Par exemple, moi j'aime bien prévoir à l'avance mes week-end, mes sorties, etc. alors que lui est stressé à la seule perspective de devoir réfléchir au menu du dîner de tout à l'heure.
Par exemple, quand je m'occupe d'organiser un week-end chez mes parents, je me transforme en logistic-woman, je fais des réservations de billets de trains 2 mois à l'avance (ouais enfin, j'essaye, histoire que le tgv ne nous coûte pas un rein à chaque fois, on n'en a pas tant que ça, à nous deux, des reins), je me débrouille pour arriver à la gare suffisamment à l'avance pour acheter de quoi nous sustenter, pour traîner dans les rayons des magasines, avec des cas de conscience déments type : Glamour ou bien le Canard Enchaîné ?
Ceux qui me lisent depuis un petit moment savent que je suis une psychopathe des transports, et que ça ne m'empêche même pas de faire d'énormes boulettes parce que j'ai un cerveau de moineau étourdi.
En revanche, quand le Chéri s'occupe d'organiser un week-end chez ses parents, c'est une autre histoire.
Trois jours avant le départ - au mieux - il commence à chercher des billets de train sur internet.
Evidemment tout est complet. Ca sera donc un billet sans réservation.
Avec obligation d'arriver une bonne demi-heure en avance à la gare pour se précipiter sur les places assises entre les wagons, les seules qui ne sont pas réservables.
Si je vous dis que l'idée de devoir se battre contre d'autres voyageurs tout aussi désespérés que moi à l'idée de passer 3 heures debout me fait faire des cauchemars plusieurs nuit à l'avance, vous mesurez l'étendue de ma psychorigidité?
En général, je prends sur moi et je ne fais pas de commentaire (ou si peu), parce que bon, c'est pas comme si j'avais envie de m'en occuper moi-même, hein.
Mais l'arrivée à la gare vendredi soir, bien en avance comme prévu, a fait monter la tension d'un cran.
Des dizaines de personnes attendaient patiemment sur le quai l'ouverture des portes, devant chaque wagon, sur les 4 kilomètres de la longueur du train (au bas mot).
A leur mine déconfite, impatiente, et agressive (oui, tout ça à la fois), je soupçonne certains d'avoir quitté leur domicile dans la nuit pour pouvoir prendre place sur le quai avec les premiers rayons du soleil.
Pendant que le Chéri fait la queue au guichet pour un échange de billet (une sombre histoire de tarif réduit auquel on n'a pas droit, je n'en sais pas plus et refuse catégoriquement de m'en préoccuper, j'ai suffisamment à faire avec mon propre stress), il m'envoie en éclaireuse sur le quai, à la recherche de places assises. J'accepte la mission, et me lance dans cette quête du Graal SNCFique.
Partant du principe bien connu du "plus c'est loin, moins y'a de monde", je me tape les 4 kilomètres de quai et me plante devant la porte, en jaugeant les voyageurs qui sont déjà là, ou qui nous rejoignent.
Bon, la petite vieille, elle devrait pas être trop dure à pousser sur les rails, mais elle est maline, la bougresse, elle s'est installée à 2 cm du bouton d'ouverture de porte.
Nan, j'déconne, hein, c'est pas mon genre de tuer des petites vieilles.
Alors que le petit couple bécébégé, je pense pouvoir les éliminer assez facilement avec un croche-pied bien senti, vu le nombre de valises qu'ils ont.
Ok, ok, je blague.
En vérité, je suis tellement stressée et déprimée à l'idée de ce voyage pourri que c'est moi que je jetterais bien sur les rails.
Mais tiens, voilà le Chéri. Après tout, c'est de sa faute si... Non, calme toi Fyfe.
Par un mystère que je ne pense pas pouvoir élucider un jour, et après un parcours d'environ 2 kilomètres en sens inverse le long du train, nous nous retrouvons finalement assis. Sans être bien sûrs que les places ne soient pas réservées, mais je m'en fous, Graal is mine.
Débarrassée de ce poids pesant (si je veux je dis qu'un poids peut être pesant, parfaitement), je peu enfin me laisser aller et sortir un bouquin. Plouf plouf, ça sera celui d'Hélène. Cooooool.
Ah mais non mais c'est pas possible.
J'ai faim.
Là, maintenant tout de suite, je VEUX manger. Et croyez moi, on ne rigole pas avec ça.
