi les pots au boulot.

19h30, une coupe de champagne à la main, je suis heureuse.

Pendant une heure, les bubulles envahissent mes connections synapsiques et font pétiller mon cerveau.
Après, faudra se remettre au boulot mais on s'en fout parce que les bubulles ont un super pouvoir : l'amnésie temporaire.
Une heure de détente, dégagée du stress.

Normalement, dans ce genre de circonstances, je reste soft, j'ai quand même une réputation à tenir. Sans compter que ce soir, c'était un pot 'extérieur', c'est-à-dire pas entre collègues consanguins, mais entre partenaires professionnels. Des clients, des concurrents et tout le toutim.

Overdose de boulot oblige, je suis arrivée avec 2 heures de retard. Ca décomplexe quand on voit que tout le monde et déjà bien parti dans des limbes alcoolisées, que les ennemis jurés se donnent de grandes claques dans le dos, et que les coincés rient aux éclats.

Là, le processus peut commencer.

A la première coupe, je sens ce délicieux fluide de détente envahir tout mon corps, jusqu'aux petit doigt de pied gauche. Ma langue se délie, je papote joyeusement et commence à vanner des personnes à qui j'ose à peine adresser la parole en réunion d'habitude.

A la deuxième coupe, quand je m'exprime, tout le monde en profite dans un rayon de 5 mètres. Allez savoir pourquoi, chez moi, alcool rime avec augmentation des décibels. Peut-être parce que la brume à l'intérieur de moi m'empêche de bien entendre ce que je dis. Alors je le dis plus fort. A ce stade, je commence à dire des conneries. Fort pour que tout le monde entende. Je lâche des infos confidentielles en hurlant de rire.

A la troisième coupe, le délicieux fluide en moi se réchauffe. L'oeil coquin, la subtilité me revient. Un instinct de survie sans doute : pour séduire, mieux vaut faire des blagues fines et ambigües que piquer des vannes à Bigard. Mes yeux parcourent machinalement la pièce à la recherche du Chéri que je violerais bien là tout de suite. Un neurone intact me rappelle que le Chéri est en train de bosser outre-atlantique et que les douaniers ne me laisseront pas poser le pied sur le sol américain si je coche la case 'viol' sur le petit carton qui demande le motif du voyage.
Je ne me démonte pas et, toute à mon émoi, je pars à la recherche de Yannick Noah. Ne prenez pas cet air choqué, l'Homme m'a déjà donné son pardon pour une incartade avec Yannick Noah, ça faisait partie des négociations de base de notre couple.
Quand je m'aperçois avec horreur que Yannick Noah n'a pas été invité, je me résouds enfin à la frustration.

Il ne me reste plus qu'à retourner bosser.

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10 commentaires:

Shalima a dit…

Quoi, à 19h30 et après 3 coupes de champagne tu retournes bosser ??? je suis mi-admirative mi-dans un autre monde, je crois ! ;-)

Anonyme a dit…

Voilà pourquoi je ne bois jamais. Un verre et je rigole comme une fofolle!

Anonyme a dit…

Et bien...
pas trop mal au crâne, j'espère... ;)

jolie écriture en tous cas, tu me reverras ;)

Anonyme a dit…

Voilà exactement pourquoi je bois (tout le temps -pas souvent de l'eau de vie et du jus de houblon, ceci dit- car ça fait partie intégrante à la procédure préalable à toute rencontre boulotesque):

1-pour entendre les conneries des autres (et accessoirement en rajouter, merci M. Chabat et M. Merad)

2-pour apprécier des mets exotiques (cocktail Mangue-Papaye, petits fours au foie gras teinté de jambon de parme)

3-pour stresser un peu à l'idée même de dire une grosse connerie, étant donné la pénurie de stress engendrée par le boulot même.

Et après quand même, je retourne bosser, sans zigzaguer, avec tous mes vêtements parceque la receptionniste n'avait pas l'humeur sauvageonne et que la femme de Noah n'était pas invitée.

PsiCoyote, fan de bubulles aussi, mais modérément (pas plus haut que le bord du verre, sivouplé tavernier)

Anonyme a dit…

Comment cela une fonctionnaire qui travaille après 19h30,et en plus qui boit du champagne à la santé de ces pauvres contribuables!!!!!!!non mais....aux armes citoyens!!!!, je plaisante,au moins cela nous permet de lire vos blogs toujours aussi savoureux...

Anonyme a dit…

Au boulot, interdiction de l'alcool.. même pour le pots d edépart, les naissances, .... LE seul moment où on y a droit: pour le beaujolais nouveau (encore heureux!)mais c'est limite si on a pas alcotest en sortant!
Sinon, quand j'ai la joie de sortir entre midi et 2 pour manger à l'extérieur, j'évite car ça m'est impossible de bosser après avoir bu (même sans aller jusqu'à rouler sous la table) => je reste sobre, moi

Fyfe a dit…

Shalima et Dany, quand je traite les contribuables d'exploiteurs, je sais de quoi je parle ;-))) Bon c'est pas toujours comme ça heureusement ;-)

Madame Patate, et c'est pas chouette de rigoler comme une fofolle ?

Miss Trop, merci ;-) pour le mal de crâne, ma foi, ça va. Le signe que le champagne était bon ;-)

PsyCoyote, c'est une honte que les Noah ne soient jamais invités !!

Mady, à midi, je ne bois de l'alcool que si j'ai la possibilité de faire semblant de bosser l'après midi (ça m'arrive aussi ;-) ). Ils sont stricts à ton boulot, dis donc!

Anonyme a dit…

Excellent Fyfe, j'adore l'idée qu'on parle plus fort avec deux coupes dans le nez à cause de la brume qu'on a à l'intérieur de notre cerveau !!!

Fyfe a dit…

M'enfin, comprends pas, ça fait 10 fois que je te poste une réponse sans succès, Caro !...

Comme tu as l'air de pratiquer aussi, on a plus qu'a espérer que nos interlocuteurs soient eux aussi assourdis par de la brume dans leur cerveau, histoire de pas trop leur briser les tympans !

Eric C. a dit…

Ah, pour toi c'est avec Noah les incartades autorisées ? Moi je les lui tolère(rais) avec Sean Connery ... :)