Ou alors vous vous dites en vous grattant le menton que vraiment, vous vous en fichez comme de votre dernière rognure d'ongle, ce qui n'est pas glam' pour deux sous, permettez moi de vous le dire.
Alors on va dire que vous trépignez, c'est plus simple pour moi, j'ai du mal à retenir mes haut-le-coeur quand j'imagine des rognures d'ongle qui ne sont pas les miennes.
Bref, donc, oui.
Il s'agit de ne pas vous balancer l'information en plein écran, sans préparation psychologique, tout ça tout ça.
Commençons donc par planter le décor.
Prague, vendredi, soleil radieux.
Fyfe en mode sourire béat et un peu niais, marche dans Prague, voire gambade tellement elle est libre Max, y en a même qui l'ont vue voler.
La ballade se fait au gré de la légère brise, du bâtiment Art nouveau qui attire son oeil gauche, et du guide touristique qui attire son oeil droit.
Alors que les pas de la Fyfe la mènent dans le quartier moderne, et que les fesses de la Fyfe quant à elles, la mènent plutôt sur un banc, Fyfe lit de l'oeil droit : " blablabla magazin BA*TA, blablabla admirez son architecture, blablabla cubisme, blablabla croisez son fondateur à l'intérieur, blablabla".
Premier choc : Ba*ta , c'est tchèque. Ma culture en prend un coup là tout de suite.
Deuxième choc : les magasins Ba*ta sur 5 étages, ça existe.
Troisième choc : les modèles en vitrine sont beaux et hyper chers.
Ebranlée par cette série de chocs émotionnels et animée par son seul désir de toucher un peu du doigt l'architecture cubiste, la Fyfe s'approche.
Là, l'oeil droit de la Fyfe lâche définitivement le guide, parce qu'il voit ça :
L'oeil gauche, de son côté, a déjà repéré des tas de trucs à son goût dans ce magasin de fringues typiquement tchèque dans un bâtiment typiquement cubiste (ou voisin de cubiste, mais c'est de l'ordre du détail, non ?).La soif de culture de la Fyfe demande à être étanchée, et sans trop savoir comment, emportée par le plaisir des yeux et une envie certaine de se frotter à la culture vestimentaire tchèque, Fyfe se retrouve à errer dans les rayons, les bras chargés de cintres. Cintres portant des habits, parce que sinon c'est un peu bête de ne s'intéresser qu'à la technique tchèque de fabrication des cintres, admettez.
Et là, c'est THE REVELATION OF FYFE'S LIFE.
La révélation de sa vie, quoi. Mais je sais pas le dire en tchèque, 'scusez, hein.
THE robe noire.
Celle dont on a presque toutes rêvé.
Celle qui fera de nous une Monica Belluci en puissance, mettra en valeur notre irrésistible corps, cachera nos complexes les plus secrets, bref, sera le mélange de sobriété et de classitude absolument nécessaire à je ne sais pas encore quoi mais on verra bien quand elle sera dans mon placard.
Bon c'est pas la même robe pour tout le monde, hein, c'est celle de Fyfe, là, pour le coup.
A la sortie de la cabine, la Fyfe reprend un instant ces esprits. Ca donne un truc du genre :
"Mais kesske j'fous là, moi, c'est quoi toutes ces fringues dans ma main, j'suis malade ou quoi, non mais c'est pas possible de venir à Prague pour essayer des fringues alors que la culture et le soleil sont juste là, dehors, n'attendant que moi, mais ma pôv' fille t'es vraiment la dernière des greluches, putain, j'aurais jamais dû aller voir la maison de Faust, j'ai le devil inside maintenant c'est malin, quelqu'un aurait le numéro de portable d'INXS ?".
(oui, Fyfe tient des discours encore plus bizarres quand elle se parle à elle-même que quand elle s'exprime sur son blog. C'est dire.)
La fille raisonnable qui sommeille en Fyfe reprend peu à peu le dessus, et chaque cintre est rendu à la vendeuse. Chaque cintre, mais la robe, elle la garde un peu quand même parce que bon, le tissu est si doux qu'on a une folle envie de frotter sa joue dessus.
Et puis, quoi, 1299 couronnes tchèques, c'est quoi ?
Là, la Fyfe essaye d'être lucide avec elle-même.
Peut on décemment dire non à THE robe noire quand on la croise inopinément sur sa route, sous prétexte qu'il y a des trucs plus intelligents à faire que d'acheter des robes, hum ?
Et c'est quoi l'intelligence, d'abord, hum ?
Non mais parce que la culture, j'veux dire, c'est bien joli, mais ça n'a jamais mis en valeur un décolleté, n'est ce pas ?
A ce stade, 5 minutes se sont écoulées et au prix d'un laborieux calcul mental, la Fyfe a réussi a évaluer le prix de son paradis à 50 euros.
Franchement, 50 euros pour le paradis, c'est donné.
Et puis, c'est un souvenir comme un autre, une robe.
L'évocation d'une culture, de l'art bien particulier qu'est la mode.
Et puis bon, c'est de la qualité tchèque en plus, 50 euros pour une marque comme..... Ben elle est où l'étiquette.... Une marque comme.... Comme.... Pro*mod.
Ah ouais.
Pro*mod comme la chaîne de magasins en France, c'est drôle.
Pro*mod avec le même logo dis donc.
Naaaaan mais bon, j'veux dire Pro*mod en France et Pro*mod à Paris ça n'a rien à voir, hein.
Hein ?
Heiiiiiiiin ????
C'est bien ce qui me semblait oui.
Ca tombe bien parce qu'elle est déjà achetée et ramenée la robe.
Je peux même vous la montrer puisque elle est en vente sur le site web de la marque, au prix de 39.90 € :
M'en fous j'ai gagné plein de sous avec mon autre souvenir (celui-là, c'est une tradition, j'en fais une collec' internationale) :
(désolée Cely, ça va pas être pour tout de suite la Fyfe non fumeuse)PS : Ce récit est à la troisième personne non pas parce que Fyfe se prend pour Alain Delon, mais plutôt parce que Fyfe a honte.
PPS : Il est totalement interdit de trouver moche ma the-robe-à-moi. Moche sur la fille en photo, à la limite, mais sur moi, elle est juste sublime et ce constat ne souffre aucune discussion. Même le chéri l'a dit. Entre deux moqueries sur la nature de mes souvenirs de Prague.
EDIT : Et voilà, dans ma précipitation à poster pas trop en retard, j'ai oublier de saluer la grande prêtresse du repérage de bottes, jeans, et robes noires qui oeuvre pour le bien être de l'humanité sans passer par la case régime : désolée Caroline, voilà qui est réparé !