Moi, innocemment : "Chéri on arrive à quelle heure ?"
Lui, naïvement : "Vers 22h30 je crois"
Moi, inquiète : "Et on mange quoi ?"
Lui, inquiet aussi : "Ben... On pourra grignoter en arrivant chez mes parents"
Moi, les yeux revolver (copyright Marc Lavoine) : "Tu blagues, là ?"
Lui, essayant de se cacher sous son siège : " Ben moi j'ai pris un sandwich en sortant du boulot, j'avais pas eu le temps de déjeuner, alors là, j'ai pas faim en fait"
Immédiatement, je visualise la seule source de nourriture du train : un distributeur de M et Nems.
Ha ha nan c'est pas possible ça.
Tout de suite après je visualise la gare : un guichet, un kiosque à journaux qui vend trois paquets de gateaux.
Si, si, ça existe, une gare comme ça à Paris, moi non plus je n'y croyais pas avant de la voir.
Le train part dans 15 minutes.
Le Chéri, qui me connaît bien, sent que je vais exploser ou sangloter, au choix. Dans tous les cas, le ouikend est plutôt mal engagé.
Il propose d'aller acheter des trucs à la gare. A 2 kilomètres, donc, si vous avez suivi.
Je refuse, arguant avec une certaine mauvaise foi (mais surtout une vraie angoisse quand il s'agit d'horaires) qu'il n'aura pas le temps, que le train partira sans lui, que moi je ne veux pas partir sans lui (la perspective d'une soirée seule avec mes beaux parents ne m'enchante guère, comprenez moi), que peut-être des gens vont arriver pour prendre nos places et alors on ne se retrouvera jamais plus jamais, surtout qu'il n'a pas de téléphone portable, que... Attention, là, la Fyfe est en mode panique ridicule.
Le Chéri est trèèèès compréhensif, et au lieu de se moquer, tente de me rassurer, me promet qu'il sera de retour à temps, et file en courant.
Je commence à agiter fébrilement mes jambes.
5 minutes...
Et si il y avait la queue au kiosque ?
6 minutes....
Non, mais là, j'le sens pas, hein.
6 minutes et 30 secondes
"Mesdames Messieurs, vous avez pris place à bord du train corail"
Nooooooooon !!!! Quand ils disent ça, c'est qu'on va démarrer, hein ??? Je jette des regards de biche égarée (genre maman de Bambi juste avant l'accomplissement de son funeste destin)
7 minutes, le Chéri arrive, tout sourire, les bras chargés de nourriture.
Ouf.
Mon calvaire est enfin fini, je peux remplir mon estomac, le train part, je suis saine et sauve, tout va bien, mon coeur reprend un rythme normal, je peux enfin me moquer de moi-même et remercier le Chéri pour ses efforts.
Bon, j'ai raconté les 30 premières minutes de mon week end en 1135 mots. Nan je suis pas bavarde, j'ai juste une vie passionnante.
Si mes calculs sont bons, il me faudra 163 440 mots pour finir de vous raconter le week end normand.
Nan mais partez pas, hein, ça va être trop fun, la preuve, ça commence avec la lecture des bouquins des siouper-courges (hin hin, quel surnom terrible).
25 commentaires:
MDR j'attends la suite avec impatience!!!!!! ;)
Bon choix le bouquin d'Hélène, facile à lire et instructif en même temps. Mais ne serait-il pas plus simple que tu t'occupes de réserver les week-ends chez les deux types de parents (les vrais et les "beaux")?
youpiiiiiiiiiii!
j 'ai trouvé plus stressé que moi, et franchement je ne pensais pas que ce soit possible!
on est soeur de blog, tu m'as fait rire donc je reviendrais!
Hélas, trois fois hélas, ma pauvre Fyfe tu fais partie d'un très grand club : les stressés du voyage ... Même l'Homme est atteint alors... Bon cela dit tu avais raison pour l'angoisse de finir seule dans le train : on n'imagine pas le nombre de gens qui restent sur le quai sous prétexte d'avoir été acheté à manger... !!! One point pour Fyfe !
bykyss, merci, la suite est presque prête, je publierai bientôt...
nbb, ah mais non parce que j'aurais trop l'impression d'être sa mère. Je suis totalement psychorigide sur le partage des tâches et la responsabilisation partagée à la maison, trop l'angoisse de rentrer dans une relation 'maternante'...
ugly lady, bienvenue, oui, je suis gravement atteinte en matière de transports...
Ophise, ah !! Merci de confirmer pour le loupé de train pour cause de gourmandise ;-)) Pour mon stress, oui, je fais partie de ce club qui si je ne m'abuse est composé à 90% de personnes de plus de 75 ans :-/
J'ai eu des sueurs froides en te lisant Fyfe. Et je compatis un billiard de milliards de millions fois avec toi.
Parce que voilà, je suis aussi une psychorigide du voyage et que des plans improvisés, c'est simple, je ne peux pas. Physiquement. J'attrape des boutons, je tremble, je grince des dents. Bref, c'est l'horreur. Et donc je donne dans la prévention qui, comme on sait, vaut bien mieux que la guérison. Pour ce faire, j'organise les voyages en règle générale.
Comme le monde est mal foutu, et moi avec, les seuls voyages que je refuse encore d'organiser sont les séjours chez les parents du Doud'. Chais pas trop pourquoi, une sorte de principe, je dirais (je suis sûre que si je cède là-dessus, c'en sera fini de notre couple glamour: il m'appellera "Maman" ou "Bobonne" et gueulera si le dîner n'est pas prêt à 19h30 tapantes. Brrrr...). Bref, à chaque fois qu'on part chez mes beaups donc, on arrive à la gare en courant 9 minutes avant le départ du train, on n'a pas de billets, le Doud', confiant, se met dans la file qui attend devant l'unique borne SNCF qui marche (et dans la file il y a au moins 17 personnes, bien sûr), les minutes passent, mon coeur me fait mal à force de battre, je n'arrive plus à desserrer les dents, les minutes passent encore, j'essaie de m'habituer à l'idée que c'est foutu (et en fait, c'est pas si mal de me dire qu'on ne va plus chez mes beaux-parents mais j'ai peur qu'ils croient que c'est moi qui ai fait foirer le week-end alors je reprend mon flip où je l'ai laissé), les minutes passent, le Doud' se rue vers le train, des billets à la main, il les composte en courant, je galope tout ce que je peux derrière en le maudissant parce que je je n'ai pas de baskets, on saute dans le train, il est moins deux, je n'ai plus d'air, je crois que je vais me sentir mal et là, le Doud' m'achève d'un "Ben tu vois, on l'a eu sans souci"...
Dans mes bras Papillon !!!
Tout, tout, exactement, tout pareil...
On va s'organiser des week-end de stressées qu'on aura préparé un an à l'avance, et on dormira à la gare la veille, et la vie sera belle, tu verras ;-)
Même pas peur. Je les attends de pied ferme les 163440 mots. Et que même j'ai hâte de les lire;-))
Ceci dit, tu voudrais pas publier ta photo qu'on s'écarte prudemment de toi si on te rencontre un soir au fond d'une gare bondée? Finir en charpie sous les roues d'un train comme cette pôv vielle dame ou ce couple bécébégé bien sous tout rapport.... brrrr....
Je rajoute que tes études servent bien à quelque chose...compter le nombre de mots qui manquent encore... ;)
Depuis que j'ai fait Paris-Toulouse debout (5 heures de TGV quand même ma brave dame) , je compatis et je comprends ton angoisse devant la désorganisation de ton homme. Moi j'ai réglé le problème avec le mien (c'est le même modèle que le tien), je m'occupe de tout (et il ne me prend pas pour sa mère, ouf!)...
Mais sous ta plume, tout cela est fort drôle!
Dans mes bras Fyfe, je suis aussi une stressée du voyage, mon avantage : on prend la voiture pour aller en famille, ouf ça de stress en moins, par contre quand il s'agit de we ou de vacances je m'en occupe, je ne materne pas, je bichonne mon confort et mes envies !!
En tout cas j'ai hate de lire la suite ...
Clairemm, je te déconseille les gares de Montparnasse 3 et la gare de Lyon, les autres tu peux y aller sans problème, je n'y vais jamais ;-))))
Bykyss, hé hé, oui mais avec l'aide d'une calculette, hein ;-)
Fashion Victim, voui, j'imagine qu'on peut gérer les voyages sans être une môman pour son homme, c'est juste que... nan, faudrait que je consulte Freud, j'ai l'impression que j'y arriverai pas ;-)
Mamzelle Maupin, toi aussi tu y arrives ? Je crois que j'ai un sérieux problème psy avec cette histoire d'organisation de voyages et de maternage... ;-)
Un petit point sur la situation au jour d'aujourd'hui :
- les voyageurs/voyageuses stressé(e)s : c'est normaaaaaal !!! même chez moins de 75 ans
- viendez chez moi ça ne devrait pas calmer vos angoisses :)
- finalement, vous êtes aux 400 coups mais vous ne ratez que très rarement vos trains ou je rêve ???
Ophise, ben moi ça m'est arrivé une fois de le louper, ce satané train... Eh ben, j'ai dû m'éloigner pour respirer un peu, je frôlais la crise d'apoplexie. Et pis quand j'ai repris mon souffle, je suis restée un peu loin du Doud' pendant quelques minutes supplémentaires parce que j'avais très envie de l'étriper et que je ne répondais plus de moi :)
Fyfe, je te suis sur cette idée d'assoc' des stressées du train. On pourrait même faire une thérapie de groupe avec Mlle Maupin et fashion victim comme coachs pour dépasser le blocage "si je réserve à sa place, il va me prendre pour sa mère"?
Ophise, ah que c'est louable de nous aider à dédramatiser ;-) Malheureusement, si tu farfouilles dans mes archives, tu trouveras le récit épique de mes mésaventures en train, parce que trop de stress n'empêche pas d'avoir de graves lacunes au niveau du cerveau ;-))
Papillon, heureusement pour moi, je ne peux m'en prendre qu'à moi même quand je rate un train, sinon... Ah non je préfère ne pas y penser ;-))) Je vote à 200% pour la thérapie de groupe, hi hi :-)
Je suis tellement psychopathe des transports moi aussi, que j'ai stressé comme une malade pour toi !!! Je crains le pire pour la suite :-D
Hello Toutes,
je crois que je veux bien participer à la thérapie de groupe le jour où il y en a une d'organisée parce que meme si je ne suis pas totalement psychorigide des transports, je vis tout à fait la meme chose que vous avec l'homme qd on va chez ses parents et c'est dur parfois de rester calme...
j'ai ri en vous lisant (papillon, je me revoyais ds la queue pour les billets à la gare d'Austerlitz avec ton message ;-p) et je vous donne mon p'tit truc récent pour essayer d'éviter les galères : l'achat de la carte "escapade" qui est bien plus intéressant qd on réserve les billets d'avance et donc dorénavant, j'enverrai l'homme au monop du coin chercher nos billets avant de partir...
trop coolos pour la suite du we à lire !
Shalima, wéé, une de plus au club ! ;-)
Sofiso, coucou ! C'est pas un truc pour les jeunettes de moins de 25 ans, cette histoire de carte dis donc ? (j'espère pas, hein, sinon, je le prends mal, j'te préviens, nan mais 25 ans, c'est des bébés hein ;-))) )(blague, hein)
ben non justement, c'est pour les comme nous, qui ne sont ni jeunes (enfin on l'est qd meme hein), ni vieux...
c'est une carte pour les 26/59 ans qui te permet d'avoir -25% au moins ou jusqu'à -40% ce qui est qd meme intéressant ! (pour info, je ne bosse pas à la seuneuceufeu)
voili voilà !
sofiso, ah ben je savais pas dis donc, je croyais que tu étais une jeunette ;-)) J'vais me renseigner, ça a l'air bien !
J'attends la suite du week end c'est plus vrai que nature!!! Je n'ai pas les mêmes problèmes que toi (j'adore le train parce que par exemple je cesse de pouvoir réfléchir dès que je m'approche d'un avion, ces trucs qui volent super-haut avec des gens dedans et je hais les départs, tous les départs). Mais, en changeant les points sur lesquels portent mon angoisse, c'est exactement cela).
Je viens de vivre avec toi un terrible pic de stress... Le "mode panique ridicule" sur un quai de gare, je connais! Une fois, même, le train a failli partir sans mon chéri!
Antagonisme, bienvenue ! On a tous nos névroses ;-)
Les Pitous, bienvenue au club ;-))
oh ben qd meme... j'ai déjà 29 ans hein m'dame !
meme aprés m'avoir vue, tu croyais que j'étais "p'tite" ? ;-p
Sofiso, je suis hyper nulle pour donner des âges aux gens, mais tu m'avais l'air jeunette, oui ;-)
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